‹ Traite de fortificationChapitre 11 sur 99 · FORME DÉS OUVRAGES DE FORTIFICATION · texte numérisé non relu

FORME DÉS OUVRAGES DE FORTIFICATION

entre elles alternativement des angles saillants et rentrants;: 4° de faces courbes. Examinons successivement ces différents Cas.

Retranchements en ligne droite. — Dans ce genre de retranchement, les feux battent d’une manière uniforme tout le terrain en avant depuis le sommet de la contrescarpe, pourvu qu'on ait convenablement choisi la pente de la plongée ; mais il est facile de voir (PL. 1, fig. 1 et 2) que le fossé est au-dessous des coups partant de la crête intérieure, ainsi que la berme et une partie du talus extérieur ; de sorte que si l’assaillant, en sacrifiant plus ou moins de monde, parvient dans ce fossé , il y est complétement à l'abri pour préparer ses moyens d'escalade el se reformer. Aussi on emploie rarement ce tracé avec le profil ordinaire que nous avons décrit.

Retranchements composés de faces formant entre elles des angles saillants. — Les retranchements ainsi composés ont le même défaut que le précédent, c’est-à-dire que leurs fossés ne sont atteints par aucun projectile. De plus, ils ont un autre inconvénient, qui est une conséquence du principe que nous avons établi tout à l'heure sur la direction des feux. Considérons deux faces d'ouvrage AB et BC (PL. Il, fg. 1) indiquées seulement par leurs crêtes intérieures. Aux extrémités de ces faces élevons des perpendiculaires; puisque les coups de fusil sont toujours dirigés normalement aux crêtes, ces lignes indiqueront les derniers coups partis des faces, de sorte que la zone a AB6 sera battue par les feux de la face AB et celle 8'BBc par ceux de la face BC. Mais aucun coup de feu n'arrivera dans le secteur bB6/, sauf peut-être quelques coups isolés sur lesquels on ne peut compter pour la défense. Cette portion de terrain s'appelle secteur dépourvu de feux; elle est d'autant plus grande que l’angle saillant est plus aigu, et cet angle

est un point faible, car les assaillants pourront l’atteindre sans craindre aucun coup direct, en suivant la bissectrice de l'angle ABC que l’on nomme la capitale de l’angle saillant.

Retranchements composés de faces formant entre elles des angles saillants: et rentrants. — Considérons maintenant une succession d’angles alternativement saillants et rentrants. ABCDE sont quatre faces (Pz. Il,-4g. 2), formant un angle saillant C et deux angles rentrants B et D. En avant de l’angle saillant se trouve toujours le secteur privé de feux cCc/; seulement il ést en partie sillonné par des feux croisés, partant des faces extrêmes AB et DE, et présente par conséquent de moindres inconvénients pour le défenseur. On dit qu’il est /langué par ces deux faces. Le premier effet de l’existence d’angles rentrants à côté d’un angle saillant est donc de faire flanquer le secteur dépourvu de feux, situé en avant de celui-ci; seulement les feux flanquants seront plus ou moins éloignés suivant l’inclinaison des faces desquelles ils partent. Mais on en retire encore un autre avantage, celui du flanquement d’une partie des fossés quand les faces forment entre elles des angles convenables. Considérons en effet le fossé de la face CD, il est parcouru dans une partie de sa longueur par les projectiles partant des points de la face DE voisins du point D. Pour nous rendre compte de la partie du fossé flanqué par la face DE, faisons un profil suivant la direction de ce fossé (PL. 11, #g. 3). Le coup partant de la crête intérieure A et suivant la pente de la plongée, vient rencontrer le fond du fossé en un point D, situé à une distance de la crête intérieure, qui dépend de la pente de la plongée et du rehef absolu de l’ouvrage, c’est-à-dire de la hauteur de sa crête au-dessus du fond du fossé. Ce point n'est pas la véritable limite de la partie flanquée ; on admet que le projectile est encore dangereux pour l’assaillant quand il passe en E à 0",50 au-dessus du fond du fossé, de sorte

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