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DES TERMES DE FAUCONNERIE

La fauconnerie a, comme la vénerie, des termes qui lui sont propres et qu'il importe de connaitre, pour bien comprendre les écrits qui traitent de cet art. L’étude de ces termes présente des difficultés plus nombreuses qu'on ne le penserait de prime abord. Leur signification ayant quelquefois variée, soit avec le temps, soit suivant les localités, il arrive souvent que le méme mot est pris par plusieurs auteurs dans des acceplions diverses. Un grand nombre de ces termes n’étant plus usités aujourd'hui, il faut, pour s'instruire de leur signification, avoir recours aux ouvrages de fauconnerie ou aux dictionnaires; les auteurs de fauconnerie se sont cependant peu souciés de donner des définitions précises de ces termes, et les personnes qui ont compilé les dictionnaires, n’ayant été nullement au fait de l’art dont nous nous occupons, il arrive souvent qu'elles ont omis quelques-uns de ces termes et donné de plusieurs autres des définitions inexactes. Les différents peuples, enfin, qui ont exercé la fauconnerie, ont imaginé des termes particuliers à leur langue, et dont il n’existe pas de mots correspondants dans les autres langues. La France ayant eu l’avantage de posséder plusieurs auteurs instruits et distingués qui ont écrit de la fauconnerie, les termes francais de cet art sont plus nombreux et mieux connus que ceux usités dans d’autres langues. Le contraire a lieu par rappori à la Hollande où, è l’exception de la dissertation assez complète de Merula, il n'a jamais été publié de traité sur la fauconnerie. Ce pays a cependant produit de tout temps d’excellents maitres dans cet art, et ces maîtres ont imaginé un grand nombre de termes tirés, soit de l’ancien hollandais, soit du dialecte que l’on parlait dans la province qu'ils habitaient, ou empruntés d'autres langues, mais dont presque aucun seul n'a été adopté par les lexicographes de cette nation. 1) «n anglais, les termes de fauconnerie sont assez bien fixés, sauf quelques-uns qui sont inusités aujourd’hui et que l’on trouve indiqués dans les anciens livres de fauconnerie anglais. Il existe, dans la langue allemande, plusieurs termes de fauconnerie trèsbien choisis; mais la plupart des princes allemands du siècle passé ayant eu à leur service des fauconniers hollandais, quelques écri-

1) Ceci s’applique mème au célèbre dictionnaire de Kilian où il est tout au plus fait mention d’une sixaine

linguae, studio et opere Cor-

de termes de fauconnerie. Cet ouvrage porte pour titre

neliiKilianiDulfflari, Traj

tion allemande de l’ouvrage de l’empereur Fré

‘est particulièrement la tradue-

Batavorum, R. de Mey

qui offre des méprises grossières par rapport à l’emploi des

termes de fauconnerie. Les termes de faucon de passage et de branchier, par exemple, y sont rendus par Dreckfalke et Dackling, mots tout bonnement empruntés au hollandais trekvalk et takling, où trekken signi-

llemand, au contraire, trekken doit étre rendu

fie dans ce sens émigrer, tandis que tak signifie branche; en

par ziehen ou wandern, et tak par le mot Ast. Il est è regretter que le célèbre philologue Schneider ait

indistinetement reproduit , dans son édition de l’ouvrage de l’empereur Frédéric, tome II, p. 126 à 131, tous

les termes de fauconnerie employés par le traducteur allemand de cet ouvrage. — 3) En anglais, tiercel; en

hollandais,taleken; enallemand, Terzel; tertius, tertiolus cttertiarius, dans les ouvrages de fauconnerie

L’usage de distinguer les màles des viscaux de chasse sous le nom de tiercelet est très-

gerits en langue latine.

scentius, cap. IX, p.304, a le premier expliqué l’origine de cet usage. Il prétend que des trois jeunes

ancien. Ci d'une nichée, il n’y a qu’un seul màle qu'on appelle tiercelet, parce qu?ilest beaucoup plus petit que les femelles

vains ont introduit en allemand des termes hollandais dont ils ignoraient jusqu'à la signification. 2) Les fauconniers italiens et espagnols ont eu aussi leurs termes à eux; mais nous n’avons pas cru devoir en faire mention, attendu le peu d’accord qui règne entre les écrivains de ces nations par rapport à l’emploi de ces termes.

Nous nous sommes en conséquence bornés, dans cet ouvrage, à l’énumération de ces termes, dont la signification a été déterminée d’une manière rigoureuse; et nous n’avons rapporté que ceux usités par les fauconniers francais, anglais, hollandais et allemands, en y ajoutant les termes de fauconnerie latins dont il est fait mention dans l’ouvrage de l’empereur Frédéric. Nous nous reservons de faire connaître dans le chapitre suivant les termes qui ont rapport aux instruments de fauconnerie.

Les oiseaux de chasse sont désignés sous des noms divers, selon le sexe, l’àge et quelquefois aussi selon la saison dans laquelle ils ont été pris, ou selon le genre de chasse pour lequel on les emploie. Les màles de ces oiseaux s'appellent tiercelets:3) on dit par conséquent tiercelet de gerfaut, tiercelet de faucon, tiercelet d’émérillon, tiercelet d’autour; mais ce mot de tiercelet ne sapplique ni au male du sacre, ni à ceux du lanier ou de l’épervier, les males de ces oiseaux étant désignés sous les dénominations de sacret, de laneret et de mouchet. 4) Les femelles des oiseaux de chasse portent simplement le nom de l’espèce è laquelle elles appartiennent. 5) On appelle niais 6) les Jeunes oiseaux que l’on déniche, et branchiers 7) ceux qui, sortis du nid, savent se percher sur les branches des arbres, sans posséder encore les moyens de vol nécessaires pour échapper avec facilité aux poursuites du chasseur. Les oiseaux, pris lors du temps de la migration, s'appellent en général oiseaux de passage ou passagers: on dit, par conséquent, lanier de passage, autour de passage, etc. La dénomination de passager est cependant attribuée par excellence aux faucons communs pris lors de l’époque de la migration; mais, en l’appliquant à cette espèce, on remplace le plus souvent cette dénomination par celle de pélerin. 8) On distingue encore, sous l’épithète d’antenaires ou antannaires,9)

et qu'il na pas autant de courage. G. Tardif, Ire partie, 8me chap., p. 59, verso, et Thuan, Lib. I, p.9, rappor-

tent que le nom de tiercelet est donné au mile par la raison mème qu'il est le seul de son sexe dans la nichée tou- Jours composée de trois jeunes , ou parce quil naît le dernier. Belon, p. 118, ayant simplement dit : « possible que

«le Tiercelet a gaigne ceste appellation francoyse de sa petitesse, » on a dit par la suite que les màles des oiscaux

de proie étaient appelés tiercelets , parce qu'ils sont d’un tiers plus petits que les femelles , ce que les naturalistes

Jusqu’à nos jours. — 4) En anglais, sackerel, lanneretet musket

eux-mémes ont très-mal à propos ré Les anglais distinguent en outre le màle du gerfaut sous le nom de jerkin; celui de l’émérillon, sous le nom de jack; celui du hobereau, sous le nom derobin. — 5) Les femelles des oiseaux de chasse se nommaient autrefois les formes; mais il paraît que ce terme n’a jamais été d’un usage universel. — 6) En anglais, evasses;

en hollandais, nestling; en allemand, Nestling;nidasii,chez l’empereur Frédé

ic. — 7) En holl: ndais, taklingen; ramagii, chez l’empereur Frédérie. — 8) En anglais, simplemert passage-hawk; en hollan-

dais, passagier et aussi pelerijn ou pelgrim; Falco peregrinus, dans les ouvrages de fauconnerie en

langue latine. — 9) En anglais, lantiner; en hollandais lentenier, terme dérivé du mot hollandais lente,

ce qui signifie printemps.

les faucons de passage pris au printemps,

propre-

[DIRSt ment dits ou faucons de passage pris dans les irois derniers mois de l'année. Les oiseaux de chasse portent, durant la première année de leur vie, jusqu'à la première mue, l’épithète de sors;1) c'est ainsi que l’on dit: un faucon sors, un autour sors, etc. Les oiseaux de chasse Agés de plus d’un an et par conséquent revétus de la livrée parfaite, portent l’épithète de hagards, 2) s'ils sont pris sauvages dans cet état, et celle de mués,3) si, pris £ durant la première année .de leur existence, ils ont changé de lumage pendant leur captivité. On indique le nombre des an- 9 I nées que les oiseaux ont passées en captivité, par le nombre des mues qu'ils ont subies; ainsi, l’on dit: un faucon mué, un autour mué, un sacre mué, si ces oiscaux sont dans leur deuxième année; un lanier, un:gerfaut de deux, de quatre, de huit mues, si ces oiseaux sont agés de deux, de quatre, de huit ans. Autrefois ; IRE so i on avait aussi l’habitude de désigner les faucons communs de plus d’une mue sous l’épithète de madrés; mais ce terme n'est x ul a) Ci A guère en usage aujourd'hui. Il en est de méme des noms de gruyer et de héronnier, que l’on donnait aux faucons, selon SHU.

qu'ils étaient exclusivement dressés pour les vols de la grue ou du héron; ou de ceux de hausse-pieds, de teneur et de tombisseur ou attombisseur, que portaient les trois faucons quil était d’usage de jeter successivement, quand on volait le héron. Les fauconniers désignent plusieurs parties des oiseaux de chas- DI Ì se sous des termes particuliers qui ne sont regus ni dans la langue vulgaire ni dans celle des sciences naturelles. Il importe de connaître les suivans: La cire, membrane qui revét la base du bec des oiseaux de proie, s'appelle en termes de fauconnerie, la couronne du bec.4) Le petit bouton qui se trouve au centre des narines est nommé le frelon. Les griffes ou serres s'appellent doigts, et on distingue le doigt postérieur sous le nom d’avil lon. 5) Le pied porte le nom de main; mais ce dernier terme ne s'applique qu'aux oiseaux de haut vol: on dit par conséquent la main du faucon, le pied de l’autour.6) La région du bas-ventre est désignée sous le nom de brayer. 7) Les scapulaires s'appellent les mahutes. 8) Les pennes adhérentes à l’avant-bras, s'appellent vanneaux.9) Le nom de pennes 10) proprement dites, est réservé aux dix pennes qui tienneni aux os de la main; mais ; ) ; ; ces pennes, étant de longueur diverse, chacune d'entr'elles est désignée sous un nom ou une épithète particulière. La plus longue de ces pennes se nomme la longue;1 1) celles qui la précèdent portent le nom de cerceaux; 12) ainsi, il n’existe qu’un seul cerceau dans les faucons, où la longue n'est précédée que d’une seule penne, et il y a trois cerceaux chez l'autour et chez l’épervier, où la longue est précédée de trois pennes. On se sert des nombres ordinaux pour marquer les pennes qui viennent se ran- 1) Sauri, chez l’empereur Frédérie. En anglais, en hollandais et en allemand, on emploie l'épithète de rouge pour désigner les jeunes de l’année des oiseaux de chasse. Le faucon sors se nomme par conséquent dans ces langues: the red falcon, de roode valk, der rothe Falke, ete. — 2) En anglais et en hollandais,haggard. — 3) Enanglais,intermiewed en hollandais, muiters. — 4) Cera, chez Pempereur

Fré

re le doigt du milieusous un nom particulier, savoir sous celui de van gklaauw. — 6) Nous ne tronvons

; enallemand, Ring. — 5) En hollandais, aasklaauw,; les fauconniers hollandais désignent enco-

pas que ces distinctions aient été adoptées dans d’autres langues. Les fauconniers hollandais nomment les pieds es klaauwen. — 7) En hollandais, broek. Les plumes

alae. — 8) Enalle-

des oiseaux de chasse simplement poot, les se

du brayer s’appellent en hollandais broekvederen, chez l’empereur Frédéric, bra

mand; Flaggen;corales, chez l’empereur Frédéric. — 9) Vani, chez l’empereur Fi :; ce sont les ré-

miges secondaires des naturalistes. — 10) Pennae forinsecae, chez l’empereur Frédéric ; ce sont les rémi-

ges ou pennes primaires des naturalistes. Il paraît qu'autrefois on employait également le mot de couteaux pour désigner les pennes les plus longues de l’aile ou les ailesen général; Arthelouche de Alagona, par exemple, en parlant du faucon saphir, dit: «il a les couteaux plus longs que la queue. » Ce méme mot se trouve encore dans l’ouvrage de l’empereur Frédéric; mais cet auteur comprend sous le nom de cultelli les pennes pourvues d’une échancrure à la barbe interne; en prenant ce mot dans cette signification, les oiseaux de bas vol auraient cinq

couteaux, l’émérillon deux et il ne s’en trouverait qu’un seul chez les autres faucons. Nous verrons tout-à-l'heure

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