CHAPITRE Vin
Exposition abrégée du système planétaire.
4o. A mesure que les découvertes se multiplièrent en Astronomie, Oti sentit davantage la nécessité de renoncer à Phypothèse de Timtnobilité de la Terre, pour expliquer les diverses apparences des inouvemens des astres; aussi le système de Copernic a-t-il fini par triompher de toutes les futiles objections des partisans de cette immobilité. Ce système est appuyé sur un des faits le^^plus remarquables du mécanisme de la nature, savoir : que la Terr^ accompagnée de la Lune, ainsi que toutes les autres planètes, tournent d'occident en orient autour du Soleil, dans des orbes à peu près circulaires. Or, il est prouvé en Mécanique qu'un corps , en vertu da^ 8on inertie, ne peut se donner du mouvement, ni se priver de celui qu'il a reçu : il faut donc qu'une impulsion primitive ait lancé les ]^lanètes dans l'espace, et que de plus il existe une force qui agisse sur elles, pour les ramener sans cesse vers le centre du Soleil; sans quoi leur mouvement serait perpétuellement rectiligne.Mais l'impulsion donnée, quelle qu'ait pu en être la cause, n'ayant pas sans doute été dirigée par le centre de gravité de ces corps, il ont du prendre en. outre un mouvement de rotation, comme il arrive à un balon lancé dans l'air. En efiet, l'on est parvenu à constater l'existence de ce dernier mouvement dans plusieurs des planètes et dans le Soleil même , par l'observation des taches adhérentes à leur surface.
L'astronome Kepler, cherchant à connaître les lois des mouvement planétaires, trouva qu'il en existe trois : ces lois, plutôt vérifiées que démontrées d'abord, sont essentiellement liées à un principe général de la nature, dont l'importante découverte est due à Newton, savoir : que tous tes corps se comportent entre eux comme s^ils s^ attiraient mutuellement en raison directe de leurs masses, et réciproquement aux quarrés de leurs distances respectives : tel est le fonde* ment de toutes les théories astronomiques.
Quoique les lois de Kepler se trouvent énoncées dans la plupart 1. *
3ÎJ TRAÏTÉ INE GÉO0ÉSIE.
des élémens de Mécanique, cependant nous les rappellerons ici en &yeur de quelques lecteurs*
1*. Le mouvement de la Terre j et celui de toutes les autres planètes, s^exécute dans des ellipses ayant un foyer commun occupé par le centre du Soleil.
a*. Les aires décrites autour du Soleil par le rayon vecteur des planètes, sont proportionnelles aux tems employés à les décrire.
3*. Les quarrés des tems des révolutions des planètes autour du Soleil j sont entre eux comme les cubes de leurs moyennes distances à cet astre.
La situation d'une planète, ou son lieu dans Tespace pour un instant quelconque, dépend de sept quantités qu'on nomme élémens du mouvement elliptique. Deux de ces élémens déterminent la position de l'orbite de la planète; c'est d'une part la longitude des Ttoeuds de cette orbite , ou de ses points d'intersection avec Técliptique, et de l'autre V inclinaison de Forhite sur ce plaur Les cincf autres élémens se rapportent au mouvement de la planète, et sont, 3L^ la durée de la révolution sidérale; a*, te demi-grand axe de Y orbite, ou la moyenne distance de la planète au Soleil; 3^ Vexcen-^ tricité de Vorbite; 4"*. la longitude du périhélie à une époque donnée; 5^ la longitude héliocentrique de la planète^ ou son tieu^ dans l'orbite à la même époque.
4i. Si les planètes étaient assez éloignées les unes des autres, oif que leurs masses fussent assez petites pour que leur attraction réciproque fdt nulle , leur mouvement elliptique autour du Soleil serait parfaitement d'accord avec les lois énoncées précédemment; mais l'écart entre l'observation et la théorie , que l'on remarque à Tégard de certaines planètes, prouve que l'action des astres qui les aroisinent trouble un peu leur mouvement. L'eflèt de cette action, que l'Astronomie moderne sait mesurer, se désigne sous le nom de perturba^ tions du mouvement elliptique, comme nous l'avons déjà dit. Les périodes de ces perturbations sont plus ou moins longues.
C'est aussi par suite de la gravitation universelle que les orbes planétaires éprouvent divers changemens dévoilés par des observations suivies et faites avec le plus grand soin; tels sont ceux qui se manifestent dans leurs excentricités, leurs inclinaisons sur l'écliptique , ain6ique dans la position de leurs nœuds et de leurs pérûiéUes,