‹ Traité de géognosie. Ou, Exposé des connaissances actuelles sur la constitution physique et minérale du globe terrestre (volume 2)Chapitre 26 sur 46 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

§ 3 12. Les terrains terliaires sont ceux dont la formation est postérieure à celle du terrain de craie.

Nous avions donné ( § i42 ) pour leur principal caractère , celui d’être un mélange de couches pierreuses et de couches meubles , ou plutôt d’être des terrains meubles, bancs de galets, de sables , argiles et marnes entremêlés de quelques couches calcaires ; mais ce caractère pouvant se retrouver dans des terrains secondaires d’une époque assez ancienne , tel est peut-être le red mari des Anglais et le nagelflue des Suisses , il ne saurait être généralisé et pris pour caractère distinctif. Quoique nous les eussions peut-être essentiellement caractérisés , sous le rapport géologique , en disant qu’ils renfermaient les premiers débris de quadrupèdes terrestres , le caractère , tiré de la postériorité à la formation crayeuse , déjà admis par MM. Brongniartet de Bonnard, est plus simple et plus précis.

On diviserait naturellement, avec M. Brongniart, les terrains tertiaires en deux ordres; l’un comprendrait les formations dans lesquelles se trouvent des vestiges d’animaux marins, et l’autre , celles qui ne renferment que des débris d’êtres ayant vécu sur la terre, ou dans les eaux douces, sans mélange constant de corps marins ; mais cette distinction est introduite depuis trop peu de tems , et elle ne porte pas , du moins encore , sur des bases assez positives pour que l’on puisse déjà en faire l’application.

Les terrains tertiaires , peut-être uniquement formés de matières provenant directement ou in-

directement delà destruction des roches préexistantes, sont principalement composés de couches de marne , d’argile et de sable, entremêlées de quelques bancs de calcaire et de grès ; ils présentent à peine quelques veines de matière charbonneuse et de gypse. On n’y trouve d’autres substances métalliques que des pyrites et du fer hydraté : de grands lits ou amas de lignites y sont les seuls corps étrangers dignes de remarque.

Ici on ne retrouve plus les traits d’une composition générale : a mesure qu’on se rapproche des tems modernes, l influence des localités devient plus considérable; et dans cette classe , il n’existe peut-être que des formations partielles , restreintes à des contrées d’une étendue peu considérable. Cependant, les causes auxquelles elles doivent leur existence se seront reproduites dans des lieux différents, à-peu-près à la même époque , et avec des circonstances souvent semblables, de sorte que ces formations auront encore quelques rapports entre elles, et le géognoste doit les signaler.

On n'a encore observé et décrit qu’un trèspetit nombre de ces formations ou terrains. Nous allons faire connaître les principaux : au premier rang, nous mettrons celui des environs de Paris : c’est le premier que l’on ait caractérisé ; il est visiblement superposé à la craie ; il est composé de membres bien distincts ; il présente des faits géo-

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