EN ANGLETERRE
Le revenu en France, — Ai lliur Young évaluait le revenu général de la France avant 1789 à 5 milliards 165 millions.
Les supputations statistiques de Lavoisier en 1784 et celles deTolozan en 1 788 les avaient conduits à n'évaluer le revenu de la France qu'à 3 milliards 681 millions de livres, dont 2,750 millions pour Tagriculture et, selon Tolozan, 900 millions pour l'industrie.
Les impôts, selon le budget de Necker, étaient en 1789 de 585 millions, ce qui donne à raison de 1 sur 6 de revenu, 5,510 millions de revenu.
Cinquante ans après, en 1840, H. Horeau de Jonnès évaluait, d'après les relevés de la statistique officielle, le revenu de la France à 43 milliards pour 36 millions d'habitants, dont 7 milliards 1/2 pour les produits agricoles et 5 milliards 1/2 pour Tiodustrie et le commerce.
Le revenu net agricole pouvant être évalué à 40 pour 100 de revenu brut de la culture était, à cette époque, de 3 milliards, 378 fr. par individu, dont 1/8 ou 48 fr. à déduire pour l'impôt ; reste 330 fr. par an, ou 90 centimes par jour^ par individu et par habitant.
Dans une évaluation plus récente, publiée dans la Revue des Deux MondeSy M. Â. Cochut, qui a dû, selon son habitude, seli\rer à une consciencieuse élaboration, portait le revenu à 16 millian's pour 1859, soit à 445 fr. ou à 1 fr. 22 par jour et par habitant, dont un quart pour les gens aisés a 2 fr. 48, trois quarts pour les pauvres à
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58 centimes, c'est-à-dire iiO et 30 centimes pour les moins favorisés dans les campagnes.
Le cadastre parcellaire de la France (commencé en 1808 et achevé on 1847), accuse un revenu net de la terre de 1 milliard 75 millions dit matriciel, inférieur à la réalité à cause des altérations diverses adoptées dans chaque commune pour les évaluations cadastrales.
D'après un travail plus exact de l'administration, fait en 1821 et une seconde fois en 1851, avec les baux, les actes de vente et les actes de partage, pour servir à la répartition de l'impôt entre les départements, les arrondissements et les communes, ce revenu a été évalué pour 1851 à 2 milliards 643 millions.
Aujourd'hui en admettant que le revenu foncier ail continué à s'accroître comme dans les trente années précédentes, on pourrait le portera 3 milliards 300 millions, chiffre qui dépasse celui résultant de la statistique de 1 840 .
D'après ces données, l'évaluation en capital de la propriété foncière a été portée à un nombre approximatif de 100 milliards, en 1851, au milieu du siècle. On estime vaguement à la moitié de cette somme la valeur de la richesse immobilière dans laquelle la valeur de la grande industrie manufacturière entrerait pour 9 à 10 milliards, les chemins de fer pour 6 milliards 1/2 (dont 1 1/2 actions et 5 obligations), les capitaux engagés dans les grandes entreprises fmancières ou industrielles pour 2 milliards 1/2, le com merce des échanges avec l'étranger pour 6 milliards (importation et exportation réunies en 1868).
Dans la discussion sur l'impôt du revenu à l'Assemblée nationale- (séance du 22 décembre 1871), M. Wolowski trè^-au coûtant de ce genre d'évaluations de la fortune publique, dans le monde fmancier, partait de cette donnée que la richesse de la France pouvait être évaluée de 150 à 200milliards, dont 120 milliards de propriétés immobilières, soit 20 milliards de plus qu'en 1851, et 40 à 50 milliards de propriétés mobilières représentés par des titres (actions, obligations, rentes sur l'État), i.e même orateur évaluait approximativement la richesse de l'Angleterre à 220 milliards.
M* Wolowski, en proposant un impôt de 3 pour 100 sur le revenu^ s expiimait ainsi :