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SYSTÈMES DE FORTIPICATION ADMIS PAR LES ALLEMANDS

Le-fossé du couvre-face de la caponnière est flanqué par des feux d'artillerie partant de traverses casematées K,K, situées à l'extrémité des faces et chargées en outre de houcher la trouée qui permettrait de faire brèche au corps de place à travers ce fossé. La figure 4 de la planche XXV est une coupe faite dans une de ces traverses suivant la ligne E/F/ ;‘un fossé placé en arrière assure la gorge contre les tentatives de surprise.

À l'extrémité de cette traverse est un petit réduit de place d'armes, L, aussi casematé, mais organisé seulement pour la mousqueterie.

Souvent on met une contre-garde N en avant des faces du corps de place; son profil est toujours le même que celui du couvre-face ou que celui de l'enceinte. On supprime dans ce cas le petit réduit de place d'armes, et on établit en arrière du mur d'escarpe du couvre-face et dans le prolongement du fossé de la contre-garde une batterie casematée M destinée à flanquer ce fossé.

Tel est à peu près le système employé au fort Alexandre à Coblentz; on lui donne le nom de /or4fication polygonale à cause du mode de son tracé : c’est celui qui apporte les changements les plus radicaux aux idées reçues jusqu'alors.

Il existe dans certaines places-construites dans ce systême un retranchement intérieur formé par une longue caserne voûtée à l'épreuve, et joignant entre elles deux brisures voisines en séparant ainsi le saillant. En avant est un fossé; le mur extérieur de la caserne est percé de deux ou trois rangs de créneaux et même de quelques embrasures.

L'idée de ce retranchement est la suite d’une autre idée plus générale qui consiste à faire concourir à la défense les bâtiments élevés pour le logement du soldat. Il est certain que l’on éviterait ainsi des dépenses considérables et que l’on se préparerait pour le moment du siège d'excellents abris. Nous ferons remarquer seulement qu’il n'est pas besoin de changer le tracé de la fortification pour utiliser cette idée.

Dans des constructions plus récentes les ingénieurs allemands se sont successivement rapprochés des idées anciennes, tantôt en remplaçant le glacis en contre-pente par une contrescarpe ordinaire, tantôt en rétablissant le chemin couvert, mais sans traverses; dans d’autres constructions ils ont supprimé l’escarpe détachée, pour adopter une escarpe ordinaire avec voûtes en décharge et casemates; enfin ils en sont même revenus au tracé bastionné pour la défense de la ville de Rastadt.

Ce ne sont point les seules innovations que les ingénieurs allemands aient mises en avant : ils ont voulu faire revivre, toujours d’après M. de Montalembert, la fortification circulaire. Ils ont construit des tours dites maximiliennes, parce qu'ils les doivent à l’archiduc Maximilien. Ces tours en maçonnerie se composent de: trois étages dont le supérieur est seul voûté à l’épreuve ®t percé d’embrasures ; les deux autres, situés au-dessous du niveau du sol, sont destinés au logement de la garnison et aux magasins : ils prennent jour sur le fossé au moyen d’étroites fenêtres. Un glacis suffisamment élevé garantit les maçonneries contre les coups venant de la campagne, du côté des attaques, et par conséquent, de ce côté, l'ouvrage n’a aucune action extérieure, les pièces de l'étage supérieur ne vorent que la contrescarpe et la crête du glacis. Pour lui'en donner, on construit sur la plate-forme supérieure une batterie de onze pièces de vingt-quatre, garanties par un épaulement en terre. Ces pièces sont disposées sur des affüts très-mobiles ; elles tirent à barbettes, et on peut faire converger leur feu sur un même point. Toute l'importance de ce genre de fortification réside dans cette batterie. |

Les Autrichiens à Vérone ont exposé directement la maçonnerie des tours aux projectiles de l'ennemi, comme l'indique la figure 5 de la planche XXV. Les feux de l'étage se joignent à ceux de la plate-forme ; la lutte entre deux batteries, dont l’une n'offre aux boulets qu’une masse de

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