DES MINES DÉFENSIVES ET OFFENSIVES
pile électrique. On dispose däns la boîte aux poudres au milieu de pulvérin un fil de fer ou de cuivre très-fin de quelques centimètres de longueur; à ses deux extrémités sont fixés deux autres fils assez forts qui viennent s'attacher aux deux pôles d’une pile voltaique située hors du rayon d'action de la mine : au moment ou le courant s'établit, le fil de fer rougit et enflamme le pulvérin et par suite la poudre. La communication est encore instantanée.
Au moment de l'explosion, la terre qui se trouve au-dessus du fourneau est soulevée avec violence et il se forme une excavation qui porte le nom d’enfonnoir, parce qu’elle a la forme d’un tronc de cône renversé (PL. XXXII, Âg. 6). Le sommet du cône est au centre O des poudres; les terres en retombant comblent cette partie inférieure. La distance OC du centre des poudres au sol est ce qu’on appelle {a ligne de motndre résistance. La charge de poudre est en général calculée pour que le rayon À C de la base du cône soit égal à la ligne de moindre résistance OC; ce calcul est facile à faire par une simple proportion, car on sait ce qu’un kilogramme de poudre peut enlever de mètres cubes de terre, et par suite il est facile de calculer combien il en faut de kilogrammes pour enlever le volume du cône AOB. Si on augmentait cette quantité de poudre, le rayon de l’entonnoir augmenterait, serait plus grand que la ligne de moindre résistance, et le fourneau serait surchqrgé ; il serait souschargé dans le cas contraire, c’est-à-dire si la charge de poudre n’était pas suffisante pour que le rayon de la base du cône atteignit la longueur de la ligne de moindre résistance.
Les principaux ouvrages de l’assiégeant que l’assiégé doit enlever sont les cavaliers de tranchée et leurs communications avec la troisième parallèle, les batteries de brèche et contre-batteries tant de la demi-lune que du bastion, et tous les établissements sur les terre-pleins des ouvrages, les brèches, etc. De plus, l’assiégé peut préparer contre le cou-
ronnement du chemin couvert le dispositif suivant : au moyen d’une tarière on perce de distance en distance dans le massif des glacis et en partant du talus intérieur (Pr. XXXI, fig. 4) des trous de 4°,00 environ de longueur sur 0",10 de diamètre ; leur extrémité doit être à 1°,50 en dessous du sol. On dépose au fond une cartouche en métal de même diamètre que le trou et contenant 10 kilogrammes de poudre; un cordeau porte-feu sort de la boîte et vient aboutir derrière les traverses en arrière ; il est dans un auget soigneusement enterré à 0",20 en dessous du sol. On bourre ensuite ces petites fougasses et on efface toute trace de ce travail pour que l'ennemi ne puisse s’en apercevoir s’il pénètre dans les chemins couverts. Au moment où le gabion farci de la sape des couronnements est au-dessus de la cartouche dans un couronnement pied à pied, ou quand les travailleurs sont rassemblés au même point dans un couronnement de vive force, on met le feu aux poudres et leur explosion tue les sapeurs et les travailleurs, enlève le gabion farci et favorise l’action de quelques retours offensifs.
Aussitôt que l’assiégeant rencontre ce genre d’obstacle, ce dont il s'aperçoit au jeu des premiers fourneaux, à moins qu'il n’ait su à l’avance par des espions ou des déserteurs que le terrain sur lequel il chemine est contreminé , il faut qu’il s'enfonce à son tour sous le sol pour combattre l’assiégé par les mêmes armes et aller chercher ses mineurs jusque dans leurs galeries. Il arrête momentanément ses travaux au-dessus du sol, les tenant toujours. un .peu en arrière des travaux souterrains pour qu'ils ne soient pas enlevés par les explosions des fourneaux.
Les travaux souterrains de l’assiégeant partent habituellement de la troisième parallèle : le mineur s'enfonce verticalement dans le sol en ereusant un puits de mine qui l'amène à la profondeur voulue. Ce puits, quand ses dimensions sont un peu grandes ou quand le terrain est sablonneux, est cons-