‹ Traite de fortificationChapitre 71 sur 99 · JOURNAL DE SIÉGE · texte numérisé non relu

JOURNAL DE SIÉGE

de la place. On sait qu’une sape simple avance plus lentement sur les glacis que sur le terrain en avant, et plus lentement encore sur le terre-plein des ouvrage (on suppose que le sol est de bonne qualité et que l’on n’y rencontre ni roc, ni racines, ni eau). Une sape double avance moins vite qu’une sape simple; les descentes, les passages de fossé sont d’un avancement encore plus lent; le temps nécessaire à l'exécution de ces différents ouvrages a été déterminé par l'expérience des siéges, ainsi que celui employé pour les retours. et les débouchés.

Cela posé , si on dessine à l’avance sur un plan analogue au plan directeur toutes les attaques d’une fortification en disposant les places d'armes aux distances voulues, et défilant les cheminements par ies procédés indiqués, on peut sur ce dessin calculer le nombre de jours nécessaire à l’assiégeant pour arriver dans l’intérieur de la place à partir du jour. de l'ouverture de la tranchée; c’est ce qui s'appelle dresser le journal de siége de la place ou de la fortification. On trouvera dans les traités spéciaux le temps nécessaire à l'exécution d’une longueur donnée de chaque espèce d’ouvrage.

D'après ce que nous avons dit tout à l’heure, il est évident que la durée du siége ainsi déterminée ne doit être considérée que comme un minimum, puisqu'on suppose que rien ne vient arrêter les progrès de l’assiégeant. Il est bien important de se pénétrer de cette vérité et de ne pas croire qu’un gouverneur qui a résisté le temps indiqué par le journal de siége de sa fortification a rempli son devoir : il est au contraire coupable de la plus grande négligence, si ce n’est pis, pour n'avoir pas mis en œuvre tous les moyens énergiques de défense dont nous avons parlé. Ce mode d'appréciation n'est nullement absolu, mais seulement comparatif; il ne donne pas la valeur réelle d’une place forte, mais seulement le rapport qui existe entre la force de deux places. Encore

faut-il, pour que cette comparaison puisse avoir lieu, que leurs fortifications aient été construites à peu près suivant les mêmes règles et non point dans des systèmes tout différents, car alors les temps nécessaires à l’exécution des travaux pourraient n’être nullement les mêmes.

Il importe surtout que le gouverneur ne base point le calcul des approvisionnements nécessaires sur le chiffre ainsi trouvé; ils seraient évidemment beaucoup trop faibles.

En finissant ce dernier chapitre nous dirons qu'après avoir pris connaissance des règles qui guident l'attaque et la défense , il faut pour se faire une idée juste de ce qu'est un siége, des difficultés que l’assiégeant y rencontre, des travaux noinbreux qu'il doit exécuter, comme aussi pour connaître parfaitement la marche de la défense, il faut, dis-je, étudier avec soin les relations des siéges les plus importants : rien ne peut remplacer cette étude que nous conseillons fortement aux officiers désireux de s’instruire complétement dans cette partie de l’art de la guerre.

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