LIVRE PREMIER
sées sphériquesy concentriques ^ en équilibre et d'une épaisseur infiniment petite, arrive à nous en suivant une courbe concave vers la surface terrestre; mais comme nous supposons toujours les objets sur la direction même des rayons que nous en recevons , nous rapportons les astres au point du ciel qui se trouve sur la tangente à la courbe ou trajectoire décrite par le rayon lumineux, au point où nous sommes. L'angle que cette tangente fait avec la droite menée de notre œil au lieu réel de l'astre est donc la réfraction qui affecte la hauteur observée de l'astre au*dessus de l'horizon.
18. On conçoit, par l'explication succincte de ce phénomène , lequel paraît être dû à l'action que les corps exercent sur la lumière , que la réfraction astronomique ou plutôt atmosphérique est la plus grande possible , lorsque les astres sont à l'horizon ; qu'elle diminue à mesure qu'ils s'élèvent au-dessus de ce plan , et qu'elle est nulle lorsque les astres passent au zénith.
L'effet de la réfraction est donc de faire paraître les astres plus élevés* qu'ils ne le sont effectivement, et n'a lieu que dans le sens vertical. Ainsi, la hauteur angulaire d'un astre observé de la surface de la Terre , est une hauteur apparente qu'il faut diminuer de la réfraction pour avoir la hauteur vraie.
Il résulte de là que la valeur de la réfraction dépend de la hauteur apparente d'un astre, ou, comme l'on dit, a pour argument cette hauteur apparente.
La réfraction au-dessus de 10 degrés de hauteur, toutes choses d'ailleurs égales, ne dépend sensiblement que de l'état du baromètre et du thermomètre dans le lieu de l'observation. Plusieurs géomètres ont cherché à en assigner les lois , et Laplace , particulièrement , est parvenu, par une savante analyse, à la déduire de formules qui satisfont complètement aux observations , et qui sont fondées sur l'hypothèse que la loi de densité des couches aériennes tient à peu près le milieu entre une progression géométrique et une progression arithmétique. Mais à une hauteur plus petite que 10 degrés, à l'horizon surtout, la réfraction éprouve souvent des variations si irrégulières, qu'elle ^se refuse à toute théorie mathématique.
aa TRAITÉ DE GÉODÉSIE,