DES MINES DÉFENSIVES ET OFFENSIVES
la partie supérieure par des planches de cte/, absolument comme les pâssages sous les traverses construits en fortification passagère : seulement, pour maintenir ces planches contre la poussée des terres, on ne peut employer les pieux verticaux enfoncés dans le sol et supportant un chapeau ; il faut se servir d’un chdssis quadrangulaire composé de deux montants verticaux réunis en haut et en bas par deux pièces horizontales dont la première se nomme chapeau et la seconde semelle : elles sont toutes deux destinées à empêcher la réunion des montants pressés par les terres, et le chapeau soutient en outre les planches du ciel (PL. XXXII, fig. 1,3 et 4). La semelle est enfoncée dans le sol de la galerie jusqu'à l’arasement de sa partie supérieure. Les châssis sont espacés de mètre en mètre; des tringles 1 horizontales les relient entre eux.
Quelquefois le rameau se construit sans châssis avec un coffrage formé de madriers : chaque portion de coffrage se compose de quatre bouts de madrier de 0",30 de largeur, assemblés deux à deux de manière à former un rectangle de 0",80 de hauteur sur 0,65 de largeur. Les châssis se placent à la suite les uns des autres et jointifs;-la galerie ainsi construite porte le nom de #ameau à la hollandaise. Le plan dessiné à la figure 4 de la planche XXXII représente une amorce de ce genre de travail.
Le réseau de galeries employées par lassiégé s'étend souvent un peu loin; il faut alors y renouveler l'air au moyen de ventilateurs. Ils sont de deux sortes : les uns aspirent l'air vicié, les autres au contraire envoient de l'air pur au fond des galeri les.
Les poudres qui par leur explosion bouleversent les travaux sont enfermées dans une boîte dite boîte aux poudres que l'on place, non dans le prolongement du rameau, mais dans un petit retour fait sur la droite ou sur la gauche afin que la force expansive n’agisse pas dans Ja direction dé la
galerie. Cette -disposition est indiquée en plan à la figure 4. Pour la même raison, une fois la boîte en place, il faut boucher une certaine longueur de galerie, ce qui s'appelle en faire le bourrage; on emploie pour cela des gazons, des sacs à terre, de la terre franche, entremélant ces différents matériaux , les arrangeant avec ordre et surtout sans laisser aucuy vide. La longueur du bourrage est égale à deux fois et demi environ la hauteur des- terres depuis le fourneau jusqu'au sol.
Quand il n'existe pas de galeries de mine permanentes en maçonnerie, on construit au moment du siége sur les fronts d'attaque, des galeries provisoires en bois toutes semblables aux rameaux dont nous avons-parlé d’abord, sauf les dimensions qui sont plus considérables pour les principales galeries. On en fait non-seulement sous les glacis, mais encore sous le terre-plein des ouvrages attaqués, afin de pouvoir enlever par des explosions les travaux de l’assiégeant.
Il y a différents moyens pour communiquer le feu aux poudres : le plus anciennement employé est le saucisson; mais il a l'immense inconvénient de donner beaucoup de fumée et par conséquent de rendre. les galeries inhabitables pendant un temps assez long après l'explosion, jusqu'à ce que le ventilateur ait enlevé cet air méphitique. Le saucisson est enfermé dans une gaîrie en bois nommée auget, de * 0®,04 de côté environ, clouée sur les semelles des châssis et traversant le bourrage.
On le remplace avec avantage par le cordeau orte-feu du capitaine. du génie Larivière, qui communique le feu presque instantanément et peut étre rendu imperméable à l'humidité au moyen d'un enduit en caoutchouc;. de plus il est assez solide pour que l’on se dispense d’auget.
Enfin dans ces derniers ‘temps on a employé avec succès l'élévation considérable de température produite sur un fil de métal qui met en communication les deux pôles d'une