I. Les traités d'économie politique
Le nombre des écrits sur les finances est très-considérable.
Les plans, les rêveries, les divagations occupent la plus grande place dans ces écrits.
Viennent ensuite les recherches au point de vue du fisc, qui se préoccupe avant tout de remplir ses caisses et pas assez du mal qu'il peut faire, soit par ses exigences, soit par ses largesses.
Les écrits des financiers économistes sont plus rares, et nous dirons même que c'est là peut-être la partie de la science économique dans laquelle il reste encore. le plus à faire pour arrêter les principes et préciser les phénomènes.
Parmi les principaux économistes qui se sont occupés de finances, il faut mettre en première ligne Adam Smith, J.-B. Say et Ricardo.
On trouve assurément beaucoup de lumières dans le volume de la Collection des principatix économistes contenant, sous la déno- -mination- générale d* Économistes financiers du dix-huitième siècle, les écrits financiers et économiques de Vauban, Bois-Guillebert, Law, Dutot et Melon ; mais c'est sur les faits et les théories de la fin du dix-septième et du commencement du dix-huitième siè.cle qu'il faut les consulter, et non pour avoir les notions dé la science économique, qui n'est née qu'après eux.
Smith a consacré à ce sujet le quart de son œuvre S le livre V, qu'il a intitulé : du Revenu du souverain ou de la république, et dans lequel il a traité : — l"* des dépenses qu'exigent là défense commune, l'administration de la justice, les travaux et établissements publics pour faciliter le commerce, l'instruction publique, la dignité du souverain ; — S"" du revenu de la société et du sou* verain ou de la république, des impôts sur les ventes des terres et des loyers des maisons, sur le profit des capitaux, sur certains emplois, sur la valeur capitale des terres, des maisons et des fonds mobiliers, sur les salaires, la consommation ; — Z" des dettes pu« bliques.
J.-B. Say * a consacré, dans la même proportion, une partie de son Traité et de son Cours aux causes et effets des consommations publiques. Il n'examine pas, comme Adam Smith, les impôts par espèces, et il s'en tient aux considérations générales que font naître les questions de légitimité et d'assiette,
Ricardo a intitulé son principal ouvrage : des Principes de Técoruh mie politique et de Vimpôt^ ; mais ce qui est relatif à la partie financière n'occupe guère plus du quart de son livre. Il y traite de l'impôt en général, de l'impôt sur la rente de la terre (et de la dîme), sur l'or, les maisons, les profits, les salaires, les produits non agricoles et les producteurs. Un de ses écrits spéciaux {Pamphlets) a eu pour objet le système des dettes consolidées et l'amortissement. Dans deux autres , il a traité de la dépréciation des billets de banque ; dans un quatrième, il exposait un plan de banque nationale.
* Richesste des tuUions, 1776.
• Traité, l'* édit., 1803 ; Cours, l" édit., 1828-1830.
' The Principles ofpolitiçal economy andiaxatitm, Londres, n-8, 1817
ÉCRITS SUR LES FINANCES. 5il
A la suite de ces trois noms illustres, on peut citer celui de P. Florez Estrada, qui, dans son Traité d* économie politique éclectique S a donné un soin particulier aux questions de finances, lesquelles n'occupent cependant que le sixième de son ouvrage. 11 traite des contributions sur la propriété territoriale, des dîmes, de la contribution sur les profits du capital et sur les salaires, d'une contribution unique sur lés revenus, des contributions directes et indirectes, des nouvelles contributions à établir en Espagne et des emprunts publics, dont il fait ressortir les graves inconvénients. (Ch. XVII, g 2.)
Mac-GuUoch n'a pas traité des questions financières dans ses Principes d* économie politique ^ mais il les a discutées dans un volume à part que nous rappelons plus loin, en leur donnant un assez grand développement. Rau a également, traité à part, dans un volume que nous citons plus loin, cette importante branche de l'économie politique.
Quelques auteurs ile traités généraux n'ont point abordé ce sujet : Malthus , Skarbek , Senior , Roscher, etc. D'autres n'y ont touché que d'une manière sommaire : Sisniondi , Rossi, Storch, Cherbuliez, Courcelle-Seneuil. H. J. Stuart-Mill, tout en traitant assez brièvement le sujet, a bien exposé et discuté les questions fondamentales.
Divers publicistes et économistes contemporains ont publié des ouvrages spéciaux dont nous donnons plus loin les titres.
A côté des auteurs que nous citons, les écrivains sur les questions des finances sont très-nombreux; plusieurs ont fourni des renseignements et des éclaircissements utiles, dont l'économiste peut tirer parti ; mais il n'y en a qu'un très-petit nombre qui aient abordé ces sujets avec une étude suffisante de l'économie politique, et qui aient, par conséquent, contribué à l'avancement de la science, c'està-dire à la solution des questions ardues de doctrine qui restent à résoudre. Dans la grande majorité des écrits, une partie n'a, nous le répétons, qu'une valeur exclusivement administrative ou fiscale ; une plus forte partie encore n'a qu'une valeur douteuse, car elle
* Curso de ecorumia politica. Londres, 1828, 2* éd. Paris, 1851, traduit et refonda par M. Galibert, sous les yeux de l'auteur. Paris, 1835.
émane d'esprits sans portée» d'inventeurs de panacées financières, comme il en surgit par douzaines à chaque épSque de crise financière.
Pour étudier avec quelque méthode les questions financières» le lecteur pourra être guidé par les indications suivantes.
Après avoir lu notre Traité de finances^ on lira avec profit Tarticle IMPÔT inséré par H. H. Passy dans le Dictionnaire de V économie po^ litique, puis, ad libitum, la partie financière des ouvrages que nous venons d'indiquer et ensuite les ouvrages spéciaux que nous indiquons ci-dessous.
Parmi les ouvrages spéciaux, dans lesquels on peut étudier plus à fond les questions financières, nous signalerons principalement :