‹ Traite de geodesie, ou exposition des methodes trigonometriques et astronomiques appicables a la mesure de la terre, et a la construction du canevas des cartes topographiques [VOL. 1]Chapitre 128 sur 336 · DE LA MESURE DES ANGLES ENTRE DEUX OBJETS · texte numérisé non relu

DE LA MESURE DES ANGLES ENTRE DEUX OBJETS

115. Avant de procédera la mesure d’un angle, il est essentiel de s’assurer si les axes optiques des lunettes, c’est-à-dire si les droites menées par le centre de réfraction de chaque objectif et l’intersection des fils des réticules, sont exactement parallèles au plan du limbe: pour cela, on se sert d’une lunette d épreuve. Cette lunette ep(Pl. IV), qui n’a qu’un fil, traverse deux plaques carrées qq' parfaitement égales. Lorsqu’elle est placée sur le limbe disposé horizontalement , on voit à quelle ligne distincte d’un objet très-éloigné son fil horizontal répond; et si , en la renversant sur les faces qq opposées à celles q’q\ ce fil passe par la meme ligne apparente, on est sûr alors que l’axe optique est exactement parallèle au limbe. Si au contraire cette épreuve fait connaître que Taxe optique passe par une autre ligne , il sera nécessaire dans ce cas d’élever ou d’abaisser le réticule de la lunette de la moitié de la distance des deux lignes observées; ce qui se fait au moyen d’un tourne-vis qu’on implante dans la tète de lavis de rappel de ce réticule. Cette vérification étant faite, et la lunette d’épreuve restant dans la meme situation , l’on dirige sur sa ligne de repère les deux lunettes de 1 instrument; et si les fils horizontaux de leurs réticules, ou bien si les intersections des fils inclinés d’un demi-quadrant n’y répondent pas, on les y amène au moyen des vis d erappel r des r éticules ; après quoi les axes optiques des trois lunettes se trouvent parallèles au limbe.

On peut se passer de lunette d’épreuve par le procédé suivant. Après

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avoir rendu vertical le plan du limbe et mis le cercle azimutal dans une position horizontale, à l’aide d’un petit niveau nn ', on amène la lunette supérieure sur un objet éloigné, ensuite on fait faire exactement une demi- révolution à l’instrument, puis on ramène la lunette sur l’objet; alors si l’intersection des fils du réticule s’est écartée du premier point de mire dans le sens horizontal, cela vient évidemment de ce que l’axe optique n’est pas parallèle au plan du limbe ; dans ce cas l’on amène l’intersection des fils au milieu de l’intervalle , à l’aide de leur vis de rappel. Pour vérification l’on recommence cette opération plusieurs fois, et quand on est sûr que le parallélisme existe, il ne reste plus, pour l’établir relativement à la lunette inférieure, qu’à faire coïncider son axe optique avec celui de la lunette supérieure. Ce procédé, dont il est facile de se rendre raison , serait exact sans les imperfections peut-être inévitables de l’instrument; aussi vaut-il mieux, pour plus de sûreté, recourir à la lunette d’épreuve.

Lorsqu’on doit observer une flèche, on trouve quelquefois qu’il est plus commode et plus exact de l’amener à l’intersection des fils inclinés, ainsi qu’il vient d’être dit. Mais il esta propos de remarquer que de quelque manière qu’on dispose ces fils pour l’observation , il faut préalablement les vérifier dans la situation qu’on aura adoptée , parce que, comme ils ont dans chaque lunette un mouvement commun, il arrive souvent que, par un petit défaut de construction, leurs intersections ne répondent pas précisément au même point, dans les deux positions que l’on peut donner aux réticules; et c’est ce qui ferait que les angles seraient souvent observés dans un plan autre que celui sur lequel on compte les grades ou les degrés. Enfin , il est important de rendre l’objectif fixe à l’égard du tube de la lunette; car, comme le centre de figure et celui de réfraction ne coïncident pas toujours, l’axe optique se dérangerait dans le cours d’une observation, si l’objectif venait à tourner sur lui -même.

Maintenant , pour mesurer un angle entre deux objets terrestres , il faut d’abord amener les axes optiques des lunettes dans le plan de cet angle, et les y conserver pendant tout le cours de l’observation. Pour cet effet, l’on commence par disposer le limbe du cercle de manière que son plan passe à très-peu près par les deux points de mire ; or , c’est à quoi l’on parvient en bornoyant à la vue simple, et inclinant seule-

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