‹ Traite de fortificationChapitre 41 sur 99 · SYSTÈMES DE FORTIFICATION ADMIS PAR LES ALLEMANDS · texte numérisé non relu

SYSTÈMES DE FORTIFICATION ADMIS PAR LES ALLEMANDS

nous semblent pas de nature à exiger un changement radical. Le plus souvent les critiques sont injustes en ce qu'elles n'atteignent pas l’essence même de la fortification, mais des fautes de détail corrigées d’une manière plus ou moins heureuse par les partisans du système, ou bien elles s’exercent sur des défectuosités reconnues, mais que l’on ne veut point corriger de peur d’être entraîné dans de trop grandes dépenses, ou parce qu’on ne voit rien de- mieux à mettre en place.

Jetons maintenant un rapide coup d'œil sur les systèmes allemands. Nous nous bornerons à esquisser le système le plus opposé au tracé bastionné , celui qui fut prôné d’abord comme étant supérieur à toute fortification déjà existante, et que l’on abandonna cependant bientôt pour se rapprocher des idées plus généralement reçues. Le tracé adopté est celui proposé pär Montalembert, le profil est celui donné par Carnot.

On se rappelle que pour enceindre une ville de fortificaüons, on commence par l’entourer d’un polygone d’un certain nombre de côtés variant entre 350 et 370",00 de longueur, sur chacun desquels on applique le tracé bastionné. Les ingénieurs allemands opèrent de la même manière; seulement nous allons voir tout à l’heure que leurs cotés extérieurs peuvent être plus grands. Ils construisent leurs magistrales sur ce côté extérieur sauf une portion un peu rentrante, située au milieu, et dont nous reparlerons (PL. XXV, fig. 1). L'escarpe se compose d’un mur isolé de 7",00 de hauteur sur 2°,00 d'épaisseur percé de créneaux de distance en distance; les ouvertures de ces créneaux doivent déboucher au moins à 2",00 au-dessus du fond du fossé qui n’en est vu par conséquent que d’une manière imparfaite. Le flanquement réel est obtenu au moyen d'un petit ouvrage armé d'artillerie, situé au centre du front, et auquel on donne le nom de caponnière casematée , G. Elle se composé de deux faces et de deux flancs, ayant chacun deux étages de voûtes; il n’y a point de défense supérieure ; la seconde voûte de

1",00 d'épaisseur au moins est recouverte en outre d’une couche de terre épaisse de 1",00 à 1",50 pour la mettre à l'épreuve des bombes. La figure 3 de la planche XXV donne une coupe de cet ouvrage perpendiculaire à son axe et passant par les flancs.

Les faces sont percées de créneaux pour les feux d’infanterie'; les flancs portent à chaque étage cinq ou six pièces de canon tirant à embrasure et flanquant le fossé du corps de place. De la position de cet ouvrage il résulte que le côté extérieur peut atteindre une longueur de 500",00 sans que pour cela le fossé cesse d’être flanqué par la mitraille.

C’est en arrière de cette caponnière casematée que l’escarpe est reculée ; on se procure ainsi deux brisures BC et DE en arrière desquelles sont deux casemates à eanons pour flanquer le fossé de la caponnière, qui forme, comme on le voit, un ouvrage extérieur, relié à l’enceinté par deux murs crénelés. Cet ouvrage en maconnerie- est abrité contre les coups extérieurs par une espèce de contre-garde nommée aussi couvre-face qui a la forme d’un redan et qui est située à 20°,00 en avant des faces de la caponnière. Le couvre-face se compose d’un parapet ordinaire à talus extérieur à terres coulantes, précédé d’une escarpe détachée organisée comme celle du corps de place. Enarrière de celle-ci est un parapet qui en suit les contours et dont la crête s'élève à 8 ou 10",00 au-dessus du sol. La figure 2 de la planche XXV est an profil fait dans le corps de place suivant la ligne A/B.

En. avant de l’escarpe est un fossé de 20 à 30",00 de largeur, creusé de 5 à 6”,00 dans le sol. L’obstacle opposé par la contrescarpe en maçonnerie ou même en terre talutée aussi raide que possible est supprimé ; on la remplace pour faciliter les sorties par un talus très-doux nommé glacis en contre-pente, qui se prolonge jusqu'à 2°,00 environ au-dessus du sol, de manière à garantir les maçonneries des ouvrages en arrière ; la crête de ce glacis en contre-pente se raccorde par un glacis ordinaire avec le sol.

Page 1