‹ Traité de fauconnerieChapitre 29 sur 66 · Appelé aujourd’hui Busard des marais · texte numérisé non relu

Appelé aujourd’hui Busard des marais

pi 297 è — 9) Dans quelques cantons le nom du male de la perdrix grise. — 10) J'ignore lequel est l’oiseau désigné sous ce nom, — 11) 12) Aujourd’hui «le Troglodyte ». — 13) L. c. p. 299 à 801.

Nom du roitelet. —

oyseaux, portant les veruelles du Roi, le recognoissent, comme a esté iugé par arresi du Conseil: Le dit sieur Baron m’a asseuré avoir ceste année sept vingt pièces d’oyseaux sous sa charge, pour laquelle il a payé cinquante mille escus à monsieur de Viéville. Le sieur de Luyne a la charge du Vol pour Millan, duquel le sieur de Cadenet son frère est ayde: pour ce vol il y a dix hommes entretenus. Outre cela il a un Vol pour Corneille, et autre Vol pour les Champs, et le Vol des Emerillons. Le Vol du Heron, est sous la charge du sieur de Lignié: Il a douze oyseaux entretenus, bien qu’ présent il y en ayt plus: outre cela il a quatre leuriers et quinze hommes. Pour le Vol de Corneille, les sieurs de Villé et de la Roche, le tiennent è moitié. Ils ont vingt quatre pièces d’oyseaux entretenus, et seize hommes. Le vol des champs est en la charge du sieur de Lasson, qui pour cest effect a certain nombre d’oyseaux entretenus, six hommes, et dix-huit épaigneux: il a aussi le Vol pour Pie de la grande Fauconnerie. Le Vol pour riuière a pour chef le sieur du Buisson. Il faut noter que de chaque volerie il y a double Vol. Il y a un Vol pour Heron, et un autre pour Corneille, sous le maistre de la Garderobe, tenu par le sieur de Bay, où sont entretenus seize hommes et dix-huit oyseaux; les chefs sont, le comte de la Roche-foucaut, et le marquis de Rambouillet, maistres alternatinement de la dite Garderobe. Plus à la chambre, sous le premier Gentilhomme, il y a un Vol pour les champs tenu par le sieur de Rambute, de quatre oyseaux, et dix-huit épaigneux, et trois hommes entretenus. Le sieur de Rouilly, tient un Vol pour Pie, de quatre oyseaux, et d’autant d'hommes. Monsieur de Pallaiseau, a encore un Vol pour riuière, dont il a d’entretenement quatre cens escus par an». Le méme auteur, auquel nous avons emprunté ces details, raconte ensuite: «Comme le Roy va à la Chasse et à quels iours» 1). Les iours pour le plaisir de la chasse du Roy sont le Lundy, le Mercredy, et le Samedy: il y va aussi les autres iours, s'l n'y a affaires importantes. Le Dimanche il l’employe.à seruir Dieu, pour estre sa Majesté le fils aisné de l’Eglise en effect, comme de nom: et méme les iours de chasse il n'y va iamais en hyver qu'il n'ait ouy sa Messe de grand matin: Puis il disne; Et è dix heures, entre dans son carosse et s'en va, ou vers le Bois de Vincennes, ou vers S. Cloud, ou du costé de sainct Denis; estans les issues de Paris extremement belles et propres aux Vols auxquels le Roy se plaist le plus. Il a d’ordinaire, outre monsieur le Baron de Chastaigneraye, grand Fauconnier de France, un bon nombre de Seigneurs, qui l’accompagnent, et sa compagnie de Cheuaux legers, conduite par monsieur de la Curee. Monsieur de Luyne qui a les oyseaux du cabinet, le Vol pour Milan et les Emerillons, où sa Maiesté se plaist grandement est touiours pres de luy; comme sont aussi les sieurs de Cadenet, et de la Brandes, ses freres; estants tous trois des plus accomplis gentilshommes de la Cour, ei dont Sa Maiesté fait beaucoup de cas, tant pour leur merite en toutes choses, que pour estre particulierement très-capables en cette science. Et ie puis dire que iamais on ne vola si bien en France qu'on fait auiourd’huy. Jamais Roy n’eut tant ne de si bons oyseaux que sa Majesté a de present. De toutes

1) L. c., p. 301 à 303. — 2) Conférence des fauconniers, 7me journée, p. 26.

parts on les luy apporte scachant comme il les ayme. Les Grecs luy apportent les Sacres, les Hollandais les Gerfauts: le présent annuel vient de Malte, duquel sa Majesté me donna de sa grace un Sacret le moys passé, que ie cheris à l’esgal de ma vie, le nommant le Real, parce qu'en me le donnant elle l’honora de ce nom, et me commanda de le nommer ainsi. Je dis aussi que iamais Roy n’eut de personnes plus propres pour faire bien voler que maintenant; et qu'on regarde depuis le premier vol iusques au dernier, tout y va par ordre. En ceste suite de chasse il fait beau voir tous ces chefs des vols suivis de cent ou six vingt Fauconniers portant les oyseaux, et tous vestus des liurees de sa Majesté: Puis quatre autres portant les Ducs pour attirer le Milan, les Corneilles, la Buse, la Cresserelle, le Corbeau, le Fauxperdrieu, et autres oyseaux qui viennent au Duc pour le buffeter. Ces quatre, aussi tost que le Roy est à demye lieué des faubourgs de Paris, et en part où l'on puisse commencer à voler, vont deux deca et deux de là des ailes du chemin que Sa Majesté fait: et faisant voler leurs Ducs, ils attirent de toutes sortes de ces oyseaux: et aussi tost qu'on les void venir on crie pour aduertir, Milan milan, Corneille corneille, Corbeau corbeau, Cresserelle cresserelle; ainsi des autres. Et s'il se trouve quelque soupeon d’empeschement, soit de quelque bois, ou maison des champs, ou village trop proche, on jette un Duc à cinq cents pas de l’autre; et de l’un è l’autre on attire ces oyseaux en lieu où se puisse voler commodément, esloignant par cette ruse les Corneilles ou autres oyseaux de leurs retraittes. Alors sortant le Roy de son carrosse il monte à cheval, et incontinent on luy apporte tel oyseau qu'il demande, ou bien le grand Fauconnier presente à Sa Majesté, l’oyseau le plus propre à ce qu'on pretent de voler. Et è ce point chacun s’arreste pour n’approcher trop le Roy, et ne luy donner de l’empeschement à son vol». — Comme il serait trop long de reproduire ici la description des différents vols exercés par Louis XIII, nous finirons par faire observer que la Reine prenait quelquefois part è ces chasses, et que le Roi lui méme s'amusait souvent à voler, dans le jardin du Louvre, des oiseaux sillés ou d’échappe. — Les nombreuses éditions publiées è cette époque de divers ouvrages sur la fauconnerie, notamment de celui de d’Arcussia, fournissent la preuve, combien le goùt de la fauconnerie était alors répandu. D'Arcussia 2) mande que, chacun tàchant de se conformer aux inclinations du roi, toutes sortes de personnes relevées, soit ecclésiastiques, gens de Justice ou autres qui avaient des terres où ils pouvaient sexercer, entretenaient des oiseaux. Ils n’exercaient cependant que la basse volerie. On faisait è cette époque venir, à grands frais, des oiseaux de toutes les parties de l'Europe ou méme des contrées transmarines. D'Arcussia3), par exemple, dit avoir eu des oiseaux de chasse de Flandre, d’Allemagne, de Suisse, de Norwége et quelquefois des Indes, de la Barbarie, de Tunis, de Malte, de Sicile, de Candie, d’Alexandrie, des iles de Majorque et de Corse, et de l’Esclavonie.

On sait par l’ouvrage de Claude de Morais, que Louis XIV entretenait également une grande fauconnerie, et que de Morais

3) Fauconnerie, première partie, chap. Il, p. 3.

était chef du vol du héron 1); mais è juger de ce que l'histoire de ce prince nous apprend, il est évident qu'il faisait beaucoup plus de cas de la vénerie que de la fauconnerie, qui commenga déès lors à iomber en décadence en France, et qui ne put se relever dans la suite, les successeurs de Louis XIV ayant cette méme prédilection pour la vénerie que leur aieul; aussi la haute noblesse, attirée suecessivement à la cour, après les guerres de la Fronde, cessa-t-elle d’entretenir des ciseaux pour son propre compte.

En parcourani les notices sur la fauconnerie, publiées en 1756 et 1665 par M. le Roy 2), lieutenant des chasses du parc

de Versailles, on voit en effet que la fauconnerie de Louis

XV n'était guère plus que l’ombre de celle de Louis XHI. Il est vrai que la charge de grand-fauconnier de France existait encore 3), et que les présents de faucons envoyés par le roi de Danemarck et le grand-maitre de Malte arrivaient régulièrement tous les ans; mais tout porte à croire que l’on n’exergait à cette époque que la basse volerie. Du moins, si M. le Roy eut connu la haute volerie ou seulement le vol du lièvre avec des faucons, il n’aurait certainement pas avancé qu'un mois doit suffire pour affaiter un oiseau quelconque pour ces vols 4); d’ailleurs il dit lui-méme, en parlant des vols du milan et du héron en général, que ces vols s'exercent très rarement 5), et il avoue que la fauconnerie en France, quoique trés brillante, mest pas d’un usage aussi journalier que celle d’Allemagne, «où beaucoup de princes en ont une considérable et souvent exercée 6) ».

Quant à la fauconnerie de Louis XVI, le fauconnier van den Heuvell, qui y a servi depuis 1785 jusqu'en 1792, nous a positivement assuré que, durant cette époque, les vols du

cénéral la haute volerie,

héron, du milan, du lièvre et en g

’ Dry P ni $ n'ont pas été exercés en France, et que l’on ne vola que la perdrix, la corneille et la pie. Il résulte d’une lettre adressée au gouvernement danois, par le Marquis de Forget, capitaine du vol du cabinet: que la haute volerie étant supprimée par Louis XVI, en 1787, l'on cessa dés lors d’envoyer, du Dane-

’ 7973 AZ) marck, des faucons d’Islande à ce roi7). Ce ne fut cependani que lorsque en 1792 tous les fauconniers avaient été renvoyés, que la fauconnerie cessa d’exister complétement en France. Nous verrons dans la suite de cet ouvrage qu'elle n°y a reparu

que quelques instants, pour étre aussitòt oubliée de rechef.

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