LIVRE PREMIER- Scj
fettre grands axes seuls exceptés. Ces variations se nomment inégalités séculaires j parce qu'elles ne deviennent bien sensibles qu'après un laps de tems assez considérable.
4a. Les planètes connues de tous tems, parce qu'on les aperçoit à la vue simple, sont : Mercure 5> f^énus ?, Mars cf, Jupiter %^ Saturne t>; mais l'on doit au télescope la découverte récente d^Uranus -^y Cérès ç , P allas % , Junon ç , Kesta g. C'est aussi à l'aide de ce précieux instrument qu'on a observé les satellites de quelques* unes de ces planètes. Jupiter en a quatre, Saturne sept, et de plus cette planète est entourée d'un anneau mince et presque plat, qui n'est lui-même visible que parce qu'il réfléchit \sx lumière du Soleil ; c'est ce que prouve en effet l'ombre de cet anneau sur le disque de la planète, et celle de la planète sur la partie postérieure de l'anneau relativement au Soleil. Enfin Uranus possède six satellites. Tous les satellites tournent d'occident en orient autour de leurs planètes respectives.
Les lois de Kepler, auxquelles est soumis le mouvement des pla-nètes autour du Soleil, se manifestent dans chaque s^'&tème de satellites ; cependant elles sont loin , pour la Lune , de représenter les observations, parce que ce satellite éprouve des perturbations de la part du Soleil, ainsi que le démontre la théorie de l'attraction. Il est aussi des faits qui ne peuvent être constatés ou découverts que par l'analyse la plus savante. Par exemple, l'illustre auteur de la Mécanique céleste a démontré que le moyen mouvement angulaire du premier satellite de Jupiter y plus deux fois celui du troisième, est et sera toujours égala trois fois celui du second.
C'est encore M. Laplace qui est parvenu à cet autre résultat très singulier, savoir : que la longitude moyenne du premier satellite de cette même planète , moins trois fois celle du second^plus deux fois celle du troisième, est exactement égale à deux angles droits. On tire de là , entre autres conséquences, que les trois premiers satellites de Jupiter ne pourront jamais être éclipsés à la fois.
Les satellites, reconnus pour être des corps opaques, sont éclipses quand ils se trouvent dans le cône d'ombre que leur planète projette derrière elle, par rapport au Soleil.
La perfection donnée aux tables des deux premiers satellites de Jupiter, permet de faire servir utilement les observations de leurs
4o TRAITÉ DE GÉODÉSIE.
éclipses, à la détermination des longitudes terrestres ; parce que les immersions et les émersions de ces corps célestes sont des phénomènes subits (pji, à Taide de bonnes lunettes et de bons yeux, se remarquent au même instant physique en difierens lieux de la Terre.
43. Les orbites de Mercure et de Vénus sont renfermées dans celle de la Terre; ces deux planètes se nomment, pour cette raison, planètes inférieures : elles présentent des phases semblables à celles de la Lune. Mercure est difficile à voir, parce qu'il est très près du Soleil, et que souvent il est plonge dans ses rayons. Mais Vénus, surpassant par son éclat et sa blancheur toutes les autres planètes, s'observe beaucoup mieux, et ses phases, vues au télescope, sont bien plus distinctes. Cette planète s'éloigne du Soleil jusqu'à environ 48*; elle est connue vulgairement sous le nom ^étoile du Jour ou ^étoile du soir, selon qu'elle précède le lever du soleil, ou qu'elle paraît après le coucher de cet astre : on la voit quelquefois en plein jour à la vue simple.
Les passages de Mercure et de Vénus sur le disque du Soleil, dont les durées sont sensiblement différentes en divers points de la Terre, à cause de la parallaxe, ont servi à déterminer celle du Soleil, et par suite la distance de cet astre à nous. On présume que ces trois planètes ont chacune une atmosphère.
Toutes les autres planètes sont dites supérieures, parce que leurs orbites embrassent celle de la Terre, et que par conséquent elles s'éloignent du Soleil à toutes les distances angulaires possibles. Mars est Icplusprèsde nous; Jupiter vientensuite.On aperçoit au télescope, sur les disques de ces deux planètes, et sur-tout sur Jupiter, diverses bandes obscures, parallèles et changeantes, ainsi que des taches qui deviennent plus ou moins apparentes. Ces changemens supposent une grande agitation à la surface de ces coi'ps ou dans leur atmosphère, puisque, malgré l'énorme distance à laquelle ils s'effectuent par rapport à nous, ils sont encore sensibles.
Mars est d'une couleur rougeâtrè; il présente aussi des phases, mais sous forme oblonguc : celles de Jupiter sont insensibles à cause de son grand éloignement du Soleil et de la Terre. On a en outre observé dans Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, un mouvement de rotation d'occident en orient, et à peu près dans le plan de leurs orbites.