‹ Traité de financesChapitre 96 sur 175 · DU REVENU ET DE L'ÉPARGNE EN FRANCE. 58S · texte numérisé non relu

DU REVENU ET DE L'ÉPARGNE EN FRANCE. 58S

tf ... Si je réduis la proportion de la richesse générale de ce pays, en déduisant de la masse ce qui est divisé en trop petites fractions pour fournir un aliment à l'impôt du revenu, je trouve que la majeure partie de cette fortune correspond à ce qui doit être la base de rimpôt du revenu. Cette partie est encore assez belle pour que M. le ministre soit satisfait du résultat qu'il pourra obtenir avec la taxe de S pour iOO.

a Je ne veux rien exagérer : je dis qu'il y a au moins 6 à 7 mil* liards de revenu, imposable à la taxe du revenu, sur la production générale de l'industrie, du travail sous toutes les formes de la richesse déjà acquise, solidifiée, transformée en richesse immobi-. liére, ou en constructions, ou en manufactures, ou en chemins de fer ; je dis qu'il y a au moins 6 à 7 milliards de revenus en France, qui tomberont sous l'application de la taxe perçue indistinctement sur tous les revenus supérieurs à 1200 fr. C'est une ressource que l'on peut évaluer. Je veux ici rester dans un certain vague ; je reconnais avec M. le ministre des finances qu'on ne peut apporter des éléments précis, mais on peut signaler des termes entre lesquels doit se rencontrer la vérité.

« Un impôt de 5 pour 100 sur les revenus supérieurs à 1300 fr. rapportera au moins 150 millions, et il peut rapporter plus de 200 millions. Ce sont les deux chiffres entre lesquels oscille le résultat que nous désirons obtenir. »

V Épargne en France. Il n'y a à ce sujet que des évaluations par induction.

Nous lisons dans un écrit de M. François Blanc S trés-versé dans les araires financières :

c La France est, sans contredit, le pays qui élabore la plus grosse épargne, mais avec le plus de fractionnements.

t lia puissance de l'épargne n'y est pas moindre de 2 milliards par an sur 18 milliards de production industrielle et agricole.

« De ces deux milliards, en temps ordinaire, le cinquième va se colloquet dans les achats de fonds publics. »

Ce sont les capitaux anglais qui ont commencé, en France, l'œuvre

• De$ Valeurs étrangère en France. PariSi Denlu, 1860, in-S*.

381 TIIAITÉ DE FINAKGBS. — NOTICES COMPLÉMENTAIRES. — III.

des chemins de fer, alors que ces entreprises n'inspiraient pas confiance et excitaient même la répulsion des capitaux français.

Les capitaux français ont ensuite joué le même rôle analogue yis-à-vis le reste de l'Europe : il y a bien peu de lignes sur le continent où les souscripteurs français n'aient pris une assez large part. Nous trouvons dans le même écrit de M. François Blanc un relevé d'où il appert que les capitaux français avaient pris à cette époque des valeurs étrangères des chemins de fer, tant en actions qu'en obligations, pour 1,410 millions, dont :

826 millions en Autriche,

Italie,

Russie,

lOd

Suisse,

Espagne,

Belgique.

M. Alph. Courtois, un des économistes les plus érudits en statistique financière, estime* aussi qu'une épargne annuelle de 2 milliards se place en titres mobiliers (actions, obligations, fonds publics) dont les trois cinquièmes se déversent sur les marchés étrangers faute de pouvoir se satisfaire par des titres français. Cette dernière apprécialion diffère de celle de H. Blanc, probablement à cause de la différence des époques.

Hais M. Boutarel, un de nos notables industriels, dans une étude sur les réformes administratives et financières', accueille une évalualion moins élevée : « N'oublions pas, dit-il, qu'hier l'épargne était de 1200 millions par an. Espérons que, malgré nos ruines, l'épargne annuelle sera, pendant nos premières années de reconstruction, d'au moins 600 millions, b (Mars 1871.)

Le revenu taxe' en Angleterre, La perception de l'impôt sur le revenu fournira désormais un moyen de se rendre compte de l'importance des divers revenus d'une nation.

Vincome-tax a révélé en Angleterre un revenu imposable de plus de 8 à 9 milliards (calcul de 1 860).

* I^ê Finances de la France; voy. fin de la Note X.

^ ha Décenlralisatian.¥or'is, GuiUauinin, 1S71, broch. in-b".

Page 1