LIVRE PREMIER
DE l'aNNJBE civile ET DU CALENDRIER GRÉGORIEIT.
15. C'est sur l'année tropique que se règle l'année civile: celle-ci est tantôt de 365 jours, tantôt de 366, et commence au minuit qui sert d'origine au premier janvier; quoiqu'il eût été à désirer que lesjeuples de notre hémisphère eussent pris pour époque, soit l'équinoxe du printemps, soit le solstice d'hiver. Pour concevoir pourquoi la durée de Tannée civile est variable, il suffît de remarquer que si elle était constamment de 365 jours , son commencement devancerait sans cesse celui de la véritable année tropique, et parcourrait par conséquent les différentes saisons en rétrogradant. Cet inconvénient, qui ferait évidemment perdre au calendrier un de ses principaux avantages , celui de *" fixer les mois et les fêtes aux mêmes saisons, et d'en faire de cette manière des époques remarquables pour l'agriculture, s'élude à l'aide de l'intercalation suivante , adoptée dans le calendrier grégorien , qui est celui dont la plupart des peuples de l'Europe font usage. .
Sous le règne de Jules César, en ran/45 de notre ère, il fut décidé /^M que , pour rétablir l'accord entre les années solaires et civiles , les années seraient bissextiles tous les quatre ans, c'est-à-dire de 366 jours. Alors l'année tropique, supposée de 365 jours un quart seulement, fiit nommée Vannée julienne; et il fallut, par suite de cette décision, que
/mg/lii rannéy44 f^t augmentée d'un certain nombre de jours; ce qui fit qu'on l'appela Vannée de confusion. Le temps qui s'écoule pendant cent années juliennes forme la durée d'un siècle, la plus longue des périodes usitées dans la Chronologie. Mais cette intercalation d'un jour tous les quatre ans, dans le but de compenser l'erreur résultant de la suppression d'im quart de jour dans les années communes ou de 365 jours, ne pouvait remédier à l'inconvénient qu'on voulait éviter, car on reconnut plus tard que l'année tropique était plus exactement de 365^,24^^64 ou à fort peu près; il fallut donc, pour empêcher le déplacement de l'origine de l'année civile, tenir compte de 0^,007736 dont l'année tropique était augmentée par ce mode régulier d'intercalation. Or, en i58a, sous le pontificat de Grégoire XIII, l'on y parvint en convenant de supprimer la bissextile à la fin de chaque siècle , pour la rétablir à la fin du quatrième , et en arrêtant que le 5 octobre L 3
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compterait pour le 1 5 . Dans ces derniers temps , Delambre a proposé de supprimer cette bissextile tous les quatre mille ans. De là ces deux règles pour savoir si une année grégorienne est bissextile ou non : i ^ si le nombre qui exprime l'année est divisible exactement par 4^ cette année est bissextile; mais si la division ne se fait pas sans reste 9 l'année est commune: ainsi Tannée 1837 a été commune, et Tannée i84o bissextile; 7? quant aux années séculaires, supprimez les deux zéros du nombre qui les exprime , et si ce nombre ainsi réduit est exactement divisible par 4 9 ces années ont été ou seront bissextiles. Par exemple, les années séculaires 1 700 et 1 800 ont été communes , il en sera de même de Tannée 1900; mais Tannée 2000 sera bissextile: toutefois Tannée 4000 sera commune par la raison donnée ci-dessus, [yojrez, pour de plus amples explications , le Traité de la Sphère et du Calendrier ^ par Rivard, 8® édition.)
Les Russes et les chrétiens du rite grec s'en tiennent toujours à la réforme julienne ou au vieux style; aussi comptent-ils maintenant I a jours de moins que nous. Quant aux Turcs , ils règlent leur année sur le mouvement de la Lune. Dans leur calendrier, les mois commençant à la néoménie sont alternativement de 3o et 29 jours; et comme alors leur année est seulement de 354 jours , son origine parcourt suc-^ cessivement toutes les saisons en rétrogradant.