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CHAPITRE IX

LL ne suffit pas de connaître le tracé de l'ouvrage que l'on veut employer, il faut encore être au courant de certaines dispositions particulières, soit intérieures, soit extérieures, comme les entrées ou sorties, la manière de placer l’artillerie, de fermer la gorge des ouvrages, d’opposer à l’assaillant des obstacles destinés à le retenir sous le feu qu défenseur ; en un mot, il faut que l’organisation de l'ouvrage facilite autant que possible le rôle de la défense. Parmi les dispositions à adopter, les unes ont pour but d’opposer à l’assaillant un certain nombre d'obstacles successifs à franchir sous les feux du défenseur, obstacles qui les rebuteront ou mettront au moins les colonnes en désordre; on leur donne le nom de défenses accessoires, comme n’étant point nécessaires à l'existence de l'ouvrage. D'autres dispositions au contraire sont d’un usage continuel et indispensable, comme les passages donnant accès dans un ouvrage fermé, ou permettant de franchir une ligne continue ; elles sont toutes intérieures, et nous allons nous en occuper d’abord.

Passages. — Pour permettre de. franehir un retranchement, on pratique dans son parapet des interruptions ou

coupures auxquelles on donne le nom de passages: elles ont la largeur nécessaire pour donner accès aux troupes et au matériel, largeur mesurée sur le sol, et variable suivant l'importance du passage et sa destination pour la circulation des hommes, des chevaux ou des voitures; 1",00 peut suffire à la rigueur pour les hommes, 2",00 ou 2",50 pour les voitures; mais si le passage doit servir à de fortes colonnes, et surtout dans le cas des lignes, on lui donne £",00 de largeur, et même au delà. Ces passages ont habituellement leur axe perpendiculaire à la direction de la face dans laquelle ils sont ouverts ; les terres sont soutenues de chaque côté par des profils en talus, inclinés à la pente naturelle des terres quand ils peuvent être frappés par les projectiles ennemis, mais tenus plus raides quand ils échappent aux vues de Parüllerie. On diminue ainsi la trouée produite par l’ouverture pratiquée dans le parapet, et qui permet aux projectiles d’entrer dans l’intérieur de l'ouvrage ; seulement il faut maintenir ces talus par des moyens artificiels dont n nous parlerons plus loin.

La trouée dans le parapet offre quelquefois un inconvénient trop grave pour qu’on ne cherche pas à y remédier ; en voici le moyen : en arrière de la-coupure (Pz. TV, fig. f) et à une distance variable suivant la largeur du passage, on élève une traverse avec un profil défensif ordinaire, c’est-àà-dire munie à l’intérieur d’une banquette sur laquelle sont placés des hommes pour défendre plus efficacement ce point faible. Cette traverse arrête les projectiles si on lui donne une Jongueur suffisante ; or, en prenant pour points couvrants les limites des talus intérieurs et extérieurs à 2",00 au-dessus du sol, les coups dangereux pourraient provenir de tous les points du secteur MON, et la traverse devrait être prolongée de manière à-arrèêter les coups extrêmes MO et NO. Elle atteindrait ainsi, par suite de l'ouverture du secteur, une longueur très-considérable et encombrerait le terreplein. Pour la raccourcir, on construit de chaque côté du

ORGANISATION INTÉRIEURE DES OUVRAGES.—RÉDUITS. 79 passage une petite traverse de 4",50 à 2,00 d’épaisseur. Le point couvrant intérieur est transporté sur l’arête de la traverse, toujours à 2",00 au-dessus du sol; l'ouverture du secteur dangereux est diminuée, et par suite la longueur de Ja traverse, qui est prolongée de manière à dépasser de 1",00 environ la direction N’I et M’I’ des derniers coups dangereux. Elle est soutenue à ses extrémités par des profils en talus. Si on la trouvait encore trop longue et qu'elle dût arrêter seulement la mousqueterie, au lieu de la construire en terre on la formerait de corps d’arbres jointifs enfoncés verticalement dans le so] et'le dépassant de 2",00 ou 2",50. (Voyez le paragraphe sur les pa/anques.)

En avant de la coupure on peut iñterrompre le fossé; mais il vaut mieux pour qu’il soit continu établir la communication au moyen d'un pelit pont construit de la manière suivante : on pose en travers sur le fossé at parallèlement à l’axe du passage des poutrelles équarries, espacées de 0°50 à 1",00 suivant leur force, en nombre variable avec la largeur du passage , et dépassant les bords supérieurs de l’escarpe et de la contrescarpe de 0",40 au moins. Elles supportent le tablier du pont composé de madfriers. Si la largeur à franchir était considérable, on diminuerait la portée en plaçant un chevalet au milieu du fossé.

L'emplacement de ces passages varie suivant le genre de retranchement. Comme ce sont des points faibles, 1l faut toujours les mettre sur les parties les moins attaquables.

Dans les fortinset les lignes à redans, ils seront placés vers les angles rentrants et sur les courtines dans les tracés bastionnés. Les passages qui traversent une ligne à crémaillères ne peuvent êire mis sur les flancs déjà tr ès-courts; on les ouvre sur les faces près du rentrant.

Quelquefois on remplace la traverse qui bouche la trouée par un parapet extérieur eh forme de redan (PL. Y, fig. 1) : la construction est un peu plus longue, mais elle offre quelques avantages en facilitant les sorties. Deux. passages sont

alors ménagés entre les extrémités-des faces du redan, et le bord de la contrescarpe.

. Passage sous les traverses. — Quand on est obligé de construire une traverse pour défiler un ouvrage (PL. X, fig. 1), on le divise ainsi en deux parties qui ne peuvent rester isolées l’une de l’autre sans que cet isolement ne nuise à une bonne défense. On construit alors une galerie traversant le massif: de la masse courante et dont la partie supérieure doit être au-dessous des plans de défilement, pour que les projectiles ne puissent atteindre les pièces de bois qui soutiennent les terrres. L'axe du passage est généralement dirigé d’équerre sur celui de la traverse. S'il ne doit servir que pour l'infanterie, 1l suffit de lui donner 1",00 ou 1",50 de Jargeur; mais il devra avoir au moins 2",10 si l'artillerie doit y passer. Les figures 3 et 4 de la planche X sont deux coupes faites dans le passage. On place d’abord à droite et à gauche une série de poteaux verticaux de 0",15 à 0",18 .d’équarrissage, enfoncés dans le sol de. 0",60 à 0",80 et le dépassant de 1",90, Ils sont distants de 1",00 environ d’axe en axe. Les têtes des poteaux placés du même côté sont réunies par une pièce de bois horizontale nommée chapeau. Des madriers de 0®,03 à 0®05 d'épaisseur placés jointifs en arrière de ces poteaux soutiennent les terres; pour former le cte/' de cette galerie et supporter les terres qui la recouvrent, on place de mètre en mètre au-dessus des poteaux verticaux des pièces de bois horizontales reposant sur les chapeaux perpendiculairement à l’axe du passage; leur équarrissage est le même que celui des montants. Sur ces traverses reposent des madriers jointifs parallèles à l'axe et qui supportent les lerres.

Magasins. — Lorsque l'ouvrage doit être abandonné pendant un certain temps à ses propres ressources, il faut y avoir des magasins pour renfermer les munitions-et les mettre

à l'abri des injures de l’air et surtout des projectiles de l’ennemi; on les construit sous les traverses, ou sous les portions de parapet les moins exposées aux projectiles. Les magasins en charpente sont disposés comme les passages dont nous venons de parler ; leur axe est dirigé suivant celui de la traverse, et souvent ils aboutissent dans le passage. Placés sous le parapet, leur construction est toujours la même ; les figures 1 et 2 de la planche X donnent le plan et la coupe d’un magasin ainsi disposé. La coupe est faite perpendiculairement au magasin et suivant l’axe du passage qui y mène, lequel n’est autre chose qu’une coupure faite dans le massif de la banquette et de son talus, en soutenant les terres au moyen de pieux et de madriers. Pour que la circulation ne soit pas interrompue sur la banquette, on recouvre le passage avec des madriers, qui doivent être au moins à 1®,80 au-dessus du fond. Pour cette raison, et aussi pour que le ciel soit recouvert d’une quantité suffisante de terre , le plancher du magasin est habituellement au-dessous du sol naturel : il est formé de madriers soutenus par des poutrelles; en dessous est une rigole avec puisard Pour l'écoulement des eaux d'infiltration.

La paroi extérieure doit se trouver au moins-à je. 00 en arrière du talus extérieur et le ciel à 0®60 au moins au-des sous de la plongée.

Au lieu de soutenir les parois du magasin avec des montants et des madriers, on peut se servir de fascines disposéessuivant un talus au quart ou au tiers et piquetées comme nous l’indiquons plus loin à propos des revêtements de talus. Les terres à droite et à gauche du passage sont soutenues de la même manière, et le ciel se compose de poutrelles reposant sur les fascines et soutenant les madriers.

Barrières. — Les ponts en bois dont nous avons parlé plus haut sont démontés la nuit et rentrés dans l’intérieur de l'ouvrage. Alors la communication est interrompue ; mais

pour que la fermeture existe de: jour comme de nuit, il faut placer desbarrières dans les coupures. Leur forme est la même que celle des barrières employées dans les campagnes; seulement les bois sont d’un plus fort équarrissage pour présenter plus de résistance (PL. X, fig. 5); elles sont à un ou à deux ventaux suivant la largeur du passage, et doivent être fermées avec un fort cadenas. Les fuseaux verticaux sont espacés de 0®,10 à 0,12 et leurs poinies-sont au moins à 4n,80 ou 1,90 au-dessus du sol. On les pose habituellement dans le prolongement des crêtes intérieures, les poteaux fixes plantés aux pieds des profils en talus. Des palissades dont nous parlerons au chapitre suivant bouchent la trouée qui reste entre les poteaux fixes et les profils en talus.

Il existe beaucoup d'autres formes de barrière; mais leur description nous entraînerait trop loin.

Revêtements. — Parmi les talus qui limitent les parapets, les uns sont inchnés au talus naturel des terres ou suivant un talus plus doux, et se soutiennent sans aucun secours; les autres plus raides que le talus naturel s’ébouleraient sous l'action des pluies, si on ne les soutenait artificiellement, ce qui s'appelle les revéiir. On nomme donc revétement un mode artificiel de soutenir les terres sous un talus plus raide que le talus naturel.

Le revêtement employé le plus souvent est le revêtement en gazons (PL. XI, fig. 1). On coupe dans un pré nouvellement fauché des mottes régulières ayant la forme de parallélipipèdes de 0®,30 de longueur, 0®,20 de largeur et 0®,15 à 0w,18 d'épaisseur. On en dispose une première couche à plat, l'herbe en dessous, au pied du talus que l'on veut monter, comme il est indiqué sur le plan. Les gazons dont le long côté forme parement sont placés en panneresses; ceux qui ont ce long côté perpendiculaire au talus sont placés en boutisses ; il y a alternativement deux panneresses et une boutisse. E dessus de cetle première couche on en met

une seconde , toujours l'herbe en dessous, disposant les gazons pleins sur joints, et alternant aussi l'emplacement des boutisses. De distance en distance .on fixe les gazons entre eux par des piquels verticaux. Cette espèce de muraille destinée à soutenir les terres suivant la pente donnée est montée ainsi par couches suceessives en même temps que le parapet, dont le massif se relie avec elle par le moyen des boutisses.

Au lieu de placer les gazons comme nous venons de l’indiquer, on se contente quelquefois de les plaquer sur le talus préparé à l’avance, les maintenant par un ou deux piquets, et les posant l'herbe en dehors. Mais ce genre de revêtement sans solidité ne doit s’employer que pour les terres très-fortes qui exercent peu de poussée.

On construit aussi des revêtements en fascines. On appelle fascine une espèce de fagot fait avec des menus branchages, de 0",22 de diamètre, de 2°,00 à 2°,50 de longueur et serré par trois ou quatre liens ou harts en osier ou bois flexible. On place d’abord au pied du talus que l’on -veut revêtir une rangée de fascines à demi enterrées dans le sol (PL. XI, fig. 2). Une seconde rangée se place au dessus de la première, en ayant soin de bien suivre le talus et de faire croiser les joints. De distance en distance la seconde rangée est fixée à la première par des piquets. On pose les rangs successifs à mesure que s'élève le remblai ; puis pour résister à la poussée des terres, on plante dans le terrassement et à 1"00 en arrière, de forts piquets reliés au revêtement 1 par des arts de retraite.

Quelquefois on soutient les terres au moyen a d'un clayonnage fait avec de petites branches flexibles; les perches autour desquelles on clayonne sont enfoneées dans le sol au pied du talus et suivant sa pente à une distance de 0",25 à 0",30 les unes des autres. Pour que ce genre de revêtement soit solide, il faut le soutenir contre la poussée des terres au moyen de harts de retraite et de forts piquets.

Enfin on se contente quelquefois de pilonner fortement entre deux parois de madriers, dont l’une a la pente du talus, la terre un peu humide qui doit former le revêtement. Le travail achevé on retire les madriers et il reste une espèce de muraille .qui acquiert par le desséchement une grande solidité et peut résister à la poussée des terres. Ce genre de revêtement porte le nom de revétement en prisé.

Armement des ouvrages en artillerie. — 11 y a deux manières différentes de- placer l'artillerie dans un .ouvrage. Dans le cas où le tir. doit embrasser un vaste secteur, on dispose la pièce de manière qu’elle puisse tirer par dessus le parapet : on dit alors qu’elle tire à 6arbette; si la direction du tir est au contraire peu étendue, on pratique dans le parapet suivant cette direction une espèce de coupure à travers laquelle la pièce doit tirer, et qui reçoit le nom d’embrasure.

Occupons-nous d’abord du tir à barbette. La volée de la pièce devant passer au-dessus de la plongée de l’ouvrage, la pièce doit être sur une plate-forme en terre assez élevée pour remplir cette condition. D’après la constructiun des affüts de campagne, la différence de niveau entre la plateforme et la crête est de 0",80 : c’est ce que l'on nomme la hauteur de genouillère, et on appelle barbette la plate-forme disposée pour ce tir.

On peut construire les barbettes en un point quelconque des erêtes; mais le plus souvent on les place aux angles saillants, en capitale, de manière que les pièces tirent dans le secteur dégarni de feux, à l'inconvénient duquel on remédie en partie de cette manière. Supposons d’abord les crêtes horizontales (PL. IV, #g. 1). Nous remarquerons que la pièce ne peut s'approcher du saillant, ce qui rend le tir difficile; pour éviter cet inconvénient, on construit une crête AB, formant un pan coupé perpendiculaire à la capitale, de 3",30 de longueur et par lequel on mène une plongée à 6 de base pour 1 de. hauteur, dont on construit les

intersections avec les anciennes plongées et les talus exténeurs. La plate-forme est horizontale à 0",80 au dessous des crêtes ; à cause du recul de la pièce on lui donne 7°,00 de profondeur en capitale à partir du pied du talus intérieur. On la termine par un pan coupé de 3",00 de Jongueur, et par des perpendiculaires abaissées des extrémités du pan coupé sur les crêtes. La plate-forme étant ainsi limitée, on la soutient de chaque côté par des talus inclinés au talus naturel des terres, dont on cherche les intersections avec le talus intérieur, la banquette et le talus de banquette. Le pan coupé pourrait aussi être l’origine d’un talus à même pente, mais souvent il sera la ligne d'arrivée d’un chemin en rampe placé en capitale et destiné à amener facilement les pièces sur la plate-forme (P£. V, fig. 1). Cette rampe, que l’on ne tient pas plus raide que 4 de base pour 1 de hauteur, est en général inclinée à 6 ou 8 pour 1. Elle est soutenue de chaque côté par des terres inclinées au talus naturel. Au lieu de la placer en capitale, on la met souvent soit à droite, soit à gauche ,; comme l'indique la figure 1 de ia planche IV; dans cette position elle encombre moins le terre-plein. | Dans le cas où les crêtes sont inclinées par suite des nécessités du défilement, la-construction de la barbette devient un peu plus difficile ; la plate-forme doit être maintenue horizontale pour la facilité du service: les crêtes allant en s'abaissant ne couvriraient plus suffisamment les canonniers et les pièces; on les tient aussi horizontales (PL. X, fig. f) et on les arrête aux prolongements des limites de la plateforme. Les nouveaux plans de plongée passant par ces crêtes sont plus élevés que les anciens on les raccorde au moyen de plans à 45° dont les horizontales sont perpendiculaires aux crêtes de la barbette. Les crêtes extérieures sont les intersections des nouvelles plongées'avec les talus extérieurs prolongés. Dans la figure, nous avons placé la rampe sur le côté gauche, et la brisure dé la traverse est inclinée à droite, c'est-à-dire du côté d’où partent les coups de revers, et dis-

posée de manière à conserver les dimensions ordinaires de la plate-forme.

Si à côté de la pièce au saillant on voulait placer d’autres pièces en barbette tirant par dessus les faces, 1l faudrait agrandir la plate-forme en lui donnant 5",00 de largeur de plus pour chaque pièce, et conservant toujours 7°,00 de profondeur pour le recul.

Dans le tir à embrasure, la plate-forme est à au, 30 au dessous de la crête, et par suite les hommes et le matériel sont bien abrites. La pièee tire à travers une coupure faite dans le parapet qui porte le nom d’embrasure, laquelle est droite ou oblique suivant que son axe est perpendiculaire ou non à la crête intérieure.

Parlons d’abord des embrasures droites. On construit la plate-forme avec 5",00 de largeur et 7°,00 de profondeur à partir du pied du talus intérieur prolongé. Puis on fait l’ouverture dans le talus intérieur de manière que la droite horizontale AB soit à 0,80 au-dessus de la plate-forme, hauteur de la genouillère PL. X1, fig. 3), et que l'ouverture soit réduite à son minimum de largeur, qui est de 0",50, pour laisser passer la volée des pièees de campagne : les deux droites A G et BH sont donc à 0",50 de distance et perpendiculaires sur la crète intérieure. Construisons maintenant l'ouverture dans le talus extérieur : le plan du fond de l’embrasure passera par l'horizontale AB et son inclinaison dépendra de la position du point à battre; on cherchera son intersection CD avec le talus extérieur; puis pour évaser suffisamment l’embrasure.et agrandir le champ de tir sans trop découvrir la pièce, on fera CD égal à : de 00’. Joignant AC et BD, on limite le fond ; il reste à déterminer les talus qui soutiennent les terres de chaque côté et que l'on nomme les joues de l'embrasure. Pour cela on achève d'abord de déterminer la sortie de l’embrasure dans le talus extérieur en menant CE et. DF dans des plans à ; passant par les côtés AC et BD du fond de l’embrasure. Les joues

seront des surfaces gauches engendrées par une droite qui a pour directrices pour la joue de gauche par exemple, les lignes AG et CE, et qui en s’appuyant sur ces lignes doit toujours les partager en parties proportionnelles.

Lorsque l’embrasure est oblique, les constructions sont à peu près les mêmes, sauf pour la détermination du fond. Dans tous les genre de tir on place une pièce de bois horizontale au pied du talus intérieur pour empêcher :les roues de le dégrader; cette pièce nommée heurtoir a 2°,10 de longueur sur 0",22 d'équarrissage. Dans le tir oblique on la place perpendiculaitrement à l'axe qui la divise en deux partes égales et de manière que son extrémité touche le pied du talus intérieur (PL. IX, #g. 3). C'est à partir de ce heurtoir qu’il faudra compter 7",00 de longueur de plate-forme nécessaires pour le recul. La ligne AB ne peut plus être à 0®,80 au-dessus du sol, car la volée de la pièce qui s’en écarte beaucoup ne pourrait s'incliñer suffisamment. On fait passer le plan du fond de l’embrasure par le point O situé contre le heurtoir et élevé à 0",80 au-dessus de la plateforme; puis on le tient à la pente convenable en dirigeant les horizontales perpendiculaires à l'axe. On cherche alors les intersections AB et CD de ce plan avec les talus intérieurs et extérieurs; les deux droites AG et BH qui limitent l'ouverture dans le talus intérieur sont toujours perpendiculaires à la crête et à 0",50 de distance. L'ouverture dans le talus extérieur est telle que la largeur de l’évasement soit donnée par une droite ed perpendiculaire à l’axe au point 0" et ayant pour longueur la moitié de O0’ 0"; joignant Ac et Bd, on limite complétement le fond de l’embrasure. Le reste de la construction se fait comme pour l’embrasure droite, CE et DF sont dans des plans à ; passant par les droites AC et BD et la surface gauche formant les joues à la méme génération.

Les pièces qui ne sont pas destinées à faire un service de longue durée reposent habitueHement sur le sol de la plate-

forme; cependant comme par suite du mauvais temps il peut se former des ornières qui rendent la manœuvre difficile et le tir inexact, on place quelquefois sous les roues et sous la crosse de l'affût des madriers dirigés suivant l'axe, et qui sont soutenus en dessous par d’autres pièces de bois placées d’équerre et nommées gites.

Des réduits et des blockhaus. — Nous avons déjà dit à propos des ouvrages fermés, au chapitre V, que l’on devait tenir en réserve un certain nombre de défenseurs pour secourir les points les plus menacés au moment de l'attaque ; mais cette précaution ne suffira pas toujours pour assurer une défense opiniâtre et donner le temps aux secours d’arriver : le moral des défenseurs sera bien affermi s'ils sentent derrière eux un point d'appui matériel à l’abri duquel ils puissent se rallier et qui leur permette s'ils ne sont pas secourus et s'ils sont entourés par des forces supérieures, de faire une composition honorable, ou mieux encore de s'ouvrir un passage les armes à la main. Ils trouveront cet appui dans un petit ouvrage intérieur auquel on donne le nom de réduit et qui a sa garnison à part.

Si l'ouvrage principal est considérable et d’une grande capacité, le réduit pourra être un retranchement en terre organisé à la manière ordinaire, presque toujours une redoute, quelquefois un ouvrage ouvert à la gorge et s’appuyant alors sur des parties inaccessibles (V. au ch. XII, les têtes de pont). Quel que soit au reste le tracé adopté, il faut avoir soin de diriger les faces de manière qu’elles couvrent de leurs feux les parties les plus exposées de l'ouvrage principal ; il faut donner aussi une grande attention au relief : de même que le premier ouvrage a été défilé des hauteurs voisines, le réduit sera mis, s’il est possible, à l'abri des coups partant du parapet de l'ouvrage principal sur lequel l’assaillant ne manquera pas de monter pour plonger dans l’intérieur. Le relief du réduit sera donc toujours élevé, mais il aura

une faible épaisseur de parapet, comme étant à l'abri de l'artillerie.

Cette nécessité d'avoir des reliefs considérables empêche d'employer les réduits terrassés pour les ouvrages peu importants, dont ils encombreraient d’ailleurs le terre-plein. On a recours alors à- d’autres genres d'ouvrages, dans lesquels la masse eouvrante est en bois et que l’on nomme blockhaus.

En général les blockhaus s’établissent suivant la forme rectangulaire (PL. XI, /g. 4). Les parois sont composées de pièces de bois équarries sur 0,30 à 0",35 de côté, de manière à pouvoir à la rigueur résister au boulet de 8, placées verticalement, jointives et enfoncées dans le sol de 0",80 à 1°,00. On consolide les parois en réunissant les poutrelles à leur partie inférieure par une pièce de bois horizontale nommée semelle et à leur partie supérieure par une pièce semblable notnmée chapeau.

Pour que les coups plongeants n’arrivent pas dans l’intérieur du blockhaus, on lui forme une toiture avec d’autres pièces de bois de même équerrissage, placées horizontalernent et jointives sur les chapeaux qu'elles dépassent de 0",30 à 0",40. En dessus de cette toiture est une couche de terre de 1°,00 d’épaisseur pour empêcher que les obus ne mettent le feu. Un fossé de 2°,00 de profondeur sur 3",00 de largeur règne autour des parois; les terres qui en proviennent sont d’abord placées sur la toiture, et ce qui en reste est relevé contre les parois suivant un talus à 45° pour les protéger contre l'incendie.

De mètre en mètre dans les parois sont percées des ouvertures appelées créneaux, présentant à l'intérieur une largeur de 0°,40 environ et de 0",08 seulement à l’extérieur ; leur hauteur intérieure est de 0",40 et l’extérieure de 0,50 à cause de la pente donnée au fond du créneau. Par ces ouvertures le défenseur tire contre l’assaillant.

A l'intérieur sont habituellement des lits de camp pour la

garnison du blockhaus; une porte en chêne de 0",10 d’épaisseur sur 0",90 de largeur et 2°,00 environ de hauteur donne entrée dans l'ouvrage. On traverse le fossé au moyen d’un pont en bois analogue à ceux dont nous avons parlé.

Dans ce genre de blockhaus il y a des secteurs privés de feux considérables et le pied de la muraille est: mal flanqué. Pour remédier à cet inconvénient quand on n’a pas à craindre une attaque d'artillerie, on peut ajouter au blockhaus un étage au moyen duquel on obtient des feux verticaux battant le pied du mur du rez-de-chaussée. Pour cela (PL. XII, fig. 1) on incline la paroi inférieure de manière qu’il existe entre elle et la paroi supérieure une ouverture à laquelle on donne le nom de machicouls. De cette ouverture ou fente longitudinale partent les coups de fusil destinés à flanquer le pied des murailles. L’épaisseur de celles-ci est de 0",10 pour résister à la balle d'infanterie; elles sont percées de créneaux de mètre en mètre environ. Un toit ordinaire recouvre ce blockhaus qui péut contenir {8 hommes. On l’a souvent employé en Afrique comme réduit d’un plus grand ouvrage, et surtout pour garantir de petits postes reliant des positions un peu éloignées au centre d’un pays hostile.

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