CHAPITRE VIII
EXPOSITIOir ABRÉGÉE DU SYSTÈME PLANÉTAIHE.
40. A mesure que les découvertes se multiplièrent en Astronomie , Ton sentit davantage la nécessité de renoncer à l'hypothèse de l'immobilité de la Terre , pour expliquer les diverses apparences des mouvements des astres ; aussi le système de Copernic a-t-il fini par triompher de toutes les futiles objections des partisans de cette immobilité. Ce système est appuyé sur un des faits les plus remarquables du mécanisme de la nature, savoir: que la Terre accompagnée de la Lune, ainsi que toutes les autres planètes , tournent d'occident en orient autour du Soleil , dans des orbes à peu près circulaires. Or il est prouvé en Mécanique qu'un corps, en vertu de son inertie , ne peut se donner du mouvement y ni se priver de celui qu'il a reçu: il faut donc qu'une impulsion primitive ait lancé les planètes dans l'espace , et que de plus il existe une force qui agisse sur elles , pour les ramener sans cesse vers le centre du Soleil ; sans quoi leur mouvement serait perpétuellement rectiligne. Mais l'impulsion donnée, quelle qu'ait pu en être la cause, n'ayant pas sans doute été dirigée par le centre de gravité de ces corps , ils ont dû prendre en outre un mouvement de rotation , comme il arrive à un ballon lancé dans l'air. En effet, l'on est parvenu à constater l'existence de ce dernier mouvement dans plusieurs des planètes et dans le Soleil même , par l'observation des tacho» adhérentes à leur surface ; et ce qu'il y a de bien remarquable , c'est que ce mouvement de rotation a également lieu d'occident en orient. A l'égard de la Terre, sa révolution diurne est de 24 heures sidérales (art- 4).
L'astronome Kepler^ cherchant à connaître les lois des mouvements planétaires, trouva qu'il en existe trois : ces lois, plutôt vérifiées que I. 6
4a TRAITÉ DE GÉODÉSIE.
démontrées d'abord , sont essentiellement liées à un principe général de la nature, dont l'importante découverte est due à Newton, savoir : que tous les corps se comportent entre eux comme s'ils s'attiraient mutuellement en raison directe de leurs masses^ et réciproquement aux carrés de leurs distances respectiifes : tel est le fondement de toutes les théories astronomiques.
Quoique les lois de Kepler se trouvent énoncées dans la plupart des éléments de Mécanique , cependant nous les rappellerons ici en faveur de quelques lecteurs.
I**. Le mouvement de la Terre ^ et celui de toutes les autres planètes y s'opère dans des ellipses ayant un foyer commun occupé par le centre du Soleil;
a°. Les aires décrites autour du Soleil par le rayon vecteur des pinnètes y sont proportionnelles aux temps employés à les décrire ;
3**. Les carrés des temps des réw>lutions des planètes autour du Soleil y sont entre eux comme les cubes de leurs moyennes distances à cet astre.
La situation d'uise planète, ou son lieu dans l'espace pour un ins* tant quelconque , dépend de sept quantités qu'on nomme éléments du mouwment elliptique. Deux de ces éléments déterminent la position de l'orbite de la planète : c'est d'une part la longitude des nœuds de cette orbite, ou de ses points d'intersection avec l'écliptique, et de l'autre Virudinaison de l'orbite sur ce plan. Les cinq autres éléments se rapportent au mouvement de la planète , et sont : i^ la durée de la r^lution sidérale; a^ le detni grand axe de l'orbite y ou la moyenne distance de la planète au Soleil; 3^ l'excentricité de l'orbite; 4^ la longitude du périhélie à une époque donnée; 5^ la longitude héliocentrique de la planète y ou son lieu dans l'orbite à la même époque.
41. Si les planètes étaient assez éloignées les unes des autres, ou que leurs masses fussent assez petites pour que leur attraction réci* proque fût insensible, leur mouvement elliptique autour du Soleil serait parfaitement d'accord avec les lois énoncées précédemment; mais l'écart entre l'observation et la théorie, que l'on remarque à l'égard de certaines planètes, prouve que l'action des astres qui les avoisinent trouble plus ou moins leur mouvement. L'efifet de cette action , que