XII PRÉFACE
dire, son hôpital, et, tous ensemble, nous fîmes, tantôt à la clinique, tantôt à Tamphitliéâtre , des expériences multipliées, dont les résultats confirmèrent toutes mes observations.
Après avoir étudié la mort générale, restait à étudier la mort locale, et à observer Tes phénomènes qu'elle présentait. Nous entreprimes alors des expériences sur les jambes coupées, les cuisses, les bras, les avant-bras ; nous les continuâmes sur le sang des saignées. A peine un membre était-il coupé, que nous le portions sur une table , et que le dynamoscope, appliqué sur ses différentes parties, nous permettait d'entendre le bourdonnement sur toute la surface ; mais, de minute en minute, il abandonnait les deux extrémités pour se réfugier vers le centre, où il s'éteignait au bout de quinze minutes environ. Le sang des saignées écouté, soit à la fin de lopération, soit pendant l'opération, ne nous a jamais permis de rien entendre.
Après ces expériences sur la nature animale, vivante ou morte, nous voulûmes interroger la nature végétale elle-même. Une hampe d'aloës venait de se former dans le jardin botanique de Montpel-lier; son développement, en hauteur, était de cinquante centimètres en vingt-quatre heures ; elle avait déjà douze centimètres de diamètre en grosseur vers sa base. Nous eûmes la constance d'écouter tout un jour et tout une nuit. Les bruits que nous entendîmes furent en général inappréciables; et nous ne pensons pas avoir le droit de croire, quant
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à présent , à la réalité de ceux qu'il nous a semblé entendre. Nous conclûmes que le bourdonnement n'appartenait qu'à l'animalité.
Je passai alors à l'observation dynamoscopique dans les divers degrés de maladie. C'était Fépoque de la guerre de Crimée. Un service spécial avait été institué dans la citadelle de Montpellier. La bienveil* lance de M. le docteur Coffres, chargé de l'installation et de la direction de cet hôpital, m'y fit entrer à titre de médecin. Là, pendant une année entière , et tout en observant les malades du service de M. Fuster, à l'hôpital Saintr-Ëloi, j'ai pu- recueillir la nombreuse série d'observations qui est la base de ce Traité.
Le premier résultat que nous en tirâmes fut de concevoir qu'on pouvait arriver par ce signe à conncdtre l'état réel d'un malade, pour prédire la marche et l'issue de la maladie, en d'autres termes, pour établir un pronostic. Les anciens ne fondaient le pronostic que sur les symptômes qui devenaient des signes ; les modernes le font reposer sur l'ensemble des symptômes qui constituent le diagnostic ; mais ce diagnostic est souvent incertain et contradictoire. Il est des cas où l'on ne croit voir que les symptômes d'une maladie simple, quand, au fond, il y a une affection composée très-grave. Il nous fut permis d'espérer que, par ce moyen d'observation, nous arriverions à déterminer la présence et la gravité d'une maladie, même en l'absence de tous les autres signes. Ce procédé nous parut avoir