‹ Traité de fauconnerieChapitre 7 sur 66 · DES OISEAUX DONT ON SE SERT POUR LA CHASSE AU VOL · texte numérisé non relu

DES OISEAUX DONT ON SE SERT POUR LA CHASSE AU VOL

On peut dresser pour le vol un grand nombre d’oiseaux de proie diurnes et l’on a également fait des essais de ce genre avec d’autres oiseaux, tels que corbeaux et pies-griéches; mais comme ces différents oiseaux ont des propriétés assez diverses, il arrive que l’on ne peut avec succès tirer parti pour la chasse de certaines espéces, tandis qu'il y en a parmi celles dont on peut se servir utilement pour cet exercice, qui méritent d’étre préférées les unes aux autres, de sorte qu'il n’existe qu'un nombre assez petit d’espèces qui réunissent toutes les qualités nécessaires pour les rendre au plus haut degré propres à cet exercice. Beaucoup de personnes s'imaginent que ces qualités dépendent en grande partie du degré de développement des facultés intellectuelles des espèces ou du courage doni elles sont douées; mais l’observateur attentif ne manquera pas de reconnaître que ces différences, si toutefois elles existent, offrent des nuances tellement insensibles qu'elles ne méritent pas d’étre prises en considération lors du choix des espéces; il s'apercevra que le différent degré de docilité de ces oiseaux dépend uniquement du caractère plus ou moins revéche, plus ou moins doux des espèces ou des individus; que le degré de courage qu’ils montrent est souvent plus prononcé dans les différents individus d’une méme espèce que dans le nombre total des individus de diverses espèces, et que le courage seul serait une qualité de nulle valeur, si l’oiseau manquait des armes et des moyens de vol nécessaires pour seconder ce courage. \yant découvert les véritables motifs qui engagent les oiseaux à se soumettre à leur maitre et à lui obéir, on ne tardera pas è s'apercevoir que pour atteindre ce but il ne s'agit que d’exciter et de satisfaire alternativement leurs besoins et qu'il n'importe nullement d’avoir égard au degré de développement de leurs facultés intellectuelles; enfin on reconnaîtra que l’on ne peut employer avec succès que ces espèces qui sont à la fois pourvues de puissants moyens de vol ainsi que de serres propres a saisir la proie, et dont les forces physiques répondent è leur courage; d’où il s'ensuit que parmi les espèces douges de ces qualités, il convieni de donner la préférence à celles qui offrent la taille la plus forte. Il résulte de ce que nous venons de dire

1) Les pinces et le canîf sont représentés sur la première planche. — 2) Cette opération s’appelle en

anglais, coping. — 3) En hollandais, valkenkamer.

que l’on ne peut se servir pour la chasse au vol des espèces, telles que les milans, les buses, les vautours, qui sont incapables, à cause de la conformation de leurs serres, de saisir une proie agile; que d’autres espèces, telles que les busards, dont les serres sont plus propres à cet usage, ne valent guère mieux que les milans et les buses, parce qu’elles ont le vol trop lent; que les espéces qui offrent de puissants moyens de vol, mais dont les serres sont faibles, telles que la cresserelle, le faucon aux pieds rouges etc., sont également peu propres à cet exercice; et que les espèces mèmes qui ont, comme le hobereau, le faucon saphir ete., un vol des plus rapides, ainsi que des serres assez développées et propres à retenir une proie, ne peuvent non plus éire employées avec succès pour la chasse, parce qu'elles ne savent pas se servir avec avantage de leurs serres pour saisir le gibier. Après avoir fait de nombreux essais pour dresser toutes sortes d’oiseaux de proie pour le vol, on s'est attaché exclusivement à ces espéces qui sont douées au plus haut degré des qualités que nous venons d’énumérer, pourvu toutefois qu'il n’existe pas d’autres inconvénients qui empéchent de les employer, comme cela a lieu à Pégard du balbuzard qui ne vit que de poissons, et des aigles de mer qui se nourissent également de poissons ou de proie morte; les aigles proprement dits n’ont été méme employés que rarement en Europe, soit parce que ces oiseaux sont trop rares, soit parce qu'ils sont trop lourds pour étre portés sur le poing, soit parce que le gros gibier auquel on les destine, ne se trouve pas chez nous; certaines espéces enfin, telles que les aigles-autours dont plusieurs peuples de l'Asie se servent avec beaucoup de succès, n’ont jamais été dressées pour la chasse en Europe, autant parce qu'elles n’habitent pas dans cette partie du monde, que parce qu'on a négligé de les y apporter vivantes.

On voit par ces détails qu'il ne reste guère parmi les oiseaux d'Europe, que les faucons de grande taille, P'émérillon, lautour et l’épervier, dont on peut se servir avec succès pour la chasse au vol; aussi sont-ce les oiseaux que l'on désigne plus particulièrement sous la dénomination d’oiseaux de chasse. C'est sur l’usage de n’employer pour le vol que les espèces dont nous venons de

4) En hollandais, reigerpijpen. — 5) On voit la figure d’une de ces plaques sur la première planche

de notre ouvrage.

parler, que repose la division des oiseaux de chasse en deux classes, qui correspondent à-peu-près aux familles que les naturalistes ont établies sous les noms de faucons nobles et d’autours; car tout le monde sait que l’émérillon appartient au genre des faucons, et que l’épervier se rapporte par ses caractères essentiels à l’autour. Cette division des ciseaux de chasse en deux classes existe également chez plusieurs peuples de l’Asie, d’où Pon peut conclure que les faucons et les autours ont été regardés de tout temps et chez la plupart des peuples comme les oiseaux de chasse par excellence. Comme ces deux familles d’oiseaux s'éloignent lune de l’autre par leurs mocurs ainsi que par un grand nombre de signes caractéristiques et notamment par une conformation trés-diverse des ailes, comme on les traite d'une maniére différente tant en les dressani pour le vol que lors de la chasse méme, il s'en est suivi que l’ona imaginé successivement plusieurs dénominations servant à indiquer les différences qui existent entre ces deux familles ou classes d’oiseaux. C'est de là qu'on appelle les faucons coiseaux de haut vol,» les autours «oiseaux de bas vol;» les faucons sont des oiseaux de leurre, les autours des oiseaux de poing; on divise la fauconnerie en fauconnerie proprementi dite, si ce sont des faucons que l’on emploie pour la chasse, et en autourserie, si ce sont l’autour et l’épervier; on met ordinairement aux faucons le chaperon, mais on ne le met jamais à Pautour ni à l’épervier; les faucons soni des oiseaux à ailes longues, lesautours sont des oiseaux à ailes courtes; ceux-là enfin ont des yeux de couleur foncée, tandis que les yeux sont jaunes dans ceux-ci.

Les oiseaux dont on se sert en Europe pour la chasse sont au nombre de dix. Ce sont, parmi les oiseaux de haut vol, le faucon blanc, le faucon d'Islande, le gerfaut, le sacre, le lanier, le lanier alphanet ou tunisien, le faucon et l’émérillon; parmi les oiseaux de bas vol, l’autour ei l’épervier. Ces oiseaux, quoique pour la plupart indiqués par les auteurs de fauconnerie, ont été, du moins en partie, assez imparfaitement connus des naturalistes; leur histoire n'a jamais été traitée d'une maniere satisfaisante, et les descriptions quon en a données, offrent souvent des lacunes trés sensibles. Ce sont ces circonstances qui nous obligent de iraiter de ces ciseaux plus amplement et en naturaliste, et de faire connaitre leur histoire aussi complétement que le permettent nos ressources et l’état actuel de la science. Il est cependani essentiel de faire précéder les détails que nous donnerons sur l’histoire des oiseaux de chasse de quelques observations générales relatives

à ce sujet.

En jetant un coup-d’ceil rapide sur les différents ouvrages qui contiennent des reuseignements sur les oiseaux de proie d'Europe, on remarque que ces ouvrages, envisagés d'un point de vue général, appartiennent pour ainsi dire à quatre catégories ou écoles diverses. Les auteurs classiques, séparés des écrivains postérieurs sur l’histoire naturelle par les siècles d’ignorance des premières époques du moyen age, font en quelque sorte une école à part; la deuxiéme école, celle des auteurs de fauconnerie, est contempo raine de celle que nous nommerons l’école des naturalistes compilateurs; on peut enfin désigner la quatrièeme sous le nom de l’école des naturalistes observateurs. Cette dernière école ne date que du commencement de notre siècle; les Naumann, Meyer et

1) Nous nous réservons de parler de chacun des ouvrages de fauconnerie en particulier dans la revue

bibliographique que nous donnerons à la fin de notre traité. — 2) De la génération, livre Il, chap. 7.

Wolf, Temminck, et en partie déja Bechstein en sontles chefs; ces ornithologistes, n’ayant admis dans leurs ouvrages que les espèces qu'ils avaient pu examiner en nature, ont débarrassé la science de cette foule d’espèces nominales qui avaient été créées par leurs pré-

décesseurs; mais comme ils ont négligé de sappliquer à la cvitique historique, ils sont tombés dans des erreurs inverses, en ce qu'ils ont omis plusieurs espèces trés-distinctes qu'ils n'avaient pas su se procurer, mais qui étaient suffisamment indiquées dans les ouvrages publiésà des époquesantérieures. L’école des naturalistes compilateurs commence par Albertle grand et finit parlesouvrages de Gmelin, de Latham et ceux publiés par d'autres naturalistes vers la fin du siècle passé. Tout en observant les espéces les plus communes en nature, ces écrivains entassaient indistinctement dans leurs ouvrages tout ce qu'ils trouvaient à ce sujet dans les auteurs classiques ou dans les gerits successivement publiés, soit par des fauconniers, soit par des naturalistes; ils se copiaient fidèlement les uns les autres, et ils n’osaient retrancher aucune des espèces une fois recues dans le catalogue méthodique; aussi ont-ils porté dans la science, comme nous le verrons par la suite, une confusion incroyable. Les fauconniers 1), mieux à méme que les naturalistes d’étudier les différentes espèces d’oiseaux de chasse, les ont en effet indiquées presque toutes; mais comme ils n’en ont donné que des descriptions assez superficielles, comme ils ont adopté un grand nombre d’erreurs contenues dans les ouvrages des fauconniers arabes qui leur servaient le plus souvent de guide, comme ils partageaient enfin l’erreur générale de ces temps de mettre plus de confiance dans les observations de leurs devanciers que dans leur propre expérience, et qu'ils admettaient l’hypothèse peu probable, déjà émise par Aristote 2), que les espèces voisines saccouplent ensemble pour produire des métis qui se partagent les caractères de leurs parents 3), on ne parvient souvent qu'à force de recherches assidues, à deviner quelles espéces ces auteurs ont eues sous les yeux, et à les distinguer des espèces imaginaires quils adoptaient sur l’autorité de leurs prédécesseurs. T'outefois l’ouvrage de l'empereur Frédéric Il et en quelque sorte aussi celui de d’Arcussia, font des exceptions honorables à cette régle générale, comme c’estaussi en partie le casà l’égard des ouvrages de Belon et de Buffon parmi les naturalistes compilateurs. Les ouvrages des trois écoles que nous venons de dé-

signer, quoique souvent pleins de lacunes et remplis d’erreurs, étant cependant susceplibles d’étre éclairés par la critique, nous les passerons successivement en revue, lorsque nous traiterons de chaque espéce d’oiseau en particulier, mais il n’en est pas ainsi des auteurs classiques qui ne nous ont laissé à ce sujet que des indications tellement vagues qu'il sera toujours impossible de déterminer au juste les espéces dont ils ont voulu parler. Cependant, comme on a emprunté à leurs ouvrages plusieurs noms d’oiseaux de proie, il est nécessaire de dire quelques mots sur les espèces dont les anciens nous ont transmis les noms.

Ce ne sont, à proprement parler, parmi les auteurs classiques, qu'Aristote, Pline et Élien, qui ont traité cette matière en naturalistes. Aristote désigne le plus souvent les oiseaux de proie sous le nom d’oiseaux à ongles recourbés. Quantaux oiseaux de proie diurnes, il les comprend, à l’exception des genres des

3) Ce sont les faleones permixti d’Albert le grand ou les falcones mixti des auteurs de fau-

comnerie qui ont écrit en langue latine, les falconi traversi des faucommiers italiens

vautours et des aigles, sous le nom générique d’hierax, quoiqu'il fasse mention séparément de deux oiseaux de proie appelés ictinos1) et cenchris2); on a cru reconnaître dans le premier le milan, dans le second la cresserelle. Aristote ne parait d'abord3) établir que deux espèces du genre hierax, savoir celle qui fait la chasse au ramier (phassophonos), et puis le spizias ou hierax au pinson, et il nomme séparément l’oiseau appelé triorches; mais plus tard 4), il range cet oiseau dans le genre hierax, qui compte chez lui onze différentes espéces. Le triorches, dit-il, qui est l’ennemi de la grenouille et du serpenti et qui mange l'un et l’autre5), qui est de la taille de l’ictinos et qui est la seule espéce du genre que l’on voie toute l’année, est le plus fort de tous6); vient ensuite, par rapport à la force, l’aisalon qui fait, conjointement avec le corbeau, la guerre au renard et à l’aigypios7); le troisiéme est le circos qui vit également en guerre avec le renard, parce qu'ils ont l’un et l’autre la méme nourriture 8). Il dit encore, toujours au méme endroitg), que l’asterias, l'hierax qui tue le ramier, et le pernes forment trois espèces. Il nomme ensuite les hypotriorchestro) qui se distinguent par leurs ailes larges 11), le percos et le spizias. L'hierax lisse et lhierax qui mange la grenouille terminent cette énumération des oiseaux de proie dont Aristote n’a donné, comme on vient de le voir, outre les noms, que quelques indications vagues, accompagnées de fables. Quant à Pline, ce qu'il dit des oiseaux de proie, est encore plus insignifiant que les données d’Aristote. Pline 12) nomme, comme l’a fait Aristote, séparémentles vautours, lesaigles, le milan, lecenchris oule tinnunculus, etilcomprend les autres oiseaux de proie diurnes sous le nom générique d’accipiter 13). Il rapporte que ce genre comprend treize espèces, mais il n’en nomme que trois, savoir: l’égithus, boiteux d’un pied et du plus heureux présage pour les mariages et les bestiaux; puis le triorches, ainsi appelé du nombre de ses testicules, à qui Phémonoé a donné le premier rang parmi les augures favorables, que les Romains appellent buteo, et dont une famille méme a tiré son surnom, lorsque par un auspice heureux un de ces oiseaux fut venu se poser sur le navire du chef; enfin l’épileos des Grecs, l’espèce qui seule se montre toute l'année 14), ;ar les autres disparaissent pendant l’hiver. — Élien ne parle des oiseaux de proie que pour rapporter des fables ou pour constater à quel dieu était consacrée chacune des différentes espèces. Il paraît comprendre sous le nom générique d'hierax, les oiseaux de proie diurnes ne général 15). Il affirme qu'il en existe une grande quantité d’espèces, mais il n’en indique pas le nombre. Il nomme le cenchris et lhierax des montagnes 16), ei ensuite 17) les triorches, les vautours, les cymindis dont parle également Aristote et que l’on croit appartenir au genre des chouettes-éperviers, les aigles, l’hierax qui chasse la perdrix (perdicotheras), l'hierax aux ailes pointues (ocypteros), le phène et l'harpe, l'hierax au ramier (phassophonos), l’hierax aux ailes longues (tanysipteros) et le mermnos.

1) Livre VIII, chap. 8; VI, 6; Il, 15; IX,1; VIII, 16. — 2) Livre VI, chap. 1 et 2; VIII, 3. — 3) Livre VII, chap. 3. — 4) IX, 86. — 5) IX, 1. — 6) VII, 8; quelques auteurs, tels que Belon et de Thou, ont pris cet oiseau pour le faucon; d'autres ont eru y recomnaitre la buse. — 7) A en juger d’après le nom, cet oiseau pourrait bien étre le Làmme rgeier des Allemands, appelé gypaète par les naturalistes; Élien, livre II, chap. 46, en fait un ciseau intermédiaire entre les aigles et le vautour. — 8) IX, 1. — 9) IX, 36. — 10) Probablement gypotriorches; nous reviendrons sur ce nom en traitant du hobereau.

Nous remarquons seulement ici que le texte de ces passages, où Aristote traite des oiseaux de proie, est évidemment très corrompu. — 11) me

ss, latis alis accipitres, dans l’édition de Schmeider, vol. IV, p. 163; la traduction de Camus, tomeI, p. 587, a, comme les autres éditions, m)urbrspa ito04°5, C'est à dire: les éperviers qui ont le corps large. — 12) Livre X, chap. 9. — 13) Ce mot

DO DEDITI RE ATSS TARANTO. CASSANI DENZA si

Quant aux noms génériques que portent dans les différentes langues les oiseaux qui répondent à peu près à nos oiseaux de chasse, nous avons vu que les anciens Grecs comprenaient ces étres sous le nom générique d’hierax, les anciens Romains sous celui d’accipiter. Le motde falco est d’origine plus récente; Firmicus 18) du moins et Servius 19), auteurs du quatriéme siècle de notre ère, sont les premiers écrivains dans les ouvrages desquels il se trouve; ce mot passa après cette époque dans la langue grecque, et il a déjà été adopté par Suidas 20), auteur byzantain qui fleurissait probablement au dixième siècle. Le mot latin d’astur que l’on croit dérivé du grec asterias, ne se trouve pas non plus indiqué avant Firmicus 21). Il est inutile de dire que les noms francais d’autour et de faucon dérivent des mots astur et falco, et que ce premier mot seulement a passé dans les langues nées du latin, tandis que le dernier a été adopté dans la plupart des langues d'Europe. En francais le mot d’autour a toujours été réservé à l’espèce d’oiseau qui y porte encore aujourd’hui ce nom; celui de faucon a été appliqué, soit au faucon commun par excellence, soit au genre entier des faucons, soit aussi aux oiseaux de chasse en général; mais pris dans ce dernier sens, ce mot a souvent été remplacé, notamment dans le moyen àge et dans les gerits des historiens, par celui d’épervier, mot corrompu de l’allemand Sperber. Un usage analogue mais différent a prévalu dans les langues d’origine tudesque. En allemand, où le nom de Falke a aujourd’hui une signification analogue à celle du mot faucon en francais, le nom de Sperber est toujours réservé au véritable épervier, tandis que ce fut celui de Habicht que portaient autrefois, comme le prouvent les anciennes lois allemandes, les ciseaux de chasse en général. Ce mot de Habicht, réservé actuellement en Allemagne à l’autour, est pris encore aujourd’hui le plus souvent dans une signification générique plus ou moins restreinte, en anglais, en danois et en suédois, où il est éerit hawk, Hog et hok. Dans les ouvrages arabes, les oiseaux de chasse sont ordinairement compris sous le nom générique de sacre ou sakar, et aussi sous celui de bas. Il en est de méme dans les ouvrages perses et tures, mais dans cette dernière langue, le mot de sacre est le plus souvent éerit tschakir22). Pour les noms que portent les oiseaux de chasse dans les différentes langues des autres peuples de l’Asie, il entre d’autant moins dans notre plan de nous en occuper que celte matière est susceptible de discussions, dont le développement serait tout à fait étranger à notre ouvrage. On peut consulter à ce sujet l’ouvrage du célèbre professeur Pallas23), celui déjà cité de Mr. von Hammer et une notice due au savant Quatremère 24).

Ces observations préliminaires terminées, nous passerons à l’examen des différents oiseaux dont on se sert en Europe pour la chasse. Nous traiterons d’abord des oiseaux de haut vol, puis de ceux de bas vol, et nous ferons aussi succinctement mention de plusieurs oiseaux de proie qu’aujourd'hui on n’emploie querarement ou presque jamais pour la chasse.

correspond au mot grec hierax; l’un et l’autre ont été rendus en frangais par le mot épervier, pris dans une acception générique. — 14) On se rappelera qu’Aristote attribue cette particularité au triorches, ce qui a fait penser à G. Cuvier, quépileos n'est qu'un autre nom de triorches; voir Pline,

edit. de Panckoucke , tome VII, p. 374. — 15) Livre XII, chap. 4. — 16) Livre II, chap. 43. — 17) XII, 4. — 18) Livre V, chap. 7 et 8, p. 138 de l’édition de Bale, 1533, fol. — 19) Annotat. ad Aeneid., lib. X,

vers. 145, — 20) +44. Nomen (proprium); Item, accipitris genus; Suidae Lexicon, graece et latine, Cantabrigae, 1705, fol., vol. III, p.577. — 21) L. e. — 22) Voir l’ouvrage de Mr. de Hammer, intitulé Falknerklee, Pesth, 1840, Avant-propos. — 23) Zoographia rosso asiatica, Petrop., 1831, 49., tom. I. — 24) Dans sa traduction de l’ouvrage de Makrisi, intitulé Histoire des sultans mamlouks en Egypte,

Paris, 1839, tome 1, p. 90 à 95.

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