‹ Traité de géognosie. Ou, Exposé des connaissances actuelles sur la constitution physique et minérale du globe terrestre (volume 2)Chapitre 8 sur 46 · ARTICLE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

ARTICLE SEPTIÈME

SERPENTINE

Steaütes opacus , particulis distînguendis , solidus , colorïbus eminentioribus maculosus, duras (cultrotamen rasibilis ), poli turam admittens. Serpentinus. ‘Wall.

Serpentin des Allemands.

§ 210. Les grandes masses de serpentine qu’on trouve dans la nature , sont presque entièrement composées du minéral décrit sous ce nom dans l’oryctognosie , et dont nous rappelons en peu de mots les principaux caractères.

La serpentine est une pierre tendre , passant quelquefois au semi-dur, donnant par la raclure une poussière d’un gris verdâtre et douce au toucher , ayant une cassure mate et grenue à grain fin ; sa couleur est presque toujours verte , et elle ne fond pas au chalumeau lorsqu’elle n’est pas mêlée de beaucoup de matières étrangères.

§ 21 1. Elle est principalement composée des éléments du talc, ainsi que nous le verrons dans peu: la magnésie entre ainsi, comme principe caractéristique, dans sa composition ; et il est à remarquer qu’elle sert de gangue ordinaire à la plu-

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part des pierres du genre magnésien ou talqueux. Elles se trouvent presque toules dans la serpentine, el ne se rencontrent guère ailleurs. Parmi ces pierres nous distinguerons :

i° Le talc proprement dit et ses variétés, telles que la stéatite ou taie compacte , la chlorite , la pierre ollaire ;

2° La magnésie native , trouvée par M. Bruce, en petites veines, dans la serpentine de New-Jersey en Amérique ;

3° La magnésie carbonatée ; elle n’a été trouvée qu’en deux endroits bien pure, à Puibschitz en Moravie , et à Gassen en Stirie , toujours dans de la serpentine ;

4° L 'écume de mer ou magnésite de M. Brongniart ;

5° Yïasbeste et Ses diverses variétés, telles que l’ amiante, le liège fossile: le gissement habituel de cette substance est en petites veines ou filons, dans lesquels les fibres de l’asbeste sont toujours perpendiculaires au plan des filons ;

6° La diallage , que quelques personnes ont regardée comme une serpentine cristallisée : elle se trouve en outre dans les terrains serpenlineux , formant avec le feldspath une roche particulière dont nous parlerons dans peu.

La serpentine contient encore fréquemment diverses concrétions siliceuses qui y sont en filets ou rognons. On en a des exemples :

Couches.

Age et gissement.

162 TERRAINS PRIMITIFS

i° A Kosemutz en Silésie, où cette roche renferme des opales, des calcédoines , et de la chrysoprase ;

20 En Piémont, où le mont Musinet présente mie multitude de veines et rognons de semi-opale et d’hydrophane. ( Sauss. , § i3o8. )

Parmi les autres minéraux qu’on trouve encore dans les serpentines , nous citerons le mica, l’amphibole , le grenat-pyrope , etc.

Quant à des couches d’autres masses minérales, je n’en connais point dans la serpentine , en exceptant toutefois le calcaire qui se trouve trèssouvent mélangé avec elle, et l’euphotide qui lui paraît subordonnée.

§ 212. Werner a observé, en Saxe, deux serpentines d’époque différente.

La première , qui est celle où cette substance se trouve mêlée avec la pierre calcaire , forme des couches dans les montagnes de gneis et de schiste-micacé ; elle est, par conséquent, de même âge que ces roches. On lui rapporte le verde an tico , et le verde di Susa , qui ne sont que des mélanges de serpentine a grain extrêmement fin et de calcaire blanc.

La seconde formation , dit Werner , est beaucoup plus é tendue que la première ; elle se trouve à Zœblitz , en Saxe , elle y remplit une espèce de bassin de deux lieues de long et d’une de large ; elle y repose sur le gneis ; mais sa surface de su-

SERPENTINE

perposition n’est point parallèle à la stratification de cette dernière roche , ce qui indique une formation postérieure. Au reste, Werner ajoute qu il n'a pas recueilli un assez grand nombre d observations sur cette formation, pour déterminer son âge relativement aux autres masses qui entrent dans la composition de Y Erzgebirge.

La serpentine se trouve principalement dans les terrains où les principes du talc abondent. Aussi existe-t-elle en grande quantité dans les Alpes : j’ai eu occasion d y en voir un grand nombre de masses et de couches ; quelques-unes avaient plus d une lieue d’étendue , et plus de deux cents mètres d épaisseur : c’étaient des assises dans le terrain de scbiste-talqueux ou micacé , qui constitue la masse principale des Grandes-Alpes.

Les principes intégrants de ce schiste-lalqueex sont le quartz, le talc et un peu de feldspath. La proportion entre ces substances éprouve fréquemment des changements aussi brusques que variés d’une couche à l’autre : quelquefois le feldspath devient plus abondant que les autres principes, et Ton a des gueis et même des granités ; ailleurs , c’est le quartz qui domine, et il en résulte des masses où ce minéral se trouve presque pur ; plus souvent encore, c’est le talc qui prend le dessus, et il donne naissance à des couches talqueuses ou chloritiques. Si les diverses substances qui enlrent dans leur composition sont en parties si petites qu’elles ne puissent plus être distinguées les unes des autres, ou si leurs divers principes constituants,n’ayant pas obéi à l’action de l’attraction moléculaire qui les sollicitait à former des minéraux différents , restent confondus les uns avec les autres , il en résulte une masse compacte qui est la scr-

TERRAINS PRIMITIFS

pentine. Ainsi , dans les montagnes dont nous parlons, cette dernière roche n’est autre chose qu’un scbiste-talqueux, dans lequel le talc domine, et dont les éléments sont fondus les uns dans les autres. Plus le talc aurait été abondant dans le schiste, plus la serpentine sera douce au toucher, et plus elle se rapprochera de la stéatite ; elle passera entièrement à ce minéral , si elle ne contient que les principes composants du talc. J’ai eu un grand nombre d’occasions d’observer ce passage des couches talqueuses à la serpentine, de celle-ci à la stéatite, et de cette dernière au talc laminaire : aussi crqis-je pouvoir le donner comme un fait positif

Il suit encore de ce que nous venons de dire , que, dans les Alpes, le granité, le gneis, le schistemicacé ou talqueux , et par suite la serpentine , appartiennent à une seule et même formation ; et que, pris en général, ils y sont du même âge.

Si , dans les couches de schiste-talqueux qui deviennent compactes, le feldspath et le quartz sont en quantité considérable , la serpentine augmentera en dureté et se rapprochera de l eu rite vert et quelquefois même du homstein.

Lorsque le talc était très-chargé de fer, qu’il était à l’état de chlorite , la serpentine, à laquelle il donne lieu , perd un de ses caractères habituels, et devient fusible.

Cette roche a encore beaucoup de rapports avec les amphibolites , et en particulier avec l’aphanite commune (grünstein ) ; elles se trouvent assez souvent ensemble , et leur ressemblance porte quelquefois à les confondre. Cependant la

SERPENTINE

serpentine présente une poussière plus douce au toucher , et est plus difficile à fondre : mais encore il peut se trouver des termes intermédiaires que l’on sera souvent embarrassé de rapporter à l’une ou à l’autre de ces roches.

§ 21 3. Wernerne connaît point de serpentine stratifiée ; toute celle que j’ai été à meme d observer ne l’est pas , et d’après ce que j’ai dit sur sa nature , je crois pouvoir avancer qu'en général elle ne l’est point. Cependant celle du Fichtel berg a paru l’être à MM. Goldfuss et Bischof (i). La serpentine n’affecte pas non plus de forme régulière , et elle ne présente que des fissures qui la divisent en blocs très-irréguliers.

§ 214. Lorsque ces blocs sont attaqués par l’action décomposante de l’atmosphère, leu^surface, par un relâchement de tissu, prend un aspect terreux , et devient fréquemment d’une couleur de rouille ; ce qui provient du passage du fer protoxidé à celui de fer hydraté.

La serpentine résiste d’ailleurs assez bien à la décomposition , et beaucoup plus que les gneis , les schistes -micacés, les phyllades , etc., au mi-

(1) Beschreibung des Fichtel gebirge s , tora. I, pag. 1 44* Les savants auteurs de cette description disent encore que le granité du Fichtelberg est stratifié, et en strates de 2 à 8 pieds d’épaisseur. Cette stratification ne serait-elle pas une simple division en plaques comme celle que présentent les rochers granitiques de Greijf enstein ( § 86 ) ?

Stratifica-

tion.

Décompo-

sition.

terrains primitifs.

Métaux

contenus.

lieu desquels elle se trouve habituellement : de là vient une partie des rochers et pics qu’on voit au milieu des terrains formés par ces roches, notamment dans les Alpes : la plus considérable des pyramides qui s'élèvent sur le faîte de ces montagnes, le mont Cervin, en est en partie formée ; et elle constitue la cime de la grande aiguille appelée Breithorn, et dont l’élévation est de quatre mille mètres au-dessus de la mer.

Comme toutes les roches magnésiennes , la serpentine est peu propre à la végétation. Les montagnes qu elle constitue sont nues, et cette nudité, jointe à leur couleur somhre , donne un aspect triste et monotone aux terrains qui en sont formés.

§ 2 » 5. La serpentine , ainsi que les roches talqueuses et amphiboliques , avec lesquelles elle a tant de rapports, contient habituellement une quantité plus ou moins considérable de fer oxidulé,et la présence de ce minerai me paraît y être une suite de la nature même de la roche. La couleur verte , dans le talc , est due à l’oxide vert de fer ( protox'de des chimistes ) , et elle s’y présente si souvent, dans toute espèce de localité, que l’on peut en conclure qu’il y a dans les principes essentiels du talc, une force d’affinité qui les a portés à se saisir et à se charger de cet oxide , par tout où il s’est trouvé à leur portée, lors de la formation de la roche. Lorsqu’il a été en quantité suffisante , il a changé le talc en chlorite ; s’il a augmenté au-delà du terme de saturation, il est trouvé en excès , et ses molécules, en se réunissant , ont formé les grains , veines et masses de cet oxide , ou fer oxidulé des minéralogistes , qu’on voit si fréquemment dans les masses talqueuses , et par conséquent dans les serpentines.

SERPENTINE

Lorsque le fer oxidulé est en petits grains imperceptibles à la vue , il donne à la roche la proprie'té magné tique, et quelquefois la polarité qu’on a remarquée dans quelques échantillons. Il s’y trouve aussi très-fréquemment en grains , rognons et fdets , qui y sont quelquefois en assez grande quantité pour devenir l’objet d’une exploitation : c’est ainsi qu’au pied méridional du mont Rose , entre les vallées de Gressonney et de la Sésia, près du passage d’Olent , on a une énorme assise de serpentine, tellement chargée de ces fdets et de ces grains, qu’on exploite pour le service des fonderies de fer, les blocs de cette roche qui tombent dans le vallon d’Olent. Enfin le fer oxidulé se trouve dans la serpentine en masses ou amas d’un volume quelquefois très - considérable ; dans la vallée d’Aoste, au-dessus du village de Cogne, au milieu d une montagne de schiste-micacé calcarifère , on a une couche de serpentine de plus de cinquante mètres d’épaisseur , et de mille de long, et dans laquelle se trouve une énorme masse du fer oxidulé le plus compacte ; son épaisseur est d’une trentaine de mètres.

C’est dans de la serpentine qu’on a trouvé , en Provence, le fer chromalé : il y est en veinules et en rognons.

À l’exception du fer, cette roche contient peu de substances métalliques; cependant, près de Joachimsthal, en Bohème , on y a exploité quel-

Etendue.

que peu de plomb; dans celle de Cornouailles, on a trouvé une quantité assez considérable de cuivre natif ; il y est en filets et en veines.

§ ai 6. La serpentine est très-abondante dans les Alpes, ainsi que nous l avons remarqué. Saussure , et tous les minéralogistes qui ont parcouru ces montagnes , ont fait mention des masses et couches qu’elle y forme dans un grand nombre de localités : quelques-unes sont assez étendues pour être regardées comme des masses de montagnes ; l’assise qui est sur le flanc méridional du mont Rose , au passo d’ Oient, a plus de deux lieues d’étendue, et souvent plus de trois cents mètres d’épaisseur. Dans le val Tornanche , dans la vallée de Brusson , en Piémont, on parcourt des lieues entières dans cette roche. Nous avons remarqué qu’elle constituait en partie les hautes cimes du mont Rose , du mont Cervin , du Breithom , etc.

Dans les Pyrénées, elle est en bien moindre quantité : je n’y en ai vu que de petites masses : elle est également assez rare dans les terrains primitifs du centre de la France; cependant, en Limousin, près de Saint-Yriex, on a des exploitations sur un banc de celte roche qui s’étend à plusieurs lieues de distance.

Elle est plus commune dans les montagnes du centre de l’Allemagne ; il y en a dans le Fichtel berg , en Saxe , en Silésie , etc.

L’Angleterre n’en présente que sur un point, au

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cap Lizard, sur sa cote méridionale : la serpentine, qui y occupe plusieurs milles carrés, repose sur un sol primitif, elle renferme des couches de schistemicacé , et est bordée de phyllade de formation intermédiaire ; leur rapport respectif de gissement n ayant pu etre déterminé, on ne saurait indiquer avec précision à quelle classe elle appartient. M. Berger, en nous la faisant connaître dans tous ses détails , a essayé de la rapporter à une des deux formations reconnues par Werner en Saxe , et il a accompagné cet essai de très-judicieuses réflexions. Cette serpentine contient de grandes masses d’une stéatite demi-transparente , qu’on peut pétrir comme de la pâte, lorsqu’elle sort de la carrière ; elle est mêlée, en outre, avec une roche dont nous allons parler (i).

Elle est assez commune dans les montagnes des Etats-Unis de l’Amérique : elle y est mêlé avec du calcaire, elle est traversée par des veines d’asbeste^ et elle contient du fer oxidulé et du ferchromaté.

Au Mexique, dans la mine de Valenciana , au milieu d’un terrain de phyllade , M. de Humboldt a vu une vraie serpentine alterner avec des couches de siénite et de schistes amphiboliques. A 1 île de Cuba, il a trouvé celte même roche encore accompagnée de siénite et contenant une grande quantité de diallage.

(i) Trans. of the geol. soc . , tora. I.

TERRAINS PRIMITIFS

De l’ Euphotide.

§ 217. La serpentine esttrès-étroitement liée , sous le rapport géognostique , et en partie sous celui de sa nature , avec une masse minérale dont nous avons fait mention , et qui est abondamment répandue dans plusieurs contrées. M. de Buch a le premier fixé l’atten tion des géologis tes sur elle , et il l’a élevée , à juste titre , au rang des roches. Nous allons en traiter ici comme d’un appendice à la serpentine, et d’après les écrits de ce savant (1) : il a conservé à cette substance le nom de gabbro , qui lui a été donné par les artistes italiens ; mais les minéralogistes français l ayant désignée, d’apres M. Haüy , sous celui à' euphotide y nous emploîrons cette dernière dénomination.

L’euphotide est essentiellement composée de feldspath et de diallage. Le premier de ces deux minéraux s’y présente très -souvent à l’état de jade , substance que M. de Buch croit devoir continuer à séparer du feldspath ordinaire ; et le second s’y montre à-peu-près avec toutes ses variétés connues. Indépendamment de ces principes composants, on y trouve encore accidentellement du talc , de l’amphibole ou actinote , des grenats, des grains de pyrite , etc.

(1) Ueberden Gabbro. Dans le Magazin der naturforschender^ Freunde , zu Berlin, tom. ] V et VII. M. de Bonnard a donné un

extrait de ces mémoires dans le tom. I des Annales des Mines .

SERPENTINE

Cette roche est abondante dans les Alpes : elle avait fixé 1 attention de Saussure , qui l avait trouvée en grande quantité parmi les cailloux roulés des environs de Genève , et qui avait bien reconnu la nature de ses principes composants. Mais c’est M. de Buch qui en a le premier fait connaître le gissement : il l'a vue sur les parties élevées du mont Rose formant des masses considérables superposées au schiste-micacé, et mêlées, en plusieurs endroits , avec la serpentine. Dans cette même chaîne , sur les montagnes talqueuses de Saint-Marcel, près d'Aoste, j’ai été frappé de la grande quantité de diallage qui y brille dans les roches , et qui très-vraisemblablement constitue pîusieursd’elles à l’état d’euphotide. Les sommités des montagnes du pays de Gênes, qui dominent le golfe de laSpezzia, en sont principalement composées. Elle forme encore, en Corse, des terrains d une assez grande étendue, d’où l’on tire le verde dl Corsica, qui n’en est qu’une belle variété. Le nero di prato , le verde di prato , le granito di gabbro des Florentins, ne sont encore que des diallages , habituellement métalloïdes , et mêlés tantôt avec de la serpentine , tantôt avec du feldspath ou du jade , qui viennent des montagnes de la Toscane.

L euphotide se trouve dans un grand nombre d endroits de l’Allemagne. Celle de Crems , en Autriche , sert au pavé des rues de Vienne , et sa

i;2 TERRAINS PRIMITIFS.

grande ténacité la rend très-propre à cet usage. On l’a encore observée en plusieurs endroits de la Silésie ; elle y fait le corps de la grande montagne isolée du Zobtenberg , la serpentine en est la base. Dans la serpentine de Cornouailles , M. Berger avait déjà trouvé et signalé cette roche , il l’avait vue composée de feldspath compacte et de diallage métalloïde ; et il avait marqué ses rapports avec celle qui forme les galets des environs de Genève , et qu’il avait lui-même observée en place sur le mont Rose.

M. de Buch a retrouvé son euphotide en plusieurs lieux des montagnes de la Norwége , et il l’a en quelque sorte poursuivie jusqu’à l’extrémité de l’Europe. Près le Cap-Nord , on a , sur un terrain de phyllade , un granité à petits grains ( voyez § 189 ) , chargé de mica et d’amphibole , et se changeant quelquefois engneis; d’autres fois, l’amphibole augmente , le quartz elle mica diminuent , et l’on a une diabase ; enfin la diallage se substitue à l’amphibole , et il en résulte une euphotide d’abord à grains lins, et puis à gros grains. Elle y est, dit Fauteur , ainsi qu’en Silésie, à Prato , à Gênes et à Cuba, aux derniers termes des formations primitives , et elle touche aux formations intermédiaires.

Si en Laponie elle n’est pas , comme presque par-tout ailleurs, avec la serpentine, c’est, remarque M. de Buch, que dans le nord de FEurope, la

SERPENTINE

force de la cristallisation paraît avoir agi avec plus d’intensité qu’ailleurs ; elle y a formé, en cristaux distincts, les masses qui, dans d’autres contrées , ont une apparence compacte ou sédimentaire ; par suite, elle a produit une euphotide , là où, sans cette intensité d’action , il n’y eût eu qu’une serpentine : car ce savant regarde cette dernière roche comme une euphotide à grains fins ou indiscernables mêlée de talc. J’ai dit plus haut ce qu’était la serpentine des Grandes-Alpes , un schiste - tal queux compacte : cette opinion n’est point , ce me semble , en opposition avec celle de M. de Buch : dans les roches talqueuses de ces montagnes , nous avons vu la diallage quelquefois en grande quantité. Si une pareille roche diminuait, dans la grosseur du grain, jusqu’à être d’apparence homogène , ce serait encore une serpentine dans laquelle les éléments de la diallage seraient fondus avec ceux du feldspath, d’un peu de quartz et beaucoup de talc : je crois seulement que ceux-ci dominent dans les serpentines , au moins dans celles des Alpes. Je remarquerai , en outre , qu’il y a une grande analogie entre la pâte ou composition chimique du talc et de la diallage (1), et par conséquent que la masse qui a été produite principalement par le talc dans les

(«) Ou jugera de cette analogie , eu comparant les analyses

i74 terrains primitifs.

Alpes, peut l’avoir été par la diallage dans la Norwége.

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