DURÉE PRÉSUMABLE D'UN SIÉGE
abimé que soit ce flanc parle tir de la contre-batterie opposée, on peut toujours placer à sa partie supérieure des hommes abrités par quelques gabions ou quelques sacs à terre, tandis qu'il ne serait pas toujours possible d'y mettre de l'artillerie.
Nous avons peu de choses à dire des retranchements intérieurs : leur nécessité a été suffisamment établie, et il est facile de voir qu’il faut les appuyer à une partie de l’escarpe en arrière de laquelle on ne puisse faire brèche. Il est en outre important que l’espace restant dans l’intérieur de la partie du bastion séparée, vers le saillant, soit assez vaste pour y tenir les troupes et les réserves nécessaires au moment de l'assaut; ün retranchement qui diminuerait trop cet espace n'aurait qu'une faible valeur, à cause des difficultés de sa défense. |
Il serait important de pouvoir donner quelques notions sur la durée présumable du siége d’une place, mais il est bien difficile d'apprécier les circonstances si diverses qui peuvent se présenter dans le cours de cette opération, soit pour l’assiégeant, soit pour le défenseur. Les bases. d'appréciation sur lesquelles on devrait s'appuyer sont trop variables : non-seulement il faudrait tenir compte de la force des différents ouvrages attaqués, de leur nombre, de la forüfication en un mot, base fixe et connue à l'avance, mais encore on devrait faire entrer dans ce calcul les quantités plus ou moins grandes d’approvisionnements de toutes sortes, le moral des troupes assiégeantes et assiégées, la conduite plus ou moins savante des travaux d'attaque et de défense, etc., etc., toutes circonstances qui échappent complétement à une détermination quelconque. Aussi a-t-on vu telle place, qui venait de faire une résistance de quelques jours seulement, tenir des mois entiers dans d’autres circonstances. En thèse générale , il est donc impossible de déterminer d’une ma-
nière précise la durée de la résistance d’une place. Cependant, comme, toutes circonstances égales d’ailleurs, c’est par la connaissance de cette résistance plus ou moins grande que l'on peut avoir une idée de la valeur relative de plusieurs places fortes, il importe de faire cette appréciation au moins dans certains cas particuliers bien définis ; elle est encore nécessaire pour connaître la valeur des différents ouvrages ajoutés devant un front, valeur se mesurant évidemment par la prolongation de résistance qu’ils apportent à la fortification préexistante.
Pour arriver à ce but, on a fait d’abord les suppositions suivantes : l’assiégeant fait régulièrement ses travaux en passant par tous leurs détails et n’employant que les attaques pied à pied ; il n’a à lutter ni contre les mauvais temps ni contre les maladies ; l’assiégé se contente de surveiller l’assiégeant, de l'empêcher d'avancer plus vite qu'il ne le doit, de faire de la sape volante, par exemple, quand il doit faire de la sape pleine ; mais le défenseur n'arrête les travaux ni par les mines, ni par les sorties, ni par le tir d’une artillerie supérieure bouleversant les têtes de sape, ni par les retours offensifs : aucunes erreurs ne sont commises de part ni d'autre ; tout marche régulièrement, mécaniquement pour ainsi dire. On comprend combien ce cas particulier est défavorable pour la défense, qui ne peut employer aucun de ses moyens de résistance les plus puissants.
La durée de la résistance est alors appréciable. En effet, les travaux à exécuter par l’assiégeant sont de deux sortes : ceux qui se font simultanément et ceux au contraire d’une exécution successive qui commencent au moment où l'on quitte la sape volante pour la sape pleine. Les premiers demandent pour leur exécution de sept à neuf jours dans le cas particulier qui nous occupe, c’est-à-dire quand rien ne vient contrarier l'assiégeant ; les autres exigent un temps variable suivant le genre de travail et suivant sa proximité