XIV PRÉFACE
le grand avantage d'isoler le pronostic du diagnostic, et de n'avoir pas besoin des manifestations extérieures de la maladie. Très-souvent le diagnostic peut manquer, le pronostic, aloris, n'est qu'une sorte d'intuition. Nous pressenlames que la dynamoscopie, par l'observation du bourdonnement des doigts, pourrait prononcer si cette intuition était aventurée ou fondée. En effet, le rapprochement possible d'un grand nombre de faits observés avec soin permet de trouver dans le pronostic la prédiction de l'avenir. Il n'est pas de pronostic absolu. L'avenir échappe à l' observateur le plus sagace; maïs il ëslt du devoir du médecin de se servir de tous les moyens qui peuvent donner au jugemeni qu'il ^orté une plus grande précision, et au moins une certitude relative .
Telles sont les raisons qui nous firent croire à l'avenir des idées que nous essayons aujourd'hui de faire entrer dans la science, au prix, s'U le faut, des travaux de toute notre vie.
Les résultats que nous venons de résumer sommairement étaient acquis par nous dès l'année 1856. Un intervalle de cinq à six àùs ne nous parut pas de trop pour contrôler nos observations, pour les répéter d'après la méthode d'induction dont notre vénéré et bien cher maître, M. Charles Lévêque, aujourdTiui professeur de philosophie au Collège de France, nous avait autrefois fait comprendre toute l'utilité. Enfin, pour nous assurer que nous étabUssîons notre théorie sur la pratique la plus sûre et la
PRÉFACE. Xy
pMs éprouvée. En ne voulant que confirmer nos premières découvertes, nous filimes amenés naturellemetit, et pâb là force des choses, à les étendre et à les p6u:^r beaucoup plus loin.
En cherchant le degré de force du bourdonnement dans l'état de santé, nous avons trouvé qu'il fest fourni par un diapason qui donne soixantedouze vU)rations par seconde. En faisant varier la position d'un Èm-seur adapté à ce diapason, on peut modifier le nombre de vibrations de manière à pas-> ser par une série de tons plus ou moins voisins, ce qui permet d'apprécier les différents degrés de gravité du bourdonnement. Et l'on pressent déjà qu'on aiœa à sa disposition une unité de mesiure , et plus tard des évaluations numériques.
Un fabricant d'instruments d'acoustique d'une grande habileté, M. Rudolph Kœnig, par une exécution intelligente de Tinstrument indiqué, nous mit en mesure de commencer de nouvelles séries d'observations dont nous rendrons compte dans un travail ultérieur.
Dans le présent ouvrage, nous nous contentons de faire connaître les indications que notre méthode fournit à la pratique, soit dans l'appréciation du degré d'énergie vitale à l'état de santé ou dans les maladies, soit dans l'administration du chloroforme, soit enfin dans la constatation des décès.
Nous saisissons l'occasion qui nous est offerte d'adresser ici publiquement nos remerciments sincères à M. le docteur Dujardin-Beaiunetz, notre
ZVI PJXkTACE.
honoré beau-père, pour le concours si bienveillant que nous avons trouvé dans sa science et dans son expérience; à notre ami M, Frédéric Godefipoy , qui, au milieu de ses vastes occupations littéraires, a bien voulu s'intéresser, avec autant d'intelligence que de goût, à nos travaux scientifiques ; enfin, aux savants professeurs de la Faculté de Paris, MM. Barth et Roger, pour Tappui qu'ils ont bien voulu porter à notre méthode, en la mentionnant dans leur Traité d Auscultation.
DE
LA DYNAMOSCOPIE
En a^ficuIteDt la poitrine, on efilend otiiMifertmâ, flamme tous les médecins peuvent l'expérimenter, un bruit particulier qui ne dépend pas de Tiotroduction de l'air dans les poumons, et qui n^esl pas produit par les battements du cœur.
Ce brutt n'A aumne ressemblance avec les rftles et ne rap^ pelle pas le murmure respiratoire. Il n'est pas tocalisé dans la poitrine ; on l'entend dans beaucoup d'autres parties du corp$, et principafement ao ereux de la main et à rextrémité des doigts de la main. Nous Tavons entendu dans toutes les régions du c<^i» : sur la voûfe crânienne , à la nuque et à h partie interne des cuisses.
E» ^açant le doîgt indieateur de la main ou tout autre dofgt da^ t'oréHIé) ou entendra ee hruit. Tout le monde peut if m isomttimfé (élément t ce bruit est continu et ressemble à un
bourdonnement.
Que r<m etïfonce dans sou oreiHe un morceau de bols, par exemple, et qu'o» le Uiaise fouir sur une tobie ou sur tout autre
2 D£ LA DYNAMOSCOPIE.
objet qui ne communiquera pas avec la main, et Ton n'entendra plus ce bruit.
Pendant qu'on a le doigt dans son oreille, en prêtant une attention de quelques instants, on remarquera bientôt qu'il se produit, en même temps que le bruit de bourdonnement, un autre bruit. Ce second bruit est intermittent, inégal, prompt, tantôt fréquent, tantôt rare ; quelquefois simple, d'autres fois double, triple, multiple. On peut l'appeler bruit de pétillement, bruit d'étincelle, bruit de grésillement. Nous lui conserverons le nom de bruit de pétillement. Ce bruit n'a pas d'application importante et ne présente que très-peu d'intérêt.
Ces deux bruits deviennent plus distincts, à mesure qu'on acquiert plus d'habitude dans ce genre d'expérimentation ; mais on se tromperait grandement si tout d'abord on croyait pouvoir se prononcer sur la nature de ces bruits, en comprendre la signification et même les entendre d'une manière bien distincte, bien précise. On doit donc se garder de porter un jugement précipité sur leur portée, car il faut du temps pour apprendre l'auscultation du bourdonnement et du pétillement, comme il en faut pour apprendre l'auscultation de la poitrine.
Le bruit de bourdonnement diffère du bruissement produit par l'application d'une coquille univalve contre l'oreille, qu'on appelle bruit de mer. En effet, la coquille univalve produit le bruit de mer^ soit qu'on l'applique contre l'oreille avec la main, soit qu'on la soutienne avec un corps inerte.
Le bruit de mer a un bruissement différent de celui du bruit de bourdonnement.
Le bruit de mer a des vicissitudes qui concordent avec les agitations de l'air atmosphérique.
On n'entend pas le bruit de mer si on a le soin de faire appliquer hermétiquement la coquille contre la région auriculaire, de manière à empêcher l'air extérieur de pénétrer dans la conque de la coquille.
Ces bruits diffèrent aussi entièrement des bruits perçus par le système d'auscultation de l'immortel Laënnec.
DE LÀ DYNAMOSCOPIE. 3
L'auscultation deLaênnec est toute locale et physique. L'auscultation dont nous étudions le bruit est génémle et dynamique; c'est pourquoi nous lui avons donné le nom de dynamoscopie.
La dynamoscopie est donc un moyen d'exploration dont le but est de faire connaître, par l'application médiate ou immé*diate de l'oreille sur les diverses parties du corps, et principalement à l'extrémité des doigts, deux bruits variés dont elles sont le siège : le bourdonnement et le pétillement^ et d'en apprécier la valeur séméïotique.
HLSTORIQUE.
Grimaldi «st le premier qui ait reconnu et noté le bruit de bourdonnement) dans son ouvrage Physico-Matheais de lumine ' (1618, p. 383). U ne fait que le nommer, et l'attribue à l'agitation des esprits animaux qui courent çà et là perpétuellement.
Après Grimaldi, u^ médecin, Théodore Craanen, s'en occupa et s'en tint à la précédente explication.
M. Beau nous apprend qu'en 1760, Jos. Lud. Roger traita la même question aussi complètement que possible, dans un opuscule d'une centaine de pages (1). Cet auteur combat Thy^ pothèse des agitations d'esprits animaux , et démontre que le bruit de bourdonnement tient au mouvement déterminé dans l'extrémité des membres par la contraction musculaire.
Wollaston, dans les Transactiona phitosophiques de 1810, a publié des expériences répétées plus tard par Ermann, et insérées dans les Annales de physique de Gilbert (2).
(1) Jos. Lud. Hogcr, Spécimen phjshhgiçum ic perpétua Jlhrofum musculaitiam palpHatione, Goetlingue, 1760.
{%) Gilbert, Jnnales uni Pk^h; ISiS , 1. 1^ p. 19.
4 M LÀ B¥NÀHOfiODPlE.
WoUastoii el Ermami adisettadl eomme an fait dénoBtré que le bourdonnement appiurtient à la contraetion musculaire, et qu'il se compose de reprise et d'intermittence successives, et toutes les expériences qu'ils ont faites se basent sur cette hypothèse. C'est ainsi qu'ils dierchent à démontrer que la ra* ptdité des bruits successifs dont se compose le bruit rotatoire, est en raison directe de Ténergie de la contraetion musculaire.
Pour parvenir k compter ce bruit successif, WoIIiœton a &it, le long d'un des bords d'une planche d'envircm deux pte(h et demi de longueur, des crans ou coches, à un huitième de pouce de distance ; plaçant ensuite le coude sur l'une des extrémités de cette planche, et pressant l'ouverture du conduit au*ditif externe avec le pouee, de manière à déterminer le bruit musculaire, il promena un bâton arrondi le long des crans de la planche, avec une rapidité qu'il chercha à rendre telle, que le passage d'un cran à l'autre fût isodiifose à la succession des bruits Tommisiime^f et il hû sembla qu'il parvenait aisémei^ à ce réstdtat*. Il découvrit de cette manière que le maximum de ContracËcm observé dans une seconde était de 3& à 36; le mî^ xàmmk de i& à 15, et fue la contradioB était d'autant plus rapide, que le mouvement musculaire était plus énergique*
Laênnec déclare qae cette expérience est impossible, et il ne lui a pas paru que la rapidité de succession du bourdonnement fit rinteniûté du bruit fussent dans un rapport bien constant avec l'én^gie abscdue ou reli^ve de h eontraetkm musculaire» «i S^ l'on maintient pendant quelque temps la contraction au degré où on l'a réduite^ d^Laén&ec^ le bruit rotaioire reprend son premier caraelère, et semèle> comme au commencement, plus sourd et plus rapide. Ensuitet continue La^mee, le bruit dont il s'agit n'accompagne pas toute» les coi^aetfons musct^* laires ; il en est de très-énergiques qui ne le donnent nullefnent. n Puis H cite ft Fappui plusietrrs observations.
<K De ces faits contradictoires, on peut conclure, dit Laënnec: 1^ que la contraction musculaire est accompagnée, dans la plupart des cas, d'un bruit de rotation» e'est-k*dire formé par
PS U PTNAKÛMSOPIS* S
la suocessioa de 8ons intermittents ou rémittmtSi tellement rapprochés qu'Us se confondent ; 8* que les circonstances, où U n'existe pas ne peuvent encore être déterminées qu'expérime»» talement; 8^ que la puissance de la contraction musculaire » considérée^ soit absolument, soit relativement h l-individu, ne paraît être pour rien dans la production ou l'intensité de ce bruit, etc. »
En terminant cet article, Laënnec ajoute que le bruit de rotation ou de bourdonnement est un bruit dû à la contraction musculaire, de même que le bruit de soufflet. « Cette similitude parfaite, dit^il, du bruit musculaire intermittent et du bruit de soufflet du cœur et des artères, me paratt décider entière^ ment la question que j'ai posée ci^essus sur la nature de ce bruit, et prouver qu'il est dû à une véritable contraction qpasmodique, soit du cœur» soit des artères (1). »
Depuis Laênnec, la question du bourdonnement n'a pas fait un pas, et Ton peut voir que tout ce que Ton sait actuellement se résume à très-peu de chose. Ce bruit n'est encore connu que (som le nom de bruU d$ eoniraUion musculaire.
Tel est le résumé de tout ce que l'on savait du bourdonne** ment avant que je n'eusse porté mon attention d'une manière spéciale sur ce bruit. Depuis que j'ai publié quelques-unes de mes observations sur ce sujet, il est possible que quelques ob» servateurs aient poussé leur étude dans cette direction ; mail leurs observations n'ont pas été publiées, que je sache, et Je crois qu'il n existe jusqu'ici d'autres travaux que ceux que j'ai faits, et dont je vais donner connaissance.
Pour ce qui est des pétillements, ils n'ont jamais été étudiés,
nooavAVoa bb &a. btutaiiiosoovxs.
La dynamoscopie s'occupe de deux bruits : le bourdonntmmê et le petiUement.
6 DE Lk DTNAMOSCOPIE.
Le bourdonnement est, jusqu'à présent, le seul bruit dont l'étude peut être utile et nécessaire au médecin et à l'humanité. Le bourdonnement, en effet, n'est pas seulement un bruit curieux à étudier au point de vue scientifique, il trouve aussi sa place dans les applications pratiques de la science médicale, et, à ce point de vue, il n'est plus permis au médecin et au chirurgien d'ignorer désormais son existence, si toutefois il l'a méconnue jusqu'à ce jour.
V La dynamoscopie complète le pronostic. — En effet, souvent le médecin, en présence d'un malade, est embarrassé pour distinguer si la maladie est grai'c ou légère : les symptômes sont contradictoires; avec un abattement profond, il rencontre un pouls normal, régulier, et .il ne sait quel pronostic porter. L'étude de la dynamoscopie apprend à résoudre presque toujours la question. Il est des maladies brusques qui frappent et tuent presque immédiatement dès qu'elles se déclarent, et cela sans qu'il soit possible de changer la fâcheuse direction qu'elles ont prise, alors même que le malade survivrait plus ou moins longtemps; quatre, six, huit ou dix jours depuis le moment où il a été frappé. 11 est d'autres maladies, brusques aussi dans leur apparition, qui ont toutes les apparences de celles dont nous venons de parler, et qui, pourtant, sont loin d'avoir les mêmes funestes résultats. C'est pour cette cause que, de tout temps, les médecins ont dû distinguer l'état de résolution et l'état d'oppression des forces. La dynamoscopie éclaire singulièrement cette distinction, si difficile à bien établir, et de cette espèce de diagnostic résultera la moit ou le salut du malade. Étant donné, une fluxion de poitrine ou une pneumonie dont la promptitude et Tintensité jettent les sujets dans un affaiblissement du plus triste présage, le praticien peut être indécis sur l'état des forces. Doit-il administrer le quinquina? doit-il saigner? Si les forces ne sont qu'opprimées, des déplétions sanguines sauveront le malade, tandis qu'elles le jetteront dans un coUapsus dont il ne pourrait plus se relever si les forces étaient en résolution. A elle seule , la dynamoscopie peut servir de
DE t DYNAMOSGOPIE. 7
base au pronostic dans une foule de circonstances. Avec ses données seules, on pourrait souvent être éclairé sur le pronostic des maladies sans tenir compte de toutes les circonstances qui l'entourent, elle et le malade. Elle établit des règles précises et bien définies. Jusqu'à présent, les signes pronostiques étant loin d'être décisifs et assurés, on n'avait pu donner aucune règle positive. Cependant, ce n*est pas une raison pour que désormais le médecin ne tienne compte que de la dynamoscopie pour augurer de ce qui arrivera du malade. La dynamoscopie n'a pas la prétention de donner constamment une notion anticipée de l'avenir du malade. L'homme de l'ar{ qui l'interpréterait ainsi s'exposerait à des erreurs fréquentes et à des forfanteries indignes d'elle. Seulement,, le médecin vraiment réfléchi pénétrera mieux la nature humaine avec le dynamoscope ; il s'instruira ainsi de sa mobilité, et il se contentera d'affirmer peu. En basant son assertion sur un signe de plus, qui à lu! seul peut résumer tous les autres, il lui sera permis d'avoir plus d'assurance ; mais il ne devra jamais, pour cela, négliger les autres signes.
â^ La dynamoscopie éclaire 1$ dtagnostiCn — Elle recule ses limites jusqu'après la mort subite, et permet de porter un diagnostic après la mort foudroyante. Elle distingue la paralysie réelle de la paralysie simulée.
3^ La dynamoscopie indique d'une manière certaine le moment suprême où la mort est réelle, question si importante pour l'humanité, puisque, jusqu'à ce jour, le médecin constatateur des décès n'avait, pour se diriger, que des signes reconnus insuffisants.
Comme il est impossible de bien traiter une maladie sans la connaître, on verra le parti qu'on peut tirer de ce moyen de diagnostic dans le traitement de toutes les maladies.
4° La dynamoscopie dirigera l'opérateur dans la manière d'administrer le chloroforme ou tout autre agent anesthésique. Jusqu'ici, la plupart des chirurgiens, intimidés par le nombre des victimes qu'ont occasionnées les agents anesthésiques, hé-
ût^ïA h le» &mfioj6f, pi me àmmon trèsAongw^ mA^^éê réc^nmeni à^yenl l'Âi^démie de médecine, a prouvé qw ]m vm Admettant tella ÂiitetoKM^ de préférence h telle autre, et que k^ âwism e?MM# è ce 9ujet parmi le» cbirurgiens, I4 dy** nmmcofi^ pri>posej^ dea r j^les ^r ^esqu^Ue^ U$ pourront ae diriger ;»âren)eot,
Sana deute^ nom n'avon$ paa i»)eore trouvé le dernier mot de ^tte mmc0f Noua avons déjà employé de longues année» à la ^eruter; mm il faut» pour en découvrir tous le» secrets et la &ire prospérer^ que de» esprit(i distingués s'en occupent sérieu^ement et pratiquement. Nous pensons, du moins, qu'en signalant son importance, nous mettrons sur la voie de tout ce qu'elle nous donnera un jour; et nous en sommes persuadé, la dynamoscopie, bien comprise, servira désormais au médecin praticien et au médecin philosophe. Au premier, elle indi» quera des résultats inconnus avant elle ; au second, elle ap^ prendra à méditer sur la via par rintermédiaire d'une action physique*
Ces rèi^ f'0ppliquent m malade et au médecin.
l"" Règles relatives au matade."^ Le nmlade est couehé dans san lit, et la main que Ton ausculte, ainsi que le Im» et Tavantbraa, sont au repos sur le Mt , de manière qu'aucun des mua* ides du membre supérieur n'entra en conU^action au moment de l'auscultaiion. La main n'est pas ordinairement recouverte ; inutile de dire que Finstrument doit être appliqué sur toutes les parties que l'on doit ejugaiiner. Seulemait, h l'eatfrémité digitale, on met le doigt dans le godet Si l'cm ausculte la téte« on écarte les cheveux pour mettre l'instrument sur les tégo^ nente mimes. Si le m^^ade est assip ou ddK>ut, on doit faire soiitenir sa main ^ spo avant-lvas par ua support inerte. On M dott pas le fake aoutodir ptr «ne autre p^nonne ; le malade a« dott pas i'aidjsr davantage de son autM main.
SB LA DTKAMOgGÛPtS. 9
f> Bighi rdathes aumideein. — Le médecin pourra se servir dés deux oreilles indifféremment. Il ne devra jamais toucher avec sa main la partie auscultée, pas plus que le dynamoscope, dans le but de soutenir le membre ou de fixer l'instrument.
L'expérience seule le rendra habile dans le maniement de instrument , et lui montrera à quel degré il doit s'arrêter dans ta pression de Tinsirument qui est en position dans le fond de l'oreille. Si cette pression est trop forte, il n'y a pas de brait entendu; si elle est trop légère, il n'y en pas davantage.
L'auscultation peut être immédiate ou médiate , c*est-à*dire pratiquée avec l'instrument ou sans l'instrument. Elle n'est immédiate que pour l'extrémité des doigts, et elle est toujours médiate pour la sarËice du corps. Je préfère que cette auscul* tation soit toujours médiate, parce que l'introduction des doigts dans le conduit auditif extenie n'est pas toujours possible par le diamètre des doigts. Il faut que le doigt ausculté ferme heriniquement le ponduit auditif externe. Ce rapport entre le doigt du mdade et l'oreille du médecin sera l'exception : ou le doigt sera trop grand ou trop petit, et alors les conditions ne 8en»it plus les mêmes qu'avec un conducteur dont le bouton est modelé suivant l'ouverture du conduit auditif externe, et puis il faudrait souvent surmonter une grande répugnance pour aeoqpter Tintroduction du doigt de tout le monde dans l'oreille. Heureusement, la dynamoscopie trouve ses plus belles ap{riicatioBS cliniques par l'audition du bourdonnement avec l'extrémité digitale, et personne ne songera à faire des diffî«> cultes pour laisser le médecin libre dans cette nouvelle méthode d'exploration. Autrement, chez la femme, dans toute autre partie, souvent la pudeur se serait opposée à tout examen, et la dynamosoopie, qui est très-simple à mettre en pra*- Uque, serait devenue fréquemment impossible.
L'auscultation médiate à Textrénûté des doigts» en supposant que le doigt du malade soit dans les meilleurs conditions, et que le médecin possède un bon instrument, n'est pas inférieure à l'auscultatton Ifnpiédiate, Pap les cas d^uteti^^i on peul oom-*
DE LA DyHTAMOSCOPIE,
biner 1« deux procédés, et on ne doit pas même se contenter d'écouter un seul doigt, il faut les écouler tous.
nv DTHAMOSOOFE.
Le dynamoscope est donc un iostrumenl indispensable, et sa construction offre de grandes dilBcultés.
A Voici comment, en général, on peut conâtruire le
dynamoscope : On prend un morceau de bois , ou de fer, de liège, d'acier, etc. , et l'on fait un cylindre de cinq, dix, quinze, vingt centimètres de longueur', dont le diamètre serait de cinq, huit, dix centimètres. On taille l'instrument en cône par une extrémité, de manière aboucher le conduit auditif externe de celui qui doit se servir de l'instrument , car tous les conduits auditifs externes ne se ressemblent pas ; puis» par l'autre extrémité , on creuse l'instrument en godet
Iou on le laisse plein.
Celui dont je me sers le plus souvent est en ader; il a été construit par M. Charrière fils, et a la forme ci-contre.
S L'extrémité A, représente l'extrémité auriculaire.
L'extrémité B, l'extrémité digitale.
l.a forme du dynamoscope, le métal avec lequel il est construit, ont une grande importance.
La forme du dynamoscope est importante à bien déterminer pour plusieurs raisons : l'instrument étant en métal, il ne faut pas qu'il soit trop lourd pour, le médecin, qui doit l'avoir toujours sur lui. Il doit plaire à l'œil sans nuire à la transmission du bruit ; c'est pour cela que la colonne qui sépare l'extrémité auriculaire de l'extrémité digitale doit à la fois être assez large pour ne pas nuire à la transmission du bruit, et assez longue pour qua la tête ne se fotigue pas en écoutant. L'extrémité auriculaire a pour règle de boucher le conduit auditif externe,
DE LA DYNAMOSGOPIE. 1 1
et si cette cavité est ovale, ronde ou elliptique, l'instrument doit avoir cette forme. L'extrémité digitale n'a pas besoin de s'adapter au doigt du malade, car l'expérience prouve que le bruit n'en est pas modifié.
La construction du dynamoscopc a été pour nous l'objet d'une longue étude; tous les corps ne sont pas également bons conducteurs du bruit. Nous avons fait faire des instruments avec toute'espèoe de bois ; mais ces instruments étaient de mau« vais conducteurs. Nous avons essayé ensuite de plusieurs métaux ! le fer, le métal de cloche, le cuivre , le plomb, Tétain, Tacier,' l'argent, et nous avons reconnu que l'acier et l'argent étaient les meilleurs instruments. Le liège est aussi un bon conducteur; et on en fait d'excellents dynamoscopes , mais la forme y perd. J'ai ordinairement sur moi des dynamoscopes de diverses sortes.
II est à peu près indifférent de se servir de l'instrument en liège on en acier à l'extrémité digitale ; mais le dynamoscope en liège est préférable pour ausculter les surfaces planes.
Causes d'erreur. — Si, avec le dynamoscope en acier, on ausculte un morceau de marbre ou un corps inei-te quelconque, on entend un bourdonnement. Ce bourdonnement vient de ce que les parois de l'oreille contre laquelle touche l'extrémité auriculaire de l'instrument bourdonnent comme toutes les parties vivantes ; mais si l'on prend , pour faire la même expérience, un instrument en liége^ on peut le placer de manière à ne pas entendre de bourdonnement. C'est pourquoi le dynamoscope en liège doit être préféré pour les parties planes. Cette différence ne se rencontre pas h l'extrémité des doigts; avec les deux instruments, l'observation est toujours la mémo.
Inconvénients de Vinsêrumefit en liège, -— Si Ton fait un usage trop fréquent du liège , on ne tarde pas à produire une inflammation du conduit auditif externe, laquelle peut se terminer par un abcès. L'instrument en acier ne produit Jamais ce désagrément. Aussi doit-on l'adopter pour rauseultation digitale.
i% PB LA PTNAHOSGOPIB*
On pourra reprocher à ces instruments de ne pas s'adapter complètement sur les surfaces unies, et d'être obligé de les y maintenir avec la main , ce qui ne peut se faire à cause du bourdonnement de la main de celui qui touche à Tinstrument* Cet inconvénient sera fiRcilement évité avec un peu d'habitude.
On aura le soin de presser modérément ; une pression trop forte ou trop &ibie , ^mme nous l'avons dit> nuirait i l'audi* tion du bourdonnement, en môme temps qu'elle serait pénible pour le malade. Cette observation est surtout vraie pour les enfants.
Il est important d'ausculter comparativement les extrémités digitales des deux mains, car la comparaison seule fera distin<» guer des altérations qui échappent sans elle , et , dans cette comparaison , il faudra tenir compte des différences physiolo* giques qui existent normalement.
L'auscultation d'une ihain peut différer complètement de l'autre ; il est des maladies très^graves dans lesquelles ralté* ration du bourdonnement n'existe que d'un côté, l'autre côté n'en a pas ; si on ne pratiquait qu'une auscultation, on risque* rait de tomber sur le côté du bourdonnement normal , et l'on ferait erreur.
Le médecin a besoin, autour de lui, d'un silence complet; il doit écouter longtemps et se recueillir pour l'interprétation pathologique des sons qui frappent son oreille. Lorsque le médecin aura l'habitude du dynamoscope, il n'aura plus besoin de ce silence ni de cette attention minutieuse.
Deux moments peuvent être également choisis pour aus« culter le malade : on peut commencer, conune on peut finir par l'examen dynamoscopique. Quel but se propose-t^on, en effet, au lit du malade, avec la dynamoscopie ? C'est de con^ naître son état réel, le degré de sea forces et le pronostic de la maladie. La maladie est-elle ou non dangereuse ? Tel est le ré** sultat que l'on veut connaître. Si le dynamoscope fait. entendre un bruit qui dénote un état grave, on confirmera ce sentiment
par rexamen de tous les signes de ia maladie. On pourra aussi^ après reiamen de tous les symptômes, porter un jugement et le confirmer par la dynamoscopie.
Lorsque Ton écoule le bourdonnement, on entend un second turuit-qul est lepetillement. Sa production, ses lois ont échappé à l'étude jusqu'à ce jour, et il eSt impossible de le débrouiller» U ne faudra pas le confondre avec le bourdonnement*
On n'arrivera que par degré à bien distinguer tout ce que f on doit attendre du bruit diynamoscopique. Le médecin n^ se contentera pas d'avoir constaté un briût acoustique, pour en tirer de suite une conséquence appliquée soit au pronostici s(^t au diagnosticé II dok recittrcfaer avec autant de soin que pos-> sible les autres phénomènest tenir compte des signes {diysiques et rationnels des maladies, des symptômes locaux et généraux, des causes qui ont pu engendrer la maladie et sa marche ; et ce n'est qu'après avoir fait une comparaison attentive qu'il ré^ soudra le grand problème pathologique qui comprend, rartout pouf le médecin et pour le malade, le diagnostic, le prono^c et le traitement.
O&ASflXVXCATXON BU MOWUDOVatMMËNT^
Nous croyons utile d'essayer d'abord une classification méthodique 4u bourdonnement.
Les objections ne manqueront pas contre cette division ; mais on devra reconnaître, au moins, que nous mettons à l'écart toute idée systématique, toute vaine théorie, pouv ne nous at^ tacher qu'à la distinction des caractères les plus saiUants et les plus manifestes à l'oreille. Sî nous voulions nous hisser aUer à Tétudé de toutes les nuances dans les braitSi la classificadoii serait diffuse, vague et presque incomjvéhensible. Les sciences exactes ont appris au médecin qu'une longue observation peut seule faire progresser son art. Quand on est bien pénétk'é de cette vérité, on se défie d'un inslinoi avouc^ qui &it prendre
14 DE LA DTNAMOSCOPIE.
les faits de rimagination pour la vérité, et Tillusion pour la réalité. Les véritables observateurs ont même des craintes après avoir observé longtemps ; et en avançant un fait, ils appréhendent souvent de n'avoir pas bien vu, et sont tout prôts à reconnaître Terreur dans laquelle ils pourraient être tombés ; mais aussi ils osent, même à leui's iffsques et périls, proclamer la vérité qu'ils ont constatée et expérimentée.
La classification est nécessaire à l'esprit, et si elle est mal faite, elle a les plus graves inconvénients dans l'étude et dans la marche des découvertes. Nous avons longtemps tâtonné; nous avons plusieui's fois construit, pour détruire ensuite, avant . de nous fixer à la classification que gous allons soumettre aux amis de la médecine expérimentale ; et en la présentant, nous n'avons pas la prétention qu'elle soit la meilleure; c'est seulement la plus simple que nous avons su trouver. Une bonne classification doit être assez simple pour qu'on la retienne facilement ; elle doit poser des jalons bien évidents et très-saillants, et en petit nombre. A ceux^i viennent se joindre de petits points de repère. C'est ainsi que celui qui entendrait parler pour la première fois d'une science nouvelle, y trouverait de l'attrait en la comprenant facilement, tandis qu'il éprouverait de la répugnance pour elle, si elle se présentait à lui enveloppée d'obscurités.
Si Ton a vu, depuis un certain nombre d'années, crouler tant de systèmes en médecine, c'est non-seulement parce qu'ils n'avaient point l'observation pour baso, mais encore parce qu'ils étaient incompris faute de netteté, de clarté et d'une bonne méthode. Une classification heureuse garantit de ces écueils et fait éviter des méprises mortelles.
II est impossible de faire une bonne classification au début d'une science. Il faut connaître et étudier tous les faits pour les placer chacun à leur place. Je ne me suis pas bâté de faire paraître ce livre, parce que je voulais étudier les bruits dans tous les états pathologiques possibles^ et sur un tbé&trooù j'étais à même de beaucoup voir;
hZ LA DTNÂMOSCOPIE. 15
Les maladies aiguës ont une place plus gi*ande dans ce ti*avail que les maladies chroniques; celles-ci, cependant, ont été également bien observées ; mais nous avons dû les écarter à cause de la gravité de ces maladies, ordinairement incurables, qui, dans leur long cours, présentent toujours à peu près les mêmes symptômes, et qui nous aurait forcé a une répétition fastidieuse d'observations constamment identiques.
Le bourdonnement est un son musical, parce qu^il produit une sensation continue dont on peut apprécier la valeur musicale. Que si, dans le cours de l'ouvrage, l'expression bndt de bourdonnemenê est écrite, il faut Tentendre comme synonyme de son. Le bruit n'a pas assez de durée pour qu'on puisse en apprécier la valeur. 11 faut convenir que la différence entre le bruit et le son n^est pas nettement tranchée.
Le bruit entendu à l'oreille par l'extrémité des doigts peut ressembler au simple murmure ou à un roulement; de là la distinction importante entre la modulation de ces bruits.
Le murmure et le roulement peuvent être l'un et l'autre sourds, c'estrà-dire produisant à l'oreille la sensation du bruit du roulement d'une voiture sur le macadam.
Ils peuvent être aussi l'un et l'autre sonores, c'est-à-dire produisant à l'oreille la sensation du bruit du roulement d'une voiture sur le pavé.
Le premier son a le timbre rauque ; le second le timbre clair» métallique.
D'où la première distinction suivante dans le bourdon* nement :
Modulatioli du brait dIffUal où bourdonnemcot.
Murmure sourd, sonore.
Roulement sourd, sonore^
Le bourdonnement, qui est plutôt un murmure qu'un roulement s'il est sdnore et uniforme, est souvent appelé, dans le cours de cet ouvrage, bourdonnement clair, argentin.
Le bourdonnement, de même que le ^n musical, est le ré*
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sultai de vitoitions continues, rapides, isochrmieS) qui produisent sur Torgane de Touïe une sensation prolongée. On peut toujours le comparer à d'autres sons et en prendre Funisson.
L'oreille distingue^ dans le bourdonnement, trois ({ualitéa partteuKères : la hauteur, l'intensité et le timbre.
La hauteur est l'impression qui résulte, jKmf l'organe de l'ouïe, du plus ou moins grand nondire de vibrations dans un temps d<Kiné.
Le bourdonnement grate est celui qui est produit par un nombre de vibrations inférieures à celui que donne le doigt du médecin. Ilestaigu si le nombre des vibrations lui esisupérieur* }| feut pour cela que le bourdonnement du médecin fui serve de diapason-type, dont il aura auparavant déterminé la valeur musicale en comparant sa. note à celle d'un instrument de musique dont les notes sont fixées. Ainsi, l'unisson de notre bourdonnement digital à l'état normal, avec les notes du bourdon de l'orgue ordinaire, est le ré *«- 1 des physiciens. Il n'y a donc pas de bourdonnement absolument grave ni absolument aigu. 06 cette comparaison entre le bourdonnement du malade et le bourdonnement du médecin, il résulte un rapport d'acuité ou de gravité qui se nomme (on et demi-ton^ d'où autant de tons que de notes dans la gamme. L'intensité ou la force du bour^ donnement dépend de l'amplitude des oscillations et non de leur nombre. Deux bourdonnements peuvent avoir k même note et avoir une intensité plus ou moins grande, selon la varia^ tionde l'amplitude des vibrations.
Le bourdonnement ne change de timbre que selon les diiEé-' rentes espèces d'animaux. Encore en est-il qui se ressemblent. Le timbre du bourdonnement du singe ressemble à celui de l'homme ; le timbre du bourdonnement des Volatiles ne res« semble pas à celui des mammifères»
Oa&ntés du boardoonemelll musical.
Nombre de vibrations en hauteur da bou»*doniieniefil : bour» donnement grave, aigu.
DE LA DTNAMOSCOPIE. i7
Amplitude de vibrations ou intensité du bourdonneiDent :
Bourdonnement fort, grave, développé, plein, large;
Bourdonnement faible, petit, serré, vide, étroit;
Bourdonnement nul, vague, confus, insensible. .
Timbre du bourdonnement : bourdonnement de l'homme, des animaux, des oiseaux, des poissons, etc.
Les altérations du bourdonnement sont les variations ou changements que 1 état de maladie ou d'autres circonstances impriment au bruit normal. Ces altérations ne sont appréciables que par comparaison ; car la rapidité d'un bourdonnement ne diffère que par rapport à la lenteur de Tautre, la continuité par rapport à Tintermittence ou au tremblotement ; celui qui descend à celui qui monte, le régulier à Tirrégulier, le doux au rude, etc*
Ali<raUoiM dn b^ortfoonemcnt.
Bourdonnement continu, intermittent, rapide, régulier, égal^ uniformcj rude, tremblotant, lent\ irrégulier, inégal, variable, doux, roulant, grondant, descendant.
Le bourdonnement roulant a pour caractère d'être sourd, lent ou rapide, continu, fort, mêlé de tremblotement.
Le bourdonnement grondant a pour caractère d'être sonore, lent ou rapide, continu, fort et sans tremblotement.
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Il n'y a pas de classification pour le bruit de pétillement. Le pétillement est un bruit tout à fait irrégulier, plus ou moins fort et fréquent, tl est tantôt double, triple, multiple, par décharges, et quelquefois complètement nul. Ce bruit ressemble à celui que produit l'étincelle électrique, moins sec et plus sourd. Il en a la vitesse ; il ne peut être soumis à aucune règle, et, par suite, à aucune classification. Il faut le noter, puisqu'il est en* tendu ; peut-être lui trouvera4-on plus tard une signification, des lois et des caractères précis.
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