VÉSUVE
Après J. Cb.
1783 (18 Août).
1784 (Octobre et Décembre).
l78ti (3l Octobre).
1787 (21 Décembre). *
1788 (19 Juillet). •'
1789 (6 Septembre).
1794 (l5 Juin).
1799 (Février).
1804 (1 2 Août et 22 Novembre).
1805 (Juillet).
1806 (Mai).
1809 (10 Décembre).
1811 (12 Octobre et 31 Décembre).
1813 (Mai et Décembre).
1817 (22 Décembre).
18l9 (l7 Avril et 25 Novembre).
1822 03 Février et 22 Octobre).
.'liîle Julia, qui s’éleva en Juillet i85i entre laPantellerie et la côte de Sicile, est un exemple intéressant du surgissement d’un cône d’éruption au-dessus du niveau de la mer et de sa destruction par l’érosion des eaux. Le surgissement de cette île fut précédé d’unbouilionnement des eaux, de dégagements de vapeurs qui s’élevaient sous forme de trombe, et de violentes détonations. Bientôt d’énormes colonnes de vapeurs noires,' de cendres et de flammes apparurent, et l’île se présenta sous ^ forme d’un cratère rempli d’eau bouillante et vomissant des vapeurs aqueuses et sulfureuses. Le 28 Septembre M. Prévost la visita,
• ■ . P TERRAIN VOLCANIQUE. ^ 5y
' et reconnut que c’était la sommité d’un volcan d’éruption, formé par des alternances de cendres, de ponces, de scories stratifiées en sens diversement incliné autour de la bouche ■'cratériforme. En Janvier il ne restait plus de l’île que des brisants sous-marins, et en Février l’on a reconnu plus de cent pieds d’eau, au-dessus de ses débris. '
L’Islande présente la plus grande accumulation connue de matières volcaniques.
D’apr ès Mackensie, elle est entièrement com- *■ posée de deux produits distincts, les tufs et les laves. Le tuf contient «ordinairement des , 'fragments de lave scorifiée , de p^lites et d’amjgdaloïde à noyaux calcaires : ses assises alternent avec des laves en partie scprifiées, et tout le système est traversé par des filons de même nature que ces laves, mais compactes. Les seules matières non volcaniques qu’on trouve en Islande, sont quelques couches sableuses et argileuses, et quatre lits de bois fossiles, en partie bitumineux, qui alternent avec des couches sableuses et schisteuses : Anderson prétend y avoir trouvé des feuilles de peuplier , arbre qui ne croît plus dans le pays. Ces couches existent dans une coupe à l’ouest de la montagne d’Hagàfiall, elles sont recouvertes par une lave d’apparence basaltique. La croûte volcanique qui constitue l’Islande, est percée de plusieurs bouches volcaiïiqufk très-a«tives. Une telle accumulation de tave
38 TERRAIN VOrXANIQUE. %
annonce en effet des pliénomènes énergiques, . et il est à regretter que nous ne possédions que des descriptions anciennes et incomplètes* de cette inlércssanlc contrée. » ' » .
Le nombre des bomlies volcaniques ré-'" cerament actives en Islande, est de douze environ. L’//éc/n seul paraît avoir été dans une activité très-fréquente. Depuis l’an ioo4 compte vingt- deux éruptions; la dernière a. eu lieu eu 176G, et comme celte éruption avait été précédée d’un repos de soixantetreize ans, ce volcan peut être regardé, dit * M. Bronguiart, comme actuellement soumis, à de longue intermittences. Les autres prin- * cipaux volcans sont le Kattlagiau-Jokul , qui eut une violente éruption en iSaS; celle qui avait précédé en 1765 avait été encore plus funeste par les inondations qui résultèrent de la fonte subite des neiges : on compte sept éruptions de ce volcan, depuis goo. Krabla, qui eut quatre éruptions depuis 1724- Le lac Grinwain, qui était probablement un ancien cratère, et qui eut une éruption en 1716. JJEjaJialla-Jokul, qui, après une intermittenc’e • de plus d’un siècle, eut une violente éruption* en Décembre 1821 : les explosions dui'èrent jusqu’en Juin 1822, époque où la montagne s’ouvrit à sa base et donna issue à un vaste courant de lave. Les deux volcans voisins de ^aptar-Jokul et de Shaptar-Syssel , éprouvèrent en 1783 de violentes secousses, à la suite
TERRAIN TOLCANIQUE. 3g
desquelles la lave se fît jour, dit Maclcensie, en trois points différents de la plaine , lesquels étaient distants de huit à neuf milles : ces courants de lave, qui constituent peut-être la plus grande émission connue, se reunirent et couvrirent une vaste superficie. Les déjections pulvérulentes qui tei'mlnèrent cette éruption, ^ durèrent une annde entière, pendant laquelle l’atmosphère de toute l’Islande fut continuellement obscurcie par d’épais nuages de cendres. * On cite aussi plusieurs éruptions sous-marines autour de l’Islande. Pendant la grande éruption de Shaptar-Jokul, en 1785, une éruption sous-marine eut lieu à six ou huit milles environ de Reykianes, et donna naissance à une île d’un mille de circonférence, qui disparut l’année suivante. Une autre eut lieu vers la même époque, à soixaute-dlx milles du meme point, et suffit pour couvrir de ponces toute la mer sur une étendue de cent cinquante milles. Enfîn ce même point donna encore, en i83o, des signes d’activitéj et une petite île fut soulevée.
Parmi les phénomènes particuliers à l’Islande, Mackensle cite une éruption à travers * une large nappe de lave, qui devait être assez ancienne, puisqu’elle était couverte de sable et semblait se prolonger sous la mer. Cette lave fut soulevée en vésicules ou cloches,, qui avaient depuis quelques pieds de diamètre jusqu’à cinquante, comme si la roche avait
4o TERRAIN VOLCANIQUE.
été d’abord amollie, puis soulevée par l’expansion des fluides élastirjues : en plusieurs points il se forma même de petits cratères, qui rejetèrent des scories. Il signale encore les montagnes de soufre de Krisiavik, qui présentent des analogiesavec lespliénomènes pseudovolcaniques de Macalub^en Sicile; mais qui, à d’autres égards, sont à comparer à un volcan actif et languissant Le sol est formé d’ai’gile blanche et de soufre : de toutes parts, et notamment d’un trou profond, où Mackensie descendit, se dégageaient des vapeurs. Au fond de ce creux l’on entendait des bruits souterrains, et l’on voyait une masse fluide d’environ quinze pieds de diamètre, d’où s’échappaient des sublimations de soufre, qui formaient des cristaux autour de la cavité.
Les Geysers sont encore à citer parmi lesplus intéressantsphénomènesde ce pays: ils consistent eu orifices circulaires, d’où sont rejetés à des intervalles de quelques heures réguliers, d’abord de l’eau, puis des vapeurs, en vastes colonnes, qui atteignent jusqu’à deux cents pieds. Anderson rapporte que l’on peut provoquer une explosion en jetant de grosses pierres dans l’orifice. Les eaux projetées déposent, en retombant autour des Geysers, de la silice, dont les concrétions accumulées forment un petit cône, et cette silice revêt l’intérieur de l’orifice d’ascension de manière à Itii dontjer la configuration d’un tube.
TEKRAIN VOLCANIQUE. 4*
Le seul autre volcan du nord de l’Europe est celui de l’île de Jean-Majen , vers la côte orientale du Groenland. Cette île, lorsqu’elle fut visitée par le capitaine Scoresby, en 1817, présenta les produits d’une éruption récente de lave et de scories : sur son sommet était un vaste cratère de cinq cents pieds de profon-^ deur et d’environ deux mille de diamètre. En 1818, des jets de cendres et de vapeurs s’élevaient toutes les trois ou quatre minutes à une hauteur très-grande. Il paraît qu’il y a encore d’autres volcans sur la côte du Groenland, ou du moins qu’il y en a eu.
Les îles qui suivent de loin les contours de Volransae l’Afrique sont généralement volcaniques, et ' un assez grand nontbre contiennent des volcans brûlants.
Dans les îles Canaries l’action volcanique a ’ donné lieu à des phénomènes remarquables.
Le pic de Tejde, dans l’île de Ténériffe, est le plus célèbre des*volcans de ce groupe; il atteint une élévation de quatre mille mètres, et s’aperçoit, dit-on, de quarante lieues en mer : c’est un cqne dont les flancs sont recouverts de ponces, et dont le sommet présente un cratère. Les dernièrés éruptions de ce cône paraissent avoir eu lieu par des bouches latérales, à peu près aux trois quarts de sa hauteur, et les courants d’obsidienne qui sont partis
4a TERRAIN VOLCANIQUE.
de ces ouvertures, se détachent par une teinte sombre sur les flancs ponceux. de la masse (planche X). Les éruptions qui ont eu lieu de mémoire d’homme sont parties de la montagne de Chahorra, puissante masse accolée à la base du pic, et que l’on peut considérer comme un cône parasite : la dernière eut lieu en Juin 1798; quinze bouches lancèrent à la fois des ' déjections et déversèrent de la lave, elles se réduisirent ensuite à trois, dontl’activité dura trois mois. Les bombes volcaniques lancées pendant cette éruption, mettaient, dit-on, douze à quinze secondes avant de retomber, ce qui fait supposer quelles atteignaient une élévation de mille mètres.
Il existe de petits cônes à cratère dans les autres parties de Ténérilfe; mais leurs éruptions n’offrent aucun phénomène particulier. Cependant la nature de leurs laves, qui sont analogues à celles de l’Etna, contraste avec la nature vitreuse et feldspathique des laves du pic. L’on voit ainsi différer les laves de deux points d’émission très-voisins, sans qu’oa puisse constater la cause de ces différences : ces cau.ses ne peuvent néanmoins résulter que de la différence des matièi’es concentriquement stratifiées au-dessous de l’écorce solide du globe ou de l’élaboration de ces matières dans les cratères et dans les soujiiraux volcaniques, et sous ce dernier rapport ou peut consulter le mémoire de M. Fleuriau de Bel-
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levue, où sontconsignées des recherches comparatives entre ce qui se passe dans nos fourneaux de verrerie et les phénomènes qui ont lieu dans les cratères. \
Les Canaries sont, du reste, encore plus intéressantes sous le rapport de leur configuration physique, et de leur composition basaltique et trachy tique, que sous celui des phénomènes actuels. JNous aurons donc occasion de revenir sur leur description. L’île de Lancerote fut cependant le thé.itre d’un événement volcanique tout particulier et des plus intéressants.
Lancerote se distingue des autres îles du même groupe par sa surface plane; il paraîtrait d’après la description qu’en a donnée M. de Buch, qu’une fissure se forma au travers de cette île, et que de divers points de cette fissure partirent des courants de lave qui se réunirent et couvrirent les deux tiers de file. Ce fut en 1780 que commença cette terrible éruption, qui se prolongea pendant plusieurs années. La fissure est actuellement indiquée par une série de cônes parfaitement alignés, dont la hauteur moyenne est de cent métrés, qui sont composés de déjections et couronnés par des cratères faisant face à la coulée. Celte lave, qui tantôt s’accumulait autour des orifices d’éruption, tantôt s’épanchait en nappe jusqu’à la mer, est pyroxénlque et contient des noyaux de péridot granulaire, vert et
44 TERRAIN TOLCANIQÜE.
rougeâtre, que M. de Buch regarde comme arrachésàunelave basaltique antérieure. L’île fut tranquille jusque vers 1824, où des tremblements de terre annoncèrent une nouvelle éruption. En effet, une bouche s’ouvrit à une demi-lieue de la montagne de Famia. Les déjections et les blocs rejelés formèrent un cône d’où se dégagèrent des colonnes d’une épaisse fumée, et qui donna issue à un courant d’eau chaude qui dura plusieurs jours. ^
Les Açores, dont la composition est volcanique, ont été souvent indiquées comme le siège de phénomènes analogues à ceux des Canaries. M. Vebster décrit l’île de Saint-Michel, célèbre par ses sources thermales, chargées d’acide carbonique et d’hydrogène sulfuré, comme composée de trachytes qui semblent avoir été soulevés et s’être fait jour à travers le basalte et les tufs basaltiques. Ces trachytesse présentent en effet, non-seulement dans les ravins et les déchirements très-profonds, mais ils constituent des pics, à travers' lesquels s’est exercée l’action lavique qui y a excavé des cratères et les a recouverts de ponces et de laves vitreuses. En 1811, une île d’environ un mille de circonférence et pour-, vue d’uncratère, fut soulevée en vue de Saint- Michel, à la suite de tremblements de terre. Cette île disparut ensuite, et ce qui tend à prouver qu’elle était bien une île de soulèvement, c’est que l’excavation du cratère fut,
. If
dit-on, un phénomène distinct et postérieur au surgissement de l’île.
Les feux volcaniques se sont aussi frayé une issueà tfaversles trachytesqui constituentl’île de l’Ascension , et ils les ont recouverts en partie de déjections et de laves cellulaires. Sainte- Hélène est volcanique et présente un vaste cratère, vulgaii-ement appelé le bol de punch du diable. ïz’istan d’Acunha est volcanique, et sur la côte opposée de l’Afrique on soupçonne des volcans dans l’ile de Madagascar.
.^n>^|^ard de la côte orientale de l’Afrique se‘^fà^^’île.6ourôon etl’île deFrance, toutes deui^f folcaniques et décrites par M. Bory de Saint-Vincent. L’ile Bourbon est la seule qui présente un volcan actif: elle consiste en deux montagnes accolées, dontia plus haute, située à l’ouest et appelée les Fournaises, est un volcan éteint, qui paraît appartenir à la formation basaltique; tandis que celle de l’est, appelée les Salazes, est un volcan brûlant. Une ligne, marquée par une dépression, sépare les deux systèmes, et l’on a remarqué que les tremblements de terre ne se sont manifestés que dans le système actif. Ce volcan a produit des laves tellement fluides, que lorsqu’elles semblaient arrêtées par la consolidation de la croûte extérieure, l’intérieur, encore liquide, rompait cette croûte ets’épancbailplus loin, laissant un vide dont les parois sont hérissées de stalactites de lave et dont l’enveloppe extérieure est
quelquefois si faible qu’il est dangereux de s’aventurer dessus. Le produit le plus curieux de l’île est le pyroxène capillaire, substance verte, en fils déliés comme la soie, et que M. Bory de Saint-Vincent indique comme lancé par le volcan avec les scories vitreuses. Ce produit lui a paru composé de la mêmemalière que ces scories, laquelle était réduite en fils déliés, de même que l’on lire des fils de la cire à cacheter, en séparant en deux parties cette cire réduite à une consistance convenable. Il a été confirmé dans cette opinion en trouvant de ces fils qui adhéraient encore à des grains vitreux.
L’on n’a que des données très-vagues sur les volcans qui pourraient exister dans l’intérieur de l’Afrique, et ce n’est guère que vers son contact avec l’Asie qu’on peut en admettre l’existence. Ainsi, d’après la relation de Bruce, l’ile de Zehhel-Teir, dans la mer Rouge (latit. N. i6“), semble contenir un volcan actif, et d’autres îles présentent une composition analogue. AScherm, dans la péninsule du mont Sinaï, les montagnes présentent des apparences de cratère dans des roches bulleuses, rouges etnoires. M.Daubeny a établi que, selon toute probabilité, la destruction des cinq villes situées près des bords de la mer Morte, dont la Bible nous a conservé la tradition, résultait d’une éruption volcanique , qui avait en outre changé la direction du Jourdain, lequel se jetait auparavant dans la mer Rouge.
Les'Vources thermales qui se trouvent autour de Ja mer Morte, la production du bitume, les fissures d’où se dégagent des vapeurs, les tremblements de terre assez fréquents, semblent annoncer que dans cette contrée le foyer volcanique n’est pas encore très-éloigné de la surface.
Les côtes de l’Asieprésententde très-grandes Volcans de
accumulations de terrain volcanique, et les
bouches actives, de même que l’ensemble du
terrain, affecte généralement une disposition
linéaire frappante. Cesvolcans, queM. de Bucb
a énumérés sous le nom de volcans en séries,
se trouvent généralement dans des îles. Deux' séries bordent la côte orientale de l’Asie.'.
J.” La série du Kamtschatka , des îles Kurdes et des lies du Japon. La côte orientale de la presqu’île du Kamtschatka présente des cônes escarpés, qui sont des volcans en partie éteints et en* partie brûlants, et dont les principaux sont : le volcan de Klutschewskaja ( i6“ lo' lat. nord), le plus élevé de tous et qui est presque'., la dernière montagne au nord; il porte un glacier et vomit souvent des laves que les glaces arrêtent, mais qui les brisent et roulent avec ' elles le long des pentes. Des flammes et des vapeurs sortent continuellement du cratère, qui est très-vaste. Le volcan de Tolbatschinskoj , qui est très-actif; celui diOpalinskjr , etc
Les volcans des îles Kuriles sont peu cotfl^nS; mais M. de Buch donne des détails intéressants sur ceux des îles du Japon. Les principaux sont: le mont Fusi , le plus grand volcan et la plus haute montagne du Japon, au S.-O. de , • < Jedo. Sa cime, toujours couverte de neige, #■ exhale de la fumée. Le volcan à' Æamo , au N.-O. de Jedo : après un violent tremblement' de terre on vit sortir du sommet de la mon-' tagne,le i.*'Août 1785, des flammes, et ensuite une telle quantité de pierres et de sables que la contrée se trouva dans les ténèbres en plein midi; il tomba une pluie continuelle de pierres, pesant jusqu’à cinq onces, et en si grande abondance, qu’on en trouva quinze pouces de haut . à y^assoujre et jusqu’à trois pieds à Matsyeda. Lé, 14 Août un torrent desoufre, mêlé de gros blocs de pierre et de boue, descendit du haut dqla montagne jusque dans le fleuve à Soiima- Tava, qui déborda etsubmergea toute la contrée. Le nombre des victimes de cette catastrophe est incalculable. ♦
Le Volcan d’ Unseii, sur une presqu’île à l’est ^ de Nangasaki, montagne autrefois large, nue et peu élevée. Le 18 Janvier 1798 elle s’écroula et fut remplacée par un gouffre tellement profond, que le son rendu par la chute des pierres qu’on y jetait n’étaitplus entendu à la surface; d’épaisses vapeurs en sortirent pendant plusieurs jours. Le 6 du second mois, le volcan de Bivo-no-Koubi s’entrouvrit à environ une
TERRAIN VOrXANIQUE. 4g
«lemi-lieue du sommet; il eu sortit des tourbillons de flammes, et la lave qui en découla se répandit avec une telle vitesse, que tout fut brûlé à plusieurs lieues à la ronde. Le i." du troisième mois toute l’île de A'iusiu fut violemment ébranlée, au point que des montagnes s’écroulèrent, que la terre fut fendue, et que des habitations furent renversées; le torrent de lave ne discontinua pas. Le i." du quatrième mois, les tremblements de terre recommencèrent; ils renversèrent des montagnes et détruisirent des villages entiers. Ces secousses furent accompagnées d’effroyables mugissements souterrains. La montagne de >Mijri~ y'ama s’élança subitement dans les airs et retomba aussitôt dans la mer, dont les eaux reçurent un tel mouvement d’impulsion , quelles enlevèrent beaucoup de villages de la côte. En même temps une quantité prodigieuse d’eau sortit en se précipitant des flancs des montagnes; elle submergea et dévasta toute la con trée. SimabaraelFigo furent bientôt changés en un désert.
2. “ Série des Moluques et des Philippines. Les montagnes qui sillonnent les IMiilippines dans tous les sens, cachent leurs cimes dans les nuages, taudis que leurs pentes, qui portent l’empreinte d’une dévastation complète, sont couvertes de scories et de laves. La série occupe toute la largeur des îles; elle s’étend par e;£.emple sur toute la partie orientale de
5o TERRAl.N A'OLCAINIQEE.
Mindanao et sur toute celle de Gilolo. Les volcans connus sont au nombre de seize , dont les principaux sont : le volcan de l’île de Tèrnate, connu par de fréquentes éruptions; celui de Kemas , dans la partie septentrionale de nie des Célèbes; le volcan de Sanguii; celui de Mayan, dans file de Luçon, qui eut, en 1766, une éruption de deux mois; le cône de Taal , situé au milieu d’un bassin circulaire, dont le bord supérieur le dépasse de beaucoup; les eaux d’un lac remplissent l’intervalle entre le cône et les pentes de cet eptourage. Enfin, le volcan de Plakenhourg- et celui de nie Cap.
Océan Pici-* Lcs iiombieuses îles qui se montrent dans' *’*•“*; la mer Pacifique, tantôt alignées suivant des lignes droites, tantôt irrégulièrement groupées, présentent un grand nombre de bouches volcaniques, et le peu que nous savons des phénomènes dont ces îles furent le théâtre, nous les désigne comme des centres d’acti- ■ vite des plus énergiques Des accumulations énormes de laves et de déjections, dessoulè- . vements, des affaissements désastreux, témoignent de cette énergie, et l’élude géognostiquede cette partie du globe fournirait certainement des faits très-intéi’cssants et nouveaux.
? Un grand nombre des îles intertropicales sont
uniquement madréporlques, et nous avons dit précédemment que les polypiers générateurs ne pouvaient plus vivz'e au- delà d’une
TERRAIN VOLCANIQUE. * 5l
certaiDe profondeur, vu l’absence de la lumière, l’augmentation de pression ell’abaissementdela température. Dès-lors, lesrocbesqui servent de support n’étant pas à une grande pr^ondeur, les formes des îles serontiassez eiac*iement reproduites par celles des constructions madréporiques superposées. En effet, l’alignement ordinaire des îles annonce queles inégalités sous-marines, de même que les inégalités continentales, tendent à former des chaînes linéaires, dont les points culminants, serviraient de supports; et très-souvent, en àétaillantla forme de ces îles, on a trouvé qu’elles rappelaient celles de bouches volcauiqïles. II. en est qui consistent en zones circulaires^’qni ne peuvent guères avoir été construites que sur des cratères; de sorte que l’on esïcondui|^^éegarder une portion de ces îles comme reposant sur des cônes volcaniques alignés de méifte que les cônes de Java, par exemple, et avec cette seule différence qu’ils sei’aient sous-marins.
Ce fait conduit naturellement à penser qu’il existe beaucoup de volcans sous-marins; or, comme il n’y a pas de raison pour que les volcans ne soient pas en aussi grand nombre dans un hémisphère que dans l’autre, et que l’on peut diviser le globe en deux hémisphères, de manière quepresque touleslescontréesvolcaniques soient dans l’un, à fexceplion d’une partie des volcans de la Pacifique et des îles qui regardent la pointe de l’Afrique, l’on peut
5a * TERRAIN VOLCANIQUE.
en conclure que le nombre total des volcans peu t être double de ceux que nous connaissons. Les volcans en série dans la Pacifique sont ;
i.° La série des tles de la Sonde. Parmi les nombreux volcans de cette série, ceux de, Java sont à la fo fs les plus remarquables et les mieux connus : ils constituent une série d’énormes côües, alignés dans toute la longueur de l’île. €Tès cônes sont au nombre de trente-huit; ils s’élèvent au-dessus de plaines peu saillantes à ^des hauteurs absolues, variables de mille à
trois niiJie six cents métrés environ; ils sont poui'vus de cratères, dont un grand nombre sont actifs, et ont eu des éruptions très-récentes. Ces énormes masses paraissent résulter de soulèvements, plutôt que dedéjections, car la majeurepartie des roches paraît basaltique. Les laves modernes sont analogues à celles du Vésuve, et M. Daubeny, qui a examiné les échantillons rapportés par le docteur Horsfield, en a reconnu d’ampbigéniques.
Un des phénomènes volcaniques les plus énergiques qui ait eu lieu de mémoire d’homme, se passa en 1712 dans j’île de Java. Le Papandayan , situé dans sa partie sud-ouest, était avant cette époque un des plus grands volcans; mais entre le 11 et le 12 Août, le docteur Horsfield rapporte que l’on observa un nuage lumineux, qui enveloppait le sommet de la montagne. Les habitants, effrayés,
s’enfuirent; mais après une éruption courte et
» . * énergique, la montagn^s’abîma et fut engloutie
avec un horrible fracas. Le terrain afTaissé, est, dit-on, de quinze milles de long, sur six de large; quarante villages disparurent. Des émissaires, envoyés pour examiner l’état des lieux six semaines après, rapportèrent que l’on ne pouvait en approcher à cause de la chaleur du sol. L’éruption du volcan de Galoengong , en 1822, fut aussi très-vîdlente; elle commençai’'' ])ar des explosions intenses et se termina par un épanchement de lave si puissant et si soudain , que quatre mille personnes furent sui’prises et périrent.
Il existe aussi à Java des phénomènes analogues à cé que l’on a appelé, ea.âicile, salses ou volcans d’air et de boue, et qip^^aissent se produire toutes les fois quer^É^^z .se dégagent à travers des matières h«uèil^es. Vers le centre d’un district calcaire on voit se dégager une colonne de fumée, qui disparaît par intervalles de quelques secondes, et l’on entend un bruit sourd comme celui d’un ton-
nerre éloigné. En approchant de plus près, ' on aperçoit une large masse hémisphérique de houe noire, d’environ cinq mètres de diamètre et s’élevant à la hauteur de sept ou huit • comme si elle était poussée de bas en haut. Cette masse fait soudainen^nt explosion et est projetée en houe noire da'^ns toutes les directions. Après trois ou quatre
secondes, elle est de nouveau soulqyée etpro-
jetée avec explosion. Une forte odeur sulfureuse et bitumineuse se manifeste, -et la boue récemment jetée, est cbaude. Durant la saison pluvieuse, on a remarcpié que les explosions^ étaient plus violentes.
Dans la même série se trouvent les volcans de TJ^awaniy dans l’îled’Amboïna; celui de Gonung-Api, dans celle de Banda; les volcans de ^Sorco , de D amine , de Ponlare; ceux de Sumbawa, parmi lesquels se trouve le Tomboro, élevé de plus de deux mille mètres, qui produisit, en i8i5, trois coulées de laves, envoya des cendres jusqu’à Sumatra, et dont les explosions furent entendues jusqu’à Ternale. Sumatra contient quatre volcans, et à’ partir de cette île,' la série se prolonge jusqu’au volcan de l’île de^i^ren.
2° La serîe des îles Australes qui comprend une partie desilesde la mer du Sud, à partir du méridien delà Nouvelle-Hollande: elles diffèrent des autres îles de la Pacilique par leurs formes et par leur composition, étant en grande partie composées de roches anciennes, et les volcans ne se présentant plus comme sommets principaux des groupes, mais suivant la lisière de ces îles extérieures à la Nouvelle-Hollande, comme s’ils étaient alignés au pied d’une chaîne de montagnes. Parmi ces volcans. Tanna qui fut vu en éruption par Cook; Amhrzjm, Volcano , près San tacruz; Sesarga , au-dessous des îles Salomon; le volcan delà Nôuvelle-Bre-
tagne; celui du cap Gloster, et ceux signales parDampier dans la Nouvelle-Guinée, sont les plus remarquables.
Cette série, en se réunissant à l’ouest de la Nouvelle-Guinéeavec celledes îles de la Sonde • venant de l’ouest, et celle des Philippines et des Moluques, qui descend du nord, forme, ajoute M. de Bueh, un véritable nœud volcanique. De nombreux volcans existent encore' . A dans les Maldives et les Lacquedives, dans les Carolines, les Mai'iannes, etc... ., et cette profusion de volcans maritimes contraste avec ^ leur rareté dans l’Asie continentale. Il semble que, ne pouvant percer cette masse, ils sont venus éclater sur ses côtes.
M. de Humboldt a néanmoins constaté la ’ présence de volcans dans l’intérieur del’Asrej il y cite un territoire volcanique qui a plus de deux mille lieues carrées, et se trouve à trois et quatre cents lieues de la mer. Les bouches qui ont été vues en activité, sont:
Le mont Araltoubé , situé dans un grand affaissement de terrain entre le grand Altaï, la chaîne du Thian-Chan et le chaînon du Tarbagataï; il a autrefois jeté du feu.
Le Pc-Chan (Mont-Blanc) sur le revers septentrional de la chaîne du Thian-Chan, à 42° 35' lat. N. On en a vu découler à diverses époques des matières pierreuses fondues. Les habitants du pays ramassent beaucoup de sél ^ ammoniac sur les pentes de ce volcan j ils l’em-
ploient à payer leur tribut à l’empereur de la Chine. M. de Ilumboldt le place à trois cents lieues géographiques (de quinze au degré) de la mer Caspienne, à deux cent soixante-quinze de la mer glaciale, à quatre cent cinq du grand Océan, à trois cent trente de la mer des Indes. A l’est du Pè-Chan toute la pente septentrionale du Thian-Chan oll’re des phénomènes volcaniques, des laves, des pierres ponces, de grandes solfatares, parmi lesquelles on reraarquecelle d’üroumlsi, quia cinqlieuesde tour.
Le volcan de Ito- Tscheou ou de Tourfan, sur le revers méridional du Thian-Chan, à cent cinq railles à l’est du Pè-Chan; la colonne de fumée qu’on en voit constamment sortir de jour est remplacée pendant la nuit par une flamme semblable à celle d’un flambeau; on y recueille aussi du sel ammoniac. Personne ne dit en avoir vu découler des laves. Au nordouest de la solfatare d’Oroumtsi, dans une plaine voisine de celle du Khohok, le sel ammoniac se sublime dans des crevasses et s6 dépose à l’état d’écorce solide et dure.
3.“ La série des îles yileutiennes, qui réunit l’Asie et l’Amérique septentrionale, contient un grand nombre de volcans, parmi lesquels M. de Buch cite; le volcan de Tanaga, le plus élevé, ayant dix lieues de circonférence a là base, et sa cime, divisée en plusieurs pics, couverte de neiges; les volcans de l’île d’ Unmack, qui sont d’une grande activité; un de
ces volcans s’éleva sur la cote en 1796; les volcans ô! Alaska et celui du détroit de Cook-
Les cimes les plus élevées des Cordillères , Volcans des dit M. de Humboldt, sont généralement trachytiques, et les volcans actuels agissent par des ouvertures formées dans ces roches. L’ensemhle du terrain volcanique forme ainsi une zone culminante sur le dos des Ândes, et il s’étend rarement vers les plaines. Les volcans actifs, loin d’être solitaires ou associés par groupes, se suivent, à la manière des volcans éteints de l’Auvergne et des cratères brûlants de Java, par liles, tantôt dans une série, tantôt sur deux lignes parallèles : ces lignes sont généralement dirigées (montagnes de Guatimala, de Popayan, de Los-Pastos, de Quito, du Pérou et du Chili) dans le sens de l’axe des Cordillères; quelquefois (Mexique) elles font ^ avec cet axe un angle de 70". L’élévation de la plupart des volcans des Andes, leur éloignement des bords de 1^ mer, constituent les traits les plus distinctifs comparativement aux volcans de la Méditerranée. Des divergences non moins remarquables apparaissent lorsqu’on étudie les détails déformé et de composition de ces énormes soupiraux volcaniques.
Une partie de ces volcans consistent en dômes trachytiques plus ou moins surbaissés; les uns pourvus de cratères centraux, qui re-
jettent ries matières gazeuses, des cendres, des ponces lira Picliinc lia, Cotopaxi^; les autres, bonchès par le liant, mais ayant donné des éruptionslatérales; d’autres, enlin, totalement inactifs et sans aucune ouverture (Chimborazo); de sorte qu’il en résulte une liaison reelle de la formation lavique avec la formation trachytique. Ces dômes de traelivtes sontils en effet partie constituante de la formation lavique, ou bien ne représentent- ils que les canaux ouverts par l’action lavique à travers des masses préexistantes. La question est importante, parce que, dans le premier cas, la liaison des deux formations serait géognostique et tellement complète, qu’elle porterait atteinte aux subdivisions adoptées; dans le second cas, elle sei-ait purement géographique: or, plysieurs considérations tendent à démontrer que ces dômes, sous le rapport des masses constituantes, doivent être classés dans la formation trachytique, et qu’à la période lavique appartient seulement leur configuration extérieure. C’est, d’abord, que.l’émission de telles roches, pendant la période lavique , formerait une anomalie tout- a -fait unii[ue; en second lieu, les observations de M.' Boiissingault tendraient à faire regarder ces tracbvtes comme disloqués, comme si leur soulèvement avait eu lieu postérieurement à leur consolidation. Ainsi des traciiyics, qui devaient être en colonnades régulières, sont réduits à des amas
Digilizexl hy Gi
confus, à des brouillages de prismes; des variétés hétérogènes en blocs irréguliers sont de même mêlées et brouillées; enfin, l’on ne trouve aucun indice d’une création par épanchement pâteux au-dessus d’un orifice d’éruption, et l’on en trouve d’une origine opérée par soulèvement de masses préexistantes, solides et très- épaisses. Une troisième considération tend à confirmer cette dernière hypothèse, c’est que plusieurs faits indiquent que ces dômes sont creux; ainsi le Chimborazo ne fait pas dévier le pendule d’une quantité proportionnelle à sa masse et à sa densité. L’Altar ou Capac-Urcu et le Carguairazo , autres dômes delà même nature, dont le premier était plus élevé que le Chimborazo, s’écroulèrent sur eux-mêmes; le Capac-Urcu avant l’arrivée des Espagnols, et le Cairguairazo en i6g8. Ce dernier écroulemen t donna lieu à l’émission d’une énorme quantité de matières boueuse , feldspathiquc et charbonneuse, que les habitants appellent lodazales ou moya, etqui couvrirent une étendue de plus de quinze lieues carrées. L’on pourrait donc, d’après ces considéi’ations, regarder ces cônes comme des cloches, qui résultent de l’expansion lavique à travers les trachytes préexistants, et qui tantôt ont été percées et ont donné lieu à des éruptions, tantôt sont restées intactes, mais offrant dèslors, par leur forme et par le peu de solidité lies masses constituantes, une tendance à s’é-
6o TERRAIN VOLCANIQUE.
crouler sur elles-mêmes et à* chasser au loin les amas d’eau quf ont rempli leurs cavités et où s’étaient développés des poissons en plusieurs cas, ainsi que Je démontrèrent ces déjections ' Boueuses du'Car^uairazo, qui contenaient un grand nombre de petits poissons connus sous le nom de prénadillas, et dont l’espèce habite les ruisseaux de la province de Quito.
M. de fiuch a divisé les volcans des Andes en plusieurs séVies : i.“ la série du Chili, qui en comprend vingt-quatre, dont les plus remarquables sont; le volcan de Peteroa, connvC^ ^ par son éruption de 17625 ceux de Majpo^' de Sant-Iago , de Copiapo et d' Arequipa. Les tremblements de terre ont souvent détruit la ville de Copiapo. Celui de 1819 ne consista pas en grandes secousses successives, mais en mouvements oscillatoires et très-rapides, dont la durée était de près d’un quart d’heure; ces mouvements ne furent sentis que dans des limites très -resserré es. La ville de Copiapo fut détruite en 1773, en 1796 et en 1819, c’est-àdire tous les vingt- trois ans.
2.“ La série de Quito. Suivant M. de Hum- Boldt, la région élevée de Quito forme avec les montagnes adjacentes une seule cavité volcanique ; voûte énorme, qui s’étend dans la direction nord-sud et couvre un espace de six cents lieues cari-ées. Le Cotopaxi, le Tunguragua, l’Antisana, le Picbincba, etc — , surmontent celle voûte comme les cheminées d’un
TERRAIN VOLCANIQ0E. 6l
même foyer souterrain. Des flammes sortent tantôt de l’un, tantôt de l’autre de ces volcans, et bien ^ue plusieurs cratères y soient obstrués, les manifestations volcaniques qui ont lieu dans le voisinage doiventfaire considérer tout le système comme en état d’activité. Les principaux volcans de cette série sont : le Sangajr, élevé de cinq mille trois cent soixante mètres, et exhalant continuellement des vapeurs; le Tunguragua; le Cotopaa^i , élevé de cinq mille huit cent quatre-vingt-sept mètres, et en activité presque continuelle depuis 1 742 ; l'Antisana, élevé de cinq mille neuf cent quatre- vingt- cinq mètres, qui a fourni une coulée latérale de ponces et d’obsidienne; le P/c/unc/m, élevé de cinq mille huitcent quatrevingt-un mètres, et pourvu d’un cratère qui a cinq mil le six cents mètres de circuit; le volcan de Pasto, avec un cratère qui rejette continuellement des gaz; le Puracé, à l’est de Pôpayan. Les trachytes se prolongent jusqu’à Carthagène, et M. lloulin vit en 1826, pendant une période de tremblements de terre énergiques, une colonne de fuméese dégager du pic de T’o/iV/ia,situésur la Cordillère de Quindiu. Un volcan situé près du lUo-Fragua, se détache de la série et semble la mettre en connexion avec les volcans des Antilles.
3.“ La série de Guatimala , qui comprend le volcan de Papagajo; ceux qui entourent le la^ de Nicaguara; le volcan de Telica , qui
6a TERRAIN VOLCANIQUE.
doa&eV^^*icoup de filmée et lance continuel* lementdes scories; le volcan de Sacatecoluca , qui s’entr’ouvrit en 1645 et donna issue à une grande quantité de cendreetdelave;levolcan de Guatimala , composé de deux pics dont la ~ hauteur dépasse quatre mille mètres; enfin, le volcan de Soconusco.
+ * 'I ha. série du Mexique est très-remarquable , par sa direction, qui, au lieu de coïncider , avec l’axe des Cordillères , lui est presque perpendiculaire, et par les phénomènes dont elle fut le théâtre.
Le Mexique présente cinq grands volcans, qui traversent l’isthme de Panama, entre le 18“ et le 19“ de latitude, presque de l’est à l’ouest, et coupant ainsi la chaîne des Andes sous un angle de 70“. Ce sont, à partir de l’est, le volcan de Saint-Martin ou de Tuxtla; celui ihOrizaba, le Popocatepetl , le Jorullo et le volcan de Colima. Dans la même direction le sol volcanique reparaît dans les îles de Revillagigedo.
Le volcan de Tuxtla, à trente lieues environ au sud-est de Véracruz, eut une violente éruption en 1793. Les cendres, dit M. Daubeny, furent transportées jusqu’à Pérote, qui en esta plus de cinquante lieues. L'ürizaba, pic trachytique sans cratère, élevé de plus de cinq mille trois cents mètres, n’a eu aucune éruption récente; mais le Popocatepetl, qui atteint cinq mille cinq cent quarante-deux mètres, et qui
est le plus rapproché de Mexico, est au conj^lrpire un volcan très-actif. Depuis l’année ^^53o, où une violente éruption mit fin à un long repos, ce volcan, qui s’élève à cinq mille cinq cent quarante mètres environ, a fourni des coulées délavés en bandes étroites comme les volcans de la Méditerranée.
Le volcan le plus intéressant de cette série est, sans contredit, celui de Jorullo, né de mémoire d’homuie.^Ln 1769, des plaines arrosées par le Cuitamba et le San -Pedro, couvertes de plantations de cannes et d’indigo, et qui depuis cinquante à soixante jours avaient été presque continuellement ébranlées par des commotions souterraines, furentsoulevées avec un horrible fracas sur une étendue de trois à quatre milles carrés. Cette plaine, que l’on appelle a été soulevée enferme
4e vessie. Vers le centre plusieurs cônes, dont le principal est le Jorullo, s’élevèrent par des éruptions simultanées, et des milliers de petits cônes, dits bornitos, composés d’argilcj englobant des boules de basaltes, ont hérissé cette surface bombée (planche XI). Là où lé^ terrain soulevé est contigu a la plaine des plaj^as de Jorullo, qui n’a subi aucun changement et dont il a jadis fait partie, il y a, dit M. de Humboldt(à l’est de San-Isidoro), un saut brusque de six ou dix mètres. Les couches argileuses noii'âtres ou brun- jaunâtres du Malpays paraissent comme fracturées, et offrent
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dans une coupe dirigée du N.-E. au S.-O., des lentes de stratification horizontales et ondu- .lées. Après avoir franchi ce saut ou gradin, on s’élève sur la surface homhée du Malpays, en circulant autour des hornitos, jusqu’à la fracture centrale où sont sortis lesgrands volcans, dont le principal est le seul en activité. La convexité du terrain est dans quelques endroits de cent cinquante-six, en d’autres, de cent quatre-vingts mètres, c’est-à-dire, que la portion centrale, où s’élève brusquement le grand cône de Jorullo, est à peu près de cent soixante-dix mètres plus élevé que le bord du Malpays. Toute celte pente est si douce qu’on ne peut l’apprécier qn’a,vec des instruments : c’est, comme disent les naturels, un terrain creuxj opinion confirmée par sa sonorité, la fréquence des crevasses, par des allaissemcnts ])artiels qui ont eu lieu, et surtout par l’e^goutfremenl des deuxeours d’eau, le Cultamba et le San-Pedro, qui se perdent à l’est du volcan, et reparaissent au jour comme des eaux thermales de Ga” au bord occidental du Malpays. Les hornitos ou fours, ainsi appelés à cause de la vapeur d’eau mêlée d’acide ' sulfui*eux, qui, sous forme de fumée blanche, se dégagé généralement des crevasses de leurs sommités, ainsi que des fissures qui traversent les ruelles qui les séparent, sont élevés de lieux à trois mètres; ils sont composés de sphéroïdes de basaltes, dont le diamètre
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varie de quelque» décimètres à un mètre, enchâssés dans une masse argileuse, à couches diversement contournées. Les vapeurs qui se dégagent, décomposent ces basaltes en masse argileuse noire et ferrugineuse, à taches jaunâtres. En approchant l’oreille des crevasses, on entend un bruit sourd, qui est dû peutêtre aux cascades intérieures du Rio-Cuitamba. M. de Humboldt a constaté jusqu’au pied du Jorullo, que c’étaientbien lescouçhes argileuses qui constituent le sol qui avaient été soulevées, et que le bombement superficiel ne ^ résultait nullement de l’entassement des dé- ^ jections, dont l’épaisseur augmente à mesure que l’on s’approche des bouches volcaniques.
Lé grand cône de Jorullo a produit un courant de lave compacte à l’intérieur, très-scoriacé à l’extérieur. Cette lave est basaltique et contient du péridot disséminé; elle empâte des morceaux crevassés de syénite; elle est sortie du cratère légèrement écbancré, et elle était ti-ès-pâteuse, à en juger par sa forme massive et l’épaisseur de plus de deux cents mètres qu’elle a conservée a son origine: c’est en la suivant que MM. Humboldt et Bonpland ont pénétré dans l’intérieur du cratèi’e encore brûlant.
Que de faits rassemblés dans cette longue éruption de Jorullo, dont la planche XI éclaircitles détails! H y a soulèvement du sol, éruptions volcaniques au centre de ce soulè- 3. 6
* Gô TERRAIN VOLCANIQUE.
vement, émission de milliers de petits cônes de basalte en boules. Il est bon d’insister sur ces faits, parce qu’ils servent en quelque sorte d’introduction à la formation basaltique, sous le rapport des matières émises et sous celui du mode d’émission.
Antilles. La série des Antilles doit être considérée, dit M. de Buch, comme en communication directe avec la chaîne primordiale de Caracas, par le seul fait que les secousses qui agitèrent cette province, cessèrent lorsque le ^ volcan de Saint-Vincent vint à s’entr’ouvrir. i Cette série peut se diviser en deux : l’une, qui comprend les petites Antilles, est parallèle à, l’axe des Cordillères, tandis que la série des grandes Antilles suit la même direction que .la série mexicaine.
Lesprincipaux volcans de cet ensemble sont : le Morne-Garou, montagne la plus élevée de' nie Saint-Vincent.
Le 27 Avril 1812, le cratère de ce volcan, qui avait encore été visité la veille, lança des cendres, puis des flammes, et le 5o, à 7 heures du matin, un torrent de lave creva la montagne du côté du N.-O., et en descendit avec une telle rapidité qu’il atteignit le rivage de la mer en quatre heures. A 5 heures après midi, le grand • cratère rejeta une prodigieuse quantité de pierres et de cendres, qui détruisirent presque toutes les plantations de l’île.
Le volcan de l’île Sainte-Lucie est entouré
TERRAIN TOLCANIQÜE. 67
de vingt-deux petits lacs, dont les eaux sont toujoursen ébullition, tellementcjuelesbulles sont parfois lancées à quatre ou cinq pieds au-dessus de la surface. Le volcan le plus élevé de la Martinique , peut-être de toute la série, est le Piton du Carbet , dont les pentes sont couvertes de coulées de laves feldspatliiques; '
près de la base on observe des colonnes de basaltes. Ce volcan est au milieu de l’île. La Guadeloupe esl remarquable par \a. soufrière , i
cratère dont le bord est à environ mille six cent soixante-sept mètres au-dessus du niveau de la mer, et qui, le 27 Septembre 1797, eut une éruption de pierres ponces, de cendres, et d’épaisses vapeurs sulfureuses.Cet événement fut précédé de secousses qui ébranlèrent les Antilles pendanthuitmois. Le volcan de Saint- Eustache est une montagne conique de dix lieues marines de tour, dont le centre est occupé par un cratère surpassant en grandeur et en régularité tous ceux des Antilles.
Après avoir suivi les phénomènes volcani-R<‘snnii<dei ques dans les diverses parties du globe, “ous pouvons résumer l’ensemble de ces phénomènes, en les classant, ainsi que l’a fait M. firongniart, en plusieurs subdivisions distinctes :
1.“ Bruits souterrains et tremblements de terre. Ces deux phénomènes sont ordinaire-
ment en connexion. Cependant le fameux tremblement de terre de Lisbonne, en 1755, se manifesta toutà coup etsansbruit, tandis que d’un autre côté, dans le district deGuanaxuato, au Mexique, des bruits souterrains se firent plusieurs fois entendre sans qu’il y eût de commotion sensible. Les tremblements de terre ne se manifestent pas seulement dans les contrées volcaniques; ceux de la Calabr'e, du Portugal, des Pyrénées, etc...., sont des exemples, que l’on pourrait multiplier, de commotions trèsénergiques dans des contrées où il n’y a pas de volcans. La durée des secousses varie beaucoup; celles de Cumana durèrent douze et quiuzésecondes, tandis que d’autres sont presque^'instantanées. Quant à la durée de la série des secousses, elle peut être de plusieurs années, ainsique cela eut lieu à Lancerote. On a remarqué que dans les contrées agitées il y avait des points où l’action était plus énergique ou moins sensible que dans les autres, et le fait le plus curieux que l’on ait mentionné à cet égard, c’est que dans une commotion qui eut lieu dans la vallée d’Aspe, dans les Pyrénées, en 1778, les constructions placées sur le granité furent ébranlées beaucoup plus violemment que celles qui reposaient sur le calcaire. Ce fait concorde avec beaucoup d’autres, dit M. Brongniart, pour placer le ' siège des phénomènes volcaniques au-dessous du granité, qui, en raison de sa densité, est
TERRAIN VOLCANIQUE. 6Çf
bon conducteur du mouvement. Assez ordinairement les tremblements de terre finissent par une éruption. Ainsi, le tremblement de terre de Lima cessa, lorsque cinq volcans des environs entrèrent en activité. Les éruptions de Monte-Nuovo , de Jorullo, mirent fin aux commotions souterraines, et nous avons déjà cité l’expérience qu’avaient à ce sujet les ha- 5» bitants desSandwich, qui, craignant des tremblements de terre lorsqu’ils voyaient leurs volcans inactifs depuis long- temps, jetaient dans les cratères des victimes humaines, pour apaiser leurs divinités. Les tremhlements de terre ont souvent agité les eaux de la mer, et les plus grands désastres se rapportent à ce mode d’action.
2.“ Soulèvements et affaissements du sol. Le bombement de la plaine du Malpays, le soulèvement des îles de Santorin, sont les faits les plus complets qui se rapportent aux soulèvements contemporains du sol; car il ne faut pas confondre avec l’exhaussement d’un sol préexistant, le surgissement beaucoup plus ^frequent des îles de déjections. Le soulèvement graduel, observé sur les côtes de la Suède, et celui qu’éprouva brusquement la côte du Chili, doivent encore être mentionnés. Ce fut en Novembre 1822 que commencèrent les agitations souterraines qui détruisirent au Chili les villes de Valparaiso, Mellpilla, etc...., lesquellesse terminèrent eu Septembre i8u5 par
yO TERRAIN VOLCANIQfE.
des explosions suivies de chocs efTroyables, à la suite desquelles le sol de la contrée fut fendu dans tous les sens. On observa le 20 [Novembre que toute la côte s’était élevée sur une longueur d’environ cent lieues. Cette élévation était d’un mètre près de Valparaiso, et de i"',33 près de Quintero.
Les affaissements du sol ne sont pas moins fréquents que les soulèvements, et il paraît que les îles volcaniques de la Pacifique ont été le théâtre de phénomènes d’affaissements beaucoup plusgrands que ceux que nous avons cités même dans les Amériques (écroulement du Capac -Urcu et du Carguairazo). Il y a peu d’années, une montagne élevée, occupant un espace d’environ quinze milles de long sur six de large, qui supportait quarante villages dans l’île de Java , a été engloutie et remplacée par une cavité. L’île deSorca, une des Moluques, a complètement disparu à la suite'de commotions volcaniques. L’on peut joindre à ces faits la formation de failles et de crevasses, observée au Chili, à Caracas, dans la Calabre, .
aux environs de Messine, etc On a cité de t
ces crevasses qui avaient plusieurs mètres dé ' largeur et plus d’une lieue de long.
^.“Modifications hydrographiques. Les changements apportés dans la configuration de la surface du globe par les soulèvements et les affaissements du sol, portent naturellement sur les détails hydrographiques de la contrée.
Mais, en outre, les eaux des sources et des pulls éprouvent des perturbations tres-frec|ueutes. Ces eaux se troublent, secbauflTent, diminuent de volume. D’autres fols il se forme ^ au contraire de nouvelles sources thermales ou minérales, et c est ainsi (jue le Stiok dislande, qui, comme le Geyser, jette périodiquement des colonnes d eau, apparut, suivant Olafsen, pendant .un tremblement de terre en 1784. En i565, parun violent tremblement de terre dans la Sicile, toutes les sources furent salées. Pendant celui de Caracas, 1 eau du lac Maracaïbo diminua sensiblement. Lorsque Raguse fut ruinée, en 1667, par un tremblement de terre, toutes ses sources tarirent.
4.° Émission de substances gazeuses, liquides ou solides. C’est l’émission de ces substances qui constitue le volcan. Les émissions gazeuses ne suffisentguère pour le faire regarder comme en état d’activité, bien que ce soit une forte présomption , lorsqu’elles ont lieu par un cratère. Pendant les éruptions, les dégagements gazeux deviennent tellement violents, qu’ds portent des cendres et des pozzolanes à mille ^ , et douze cents métrés au-dessus du volcan, c’est la vapeur d’eau qui forme la plus grande partie de ces gaz. M. Scrope pense même qu’il ne sort jamais de véritable flamme et que le reflet de la lave enflammée , par la girandole -à' gazeuse, est l’origine de cette illusion. En se condensant dans l’atmosphère, cette grande
7a TERRAIN VOLCANIQUE.
quantité de vapeur“d’eau occasionne souvent des pluies chaudes et acides. Ces dégagements gazeux entraînent des cendres et des pozzolanes, qui obscurcissent l’air, et ont souvent' été transportées par les vents à des distances de trente lieues et plus : des bombes volcaniques, composées de lave fluide qui s’arrondit et se solidifie dans l’air, et de masses solides, arrachées aux roches préexistantes, sont lancées par leurs explosions à d’énormes hauteurs. Le Cotopaxi a lancé, en i555, des rochers de dix mètres cubes, qui sont tombés à des distances de deux et trois lieues. En 1820 , le volcan de Molin, l’une des Moluques, projetait à une hauteur égale à la sienne, des masses aussi grandes que les maisons du pays. Les laves débordent par le cratère, ou elles oscillent; ou, fracturant par leur pression les flancs du cône, s’épanchent à son pied. Une fois en contact avec l’air ambiant, la vapeur dont elles sont pénétrées se dégage, et il se forme une croûte solide superficielle, au-dessous de laquelle elles se meuvent. Cette croûte superficielle empêchant le dégagement de vapeurs et occasionant une pression par sa contraction, il se forme souvent des déchi- ^ rures, par lesquelles la lave fluide coule de nouveau. La rapidité des courants de lave, c’est-à-dire, leur fluidité, est extrêmement variable. En 1776, un courant du Vésuve parcourut près de deux kilomètres en qûa-
TERRAIN VÛICAMQCE.
torze minutes. Suivant M. de Buch,un courant épanclié du cratère atteignit la mer, c’est-àdire, parcourut trois kilomètres en trois heures. Le même volcan présente au contraire des exemples de laves qui avançaient encore plu- . . 'sieurs mois après leur émission. Quant au volume, nous avons fourni assez de données à ce sujet. Les plus grandes émissions de lave * n’ont pas eu lieu par des cratères, mais immédiatement par des fractures; telles sont; celle • de Lancerote, qui couvrit les deux tiers de l’île ; celle de l’Islande, en 1783, qui occupe •( une surface de quatre-vingt-quatorze milles anglais sur cinquante.
La distribution géographique des volcans, leur position assez générale sur les côtes ou dansdes îles, devraient trouver place à la suite de cesgénérali tés; mais nouspréférons réserver ce sujet pour la fin des terrains volcaniques. Les rapprochements que nous ferons avec les formations basaltique et trachy tique, permettront de lé traiter d’une manière plus complète et plus intéressante.
Volcans éteints.
Jusqu’ici nous n’avons considéré que les phénomènes volcaniques qui ont eu lieu depuis les temps historiques. Cependant la formation lavique, caractérisée principalement ' par la nature de ses -laves et par la grande
74 TERRAIN VOLCANIQOE.
lirflnence des dégagemen ts gazeux sur la forme des éruptions, parait avoir commencé avant les temps les plus reculés de l’histoire. Ainsi nous trouvons dans la plupart des districts volcaniques des cratères, des laves, des cônes, qui font évidemment partie par leur forme, comme parleur composition, des produits de la période lavique , et dont les traditions n’ont pas conservé le souvenir. Dans beaucoup dà contrées où il n’existe plus de volcans, les mêmes faits se représentent Une subdivision îcn volcans éteints et en volcans brûlants, n’est pas une subdivision géognostique; il ne peut donc y avoir de différence à établir entre les volcans actifs dontnous avons précédemment décrit les principaux caractères, et les volcans qui n’ont donné aucun signe d’activité de mémoire d’homme, ou même que leur position indique comme plus anciens que certaines vallées, si leurs produits ont les caractères propres à la formation lavique.
Parmi les contrées qui présentent des volcans dans ces conditions d’identité, la France centrale et les bords du Rhin sont en quelque sorte classiques, parce que non-seulement la période lavique y est représentée par des masses puissantes et développées; mais surtout parce que cette période^ est en quelque sorte en contact avec la période basaltique, qué l’on peut suivre le passage des deux formations, et que l’on y voitles modifications simul-
tanées des phénomènes et des matières émises.
La lorinalion lavique est représentée dans Fonnation Ja France centrale par environ ciniiuante ^***
I • 1- ' Il I rance cen-
cones volcaniques, alignes sur le plateau gra- traie, nitique qui domine la ville de Clermont du côté de l’ouest. Ces cônes sont tous composés de scories et de pozzolanes; ils se sont évidemment formés sur une longue fissure dans une direction nord-sud, inclinant un peu vers l’ouest. Beaucoup ont fourni des courants de laves. La hauteur de ces cônes, qui présentent pour la plupart un cratère, quelquefois plusieurs, varie de cent à deux et trois cents mètres. Il ne faut pas confondre avec eux quatre dômes préexistants, qui appartiennent à la formation trachi tique et dont le Puy-de-Dôme fait partie. La chaîne que constituent ces montagnes volcaniques est désignée sous le nom de chaîne des Puys ou des Monts-Dômes; elle a huit lieues de longueur. Le Puy-de-Dôme la divise à peu près en deux parties égales, et la plancheXII représente lesdeux parties, figure 1 , au nord; figure a, au midi, prises du sommet du Puy-de-Dôme, figuré lui -même planche X et qui est beaucoup plus élevé. Ces vues donnent idée des formes diverses que peuvent affecter les cônes d’éruption.
Tous les cônes d’éruption de cette chaîne représentent des phénomènes analogues; ils ne diffèrent que par leur volume, lequel est proportionnel à la durée et à l’intensité des
émissions de scories et de pozzolanes, et par les détails de leur forme, qui résultant de la position et de la forme de l’orifice d’éruption. Une partie des cônes à cratères qui ont fourni des laves, ont été oblitérés par la sortie de cette lave, c’est-à-dire qu’elle en a emporté la moitié, et l’éruption ayant fini là, ces cônes se présentent sous forme de cratères égueulés; tel est le puy de Louchadière, au nord du Puy-de-Dôme; tels sont surtout ceux qui sont le plus au sud, les puys de la Vacbe, de Las-
•isolas, Vichatel , etc : mais, au contraire,
très- souvent après l’éruption de nouvelles déjections ont reconstruit les cônes, ainsi que cela est très-bien exprimé au puy de Pariou ,
‘ qui consiste en un cône à cratère très- régulier, placé dans un cratère égueulé. Il est souvent arrivé que l’action volcanique s’est en quelque sorte subdivisée, se créant deux, trois -et même quatre ouvertures dans un même ♦ cône et donnant ainsi naissance à deux, trois ou quatre cratères; tels sont: le puy de Côme , qui en a deux; celui de Montchie, qui en a quatre: le puy de Lascbamp est une série de cônes accolés et confondus en un seul. Les déjections qui constituent ces cônes sont noires ou rouges; elles contiennent quelquefois, surtout au puy de la Vacbe, du fer olygiste spéculaire; d’autres fois de très-joliscristaux isolés de pyroxène (puy de la Rodde). Au puy de la Vache, les émanations bydrochloriques ont
TERRAÏIf VOLCANIQDE. 77
altéré les déjections qu’elles ont coloréés en jaune clair, ainsi que les cristaux de pyroxène quelles contiennent.
Les layes de la chaîne des Puys sont feldspathiques ou pyroxéniques; elles se distinguent facilement par leur textin-e cellulaire et poreuse, grenue et cristalline, des laves feldspathiques et pyroxéniques des autres formations,quise présentent comme ellessous forme de coulées. Les la vespyroxéniquescon tiennent en quelques points seulement du péridot. Le caractère le plus saillant de ces laves est l’irrégularité de leur surface : cette surface est en effet hérissée d’aspérités, formées par des entassements de blocs anguleux, èt dont la hauteur atteint dix et quinze mètres. Les aspérités, accolées dans le plus grand désordre, „ présentent un aspect analogue à celui des grands cours d’eau, lorsque les masses amoncelées de glaces qu’elles charient, sont arrêtées dansleur course; aussi ces lavesforment des déserts plus ou moins étendus, très-difficiles à parcourir et connus sous le nom de Scheires. La scheire de Côme est la plus remarquable. On atti'ibue ces aspérités à des explosions gazeuses, de sorte que la lave serait sortie du cratère chargée de beaucoup plus de gaz que n’en pourraient contenir les cellules qu’elle présente actuellement. Ces gaz se dégageaient avec violence pendant son trajet, et en bouleversaient, par leurs explo-
sioDS, la surface déjà durcie. Plusieurs phénomènes tendent même à prouver qu’il en résulta des cavités intérieures, notamment dans la scheire de Côme, où l’on rencontre des creux très-Hssurés , d’où sortent , pendant l’été , des courants d’air très- frais.
La conservation parfaite des volcans de la chaîne des Puys, la facilité avec laquelle on suit tous les accidents de leurs éruptions, la superposition fréquente de leurs laves aux coulées basaltiques, et les distinctions minéralogiques qui l'ésultent de la textui-e et de la composition de ces laves, suffisent pour établir à la fois leur postériorité à la formation basaltique et leur âge très-récent. Cette conservation a quelquefois porté à considérer l’époque de leur activité comme trop rapprochée de nous. La position de ces volcans est . telle, en effet, qu’ils ont pu échapper à l’aç-' tion érosive des eaux; mais, lorsque leurs' laves sont descendues dans des positions où elles provoquèrent des érosions, en barrant des cours d’eau, pai* exemple; ces érosions sont de nature à reculer l’âge des volcans bien au-delà des temps historiques. Ainsi, lorsque la lave du Côme barra l’ancien lit de la Sioule, les eaux s’accumulèrent au niveau de la lave; mais une colline argileuse, cédant à la pression , fut creusée à une profondeur de près de cent mètres. De même la lave de Vichatel barra le lit de laMone, en s’appliquant contre
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une colline tertiaire, qui fut entamée et creusée à une grande profondeur. 11 n’est guère possible d’établir des calculs approximatifs, pour déterminer quel tempsil fallut aux cours d’eau cités pour creuser ces nouveaux lits ; cette action, primitivement très-accélérée par une forte pression, est maintenant à peine appréciable. 11 sulfit néanmoins d’étudier les lieux, pour se convaincre qu’il fallut un plus long laps de temps que celui dont l’histoire nous a conservé le souvenir. D’un autre côté, ces barrages ont résisté à l’érosion lorsque les laves ont coulé sur des roches solides, et cette considération établit une grande distinction d’âge avec les éruptions basaltiques qui ont eu lieu, non loin de là, dans le Bas-Vivarais, dans des circonstances analogues; car depuis l’émission de ces basaltes, les plus récents de la France centrale, des barrages plus solides que ceux qui ont donné naissance aux lacs d’Aidat et de Chambon, ont été rompus et profondément entamés.
Le fait le plus singulier de la chaîne des Puys résulte du soulèvement en un point d’une niasse qui faisait partie du sol préexistant. Cette masse soulevée est le Puy-Chopine, fig. i , qui est entouré d’une portion de cône d’éruption en forme de croissant. 11 a fait lui-même fonction de la partie du cratère qui manque; cai' l’orilicevolcanlque étant àsonpied, toutes les déjections qui étaient lancées sur ses flancs
8o * TEKHAIN VOLCANIQUE.
y retombaient, et celles qui étaient lancées vers les autres points pouvaient seules contribuer à la formation d’un cône d’éruption. Ce point, intéressant par tous les degrés d’altération que la chaleur volcanique a fait subl^ aux roches préexistantes, par les sublimations du fer oligiste que l’on y trouve, l’est encore par la difllculté de se rendre compte de l’époque du soulèvement et de la manière dont il s’est exécuté. L’altération du tracliyte domite, qui a été d’ailleurs évidemment soulevé, démontre que le soulèvement est postérieur à la formation trachytique; mais comme l’on . volt au pied de la masse un épanchement basaltique, il est possible que ce soit cette roche qui l’ait soulevé , et que les émissions laviqiies n’aient fait que suivre la même route. D’un autre côté, ce basalte n’est peut-être qu’un lilon préexistant, lui-même soulevé avec toute la masse par l’action lavique. Quoi qu’il en soit, ce phénomène de soulèvement et de torréfaction d’une masse préexistante et très diversement composée (car elle présente, outre le domite, une rocbesyénitique, un porphyre ampbiboliqueet une roche feldspatbi que compacte), est d’autant plus intéressant qu’il parait assez rare dans cette formation.
Formation La formation lavique des bords du Rhin constitue un pas plus prononcé vers la for-
Rhin. mation basaltique, et la liaison qui, en Auvergne, ne résulte que de passages minéralo-
TERRAIN VOLCANIQUE. 8l
giques accidentels, résulte ici non-seulement de la nature des laves, qui oscillent continuellement du basalte à la lave moderne, mais aussi de la forme toute particulière qu’affecte la volcanisation. Les provinces de TEiffel et de la Neuwied présentent à la fois des volcans lavlques et des volcans basaltiques, et la distinction entre les uns et les autres est souvent très-difficile à établir. L’ensemble de la contrée, limitée par le Rhin, la Moselle, les Ardennes et les plaines au-delà de Cologne, présente d’abord un aspect en à harmonie avec les phénomènes laviques les plus ordinaires. Des montagnesconiques, composées de déjections et de laves scoriacées, surmontées de cratères quelquefois égueulés, ont déversé des coulées de laves cellulaires^ mais des accidents particuliers du sol varient cetaspect: ce sont des dépressions circulaires, * de vastes enfoncements cratériformes, qui se présentent non plus sur des éminences coniques, mais creusés au niveau même des plaines et des plateaux de schiste argileux, grauwacke ou calcaire, qui constituent le sol delà contrée. Quelques-unes de ces dépressions cratériformes ont prés d’une lieue de diamètre. Les eaux s’y sont naturellement rassemblées, et il en résulte des lacs circulaires, désignés dans le pays sous le nom de Maars. La surface de ces dépressions est généralement couverte de scories libres et de fragments calcinés et plus 3. 6
8a TERRAIN VOLCANIQUE.
OU moins altérés de la roche où elles sont creusées (le plus souvent la grauwacke), de sorte qu’elles semblent représenter des 'cratères formés par des éruptions gazeuses trèsviolentes, et constituer ce que l’on a appelé cratères d’explosions.
Steininger, géologue de Trêves, divise les cratères de rEilFel en trois classes : la première renferme ceux qui n’ont pas produit autre chose que des scories et des pozzolanes,
, et semblent ainsi formés par simple explosion : le lac de Laacber , celui d’Ulmen, trois lacs à Daim, deux à Gillenfeld, un à Beltenfeld, un à Dockweiler, un à Wi^lsdorf, ,, un à Marsburch. La seconde classe comprend ceux qui ont vomi des fragments scorifiés, quelquefois lâches et cimentés en une pâte: ce sont trois cpatères de Gillenfeld, deux de Bettenfeld , un «de Gérolstein , un de Stelfler, deux à Boos, un à Rolandseck. La troisième classe renferme les volcans qui ont donné des , courants de laves aussi bien que des déjections incohérentes, deuiuA Bertrich (dont un trèspetit), un à Bettei^fd (le Mosenberg), un à Itterdsorf-, un à Gérolstein, un à Ëttingen. Ainsi la totalité des cratères de rEilFel, en comptant ceux qui sont le long et près de la rive gauche du Rhin , s’élève à près de trente.
Il est probable que l’ensemble de ces bouches volcaniques constitue une série non in-
terrain volcan iq UC. 85
terrompue d’éruptions, pendant laquelle s’effectua la transition de la formation lavique à la formation basaltique. La lave de Dockweilei-, pyroxénique, compacte et noire comme le basalte, et en même temps cellulaire et micacée, est un exemple de cette transition : mais aucune localité n’exprime mieux ce caractère incertain des volcans de l’Eiffel, que celle de Mosenberg. Vers le milieu du plateau du Mosenberg s’élève, dit M. Reynaud, une butte conique à cratère, dont la conservation est parfaite, et qui a fourni une lave brune et spongieuse. Au sud-est de ce cratère, et presque en cou tact avec lui, on en trouve un autre, dans un état complet de dégradation. Plus bas encore se trouve un troisième cratère, assez bien conservé, bien qu’écbancré d’un côté par, un courant de lave qui tombe en cascade dans la vallée, dont la partie inférieure prend l’aspect noir, compacte, et la structure prismatique du basalte. Ainsi, ces cratères accolés, et qui doivent êtye regardés commegéognostiquement contemporains, ont produit, l’un , une lave moderne et spongieuse; l’autre, une lave basaltique; fait qui reporte naturellement à l’hypothèse précédemment émise sur la succession des diverses laves.
Les cratères-lacs, que l’on a aussi appelés cratères d’explosion, se rapprochent davantage de la formation basaltique, qui nous présentera de nombreux exemples de cratères ana-
logues, excavés dans les plateaux. Le cratère de Dreis, où l’on trouve en abondance des noyaux de péridot, de pyroxène et de mica, parmi les déjections qu’il a émises; les trois lacs de Daun, dont les flancs, plus ou moins rapides, sont couverts de déjections pyroxéniques, de fragments de grauwacke, calcinés ou vitrifiés et dont les angles sont plus ou moins arrondis, devraient peut-être faire partie des phénomènes déjà basaltiques. La planche X présente, d’après M. Reynaud, la configuration d’un des lacs de Daun (Gemiinder- Maar), dont le diamètre est environ d’un kilomètre : ici point de lave qui puisse donner des indications géognostlques, et c’est à peine si l’on peut se rendre compte de la manière dont il a été excavé. Le volcan de Gérolsteln, décrit avec détail par M. Reynaud., semble plus propre qu’aucun autre a éclaircir la question géognostique.
Le village de Gérolstein est dominé par un plateau grossièrementcirculaire, d’environ un kilomètre et demi de diamètre, composé de calcaire à productus, trilobites,etc et ter-
miné sur toutes ses faces par des escarpements très-abruptes. Aumllieu de ceplateause trouve un enfoncement conique, dont un des bords forme saillie et qui est un cratère dont les parois sont revêtues par une lave d’un brun grisâtre,, très-âpre et très-poreuse. L’étude des lieux démontre que ce trou s’est formé au mi-
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lien des couches calcaires, et qu’il a donné
• passage à unegrande quantité de lave, qui s’est répandue à la surface du plateau, et qui a même dépassé ses bords et s’est précipitée en cascades dans la vallée. La lave, en se retirant après s’être ainsi déversée, aura laissé cet enfoncement conique; elle est caverneuse
et spongieuse comme les laves modernes, et ^ doit, être regardée comme telle, bien qu’on trouvé en quelques points un peu de péridot.
Le fait le plus intéressant de cette localité est la connexion qui existe entre la sortie de la lave et la conversion d’une partie du calcaire en dolomie. En effet, le calcaire, au voisinage de la lave, devient, dit M. Reynaud, grenu,' cristallin et dolomitique, et ces caractères sont d’autant plus tranchés qu’on est plus près du contact. En même temps la stratibcation disparaît; on voit se prononcer de grandes fissures verticales, qui donnent à ces parties un caractère particulier. Dans l’intérieur de
• la lave une masse calcaire est devenue caverneuse, semblable à une pâte tourmentée dont les vides sont tapissés de cristaux dolomitiques.
Les fossiles de ce calcaire ne cessent d’être visibles que dans les parties très-modibces, età mesure qu’on s’éloigne du contact, le calcaire reprend sa texture compacte et tous les caractères qui lui sont propres. Ces faits pourront par la suite venir à l’appui de la théorie de M. devBuch, relativement à la for»
, mation des dolomies.
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86 TERRAI Pi VOLCANIQUE.
Le lac Laaclier,un des cralères-lacslespln» célèbres, est aussi un de ceux qui semblent appartenir préférablement à la formation basaltique. Néanmoins la lave de Niedermendig, très-cellulaire, exploitée comme meules, et qui contient, de meme que certaines laves du
Vésuve, de l’ampbigène, de l’haiiyne, etc ,
semble se rattacher au système dont il est le centre. On a observé que de ce centre divergeaient, comme des rayons, des fractures, indiquées par des orifices d’éruption, de sorte qu’il semblerait que l’action qui a excavé le sol , l’a aussi fracturé sous la forme d’un étoileraent. Ce fait est important, parce qu’il rat- ^ tache tous ces cratères-lacs à des phénomènes autres que ceux des explosions volcaniques, auxquelles ou ne peut attribuer de telles excavations. MC.
Formation basaltique. - -,
Cmcam Le basalte, lave compacte et très-pyroxé- ’i; généraux, jjiqug , est la roche dominante de la forma- .
tion : c’est lui qui en détermine tous les ca- ’ j’actères physiques; car non-seulement c’est la roche la plus abondante, mais dans certaines contrées c’est la seule. La dolérite, la vacke, les déjections (scories, pozzolanes et cendres) et les roches d’agrégation (brèches volcaniques, tufs pyroxéniques, pépérines).
' ■ modifient assez souvent, il est vrai, l’aspect uniforme et les phénomènes peu variés qui résulteraient de la présence exclusive du basalte, quelque diverses que pussent être d’ailleurs les formes sous lesquelles ce basalte ♦ apparaîtrait; mais le (léveloppement de ces autres roches est loin d’être constant. La dolente et la vacke n’apparaissent qu’assez rarement et seulement en certains points des contrées basaltiques. Les déjections ne prennent ordinairement de l’importance que ilans la partie récente de la période, celle qui touche à la formation lavique, soit que leurs éruptions n’aient été très-abondantes que vers
• cette époque, soit que lesplus anciennes aient été détruites; enfin, les roches d’agrégation,
i\ quoique très- développées dans certains districts, sont encore moins constantes que les déjections.
Le basalte qui forme ainsi le trait caractéristique de la formation, y constitue, avec la dolérite, ce qu’on peut appeler les roches-la- - Tes. Ces laves se présentent sous des formes \ ■ très-variées: en masses isolées, coniques, qui semblent résulter tantôt de l’accumulation d’un fluide pâteux, immédiatement au-dessus
* de son orifice d’éruption, tantôt de la dislocation d’une nappe plus ou moins étendue , dont elles seraient les témoins;, en nappes d’épaisseur très-variable, dont l’étendue et la continuité sont très-remarquables et donnent lieu
le pi US souvent à de vastes plateaux, qui contrastent avec les formes en bandes étroites, -qu’affectent généralement les coulées laviques; en filons, dont la puissance vai'ie depuis dix, vingt mètres et plus, jusqu’aux veines de quelques décimètres, qui peuvent cependant se prolonger à des distances considérables.
Ces trois formes démission (masses accumulées sur place, coüWès,ou nappes, filons) n’appartiennent pas seulement aux laves basaltiques; ce sont celles de toute matière fluide, poussée de bas en baut, traversant la croûte solide du globe, et venant s’épancher à sa surface, et c’est l’abondance des matières gazeuses et par suite des déjections dans les éruptions laviques, qui, en assujettissant les laves modernes à un mode d’épanchement particulier, a empêché cesformes de se dessiner nettement. Ces foi'mes se retrouvent en effet dans la formation tracbytique et dans les autres terrains ignés; mais des caractères plus spéciaux les rendentici plus faciles à saisir que dans toute autre formation, et permettent de mieux apprécier les détails géogéniques des éruptions. C’est d’abord la structure si souvent pseudo-régulière des basaltes, structure qui parait assujettie à des lois fixes, dont quelques-unes ont été déterminées; c’est, en second lieu, l’écartement et l’isolement despoints d’éruption. Nous avons vu, en effet, les produits laviques tendre généraleniient à s’entasser autour d’un même orifice ,
TERRAIN VOLCANIQÜE. 89
par des éruptions intermittentes. Les basaltes semblent, au contraire, affecter une tendance continuelle à se disséminer. Les orifices d’émission, liés uniquement par des relations de direction, sont éparpillés, de sorte que les matières émises constituent des collines quelquefois considérables, mais point de ces accumulations, de ces groupes montagneux qui représentent à la fois des éruptions puissantes et multipliées parunméme orifice. Un orifice basaltique présente quelquefois les traces de deux éruptions, très-rarement de trois, et la plus grande partie n’en a eu qu’une seule.
C’est du reste ce qui tendait à se produire dans les temps les plus anciens de la période lavique; car nous avons fait remarquer que les cônes laviques de la chaîne des Puys n’avaient généralement eu qu’une ou deux émissions de lave.
Un des caractères les plus frappants des Structure basaltes, est leur structure nette et souvent régulière. Généralement la structure d’une *„ gtfnéraL lave résulte des fissures de retrait que prend cette lave en se refroidissant, et l’on doit prévoir que, s’il existe des lois qui déterminentla direction de ces fissures, elles auront plus régulièrement suivi leur cours et seront, par conséquent, plus faciles à constater dans une lave homogène et à grain très- fin, que dans toute autre. Or, les laves basaltiques sont celles » qui réunissent au plus haut degré ces deux
go TERRAIN VOLCANlOrE. '*
conditions. Aussi, les structures prismatique, tubulaire, globulaire, qui ne sont qu’ébaucbées dans les laves modernes, apparaissent- , elles avec une netteté toute caractéristique ^ dans les basaltes. Les colonnades prismatiques, vulgairement appelées chaussées ou pavés , des géants , sont devenues célèbres dans toutes les contrées de leur développement (France centrale, bords du Rhin, Hébrides, Islande, * etc....). La régularité des prismes qui constituent ces colonnades basaltiques, leur tendance à se produire toutes les fois que la lave réunit les conditions d’homogénéité et de compacité, ne permettent pas de douter qu’ils résultent de lois générales. La structure prisi matique n’est pas en effet la propriété des basaltes. Plusieurs coulées laviques (Vésuve, « Auvergne) l’ont prise en se refroidissant, et parmi les roches ignées antérieures, les plus homogènes et les plus compactes (phonolites, trachytes homogènes, trapps) se présentent souvent en prismes aussi réguliers que les basaltes. Le granité lui-même affecte quelquefois cette structure. Les résultats auxquels nous parviendrons en recherchant les lois qui l’ont déterminée dans les basaltes, seront donc applicables à toutes les roches ignées.
Dans une masse de lave récemment émise, la solidiiication superficielle se fait tiès-vite, et il en réSulte une croûte solide, très-irrégulièrement fissurée, dessous laquelle la lave
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conserve sa chaleur et sa liquidité. Le refroidissement de la masse ainsi placée dans un • milieu inégalement conducteur du calorique ^ (les parties exposées à l’air devant se refroidir plus vite que celles qui sont en contact avec les roches qui supportent la lave et qui sont naturellement moins conductrices du calorique), s’opérera inégalement de la surface ex- ' térieure au centre. La tendance à la contraction s’exercera en raison du progrès du refroidissement de tous les points de cette surface, et si nous considérons une coulée dont la surface esta peuprès horizontale, les efforts peuvent être regardés comme agissant principalement suivant des plans verticaux ou horizontaux, et produisant ainsi deux systèmes « distincts de fissures. La lave pouvant se prêter à un mouvement de haut en bas en s’affaissant, les fissures horizontales seront généralement les moins prononcées, quoique la principale déperdition du calorique se fasse par l’air; mais aucun mouvement analogue ne peut avoir lieu horizontalement, et dès- lors les fissures verticales seront exactement en raison de la contraction que subira la masse dans ce sens.
Le refroidissement étant plus rapide dans les premiers temps, il se formera de grandes fissures verticales et même horizontales, si la position de la lave est telle qu’elle ne se prête pas au mouvement de contraction. M. Scrope, considérant un massif isolé de toutes
ces premières circonstances qui peuvent rendre le refroidissement irrégulier, explique ainsi la structure prismatique : la force de contraction qui s’exerce suivant le plan de surface d’une couche de lave ou suivant des plans parallèles, rencontre dans les divers points où elle s’exerce, un obstacle dans la diminution de volume, produite dans les parties environnantes. Par l’action de ces forces opposées, la couche peut être divisée en un nombre plus ou moins grand de parties distinctes, dans chacune desquelles la force individuelle de contraction surpasse les forces de contraction opposées des parties voisines. Dans chacune de ces parties il s’établit donc un centre d’attraction ; les parties cristallines qui occupent le centre, restant stationnaires, tandis que celles qui l’entourent, sont plus ou moins attirées vers elles. Les fissures de retrait se feront ainsi perpendiculairement au plan de la surface de refroidissement, en coïncidant avec les lignes suivant lesquelles les forces de contraction des centres voisins se détruisent mutuellement. Ainsi donc, en supposant une masse homogène dont toutes les parties se trouvent dans des conditions analogues, les points suivant lesquels se disposeront les centres d’attraction, seront symétriques et équidistants, et les fissures de retrait tendront à se faire suivant des polygones réguliers. Par la propagation graduelle de la
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consolidation, les Hssuresainsi formées se prolongeront verticalement. de manière à donner naissance à des prismes, dans chacun desquels J’axe est formé par la ligne suivant laquelle se sont disposés les centres d’attraction. Le diamètre des prismes, c’est-à-dire, la distance horizontale qui sépare deux centres d’attrac- ^
tion, sera d’autant moindre que la roche sera plus homogène, plus compacte, et que le refroidissement aura été plus long.
Mais comme, dans la nature, la rugosité et l’irrégularité ordinaire de la surface des laves ont empêché la dispersion uniforme du calorique, que leur substance n’est jamais homogène, on rencontre des inégalités constantes dans le diamètre des prismes, le nombre et la grandeur de leurs pans. De plus, les centres d’attraction ne se sont pas toujours placés suivant des lignes droites ; de là les prismes coui'bes et blfurqués.
Plusieurs faits indiquent que les fissures se déterminent loi'sque la matière est déjà toutà-fail solide, et, par conséquent, que cette structure est uniquement due à la contraction du refroidissement. x\in$i,dans les coulées du Yélay et du Vivarais on trouve souvent des noyaux empâtés d’olivine et même de granité, coupés par une fissure et dont les deux parties se trouvent ainsi dans deux prismes distincts.
Il a donc fallu que la lave lut déjà toul-à-fait solidifiée, puisque la solidité de ces noyaux
g4 TERRAIN VOLCANIQUE.
a été vaincue par leur adhérence à la lavC.
Celte explication de la structure prismatique s’applique parfaitement à la majorité des colonnades, qui sont en elFet verticales et com- ‘ mencent au-dessous d’une partie supérieure irrégulièrement divisée, qui l’epréseute la croûte superficielle de la coulée (colonnades des Hébrides, StafTa, etc...., terrasses de l’Irlande, coulées du Vélay, du Vivarais, de l’Auvergne, etc — ); elle se vérifie dans un grand nombre de filons, qui se montrent divisés en prismes bori/ontaux, et par conséquent perpendiculaires aux surfaces de refroidissement; maissi nousvenonsà considérer des coulées hétérogènes irrégulières, et dont les divei-ses parties ont été soumises à des influences de refroidissement variables, le problème se complique tellement, qu’il n’est pas étonnant qu’on ne puisse donner pour toutes lesdispositions prismatiques qui se présentent, une explication satisfaisante, d’après ce seul point de départ. Ainsi, dans les coulées de la France centrale, des Hébrides et de l’Irlande, combien de fois les prismes changent subitement de direction, sans qu’on puisse se rendre compte des causes. 11 est néanmoins un fait remarquable qui peut conduire à une explication dans les coulées du Vivarais, toutes les fois qu’il y a un brusque changement dans la direction des prismes, par exemple, que les prismes horizontaux sont remplacés par des
TERRAIN TOLCANIQÜE. 95
prismes verticaux, des grandes Gssures qui out queJquefois plusieurs décimètres de largeur, séparent les deux systèmes, et les prismes horizontaux sont beaucoup plus imparfaits que les autres. Celte considération tend à faire regarder ces grandes lissures comme des canaux par où se dissipait le calorique, et qui Isolaient les diverses tranches de la coulée, de manière à la mettre dans les conditions d’un-lilon où les prismes sont en même temps horizontaux et perpendiculaires aux surfaces de refroidissement.
La planche XIV présente un cas" très-ordinaire de la combinaison de divers systèmes de fissures. Cette disposition, figure i, prise dansle Bas-Vivarais, fait contraster les prismes réguliers de la partie inférieure de la coulée avec les prismes ébauchés et diversement dirigés de la partie supérieure. L’on peut apprécier, d’après les relations des premiers avec les gi’andes fissures verticales, et la caverne, qui résulte probablement d’une expansion de gaz, la disposition qu’ont les prismes à se former perpendiculairement à la surface de refroidissement.
Celte possibilité de reconnaître la marche Rdaiîon» suivie par le refroidissement, d’après la *1*'*^*"'" ture d’une masse de lave, peut conduire à la ses avec leur solution du problème le pi us intéressant qu’on puisse se proposer en parcourant une contrée basaltique. Déterminer si tel lambeau de
gb TERRAIN VOLCANIQUE.
basalte est un reste de coulée morcelée; une masse injectée dans les roches préexistantes,' ' et ensuite dégagée de cette enveloppe par' l’érosion des eaux; ou bien, enfin, une masse venue au jour et amoncelée au-dessus de son orifice d’éruption.
Dans le cas de structure prismatique, nous avons déjà caractérisé les lambeaux de coulée, et lors même que les prismes ne seraient qu’ébaucbés, il est rare que cette prédominance des fissures verticales sur les fissures horizontales ne soit pas très-prononcée et décisive.
11 semble au premier abord, que l’on peut citer beaucoup d’exceptions. Ainsi, il existe des portions de coulées qui sont tabulaires et dans lesquelles on est l’rappé tout d’abord par la multiplicité des fissures horizontales : mais ce cas rentre absolument dans celui des prismes horizontaux; car les fissures verticales qui isolent les massifs les uns des autres ,*■ sont bien autrement larges et profondes que celles qui séparent les tables horizontales. Cette division tabulaire peut résulter de l’impossibilité où la lave s’est trouvée de se contracter verticalement par suite de plusieurs circonstances possibles; mais elle concorde plus souvent avec la disposition des parties cristallines qui constituent la lave, suivant des plans horizontaux et parallèles. Les pbonolites, composés ordinairement de cristaux de feldspath plats et couchés horizontalement, affectent surtout
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TERRAIN TOLCANIQÜE.
la structure tabulaire , au point qu’ils sont presque partout où ils existeat, employés comme tuiles pour couvrir les maisons; mais cette multiplicité des fissures horizontales n’exclut pas la prédominance des fissures verticales dans les coulées. Ainsi, il existe dàns le Vélay des coulées de phonolites, divisées en très-gros prismes verticaux, qui sont horizontalement schisteux : or, à ne considérer qu’un prisme, les fissures qui l’isolent sont certainement bien supérieures à la somme de toutes celles qui déterminent la schistosité horizontale. Ces fissures verticales se sont nécessairement formées avant celles des plans horizontaux. On peut donc les considérer comme ayant servi d’issues pour la déperdition du calorique restant, et ayant par cela même provoqué des fissures perpendiculaires aux plans de refroidissement, lesquelles se sont disposées suivant des plans parallèles, en vertu de la nature minéralogique de la lave. Cela est si vrai que dans certaines masses phonolitiques ou basaltiques, dont la nature minéralogique ne tendait pas à cette division tabulaire, la subdivision des prismes s’est elfectuée eu d’autres très - petits prismes.
Considérons actuellement une masse de lave qui n’est pas parvenue au jour et qui a été postérieurement dégagée desorTenveloppe de roche préexistante par l’érosion des eaux. 3. 7
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Cs£as est très -fréquent, parce-qüe, les lave^ étant généralement beaucoup plus dures et plus résistantes que les autres roches, la dégradation ne les a point attaquées autant que leur enveloppe. C’est ainsi que l’on voit des filons affleurer sous forme de murs; des masses cylindriques ou angulaires constituer des rocs isolés au-dessus des roches qui forment le sol environnant. .
Soit une masse. cylindrique ainsi enclavée, l’on conçoit que son refroidissement sera bien plus lent que celui d’une masse semblable exposée à l’air, et si la roche est compacte et homogène, l'és fissures devront suivre une marche plus régulière que dans tout autre cas. Les fisstires dans irae telle masse constitueront donc un système unique et régulier; celles qui auront lieu suivant des plans verticaùx, perpendiculaires aux surfaces de refroidissement, devront évidemment passer par l’axe central delà colonne de lave : celles qui se .feront dans l’autre sens seront plus rares par suite de l'afiaissement possible de la lave , et parfaitement horizontales. Mais il est un ti’oisième ordre de fissures qui tendra à ,se produire parallèlement aux surfaces'de refroidissement, puisque la lave ne pèht s’affaisser daps ce sens, et ces fissures devront avoir lieu^^«ant des cercles parallèles aux cercle^ extdiieprs du refroidissement ; de sorte que la masse sera divisée en zones cy-
lindriques et concentriques. Ce joli cas a 'été signalé dans la plaine de Saint-Germain | près du Puy-en-Vélaj, et la planche X*1V donne idée de la structure d’une des masses saillantes, appelées les rochettes Saint-Germain.
La dégradation qu’a subie cette roche n’empêche pas, ainsi qu’on le voit, d’y constater les trois systèmes de fissures que nous avons indiqués. Les fissures horizontales sont les moins apparentes; elles ne se manifestent guère que sous le marteau; mais elles permettent d’extraire des dés prismatiques, qui ont pour base une surface rectangulaire, légèrement courbée. La perfection de ce cas résulte principalement de la compacité et de l’homogénéité du basalte. Lorsque la lave ne possédait pas ces deux conditions, il en est résulté une structure par grandes plaques concentriquement accolées, et c’est celle que l’on peut frapper dans ces trois masses qui s’élèvent sur la rive droite du Rbône, un peu au nord de Rochemaure. La roche la plus saillante, qui est celle du milieu, indique comment cette structure peut être modifiée et rendue moins sensible lorsque la masse, au lieu d’être cylindrique, est irrégulière.
Les nions, qui sont des masses aplaties qui ont rempli les fentes formées dans les roches préexistantes, se tro'uvent dans des conditions un peu différentes de refroidissement. Il n’y a guères à considérer que deux systèmes de
fissures : les* unes perpendiculaires aux plans de refroidissement, qui sont les plans qui constituent le* toit et le mur du filon; les autres parallèles à ces plans. Tantôt ce sont les premières qui ont le dessus, et conformément à la loi précédemment indiquée, le retrait a déterminé une structure en prismes horizontaux; tantôt, au contraire, ce sont les fissures . parallèles qui dominent, et il y a même plus de chances pour ce dernier cas, puisque tout affaissement dans ce sens est impossible; aussi la masse du filon est quelquefois tellement hachée dans ce sens qu’elle se'délite en petits feuillets schisteux, qui ont quelquefoisà peine quelques millimètres d’épaisseur. Quelquesuns des filons basaltiques qui affleurent près du plomb du Cantal, sont un exemple frappant de cette structure feuilletée parallèlement aux plans de refroidissement.
Venons actuellement à la structure des masses pâteuses qui sortent en un du plusieurs points d’une fissure volcanique et s’accumulent au-dessus de leurs orifices d’éruption. Ce cas ne se présente pas dans les éruptions actuelles, parce que le rôle que jouent les gaz dans ces éruptions rend ce mode d’émission presque impossible; mais rien de plus commun dans la période trachy tique et dans les premiers temps de la' période basaltique, et de là l’origine de ces cônes et de ces dômes trachytiques (Puy-de-Dôme, Sarcouy, etc.),
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phonolitiques (toute ^a chaîne orientale du Vélay) ou basaltiques (Vélay, Haut-Vivarais), isolés ou alignés sur une même fissure. Quelle sera la marche du refroidissement de ces masses, lorsque la croûte superficielle aura talent! la déperdition ducalorique?Pluscetté masse aura de hauteur, comparativement au diamètre de sa base, plus elle se rapprochera des conditions indiquées pour une masse cylindrique, en s’éloignant de celles qui président à la structure des coulées. Les diverses parties de cette masse amoncelée se trouvant symétriques par rapport à un axe central, les fissures tendront à se disposer en un système également symétrique par rapport à cet axe. Les fissures perpendiculaires à la surface de refroidissement, tendront à passer par l’axe, et celles qui sont parallèles à cette surface couperont les premières de manière à déterminer la formation de grandes poutres convergentes vers le sommet. Ces fissures, parallèles à la surface de refroidissement, pourront toujours se former, parce que la masse déjà solidifiée lorsque ces fissures se déterminent, se soutient d’autant mieux sur elle-même et tend par conséquent à s’affaisser d’autant moins que la masse conique est moins surbaissée.
Ces premières données sur la structure des masses amoncelées au-dessus de leur orifice d’éruption, se vérifient parfaitement sur la
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103 TERRAÏN VOLCANlQüE.
calotte hémisphérique <jue forme le trachyte du Puy de Sarcouy. Les galeries d’exploitation que l’on y a creusées, ont permis de constatée l’existence de (issures concentriques à la surface extérieure. Elles se vérifient sur les pics phonolitiques du Vélay, dont un grand nombre présentent ces poutres convergentes vers le sommet, et sur un grand nombre de pics basaltiques de la France centrale, qui affectent aussi la même disposition en poutres convergentes et quelquefois prismatiques- I^ous n’entrerons pas dans tous les détails accidentels qui peuvent modifier cette structure. Le cas le plus ordinaire résulte de ce qu’une partie du massif est isolée du reste par de grandes fissures diversement dirigées, qui, ayant servi d’issue au calorique, ont amené des cbangeinents dans la direction des fissures et des poutres plus ou moins prismatiques; ou bien de l’hétérogénéité de la masse qui a occasioné des courbures, (i)
(1) Quoi qu'il en soit, nous sommet forcés de laisser inexpliqués bien de* faits relatifs à la disposition des prismes d«ns des massifs isolés qui n'ont évidemment pas fait partie de coulées. A la roche Sanadoire^ par exemple, l'hétérogénéité de la lave phonolitique ne peut guère rendre compte de toutes les inversions que subit la structure. A la Tui* lière comment expliquer la formation de ces prismes si bien faits, dont la convergence est très-faible et dont l'enseiuble est coupé par un second système de fissures qui, d’après les observations de M. Scrope, suivent des courbes concentriques et convexes versTeztérienrP En suivaut les indications données par cette structure, nous serions conduit à penser que la partie supérieure de la roche Tuilière avait percé à la surface et l'était amoncelée suivant une surface convexe, tandis que la partie in-
lO )
La formation basaltique est, d’après la dé- Éléments finition, une période pendant laquelle il fut émis que des roches pyroxéniques parti- gnosiiques. culières, mais de telle sorte que vers les limites de cette période il y a liaison avec les
produits des formations supérieures et inférieures. Cette liaison , théoriquement indiquée par la mesure et la gradation avec laquelle la nature a toujours procédé, est confirmée par les faits. Elle a Heu de deux manières;. d’abord géognostiqueinent ^t par alternances d’émissions. Ainsi, vers la transition à la formation
trachytique l’on voit brusquement alterner
f^rieure resta engagée dans le sol. La principale déperdition du calori* que ayant lieu de bas en haut , engendra les prismes perpendiculaires à la direction de celle déperdition , et ces prismes furent ensuite* couj»ci par le système de Hssures convexes , parallèles à la surface extérieure. IVIais nous ne sonitnes guère en droit de créer des hypothèses sur ces bases; car les données que nous possédons sur l’origine de la structure des laves sont loin d'olro assez cuûipiètcs.
Ainsi les énormes houles basaltiques de Pradelles, signalées par Fau- }at, et autour desquelles sc recourbent des poutres concentriques, concordent bien avec les règles que nous avons énoncées ; mais peut-on ad* xuettre une origine analogue pour la structure en boules d un ou deux décimètres, assez fréquente dans les basaltes et les vackes? II est à présumer qu’il y a là. uneaulrc iniluencc que celle âu refroidissement, „ par exemple, rinüueoce des attractions moléculaires.
Dans les cas de structures irrégulières on n’a point epcorc donné d’esplicalion satisfaisante, par exemple, pour la structure enchevêtrée (grottes de Pranal eu Auvergne, environs de Pradelles en >ivarais), où les polyèdres à surfaces en partie courbes , à angles renlraols, sont tellement irréguliers que l’on ii’cn peut obtenir un qu’en brisant ceux qui Icnlourciil. Ainsi, pour ne pas courir chance d’erreurs, nous ne chercherons j*as àrendre compte de tous les cas déstructure qui peuvent se présenter, nous bornaut aux faits généraux, dont on peut tirer un excellent parti dans l’élude des contrées basaltiques, parce que ce sont de beaucoup les cas les plus ordinaires.
104 TERRAIN VOLCANIQCE.
des sorties de rocbes basaltiques avec des roches emmemnient feldspathiques, qui le plus souvent sont des plionolites. Ensuite ininéraloi>iquement, de telle sorte quelles basaltes très anciens seront riches en feldspath, pauvres en péridot, et par conséquent passeront aux tracbytes: ce n’est que graduellement que la prédominance du pyroxène, l’abondance du péridot, caractériseront les laves émises comme basaltes, et que les émissions gazeuses, devenant de plus en plu# marquées, produiront des déjections qui donneront aux formes des éruptions et à leurs produits des apparences laviques.
La période basaltique fut une longue période, et ce qui nous porte à le croire, c’est moinsl’abondanceet la puissance des produits, que les diverses époques d’éi’uptions que l’oa peut distinguer dans Certaines contrées^ époques qui sont distinctes, soit parles directions que suivent les émissions, soit par la nature des roches émises, soit par l’évaluation de l’action intermédiaire des eaux, soit. par les détériorations subies par les masses.
Ces divers mo)'ens d’appréciation ont souvent permis de reconnaître que la période totale pouvait se subdiviser en plusieurs périodes, séparées par des intermittences de l’action volcanique; fait qui suppose une ceiv ■ taine longueur a la période. Néanmoins, comparativement aux périodes sédimentaires ,
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TERRAIN VOLCANIQUE. lo5
, cette longueur nepeutélre très-considérable’; car il ne faut pas la mesurera partir des basal tes qui ont apparu les premiers, jusqu’aux plus modernes. Cette évaluation serait nécessairement fausse, puisque l’isochronisme u’ejiiste pas pour les formations ignées : c’est dans une même contrée qu’il faut mesurer cette période : or, les basaltes de la France centrale ont commencé avantlesgrandesalluvions, et ont cessé à l’excavation actuelle des vallées (Vivarais); ils correspondent à peu près à toute l’étendue de la* période alluviale. 11 est des contrées (Vicentin) où les basaltes ont commencé à paraître à l’époque de la formation tertiaire inférieure; mais on manque d’éléments pour marquer l’époque <îù les produits laviquesont commencé à paraître dans le même point. Remarquons, d’ailleurs, que ce que nous disons l.à est peu important; car la durée d’une période dépend de l’activité des éruptions : il serait possible que cette période répondît à une période sédimen taire extrêmement longue dans une contrée et très-courte dans une autre. Le seul fait à mentionner, c’est que les émissions basaltiques, même dans les contrées où elles furent très-actives, ont duré assez longtempspourconstiluerune formation distincte.
Si l’action volcanique éclatait dans un pays où il n’y eût jamais existé d’éruptions basaltiques, les roches émises seraient-elles basaltiques? il n’y a aucune raison pour cela; car les
106 TERRAIN VOLCANIQÜE.
éauses qui ont envoyé des- basaltes avant les laves modernes, peuvent avoir cessé d’être, sans qu’il y ait eu aucune manifestation de leur existence à la surface. Dès-lors on conçoit que • dans une conti'ée, n’y eût-il qu’une éruption basaltique, cette éruption pourra répondre au commencement, au milieu ou à la fin de la formation. La science possède- 1- elle assez de données pour déterminer, d’après l’éxamen des produits de cette éruption, l’âge plus ou moins avancé où en étaient les causes géné- ■ ratrices des basaltes? Dans beaucoii}) de cas
il sera possible de faire cette détermination, et il n’est pas à douter qué les progrès ultérieurs ne fixent des moyens généraux toujours applicables. Pour cela il faudra étudier la formation dans toutes les contrées, en établissant les connexions qui existent entre • toutes, afin d’en déduire des lois générales.
■ Nous allons exposer ces études au point où elles en sont.
11 n’existe que peu de contrées basaltiques qui puissent représenter la formation complète, c’est-à-dire, qui offrent une série d’émissions s'uccessives et peu interrompues depuisla fin des éruptions tracby tiques jusqu’aux volcans laviques. La France centrale, et peutêtre le système volcanique des bords du Rhin, sont les seules qui paraissent jusqu’ici satisfaire à ces conditions.
France cen- La France centrale présente deux séries
traie.
TERRAIN TOLCANIQÜE,
d’émissions, et pour ainsi dire deux formations indépendantes. D’une part celle du Vélay et du Vivarais; de l’autre celle delà Haute et Basse-Auvergne. Dansces deux partiesd’une même contrée les éruptions basaltiques eurent lieu simultanément et parallèlement; mais tandis que dans le Vélay et le Vivarais ces éruptions se succédaient sur une échelle très-puissante, et pour ainsi dire sans lacune, sans interruption, pendant toute la durée de la période, en Auvergne l’intensité volcanique ne fut considérable que dans les premiers temps, et les; éruptions se raréfiaient à mesure que la période s’avançait. La formation du Vélay et du Vivarais est donc celle que nous pouvons présenter comme type.
Cette formation type se compose de cinq ‘ systèmes distincts, réunis entre eux par des relations de position et d’attenance géographique, de parallélisme, décomposition minéralogique. Ce sont, en suivant l’ordregéognostique probable : i.° les volcans basaltiques modernes du Bas-Vivarais, placés au pied de la fracture d’élévation du sol primitif; fracture qui sépare nettement le Bas et le Haut- Vivarais par un relèvement escarpé de plusieurs centaines de mètres; 2° la chaîne occidentale du Vélay, qui limite la vallée de la Haute-Loire à l’ouest, et la sépare de la haute vallée de l’Ailier, depuis Pradelles jusqu’à Paulhaguet; 3.° la chaîne intermédiaire, pa-
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rallèle à la précédente, qui traverse le bassin elliptique de la Haute- Loire et en forme le grand axe depuis les volcans de Bauzon et du Pal jusqu’à celui de Bar, près Allègre; 4.° chaîne des Coyrons, dirigée du S.-E. au JN.-O. , depuis les sommités de l’Escrinet jusqu’à Rochemaure et Montelimart sur le Rhône; 5.° la chaîne orientale du Vél^, parallèle à la chaîne occidentale, et principalement composée de roches appartenant à la formation trachy tique, mais dans laquelle se trouvent beaucoup de basaltes,, les plus anciens de la contrée et qui se lient à ceux des Coyrons, qui ont cependant une direction différente, par une identité frappante de composition.
Lorsque l’on a successivement étudié ces cinqsystèmes basal tiques,beaucoup d’éléments de classification se présentent pour distipguer les relations géognostiques de chacun. C’est J.”. la composition, qui, depuis les basaltes les plus anciens jusqu’aux plus modernes, se montre assujettie à des lois de modifications grfiduelles; 2.“ les formes extérieures, qui annoncent des modes d'émission très- différents, la configuration desmasses basal tiques étant également assujettie à une série de modiGcations graduelles, qui nous permettent de reconnaître, lorsque nous aurons constaté les lois qui président a ces modifications, l’âge probable d’une masse basaltique; 3.° la position de ces masses relativement aux vallées prlnci-
pales et aux cours d’eaux actuels, et les altérations qu’auront pu subir, de la part des agents atmosphériques, les configurations primitives.
Cet énoncé des éléments de classification peut convenir à toutes les contrées basaltiques. Actuellement les détails où nous allons entrer, relativement à la France centrale, ne pourront être constitués en lois générales qu’après avoir recherché si les autres contrées y sont réellement assujetties. Commençons par les considérations minéralogiques.
Oans la formation qui nous occupe, et en Composiiioo. général dans toute la France centrale, il y a à distinguer au moins quatre variétés de basaltes ou laves basaltiques compactes: i.° le . basalte porpfijroïde , à pâte de basalte ordinaii-e, parsemé de cristaux de pyroxène et renfermant assez généralement du péridot très-disséminé : ce basalte est remarquable par sa dureté et sa ténacité (sauf les cas de décomposition), il est rarement bulleux ou scorifie î 2.° le basalte variolitique , remarquable par les petits noyaux où plutôt par les points de chaux carbonatée ou de mésotype dont il est criblé; la pâte basaltique est plus ou moins compacte,plus ou moins grenue, quelquefois. • • rougeâtre, et distincte, en ce quelessubstances accidentelles qui la cai'actérisent ue sont pas dues à des infiltrations postérieures dans des bulles ou cavités préexistantes , mais sont préexistantes au refroidissement delà roche j
no TERRjtlN VOLCANIQUE.
et résultent soit d’un empâtement fait avant sa sortie, soit plus probablement d’une liquation et d’nne affinité cbimique(i) ; 5.°le basalte feldspathique , basalte essentiellement homogène, dur, tenace, passant souvent aux roches feldspatbiques par une texture finement écailleuse, peu péridotique; 4 " le basalte pjrroxénique ou péridotique , basalte beaucoup
plus cristallin que le précédent, souvent cellulaire et bulleux comme les laves modernes, abondant en péridot disséminé ou même en noyaux : c’est le basalte moderne de M. Bertrand de Doue, lequel est si bien caractérisé, que l’on peut en quelque sorte reconnaître dans tout l’e Vélay si une coulée est moderne, d’après l’inspection d’un seul échantillon.
Les dolérites sont rares en France et pourraient constituer une cinquième variété de lave basai tique, que l’on désigneraitsouslenom de basalte cristallin. Puis, enfin, les vackes, dontl’origine est tout- à-fai t analogue à cei^ des laves basaltiques sous le rapport de l’émision ,
(1) C’est sur cette opinion que repose la distinction du basalte variolitique en variété ilistincte, assimilant en quelque sorte roriÿne dcs^^ oojaux variulitiquesàcelledescristauxdu pyroxène : orelle est confirmée par des examens minutieux , qui m'ont démontré que dans des cas trèsmultipliés ( basaltes variolitiqucs de Rocbeinaure , de Mezères , des rochettes Saint-Germain, de Gergovia, etc...) la forme occupée par les nojoux variolitiques n’était point celle des bulles ou scorifications ordi* naires à ces mêmes roches , et que lorsqu'elles sc scorifiaient, il y avait dificrenCe notable entre les bulles et les scorifications qui étaient constamment restée» vides , et tes vacuoles remplies de mésotype ou de chaux carbonatée.
mais dont nous ignorons la nature defluidité.
Les substances disséminées dans ces roches directement émises par l’action de la force expansive et probablement par une action purement dynamique; à laquelle se joignaient rarement les actions gazeuses qui paraissent agir dans les éruptions actuelles, sont assez nombreuses. Le péridot, le pyroxène, le feldspath, l’amjihibole, le Ver titané, la chabasie, la néphéline, la mésotype, la chaux carbonatée, l’arragonite, sont les plus ordinaires. Déjà le feldspath, comme principe constituant des basaltes, nous a donné des indications géognostiques; il devient de plus en plus prédominant, à mesure que les basaltes sont plus anciens : les indications fournies par la présence du péridot sont également très-significatives.
Ceux qui n’observeraient que les basaltes de la France, seraient certainement conduits à regarder le péridot comme principe constituant et essentiel de cetteroche.il y abonde 0 *
disséminé en petits fragments vitreux et cristallins , d’un vert plus ou moins foncé; il est meme un point (Laussone) où il existe en cristaux très-bien formés, d’un ou plusieurs millimètres; il se trouve en outre en noyaux arrondis, d’une teinte plus claire que le péridot disséminé, dit noyaux d’oliviue, dont le diamètre varie de’puis un centimètre jusqu’à plusieurs décimètres; enfi;i, au volcan de liar, près Allègre, qui a rejeté une quantité prodigieuse
TERRAIN TOLCANIQÜE.
de ces noyaux d’olivîne, on trouve en outre des fragments de péridotverlsombre, vitreux, translucide, homogène et susceptible d’être taillé. La cassure des noyaux d’oliviiie est ordinairement granulaire. Les grains, d’un vert clair, sont parsemés d’autres grains, également vitreux, d’un vert bouteille : par la décomposition, ce péridot s’irise, devient rouge, et perd souvent toute .consistance. Accidentellement il affecte des caractères exceptionnels; par exemple il devient dur et tenace, à cassure conchoïde; d’autres fois il est d’un vert bronzé, tout-à-fait opaque.
Sous ces diverses formes le péridot est trèsinégalement réparti dans les diverses variétés de basalte: les basaltes feldspathiques en contiennent très-peu,souventmême pointdu tout; tandis qufe les basaltes riches en pyroxène en contiennent considérablement. Il semble qu’il résulte de cé fait une sorte de répulsion entre le feldspath et le péridot, et, en effet, ce principe est démontré par plusieurs observations importantes. Toutes les fois qu’une lave basaltique, pyroxénique, en fusion, traversant des roches feldspathiques (granité, tracbyte, etc.) en a empâté des fragments et s’est incorporée une quantité sensible de ces roches, le péridot a disparu en cette partie. Ainsi l’on voit autour des noyaux et des masses empàtees, le -• basalte change en une roche d’apparence plus ou moins trachytique ou simplement à l’état
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TERRAIN VOLCANIQUE. I l5
de basalte feldspatblque, mais en tout cas toujours sans péridot. Ce principe, que j’ai développé et appuyé sur des faits dans ma Description des terrains volcaniques de la France centrale, complète les caractères distinctifs des basaltes anciens et modernes de la France centrale. Dans les premiers, la proportion dufeldspalli pi'oduit l’absence du péridot, la textuie écailleuse, la sonorité, un aspect terne; dans les autres, la texture plus cristalline fait ressortir la pi'éscnce du péridot disséminé. 11 existe bien, il est vrai, des laves très - anciennes et très- pyroxénlques, et par suite renfermant du péridot; mais ces laves sont préférablement porpbyroides, et si le feldspath domine dans la pâle, le péridot est éliminé. Du reste, les exceptions à cette règle résultent de la présence des noyaux d’olivine, plutôt que de celle du pé- * ridot disséminé, qui est beaucoup plus régulier dans ses allures, et doU être préférablement consulté.
Les formes des masses basaltiques condui- Carnttrcs sent à reconnaître leur mode d’émission
que».
Les altérations subies par ces masses et les indications qui en résultent sur l’àge relatif des basaltes de la contrée, concordent toutà-fait avec celles qui ont été fournies par les caractères minéralogiques.
Les volcans basaltiques du Bas-Vivarais se présentent absolument dans les mêmes con- 3. 8
TERRAIN TOLCANIQOE.
Il4
ditions que les volcans laviques, si ce n’est que les laves vomies sont des basaltes. Ces laves ont occupé les lits des cours d’eau actuels, qui les ont creusés de nouveau entre le basalte et le granité : ce sont les escarpements verticaux résultant de ces érosions qui offrent des colonnades si belles et si variées. Les oriHces d’émission, auxquels on arrive en suivant les coulées, présentent la forme de cônes à cratères plus ou moins élevés. Les scories, les pozzolanes, les cendres qui les constituent, sont identiques aux déjections laviques. D’après la conse;^vation parfaite de ces bouches vol* caniques, on ne serait pas étonné de voir les feux souterrains s’y frayer de nouveau un passage.
Toute la partie occidentale de la vallée de la Haute-Loire présente des phénomènes analogues. Une centaine de cônes à cratères ou de souillures volcaniques sont alignés dans le sens de cette vallée et ont déversé, dans toute la longueur de la chaîne, des laves très-péridotiques, qui se superposent et alternent avec des bancs de déjections libres ou légèrement agglutinées. On remarque dans ce district que les coulées ne se présentent plus sous forme débandés longues et étroites, partant des bouches à cratères} elles couvrent tout le sol d’uu manteau épais, sans qu’on puisse constater aucunes relations avec les cratères et sans qu’on puisse même reconnaître si ce manteau
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basaltique est composé de plusieurs laves accolées ou d’une seule émission partie de plusieurs orifices, à travers lequel les souillures de laves scorifiées se seraient ensuite fait jour. Quoi qu’il en soit, il est des points où les alternances etlessuperpositionsde laves indiquent des éruptions successives. C’est dans les brèches scoriacées qui séparent deux laves auprès de Saint-Privat d’Allier, que MM. Hibbertet Bertrand ont découvert des ossements d’ours, de cerfs, etc..., dont l’examen a conduit à penser que cesoursavaientbabilé des cavernes creusées dans ces matières friables, et venaient y dévorer leur proie. Les déjections de ce district ont souvent éprouvé une décomposition qui indique ces éruptions comme plus anciennes que le système du Bas-Vivarais : le même fait résulte des érosions éprouvées par les masses les plus puissantes partout où elles ont été sur le passage des eaux.
Dans la partie orientale du Vélay et dans les Coyrons, les caractères extérieurs sont encore tout différents : ce sont des masses basaltiques isolées, que leur structure et leur position indique, non pas comme des restes de coulées morcelées, mais comme amoncelées au-dessus de leur orifice d’éruption : ce sont de vastes plateaux plus ou moins découpés' par les eaux, où l’on ne voit point de cratère et où les déjections apparaissent décomposées . en terres bolaires et par lambeaux informes.
Il6 TERRAIN VOLCANIQUE.
Quelques dépressions cratériformes (lac de Saint-Front, Freycinet), creusées dans les plateaux et environnées de terres bolaires, de scories décomposées, peuvent être regardées comme des centres d’émissions; mais ces cratères n’ont évidemment pas été formés comme ceux qui se trouvent au sommet des cônes de déjections: ils rappellent par leur disposition les cratères de l’ËifFel, et il semble qu’une vaste colonne de lave vint frapper le sol, l’étoila, puis, s’étant déversée sur les plateaux circonvoisins, se retira, en laissant une dépression que les dernières explosions configurèrent en forme de cratère.
Cette distinction des basaltes anciens et des }>asaltes modernes ressort d’une manière aussi évidente que possible des caractères minéralogiques et géognostiques des roches; mais l’étude de la contrée démontre que l’action volcanique ne fut pas précisément divisée en deux périodes, et que des volcans intermédiaires réunissaient les produits de ces deux périodes. Dans ma description de ces terrains j’ai établi par des considérations géognostiques cette distinction, que M. Bertrand avait constatée par des considérations minéralogiques. Parmi ces phénomènes intermédiaires, la formation des brèches des environs du Puy i.est le plus intéressant, et il est bon de le citer, i^parce que, les roches d’agrégation étant assez rares dans la formation basaltique, en raison
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lie la dureté des roches, ces brèches constituent une curieuse anomalie par leur développement, de même que par la forme sous laquelle elles se présentent.
Cinq énormes rochers, composés de brèches basaltiques fortement agglutinées, surgissent dans la dépression dont la ville du Puj occupe le centre. Ces masses, dont les formes isolées etahruptes contrastent avec l’idée de sédimentation que fait nécessairement naître l’examen des roches constituantes, sont réunies entre elles par des lambeaux épars, beaucoup moinssolides; or, comme chacune doitporter en elle- même le principe de sa conservation, il parait probable que ce principe n’est .autre qu’une grande solidité, et que le dépôt n’ayant été fortement agglutiné que par place par des sources minérales, les matières incohérentes furent entraînées lors de la débâcle du lac où elles s’étaient déposées. D’après l’examen de la nature et du gisement de ces brèches, on est conduit à conclure qu’il exista un lac dans la dépression du Puy, où s’accumulèrent et se stratifièrent à la fois les matières lancées par les volcans voisins et celles qui étaient cbarlées par les cours d’eau, puis, que les .eaux, étant venues à rompre leur digue, entraînèrent toutcequi n’avait pas été consolidé.
Dans la Haute et Basse-Auvergne la formation basaltique présente les mêmes caractères que dans le Vélay et le Vivarais, seulement
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les basaltes anciens, auxquels se rapportent les immenses nappes qui couvrent le Cantal et les abords du Mont-Dore, sont de beaucoup les plus développés. Les vackes (Gergovia, Pont-du-Cbàteau ) sont particulières à la Basse-Auvergne. Ces roches présentent souvent des taches arrondies, plus foncées que la pâte, qui, accidentellement, prennent l’aspect d’un cristal incomplet de pyroxène. Du reste, leur gisement, les contournements qu’elles subissent, et qui amènent toujours une densité plus grande et une texture plus compacte, indiquent qu’elles ont été émises directement à l’état pâteux.
Dans toute la France centrale les basaltes sont postérieurs aux derniers dépôts tertiaires. Cet âge, prouvé par un grand nombre de superpositions immédiates, n’a été contesté que pour la localité de Gergovia, près Clermont. On voit, en effet, en ce point des roches calcaires superposées à des basaltes qui semblent stratifiés. M. Scrope, frappé de ce qu’il y avait d’anomal dans ce gisement, avait supposé que les calcaires supérieurs étaient des espèces de travertins postérieurs aux basaltes; mais M. Dufrénoy y ayant trouvé des coquilles, a été conduit à penser que ces basaltes s’étaient intercalés par force entre deux couches tertiaires, donnant ainsi lieu à un filon horizontal.
Comme les débris des basaltes anciens se trouvent dans des alluvionsanciennes et ano-
males à l’état actuel , tandis que les basaltes les plus modernes (Bas-Vivarais) ont occupé les lits des petits cours d’eau actuels, on voit que les émissions basaltiques ont duré en France pendant une très-grande partie delà période alluviale.
La pointe nord-est de l’Irlande, une partie des Hébrides et certaines dentelures occidentales de l’Écosse, constituent une longue et large traînée basaltique, dirigée presque 7Î.-S. , et qui est remarquable par la puissance desmasses dont elle se compose. Le comté d’Ântrim, l’ile de Mull et l’île de Sky , sont les trois principaux centres d’accumulation de cette traînée. Au nord de Sky , le groupe de Fladahuna , les îles de Shiants sont entièrement volcaniques. Au sud de Sky, les îlesde Canna, de Sandy, d’Egg,deMucket de Rhum, le sont également : puis viennent les vastes masses basaltiques, qui couvrent toute l’île de Mull, auxquelles se rattachent à l’est les basaltes des îles <iu canal de Mull , du district de Morven et de la pointe d’Ardhamurchan en Écosse, à l’ouest les îles d’Eorsa, d’Ulva, deGometra,deStafla, de Colonsa ; puis le groupe des Treshnish. Entre ce vaste systèmeet celui du comté d’Antrim, les basaltes sont très-disséminés; ce sont des filons et des Dykes, beaucoup plus fréquemment que des lambeaux de coulées, qui établissent la connexion.
Les basaltes de l’Écosse peuvent, d’après
Irlande.
Écoase.
TERRAIN VOIXANIQÜE.
M. Boue, être rapporles à trois espèces distinctes, sulvantla prédominance du pyroxène, du feldspalh ou du fer titane. Les basaltes proprement dits ou pyroxéniques , sont des roches noires ou grisa lies, compactes, passant quelquefois aux dolcrites. Les variétés à grains très-fins sont les moins répandues; elles présentent des teintes noirâtres et bleuâtres, et affectent de bellës divisions prismatiques. Les Basaltes h grains grossiers sont les plus communs; ils sont noirâtres etgrisâtres, affectent plus rarement des formes bien régulières, mais fraj)pent par l’étendue de leurs colonnades. Ces basaltes pyroxéniques renferment peu de noyaux de minéraux accidentels, si ce n’est Je pyroxène lui-même en cristaux. Les basaltes Jeldspathiques sont noirâtres, grisâtres, lïleuâtres, verdâtres ou brunâtres; ils sont très-sonores sous le marteau, et rappellent par de petits cristaux do feldspath les caractères de certains phonoliles, ce qui les a quelquefois fait décrire sous le nom de Klingstein basaltique : ils sont aussi susceptibles de prendre un retrait prismatique très-net et très-régulier, et les colonnade.s de Staffa en offrent un exemple. Ces basaltes sont très-sujets à la décomposition; ils constituent alors une terre argileuse, que l’on a appelée basaltes terreux: ils sont plus sujets que les autres variétés à présenter des cavités et des noyaux de substances étrangères. L’île de Sky parait pré-
TERRAIN VOLCANTQtTE. 121
senler un assez grand nombre de ces roches à l’état de véritables amygdaloïdes. Rarement les basaltes feldspatbiques passent à l’état vitreux ; le seul exemple notable constitue un lambeau dans l’île d’Egg. Les basaltes trèscbargés de fer titané sont peu communs et se distinguent des autres par un émail d’un noir intense , par une pesanteur considérable, une dureté plus grande, une compacité particulière, un aspect mat, parsemé de points brillants. Les basal tes rouge# ou bruns, appelés par les géologues de Freyberg Eisenthon , ne paraissent être que des basaltes de cette variété, ayant fait un pas plus ou moinsgrand vers la décomposition. Le pyroxène, le feldspath, le fer titané, se trouvent assez souvent isolés dans ces basaltes. Le péridot y est aussi fréquent.
Le péridot, si abondant, si caractéristique •
dans les basaltes de la France, ne parait pas jouer, à beaucoup près, un rôle aussi Importanten Ecosse eten Irlande. Mac-Cullocb, qui a parcouru toute l’île de Sky, n’en a cité que dans un point près de Dimwegan; mais aussi la roche en était tellement pétrie que, lorsqu’elle se décomposait, elle avait l’apparence d’une masse d’olivine. M. Boué en a trouvé dans l’île de Mull et sur la côte orientale de l’Ecosse, des deux côtés de la baie du Forth. Néanmoins la rareté du péridot reste un fait incontestable. Doit-on en inférer que les lois
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précitées n’existent que pour la France? Il est plus probable que les basaltes de l’Irlande et de l’Ecosse rentrent eux-mêmes dans ces lois; que l’absence du péridot résulte de ce qu’ils appartiennent tous au commencement de la période basaltique, et qu’ils doivent être assimilés aux basaltes que nous avons désignés sous le nom de basaltes anciens. Les autres substances accidentelles sont moins rares; ce sont: le quartz, dont la présence est un fait curieux et qui otoUiCorde avec l’ancienneté que nous a déjà indiquée l’absence du péridot (il existe à l’état byalin, et à celui de jaspe, de silex résinite, de calcédoine); l’analcime; la stilbite; la mésotype; la cbabasie; la chaux carbonatée; l’apopbyllite; la prebnite.
Les dolérites sont très-répandues dans certaines parties du terrain basal tique de l’Ecosse. On les rencontre surtout dans les îles de Mull , de Rhum, des Sbiants, sur la côte orientale de Sky, dans le golfe delaClyde, etc....; elles ont souvent une tendance à la division prismatique, et quelquefois à se déliter en boules. La grosseur des cristaux de feldspath et de pyroxène constituants est très-variable: quelques variétés sont porphyroïdes. Dans l’île de Mull il y a des dolérites très-remarquablespar leur pâte verdâtre compacte, contenant de grands cristaux de pyroxène brun noirâtre ou jaunâtre et de feldspath vitreux. Les substances accidentelles sont les mêmes que celles
TERRAIN VOLCANIQUE. ia5
des basaltes : on peut leur ajouter les pyrites.
Les terres bolaires, distinctes par leur aspect terreux et leurs teintes rouges ou violacées, forment des lits assez irréguliers entre lescoulées basaltiques: ellesabondentdans les îles de Mull , d’Egg et de Sky, et représentent évidemment les restes décomposés des déjections qui on taccompagné les émissions de laves.
L’aspect de la formation basaltique en Écosse et en Irlande est le même qu’en France j mais on ne peut guère reconnaître les points d’émission et les détails géogéniques; car l’âge géognostique étant beaucoup plus ancien , les altérations érosives ont été beaucoup plus énergiques. Ces émissions ont en effet eu lieu parallèlement à une partie des dépôts tertiaires, etles restes des coulées qui constituent les îles isolées, annoncent que les modifications du sol ont été considérables. Le plus souvent les basaltes affectent la forme de terrasses, placées les unes au-dessus des autres, donnant ainsi l’idée des coulées superposées: ce sont les escarpements de ces terrasses qui présentent les colonnades basaltiques devenues si célèbres.
La constance des caractères delà formation basaltique dans toutes les contrées qu’elle constitue, nous dispense d’entrer dans déplus grands détails descriptifs, d’autant plus que nous aurons occasion de donner encore quelques détails surles basaltes des Canaries, etc-.
Dkj "7. ' -J
en revenant sur l’ensemble du terrain volcanique. Les contrées allemandes, situées entre le 5o.* et le 5 1. 'parallèle, la Hongrie, le Vicentin, la Toscane, etc...., présentent beaucoup de plateaux et de buttes basaltiques; mais ce sont toujours les mêmes roches, toujours les mêmes formes. Peut-être, lorsque les contrées basaltiques de l’Afrique, de l’Océanie, des côtes orientales de l’Asie, auront été explorées, pourra-t-on ajouter de nouveaux caractères à ceux que nous avons énoncés.
Quant aux contrées américaines, la formation basaltique, dit M. de Humboldt, est peu importante, comparativement à la formation tracbj tique, dans les Cordillères du Mexique, de la Nouvelle- Grenade, de Quito et du Pérou : elle se montre principalement sur les plateaux ou dans les vallées. Ainsi, ni le Cbiiuborazo, ni le Cotopaxi, ni l’Antisana, ni le Picbincha, ne présentent de véritables roches basaltiques, tandis que ces roches, caractérisées par l’olivine, séparées en belles colonnes de trois pieds de diamètre, se rencontrent sur le plateau de Quito, mais loin de ces volcans dans la vallée du Rio-Pisque. Près de Popayan, les basaltes ne recouvrent pas les dômes de Sotarà et de Puracè; ils sont isolés sur la rive occidentale du Cauca, dans les plainesde Juinmito. Au Mexique, la grande -formation basaltique du Valle de Santiago, entre Valladolid et Guanaxuato, est très-éloi-
gnée des masses trachytiques du Popocate- • petl et de l’Orizava. Tous ces basaltes, ajoute M. de Humboldt, reposent probablement aussi, à de grandes pTofondeurs, sur un sol tracbytique; mais leur séparation des montagnes tracbytiques est un fait remarquable.
Formation trachytique.
La nature feldspathique des tracbytes, leurC»rarti«s Tariété, leurs formes massives, les tufs et con- **“'”“* glomérats dont ils sont accompagnés, et avec lesquels ils alternent, donnent à cette formation un tout autre aspect qu’à la précédente.
£n outre, les roches tracbytiques alTectent généralement une tendance à s’agglomérer, pour constituer des groupes montagneux qui forment les parties les plus élevées des contrées où ils se trouvent; disposition qui contraste avec celle des basaltes que nous avons vus tendre au contraire à s’éparpiller et à se disséminer sur de grandes surfaces. 11 eu résulte un caractère de puissance et de continuité très- distinctif. L’antériorité des tracbytes auxbasaltes est démontrée par un grand nombre de superpositions dans les contrées qui renferment les deux formations; telles que la France centrale, le Siebengebirge, les Andes, etc Les exceptions ne sont que des faits
accidentels, résultant de la réapparition de
ia6 TERRAm volcanique.
«roches trachytiques après les premières émissions de basaltes. Quant à leur âge géognostique, relativement à la série sédimentaire,l’on a long- temps regardé les émissions trachy tiques comme toutes antérieures au terrain tertiaire, ainsi que cela a lieu dans la Hongrie; mais les trachy tes de la France centrale, qui recouvrent et ont souvent disloqué les calcaires et les marnes d’eau douce de la formation supérieure; ceux des monts Euganéens, qui ont traversé un calcaire grossier tertiaire, démontrent que, si les éruptions de cette formation ont commencé pendant la série des terrains secondaires, elles se sont prolongées pendant toute la période tertiaire.
Les roches d’agrégation prennent une grande importance dans cette formation, en vertu des érosions violentes et prolongées que les l'oches directement émises du sol ont eu à subir, et par suite de la nature de ces roches, qui sont généralement beaucoup moins résistantes que les laves basaltiques. Les plus anciens tufs et conglomérats alternent avec les trachytes successivement émis, tandis que les plus récents forment autour des centres d’émission uneceinture de plateaux et de collines avancées, qui annoncent long-temps d’avance à l’explorateur la présence des trachytes eu place.
Les divers modes d’éruption des laves tracby tiques, c’est-à-dire, des roches poussées au
dehors dans un état de fluidité igné plus ou moins grand, furent analogues à ceux que nous avons indiqués pour les basaltes anciens: ces laves furent injectées dans les failles et les fissures du sol, où elles se retrouvent sous forme de filons et arrivent à la surface; elles s’épanchèrent sous forme de larges nappes, et surtout, en vertu de la fluidité pâteuse assez ordinaire aux roches très-feldspathiques, elles s’accumulèrent au-dessus des orifices d’éruption, donnant naissance à des masses plus ou moins surbaissées, à des dômes, dont les filous semblent souvent les racines.
Les formes qui indiquent ces modes d’émission ne pourront guère être appréciées que dans les contrées où la formation est postérieure au terrain tertiaire. Dans les autres, les masses sont tellement dégradées, tellement noyées dans les tufs et les conglomérats, qu’on ne peut déterminer leurs contours. Nous entrerons donc en matière par la description des contrées européennes, où les émissions trachytlques sont les plus récentes. Les groupes de la Hongrie, si bien détaillés par M. Beudant, indiqueront comment la formation se lie au "terrain porphyrique; et nous terminerons par un aperçu rapide des caractères qu’elle présente dans la chaîne des Andes.
Le terrain trachy tique constitue dans la France ccn- France centrale les groupes ou accumulations des Monts-Dores et du Cantal, les dômes isolés
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des monf.3gnes Dotnitiques, et la chaîne orientale du Vêlay. Les groupes du Cantal et des Moiiis-Dores représentent le véritable terrain trachylique; car les moûts Domitiques et la chaîne du Vélay ne sont que le développement de deux espèces de roches particulières, les domiteset les phonolites. Ces deux groupes sont d’ailleurs indépendants parleur position, étanlséparés par unecontréegranitique;-mais ils sont rapprochés par leur composition et par la liaison des basaltes très-répandus autour d’eux. Le trachy te est la roche dominante; il l'orme la partie centrale, avec des tufs et des conglomérats encore plus développés, tandis que les pentes extérieures sont presque exclusivement composées de roches de transport, recouvertes par des laves basaltiques. Les phonolites se montrent aussi en quelques points, mais comme subordonnés aux trachytes; tandis que l’inverse a lieu dans la chaîne du Vélay. Cette chaîne n’a aucun rapport de forme ni de composition avec les deuxgroupes, dont elle est séparée par une distance considérable: son aspect hérissé et la répartition inégale et non continue des masses tracbytiques, contrastent avec leur puissance et leur continuité dans les groupes. On peut cependant leur appliquer ce principe commun , que hors des limites assez régulières, entre lesquelles eurent lieu les éruptions trachyliques, on ne trouve plus que des l’oches de
transport, qui appartiennentà cetteformation, c’est-à-dire, que toutes ces éruptions se rattachent à un système, et qu’il n’y en eut point d’isolées ni d’excentriques.
Il u’est aucune formation ignée qui renferme Co“>po»‘àoa autant de variétés de roches que la formation trachytlque, car, ahstraction faite de tout ce qui est roche d’agrégation, les trachytes, accompagnés de scories et de cendres, se présentent sous les aspects les plus divers. Eu ' effet, aux variations illimitées de texture et de couleur que peutoffrirla pàtecompacte, bulleuse, scorifiée, noire, rouge, blanche...., il faut ajouter celles qui peuvent résulter de la grandeur, du nombre des cristaux de feldspath, de leur état vitreux, fritté, lithoïde, de leur association avec d’autres substances disséminées. Les obsidiennes et les phonolites viennent encore augmenter la série des roches que l’on peut appeler les laves de la formation, bien que leurs formes massives aient souvent peu de rapport avec les formes de nappes et de coulées des laves modernes et basaltiques.
Les roches vitreuses n’occupent en 1 rance que des gisements très- circonscrits; mais les phonolites acquièrent un développement considérable et semblent par leur âge postérieur aux trachytes et leur concentration dans des gisements particuliers, tendre a s’isoler en une sous- formation distincte.
Les phonolites n’alternent point, en effet,
l5o J TERRAIN TOLCANIQIIE,
avec les trachytes : ils ne se rencontrent pas indilTéremment dans les diverses parties des groupes de montagnes, ainsi que cela devrait avoir lieu pour des roches qui ne sont que des modifications d’un même principe constituant. Ils composent seuls la chaîne du Vëlay sur une longueur de plus de cinquante kilomètres, et dans toutes les parties de cette chaîne ils sont antérieurs aux basaltes les plus anciçns, tandis que le peu d’érosions qu’ils ont subies (car il n’existe pas de conglomérats phonolitiques) les indique comme postérieurs aux Irachytes. Dans les Monts-Do res et les Monts- Cantal , ils sont concentrés dans des gisements particulierset postérieursauxbasaltes anciens; mais comme ilssont peu développés, et qu’ils ne paraissent point liés aux dernières éruptions trachytiques, on incline à les considérer dans ■ ces derniers gisements comme une alternance des deux formations; tandis que la chaîne du Vélay, où ils sont à la fois ti'ès-puissànts et intimement lies aux trachytes, représenterait préférablement leur véritable âge géognostique, en les indiquant comme un appendice à la formation trachy tique, et formant le passage à la formation basaltique.
Cette distinction géognostiqueestconfîrmée par la différence de composition qui existe entre les trachytes et les phonolites; différence indiquée par la constante solubilité de ceuxci dans les acides et confirmée par les ana-
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TEHRAIX VOLCANIQUE. l3Tl
Ijses de M.Gmelin, qui les regarde comme des mélanges de feldspath et d’une substance zéolithique. Du reste, il est peu douteux qu’il n’existe des différences minéralogiques analogues entre les trachytes et les obsidiennes, et même les domites; et ces diverses espèces de roches, bien que liées entre elles par des passages fréquents, sont toujours très- distinctes. Il n’en est pas de même des variations infinies dont chacune de ces espèces est susceptible : toutes les variétés sont tellement liées entre elles qu’on ne peut établir que des subdivisions relatives, en rattachant chaque variété à des types bien déterminés, (i)
(1) Dans ma Deacription des terrains volcaniques de la France cen<* traie ) j’ai subdivisé les roches trachy tiques de 1a manière suivante :
Tvcchyit à gras cristaux, l^s cristaux de feldspath \onX très-nom^ . hreux : leur grosseur varie de 0,01 h 0,03 de diamètre. I.^a pâte de ces trachytes est plus feldspathique que dans tout autre : elle est aussi iseios compacte, et les cristaux y sont rarement très -adhérents. Les trachytes du pic Sancy, de l’assise supérieure de la grande cascade aux Monts-Oores, des sommités du col de Cabre et du Puy-Mary, dans le Cantal, sont le type de cette variété.
Trachjlc porphyroïde. Les cristaux de feldspath n*ont que quelques millimètres : ils sont souvent mats, opaques et colorés; ils sont également répartis dans une pâte compacte, tenace, homogène, â laquelle ils adhèrent fortement. Le type de cette variété est parfaitement exprimé dans les trachytes rouges , â l’extrémité sud de la Crète de Ferval (CénUl), dans d'autres trachytes rougeâtres du Val d’Enfer, qui ressemblent beaucoup à des porphyres , et dans les trachytes bleuâtres de ' la Pradette (chaîne du Vélay).
Trackyte homogène. Contient peu ou point de cristaux de feldspath. La pâle est d’une teinte homogène , ordinairement compacte, et par cela même passe souvent au phonolite. Les trachytes noirs, passant au basalte , souvent prismatique, des Monts-Dores , se rapportent â ce type. jQI. Bertrand l'a placé dans le Vélay , â Freisselier. Le Cantal en olTre des
Les trachytes dans le Cantal et les Monts-, Dores sont constamment associés à des roches
fKcnip)e$ fréquents dan» ses 6lons , notamment dans le ravin du Plomb.
Trachyte schisiotde. Peu de cristaux de feldspath opaques et blancs. La roche est de couleur claire, blanche ou grise, remarquable par sa atrurture schisteuse. Sa cassure est, dans le sens des feuilles, unie et nacrée; dans Pautre elle est raboteuse. Ce type abonde dans la chaîne du Yélay , où il semble quelquefois un phonolite décomposé ; son gisement principal est à Saint>Pierre-£ynac. Il existe dans le Cantal, au Pas*de> Compain, dans les IVlonU-Dores,surUrouiede la Grande-Yallée àMu* rat*le-Quaire.
Trach^tf amphibolitjue. Parmi les substances disséminées, il n*y a que PampKîbole qui prenne assez dMmportance pour constituer une variété distincte ; mais il doit alors être très-abondant, et effacer tous les autres caractères. Les trachytes de Montusclat, dans le Vélay, forment le type de cette variété, qui n^existe réellement que U.
Trachyte dcmite. Aspect terreux , léger, de couleur claire, grise ou jaune, cristaux de feldspath petits et mal formés, souvent nuis, tendres, happant foriementà la langue. Le type constitue les montagnes •Domitiques, de nombreux filons dans le Cantal, aux environs des Chazes. . j
• . Tels sont leÿ caractères extérieurs et les plus saillants de six variétés de (rachyte, auxquelles on peut rapporter toutes celles de U France centrale , en donnant un peu d’extension k leurs caractères. Les
* variétés qui dépendent de la texture de la roche, trachytes compactes y bulleux, cellulaires àcavités déchiquetées, scorifiés; peuvent appartenir àchaque subdivision. Les deux autres espèces de roches-laves de la forma* tion trachytique, sont beaucoup moins compliquées. Les pbonolitea se réduisent ù deux variétés.
PhonoUte compacte. Peu fissuré, k cassure largement coachoïde et céroïde, danslesetis perpendiculaire aux tables, très-finement écailleux, pas de cristaux visibles, de couleur sombre. Le type de celte variété existe dans les filons des Boutières, à l’Ambre, etc., dans le Vélay; à Griounaux, dans le Cantal. * *
Phonolite feuiUelt ou iégulahe. Ce phonolite se divise en dalles et en feuillets. Sa cassure. est plate et unie dans un sens, céroïde dans l’autre ; il affecte des couleurs plus claires , souvent verdâtres. Celle variété comprend les phonoliles tigrés et mouchetés. Le type en est sur le pic du Mcienc, à Sairu-Pierre-£ynac , etc., à la Sanadoire et la Tuilicre , dans les Munls-Dores. ^
Obsidienne Dans le Cantal , ravin des Cardes, au-dessoua
TERRAI>' VOLCANIQCE. l55
d’agrégalion, dont la puissance est tellement supérieure qu’ils semblent souvent leur être
de Pradahaat , il y en a plusieura filons. Le verre en est Homogène , lom» brCy sans cristaux.
Obsidienne porphjroide. Aux Monts^Dores, sur la route de Murat, ces obsidiennes sont vertes et noires , peu vitreuses , empâtant des cris* taux de feldspath. La verte passe à 1a ponce. La variété noire passe en un pointau perlite par une cassure tesucée. Dans le Cantal, une obsidienne granulaire présente des caractères analogues.
Tufcincriie. Paraît résulter de cendres feldspatHiques, ordinairement agglutinées. Ces tufs sont de couleur claire , fins, homogènes, leur cas* sure est souvent conchoïde , et ils renferment des plaques de tuf plus grossier et comme inilliolité, ce qui provient probablement du tassement par les eaux des parties les moins fines. IL n’est pas toujours facile de distinguer ces tufs des tufsponceux fins) leur pesanteur spécifique plus considérable est le meilleur guide : il est d’ailleurs probable qu’ils se sont4puveiit mélangés. Le type de ces tufs est aux Monts>Oores dans la Grande* Vallée du coté du Capucin , et au ravin de la Craie.
Tuf poHceux. Cette dénomination convient spécialement aux tufs fins et homogènes, de couleur claire. Il ne faut pas les confondre avec les conglomérats ponceux, dont le gravier renfrriue des ponces broyées et entières. Ils ont beaucoup de rapportavec les tufs précédents, mais sont quelquefois tellement légers qu’ils se soutiennent sur l’eau lorsqu’ila dont bien secs (ravin des Egravats). Les tufs cellulaires, dont les cavités sont plus ou moius remplies de ponces décomposées, paraissent dues a leur association avec les tufs cinérites. Ils contiennent souvent des ponces plus ou moins intactes, du mica. Cet tufs abondent dans les MonU-Dores et le Cantal.
Brèche trachjrtitjue. Ces brèches sont homogènes ou hétérogènes. Les brèches homogènes sont composées de petits fragments trachy tiques de meme nature, ordinairement scori fiés à petits pores , accolés et agglutinés par un ciment peu abondant. Les brèches hétérogènes sont composées de fragments de diSorents trachytes souvent scorifiés , uiuis ordi* nairement noyés dans un cinieut très-abondant et plus ou moins grossier.
Enfin, les conglomérats , qui sont souvent ponceux. 11 n’y a dedescrip* tion possible que pour le gravier dans lequel les blocs, souvent énormes, sont englobés , et qui présentent fréquemment des ponces entièrès. Les conglomérats extérieurs contiennent des roches non volcaniques ; des basaltes y sont mêlés aux trachytes. Cet roches de transport, broyées, mélangées , n’ont dlntérèt que suivant lc9 localités où elles se trouvent*
lS4 TERRAIN VOLCANIQUE.
subordonnés. Cette supériorité des roclies d’agrégation serait fort embarrassante à expliquer, si toutes provenaient de détritus arrachés aux tracbytesj mais une grande partie doit ses matériaux à des éruptions directes de matières pulvérulentes ou plus ou moins scorifiées. Il ressort même de quelques observations, que la force volcanique aurait rejeté et entassé des blocs de tracbytes, de grosseur variable, sur certains points, où on les retrouve sans apparence de remaniement par les eaux. Ces produits de l’action volcanique immédiate se sont ensuite mêlés aux détritus de toute espèce. On les retrouve associés aux brèches, aux conglomérats hétérogènes; roches exclusivement de transport, qui contrastent avec celles qui résultent de déjections accumulées, que l’on peut regarder souvent comme en place.
La dénomination générale dérochés d’agré- , gation ne convient donc pas toujours à une classe composée de types si différents; mais comme ces roches ont ordinairement éprouvé l’action des eaux, qu’elles ont été modiûées , agrégées par des infiltrations postérieures, ou qu’elles ont été transportées; comme elles sont d’ailleurs réunies par le fait de l’association des roches de déjections avec les conglomérats hétérogènes de transport, cette dénomination est encore celle qui convient le mieux à l’ensemble de ces roches.'
TERRAIN VOIXAMQl'E. ^ l55
L’existence de ces diverses classes de roches d'agrégSiion prouve que les éruptions tracby* tiques ne se bornèrent pas à des émissions de laves, mais qu’elles furent accompagnées de déjections abondantes: fait d’autant plus évi> dent que la chaîne du Vélay, qui ne contient pas de roches scoriûées et dont l’émission ne futvraisemblablement accompagnée d’aucune déjection, ne présente pas de roches d’agrégation. Ces déjections sont les ponces si abondantes dans les tufs et les conglomérats, surtout aux Monts-Dores; ces tufs si fins, si homogènes, friables ou endurcis, et qui ne sont évidemment que des cendres feldspalhiques. Ce sont, enfin, ces agglomérations locales de trachytes, dont les blocs homogènes, libres ou cimentés, présentent souvent des scorifications extérieures, ou qui d’autres fois,' en petits fragments agglutinés, compactes ou finement scorifiés, appartiennent tous à la même espèce et forment des assises distinctes. Cette première classe de roches d’agrégation occupe la partie centrale; ils alternent avec les laves Iracbytiques, de même que les laves des volcans évidents alternent avec leurs déjections. Dans aucun cas leur disposition ne peut faire supposer qu’elles aient affecté la forme de cratères.
Avec cette première espèce de roche d’agrégation contraslentles entassements de blocs de toute dimension, de toute espèce, qui con-
.a 56 TERRAIN TOLCANIQÜE.
tiennent souvent des blocs basaltiques, libres ou plus ou moins cimentés par un gravier jvolcanique souvent ponceux. La position de ces roches de transport contraste de même que leur composition; car ils sont rejetés vers la zone extérieure, formentles dernières pentes, et se retrouvent dans des gisements tout-àfait excentriques, à des distances considérables du groupe dont ils ont étendu les limites et adouci les aspérités.
Dans leur position, relativement aux tracbytes, les roches d’agrégation de la partie centrale leur sont généi-alement intérieures, non-seulement en ce que les masses qui constituent les sommités sont composées de tra-cbytes, mais parce que le couronnement des plateauxsuperieurs est presque toujoursformé par des epancbements tracbytiqiies plus ou moins continus. Elles sc trouvent cependant quelquefois très-près des sommités et dans des positions où elles ne peuvent s’être formées, les roches dont elles se composent ne se retrouvant pas dans les points dominants. Ces perturbations apparaissent d’ailleurs avec évidence en plusieurs points par les bouleversements des couches, de telle sorte que les recherches sur l’action des eaux dans les groupes trachy tiques acquièrent une grande importance, non -seulement par la formation continue des tufs, brèches et conglomérats, mais par les modifications qu’elles apportèrent à
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la forme de ces groupes. Cette appréciation conduit en eflet à reconnaître quelle partout eue les soulèvements à la forme qu’ils présentent actuellement.
Les substances accidentelles, disséminées dans ces diverses roches, sont : l’amphibole, le pyro\ène, le mica, le fer titane, le 1er oligiste, le quartz (en noyaux dans certains trachytes du Cantal), le grenat, la mésotype, la néphéline,la chahasie, l’arragonite, la chaux carhonatée, etc
Le groupe du Cantal est un cône irrégulier, Carantre* surbaissé, évldé à son centre, dont la hase, à peu près circulaire, occupe une surface qui a plus de soixante-quinze kilomètres de diamètre. Le groupe trachytique proprement dit occupe la partie centrale et se compose de montagnes élevées, d’oùpartent descontreforts qui s’abaissent graduellement et se terminent par des plateaux plus ou moins inclh nés. La hauteur absolue des montagnes centrales varie en 1400 et 1871 mètres. Les trachytes, dont la puissance est de beaucoup in- • férieure à celle des roches d’agrégation, avec lesquelles ils alternent, se présentent sous forme de couches, dont quelques-unes sont assez continues pour qu’on puisse les suivre pendant six cents mètres et plus, en masses isolées et en (lions. A mesure que l’on s’éloigne du centre, ils deviennent moins puissants et les roches d’agrégation prennent un dévelop-
l58 TERRAI^ VOLCANTQÜE.
pement exclusif; mais leur nature se modide, et l’on voit succéder aux tufs d’apparence homogène, aux conglomérats fortement agglutinés, dans lesquels l’influence de l’action volcanique est souvent évidente, les roches toutà-fait hétérogènes, les conglomérats de blocs trachytiques et basaltiques, englobés dans un gravier souvent ponceux. Les phonolites constituent plusieurs pics qui surgissent au-dessus des conglomérats trachytiques dans la dépression centrale du groupe, et dont le principal est le Puy-Griou.
Le groupe des Monts- Dores est un cône moins vaste et moins régulier que celui du Cantal; il occupe un espace à peu près cir- , cnlaire d’environ vingt kil omè ti'es de diamètre. La masse trachytique qui constitue cette gibbosité montagneuse , est d’une épaisseur ^moyenne de quatre à cinq cents mètres; elle est superposée à un plateau primitif, dont la hauteur moyenne a été évaluée par Ramond à looo mètres : c’est un ensemble de plateaux diversement inclinés, sur lesquels s’élèvent des aspérités ordinairement formées par des trachy tes massifs, tandis que les vallées et les déchirures qui les sillonnent et les séparent, présentent des alternances de trachytes et roches d’agrégation. Les masses les plus élevées sont disposées de même qu’au Cantal, suivant une crête demi -circulaire, qui encaisse une dépression où commence la vallée des Bains.
Le pic Sancy, point culminant de cette crête, atteint une élévation de 1887 mètres; il paraît lui-même le centre d’un système de filons trèsnorabrëux et dont quelques-uns sont d’une puissance remarquable, tandis que les escarpements de la vallée présentent des alternances très- régulières de tracbytes et de roclies conglomérées. Les plateaux du centre sont recouverts par des nappes très-conlinnes de tracbytes, qui sont le plus bel exemple connu de véritable tracbyte en nappes ou coulées très-étendues.
Dans le Cantal, les assises alternantes de tracbytes et de roches conglomérées qui constituent la masse principale du groupe, sont sensiblement inclinées du centre à la circonférence, c’est-à-dire, suivant les pentes du cône. Dans les Monts-Dores, MM. Dulrénoy et Elle de Beaumont ont constaté trois centres de relèvement des couches; le premier est la crête qui domine la vallée des bains; • le second, vers les grandes masses tracby tiques du Puy de la Tache; le troisième est la dépression semi-circulaire dont les pics phonolitiques de la Sanadoire, de la Tuilièrc et de la Malviale occupent le centre.
Sur le même plateau que les Monts-Dores, à une distance d’environ douze kilomètres de ses dernières pentes, la formation trachy tique fut prolongée au nord et dans la direction déjà déterminée par la succession des deux .
J4o terrain volcanique.
groupes prccédenls,par des émissions de trachytes-domites. Cette espèce de roche constitue quatre dômes arrondis, qui sont le Puyde-Dôme, élevé de 14Ô8 mètres, le Sarcouy, le Clierzou, le petit Siichet et quelques autres lambeaux. ( Planches X et XI.)
Ce nouveau centre trachytique est remarquable non-seulement par l’émission exclusive de domites, mais surtout par la forme régulière et arrondie des masses constituantes. Ces formes existent bien dans les Monts-Dores, mais point avec cette pureté de contours qui est du plus haut Intérêt, parce qu’elle démontre l’indéjiendance des masses comme origine, chacune d’elles représentant un point d’émission distinct, et qu’elle indique aussi le mode de formation par accumulation de roche trèspâteuse au-dessus des orifices d’éruption. Le domite ii’est en effet qu’une variété de trachyte, qui constitue des filons et des masses assez puissantes dans le Cantal et les Monts- Do res. L’histoire de l’éruption de ces dômes est toute tracée par leur conservation parfaite. Sur une fissure, qui fut parla suite suivie par les volcans laviques, divers orifices d’éruption furent ouverts, et des trachytes d’une fluidité très-pâteuse, poussés de bas en haut, et même amenant des masses pulvérulentes, de même que certains basal tes ont amené des pozzolanes friables, s’amoncelèrent en dômes au-dessus de ces orifices, leur base prenant plus ou
TERRAIN VOLCANIQDE. l4l
moins d’extension. Il arriva même en un point que la tracliyte-domite eut assez de fluidité pour s’épancher sous forme de nappe, aipsi que cela eut lieu à l’ouest du Puy-Chopine. L’émission de Clierzou paraît'avoir été précédée de quelques phénomènes particuliers, comme un bouillonnement superficiel, indiqué par la présence de ponces et de scories domitiques, qui se trouvent à la partie supérieure. Il est à remarquer que lorsque l’action lavique vint à se manifester sur cette même fissure, la lave vint de préférence percer au pied de ces dômes’ et donna naissance à des volcansà cratères, accoléscômmelepetit Puyde-Dôme au grand Puy-de-Dôme, le petit Sarcouy au grand Sarcouy , le grand Suchet au petit Suchet.
La chaîne trachylique du Vélay forme la limite orientale de la vallée de la Haute- Loire : c’est une suite de pics et de plateaux indépendants, tantôt interrompue, tantôt présentant des renflements qui, dans les groupes du Mégal et du Mézenc, atteignent jusqu’à douze et quinze kilomètres de largeur; de telle sorte qu’on pourrait la considérer comme une série de centres d’action, placés sur vine même ligne, et rattachés les uns aux ‘autres par des masses isolées, qui suivent la même direction. C’est ainsi que les groupes du Cantal, des Monts-Dores et les monts Domiliqiies se succèdent sur une même ligue; mais ce rap-
l4a ‘ TERRAIN VOLCANIQUE,
procliement est le seul à faire entre ces deuif lignes trachytiqnes, dont la forme et la composition diffèrent complètement. Vue de la vallée, cette chaîne termine l’horizon par un long rideau bizarrement découpé : ce sont des pics aigus, de grosses montagnes arrondies ou terminées par des plateaux, escarpées sur toutes leurs faces, accumulées en plusieurs points, clair-semées dans d’autres. Les teintes sombresqui résultent de la nudité de ces montagnes, leurs formes hardies et variées à l’infini, donnentà celle contrée unephysionomie caractéi-istique. Si l’on pénétré dansl’intérieur, on est frappé de la non-continuité du terrain trachytique. Les centres d’éruption eux-mêmes ne sont composés que de masses isolées, toiit-à-fait indépendantes et séparées par des vallées granitiques ou basaltiques : ce sonltoujours des formes abruptes, des rocs décharnés surgissant au milieu des blocs entassés autour d’eux.
Le groupe principal est celui du Mézenc", qui forme la partie sud de la chaîne: c’est un système de pics et de plateaux qui s’élèvent graduellement jusqu’aux sommités centrales. Le point culminant, qui est en même temps celui de toute la chaîne, est formé par le pic duMczenc, à 1774 mètres au-dessus du niveau' de la mer. Ce groupe s’étend principalement vers le sud, et se termine parles montagnes du Béage et de la vallée de Saiate-Eulalie, où
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Ja Loire prend sa source. Le terrain hasal tique y est développé sur une grande échelle. Le groupe du Mégal succède à celui du Mézenc. Le terrain trachytique y est plus continu, plus puissant, et n’est pas associé au terrain basaltique. Le point culminant est Testevoire, à i44? mètres de hauteur. Ce groupe s’étend dans tous les sens par des pics excentriques très-éloignés. La chaîneseprolonge ensuite au nord par une série de grosses masses, dont les principales sont : Eymerau, Gerbizon, Miaune et la Magdeleine, jusque par-delà le défilé de Chamalières, par lequel la Loire s’échappe de la haute vallée. *
Les phonolites constituent la presque-totalité delà chaîne, etl’étudedes diverses masses qu’ils constituent, démontre que ces phonolites sortirent en un grand nombi'e de points, suivant une longue fissure, dirigée du iV.-N.-O.. au S. S.-E., et qu’au-dessus de ces orifices la lave prit des formes très- diverses, suivant sa plus ou moins grande fluidité , le plussouvent s’accumulant en dômes arrondis et en masses coniques; d’autres fois s’affaissant et formant des masses aplaties et très-épaisses; plus rarement, enfin, s’ épanchant sous forme de nappe. L’émission de ces phonolites ne fut accompagnée d’aucune déjection ; ce qui les distingue des éruptions trachytiques des groupes précédents et justifie l’absence totale des conglomérats, en tenant aussi compte de la dureté des -
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masses et de leur position sur une crête saillante. Postérieurement à ces éruptions feldspatliiqncs, les basaltes se firent jour en deux points de ia chaîne (le Mézenc et la partie nord du Mégal); ilssoulevèrentles phonolites, s’intercalèrent quelquefois entre eux, et s’épanchèrent à leur pied , en couvrant de leurs vastes nappes .les intervalles qui séparaient ces masses préexistantes.
Agfsi'ognos- Les alternances si fréquentes des trachytes «[r'fniins roches d’agrégation, leur stratification,
u-a tuiKiucs la conservation des dykes,des dômes, qui leur deUJraiice. guperposés, enfin la conséquence natnfelle des formes bien déterminées, qui est la facilité avec laquelle on se rend compte de l’origine des masses trachytiques, forment un ensemble de faits qui caractérisent parfaitement cette formation en France. L’existence de formes déterminées et leur conservation, contrastent avec tout ce qu’elles ont de vajgucf et d'incertain dans les autres contrées trachytiques du globe; elles annoncent une époque d’apparition plus récente, surtout si l’on considère que ces caractères, bien autrement purs et développés dans la formation basaltique, sont ici justifiés fiar de fréquents rapprochements de composition, et par des passages minéralogiques qui adoucissent tout ce qu’il y a de brusque- dans le passage des roches feldspathiques aux roches pyroxéniques.
. La supposition d’un âge récent est encore
motivée par l’association des roches trachytiques avec les basaltes, et par le développement très-étendu des roches phonoli tiques. La liaison entre ces trois périodes distinctes, les trachytes, les phonolites et les basaltes, est un fait qui sera bien constaté et qui exprime en résumé les caractères distinctifs précités.
Ces probabilités sur l’àge récent des trachytes de la France sont confirmées par l’observation. L’on doit à IMM. Lyel et Murchison un travail sur le Cantal, qui ne laisse rien à désirer sur cette matière. 11 résulte, en effet, non-seulement de nombreuses stratifications des roches trachytiques sur les couches tertiaires, mais des perturbations que leur émission a causées dans le système de ces couches; il résulte que l’apparition des trachytes dans le Cantal est postérieure aux derniers déjiüts tertiaires. Cette superposition est très- bien exprimée à Tbiezac, à Gy ou de Mamou, à la Vyssière. En d’autres points, notamment a Boudiou et de Polminhac à Aurillac, les couches tertiaires sont bouleversées, fracturées, et l’on en retrouve des blocs énormes, englobés dans les roches trachytiques.
Comme II n’existe pas de faits qui puissent porter à regarderies Monts-Dores et la cliaiue du Vélay comme antérieurs au Cantal , ou peut donc regarder la question comme résolue pour tout le terrain trachytique de la France; mais on trouve aussi dans ces deux 5. • lo
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centres des faits qui leur .assignent le même âge géognostique. En effet, à l’est de Saint- Pierre- Eynac en Vélay les lambeaux d’une coulée phonolitique reposent sur les marnes tertiaires; et bien que le groupe des Monts- Dores, superposé au granité, n’atteigne pas le terrain tertiaire, on trouvera des arguments sinon dans le groupe lui-même, du moins dans cette observation applicable au Vélay, qu’il y a absence complète de tout débris volcanique dans les roches d’agrégation tertiaire.
L’âge relatif de ces trois grands centres trachytiques ne peut être établi d’une manière absolue, car la période de leur développement fut si courte qu’on ne peut saisir de distinction certaine: mais comme il n’est pas probable que trois centres d’éruptions si considérables aient été tout-à-faitcontemporains, du moins pendant la grande intensité de leurs éruptions, on peut se laisser guider dans l’appréciation de cet âge relatif par quelques faits qui ne sont pas sans importance. Ainsi, relativement au Cantal et aux Mouts-Dores, qui sont réunis par leurs rapports de forme et de composition, on remarque que dans les Monts- Do res les trachytes affectent des formes bien 2>lus caractérisées et bien mieux conservées; les coulées y sont plus évidentes; et leurs formes souvent basaltiques présentent, de même que les roches, plus de passages aux basaltes. Ces trachytes sont essentiel iemeut modernes.
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Ceux du Cantal, au contraire, ont des formes bien moins déterminées. Les basaltes forment une zone puissante autour de ce groupe ; mais il existe entre leurs roches et les trachy tes trèspeu de rapports minéralogiques.
Ces observations ne conduisent-elles pas à penser que les grandes éruptions de ces deux centres ont eu une influence mutuelle, de même que eertains volcans brûlants voisins, et que la lacune qui s’annonce en ire les éruptions basaltiques et tracbytiques du Cantal est remplie par l’émission des Monts-Dores. Quoi qu’il en soit, un fait moins hypothétique est que la chaîne du Vélay est postérieure à ces dei^ groupes : ceci est appuyé non-seulement sur ce que la période phonolitique à laquelle elle appartient, peut être regardée comme postérieure à la période trachy tique proprement dite, maisaussi sur la liaison intime et unique de ce terx’ain phonolitique avec les basaltes, développés sur une plus grande échelle et vers le centre même des masses.
Le Sieheugehirge est un groupe de monta- Siebeojegnes trachy tiques, situé sur les bords du llbin,‘‘"®*à deux lieues environ au-dessus de Bonn.
Cest un amas irrégulier de montagnes ariondies, peu variées de forme et de hauteur, et parmi lesquelles on distingue principalement sept sommets; ce qui lui a fait donner le nom de Siehengebirge. Le Dracbenfels est la montagne la plus apparente, bien qu’elle ne soit
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pas la plus élevée; elle domine le Rhin par un vasie escarpement, dont le pie<l est exploité, et se compose de trachyte blanc, caractérisé par un grand nombre de gros cristaux de feldspath vitreux. Des conglomérats, . souvent décomposés, couvrent les pentes douces du Drachenfels. Les alluvions du Rbin< qui s’élèvent aussi sur ses flancs à une assez '4 grande hauteur, ont empêché M. Reynaud de
reconnaître les rapports du conglomérat avec quelques lambeaux tertiaires qui sont dans le fond de la vallée. Près du Drachenfels s’élève le Wolkenburg, composé de trachyte grisâtre •#u rougeâtre, très-amphibolique. Les deux trachyles se touchent, et le passage de l’un à l’autre a lieu dans un espace très-court; le Stenzenherg, composé d’un trachyte brun encore plus amphibolique que le précédent»
donne lieu à de très- belles exploitations; M. Reynaud aremarqué au milieu de la masse, de puissantes colonnes verticales, qu’on ne saurait, dit-il, mieux comparer qu’à des troncs d’arbres, et qui se délitent en feuillets minces et contournés comme une véritable écorce.
Les autres montagnes sont composées de tracbytes analogues aux précédents. Les conglomérats occupent le fond des vallées et s’élèvent à des hauteurs plus ou moins grandes sur les flancs de chaque masse. Généralement, dans les conglomérats qui sont au pied d’une montagne» ce sont toujours les
trachyfes constituants de cette montagne qui dominent, et comme chacune d’elles est formée d’un trachy teparticulier, cetleprédominance est très- remarquable. La colline dite l’OfenluIer-Berg est composée d’un tuf blanc, léger, très-fin et presque homogène. Ce tuf est traversé par des filons de trachytes qui le sillonnent dans tous les sens et qui augmentent à mesure que l’on approche de la masse trachytique sur laquelle il repose.
Il existe des couches tertiaires dans la vallée de Niedermiïhle, etM. Reynauda reconnu que les conglomérats s’avançaient en recouvrement au-dessus d’elles. D’un autre côté les conglomérats schisteux présentent en plusieurs points des empreintes des mêmes dicotylédones qui abondent dans les couches de molasse voisines. Dès-lors il est probable , dit- il, que les couches tertiaires se sont déposées après le soulèvement du trachyte, et que les causes qui stratifiaient ces couches agissaient en même temps sur les conglomérats des bords du bassin.
Lesbasaltes recouvrent en un grand nombre de points du Siebengebirge les trachytes et les conglomérats trachy tiquesj mais il y a peu de liaison entre les deux formations. En Hongrie il n’y a pas même cette liaison de voisinage, et M. Beudant dit qu’il y a en quelque sorte répulsion, antipathie entre les trachytes et les basaltes; tandis qu’il y a au contraire liaison
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avec les roches du terrain porphyrique; telles que lesgrïinslein elles porphyres métallifères. C’est M. Beudant qui a, le premier, déterminé les caractères de la l’ormatiou trachylique d’apn's ses recherches en Hongrie; aussi cette contrée est-elle devenue, classique.
Hongrie. La formation trachylique constitue en Hongrie cinq groupes principaux , s’élevant la plupart sur le bord septentrional de la grande plaine, comme autant d’îles particulières, qui n’ont entre elles aucun rapport visible. Ces groupes sont composés de monlagues coniques ou arrondies, entassées les unes sur les autres, qui, à partir des sommets les plus élevés, s’abaissent progressivement vers les plaines, où elles se terminent par des collines plus ou moins alongées et composées de débris. Il existe dans différentes parties, des sommets en forme de plateaux, escarpés à pic, et qui présentent des assises horizontales plus ou moins distinctes; mais nulle part on ne volt de lambeaux isolés qui se correspondent, et qu’on puisse regarder comme les restes d’une couche morcelée. Nulle part il n’y a de vestiges de cratères. On peut distinguer çà et là dans les coupes du terrain des lignes de stratiGcation, la plupart horizontales et peu inclinées; mais ces lignes, peucontinues,nese prolongentpas régulièrement dans les mêmes masses, et les différentes roches que l’on rencontre ne forment pas de couches superposées les unes aux
autres. Chacune forme plutôt une montagne ou une masse particulière, qui parait indépendante de celle qui l’avoisine.
La composition minérale est à peu près la même dans les cinq groupes, et il n’y a généralement de différence que dans le plus ou moins d’extension des diverses espèces de roches, et dans quelques modiûcations particulières que chacune d’elles est susceptible de présenter. Les roches principales sont : i.° des trachytes; 2.° des porphyres à base de feldspath compacte, désignés sous le nom de porphyres trachytiques; 3.“ des roches vitreuses ou vitro-lithoïdes, qui sont toutes des variétés de perlites; 4-° t^es porphyres argileux plus ou moins siliceux, toujours très-celluleux, désignés sous le nom de porphyres molaires; 5.“ des roches d’agrégation.
Ces roches, considérées en petit, présentent presque toutes une structure porphyroïde, c’est-à-dire, qu’elles renferment des cristaux de feldspath plus ou moins distincts, ordinairement vitreux, et diverses substances cristallines, disséminées dans une pâte : elles sont tantôt compactes, tantôt criblées de cavités qui , par leur grandeur et leur forme , donnent à la masse des apparences très-variées. Tantôt ce sont des cavités irrégulières, k parois angulaires ou mamelonnées; tantôt des cellules arrondies, à parois lisses; ailleurs des cavités alongées, déchiquetées, tordues, qui donnent
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l5a TERRAIN VOLCANIQUE.
aux roches une apparence scoriacée; d’autres fois, enfin , ce sont des pores très-petits et trèsnombreux, ou des cellules très-étroites et Irèsalongées, toutesparallèlesles unes aux autres, qui déterminent plus ou moins cette rigidité, cette légèreté qui caractérise les roches ponceuses. La structure celluleuse, scoriacée , appartient de préférence aux trachytes, la structure ponceuse aux perlites, et la structure cariée aux porphyres trachytiques etaux porphyres molaires. La pâte ne varie pas moins dans ses caractères que les roches dans leur structure.
Dans les trachytes , si la pâte feldspathique est pure, elle présente une cassure cireuse; dans quelques cas elle est semi-vitreuse. Les couleurs sont généralement sombres, et souvent la pâte est mélangée de particules fines, disséminées, les unes noires, les autres vertes, qui donnent à la masse l’une ou l’autre couleur; d’autres fois c’est l’oxide de fer qui intervient comme principe colorant. Dans les perlites , la pâte vitreuse passe par toutes les nuances possibles à l’état vitro-lithoïde ou toutà-fait pierreux. Quelquefois ce sont des globules de véritable feldspath compacte ou strié du centre à la circonférence. Ailleurs toute la masse est lithoïde et se présente soit à l’état de feldspath céroïde, soit à un état analogue à celui des . terres cuites. Dans les porphyres trachytiques , la base feldspathique est géné-
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râlement assez pure, de couleur claire, rougeâtre ou brunâtre, tantôt d’un éclat émaillé , tantôt d’un éclat gras et souvent tout- à- fait matte. La cassure est généralement à larges écailles. S’il s’introduit dans la pâte quelque mélange, c’est la matière siliceuse qui la rend plus ou moins infusible et lui donne l’apparence du silex terne ou corné. Dans les porphyres molaires, la pâte terne, à cassure terreuse, paraît fortement mélangée de silice, qui s’y présente à l’état de jaspe ou de silex corné. Souvent la masse se trouve entièrement composée de globules blanchâtres de feldspath strié du centre à la circonférence, qui rappellent ceux que l’on observe dans les roches précédentes, et qui, malgré l’extrême différence des autres caractères (i), établissent encore avec elles quelques rapports minéralogiques.
Les substances cristallines, disséminées dans ces diverses pâtes, sont: le mica noir brillant: le feldspath, le plus souvent vitreux ou fendillé, quelquefois simplement lamelleux, plus rarement compacte ; ses cristaux sont trèsnets dans les trachjtes, petits et mal terminés dans les autres roches : \' amphibole , très-abon-
(l) Une roche volcanique lilicease est sans doute un fait surprenant; usais tout porte à croire que cette prédominance des principes siliceux résulte (le la décomposition des silicates préexistants. I^a texture cariée 4es porphyres molaires vient à l’appui de cette assertion.
l54 TERRAIN TOLCANIQUE,
dant dans certains Irachytes: le pjroxène, qui est plus rare et ne se présente pas avec l’amphibole; il est tantôt noir, tantôt verdâtre et translucide; le <jru«rfz, qui se trouve en cristaux distincts et souvent très-nombreux dans les porphyres tracby tiques et molaires: le fer ti~ tané, plus où moins fréquent dans les tracbytes : enfin, la calcédoine, le jaspe et Xopale, qui se trouvent en petites géodes ou en veines.
Ces différentes roches de la formation trachytique conservent dans les divers groupes un certain ordre constant et régulier, et M. Beudant a reconnu que les montagnes d’un mémegenresont toujours disposéesdela même manière, relativement à celles d’un genre différent.
Le trachy te occupe généralement le centre des groupes et constitue les masses les plus considérables comme les plus élevées. Le porphyre trachy tique compose des montagnes plus basses et toujours en avant des premières. Plus loin se trouvent les montagnes de perlites, et, enfin, viennent les porphyres molaires, qui composent les dernières masses solides et se trouvent placées en avant de toutes le*s autres. Il n’y a que les conglomérats qui leur succèdent et s’avancent dans les plaines à des distances plus ou moins grandes. 11 est difficile de déterminer l’âge relatif de ces diverses masses. Cependant cette succession géographique semble’ indiquer une succession géo-
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gnostique, desorle qu’il y aurait eu diflférentes époques de formation, dont la plus ancienne serait le trachyte, et la plus nouvelle, le porphyre molaire.
Ces différentes masses partielles de roches, distinctes les unes des autres au moins par leurs positions respectives dans chacun des groupes, si ce n’est par leur âge relatif, présentent chacune un ensemble de caractères assez frappants. La inasse des trachytes offre un grand nombre de roches scorifiées, la plupart de couleur sombre; on y trouve de l’amphibole, dupyroxène,dufer titané, tandis que le quartz y manque totalement. La masse des porphyres trachytlques se distingue par l’abondance et. la pureté du feldspath compac te, par les couleurs claires des produits, l’absence des véritables scories et la présence du quartz en nombreux cristaux et de la calcédoine. La masse desperlltes est suffisamment caractérisée par l’abondance des roches vitreuses, par les produits vitro-litboïdes, la présence des ponces, des scories vitreuses et par l’absence desscories pierreuses. Enlin, la masse des porphyres molaires est parfaitement distincte de toutes les autres par l’aspect terne et grossier de tousses produits, par leur analogie avec certains porphyres des terrains secondaires, par l’abondance des cristaux de quartz, par les veines et les nids de jaspe et même le silex terne.
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l56 TERRAIN VOLCANIQUE.
Les conglomérats trachytiques qui recouvrent les masses précitées, sont de diverses sortes et se distinguent à la fois les uns des autres par la nature des débris qu’ils renferment et par leur position. Il y en a qui sont composés de débris de trachyte proprement dit, d’autres proviennent des masses de perlites, et, enfin, le plus petit nombre se rattache aux masses de porphyre trachy tique et à celles de porphyre molaire. En général, les diverses espèces de roches ne sont pas plus mélangées dans les conglomérats que dans les groupes montagneux, où ils sont en place.
Quant à leurs positions respectives, les conglomérats, formés de gros blocs de trachyte de diverses variétés, sont très-rapprochés des montagnes d’où ces débris ont pu être détachés, et s’élèvent encore à une grande hauteur. Ceux qui sont composés de matières scorifiées, sont déjà plus éloignés et ne forment que des collines au pied des groupes trachytiques; enfin, les conglomérats ponc'eux sont tout- à-fait rejetés loin des montagnes, et ^ trouvent souvent dans les plaines, à de tr^grandes distances. La même remarque s’applique aux conglomérats qui entourent les masses de perlites, de porphyres trachytiques et de porphyres molaires. Les conglomérats à grains fins renferment souvent des débris organiques; ce sont des bois passés à l’état siliceux, des impressions de plantes, analogues
Ce
TERRAIN TOLCANIQÜE.
iSy
à des tiges de roseaux, enfla des coquilles marines de dilFérents genres et semblables à celles qu’on trouve dans des calcaires grossiers, analogues à ceux des environs de Paris, qui existent aux environs de Pesth et ailleurs.
Parmi les nombreuses variétés de roches recomposées aux dépens des matières ponceuses, la plus remarquable est la roche alunifère. Cette roche fait partie essentielle des masses porphyriques qui reposent sur les conglomérats ponceux et proviennent de leur décomposition ; elle doit la propriété de donner de l’alun, après la calcination, à une substance particulière, désignée sous lenom d’alunite, qui tapisse tantôt les cavités de la roche, tan tôt se trouve intimement mélangée à sa pâte. Ces roches sont exploitées à Parad, dans les montagnes de Beregh et de Tokaj : elles ne sont pas particulières à la Hongrie; car il existe des roches alunifères tout-à-fait analogues dans les Monts- Dores et dans les Etals romains (contrée de Tolfa). Les variétés les plus riches en alunite forment des masses plus ou moins considérables, qui se trouvent au milieu des roches pauvres et stériles auxquelles elles passent insensiblement; elles sont accompagnées de pyrites, de soufre — , et l’aspect siliceux que prend souvent la roche conduit à penser que l’alunite résulte de l’influence sulfureuse qui a décomposé les silicates feldspath! ques.
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Les opales et jaspes- opales apparlienneat aussi aux conglomérats trachytiques, où ils se trouvent en veines et en rognons, et où ils paraissent s’être formés sous des influences encore agissantes. Les opales sont infiniment moins abondantes dans les roches tracbytiques en place, elles ne se trouvent que dans le perlite, et jamais dansle tracbyte proprement dit. Dans les porphyres trachytiques ou molaires, si les matières siliceuses viennent à s’isoler, c’est toujours à l’état de calcédoine ou de silex terne. L’exploitation la plus considérable des opales a lieu à Tschervenitza, a environ deux milles de Kaschau ; on y trouve l’opale opaque, laiteuse, l’opale de feu, l’opale limpide, conciélionnée, et l’opale irisée, qui est le principal objet des recherches. La plus grande qui ait jamais été trouvée, pèse dixsept onces.
Quant à la position géognostique de la formation trachytique de la Hongrie, relativement aux autres roches ignées et à la série sédimentaire, les masses principales reposent généralement sur le terrain de syénite et deh porphyre. Les conglomérats recouvrent les grauwackes schisteuses, sur le calcaire de transition, et enfin sur le calcaire magnésifère, qui appartient au terrain jurassique. Ces mêmes conglomérats sont recouverts par la molasse ou grès à lignites, et par des sables coquilliers qui se rapportent au calcaire grossier parisien.
TERRAIN VOLCANIQUE. l5g
Les masses trachy tiques des monts Euganéens, de la Toscane méridionale, de l’Andalousie, etc.... , ne présentent que des faits analogues à ceux que nous venons d’énoncer; à peine si quelques roches particulières donnent à ces contrées d’autres caractères de composition.
La formation trachytique Constitue une partie des îles de la Grèce. Le groupe de Santorin, les rochers de Christiana, Milo , et probablement Ântimilo, l’Argentière et Polino , Polycandros, les écueils de Kténia , des Anuades : de Phalkonéra, la petite île de Kaymméni, Poros, Égine et Méthana dans le golfe d’Athènes : enfin l’île de Skyros, et probablement celle de Négrepont, ont été signalés par MM. Virlet et Boblaye comme apparte-, nant à la formation trachytique. La presqu’île de Méthana est le seul point de la Morée où se montrent les trachytes que l’on retrouve dans les îles deThrace (Imbros, Samothraki, Leiunos, Ténédos), à Smyrne, à Pergame, dans la Troade, où ils constituent une chaîne de montagnes à l’est d’Eski-Slamboul, et sur les deux rives du Bosphore de Thrace, vers son embouchure dans la merlVoire, où elles constituent les îles Cyanées.
A Egine, Méthana, Milo, etc...., les trachytes sont recouverts par la formation subapennine; maisM.Virleta reconnu qu’ilsavaient continué à s’élever pendant les dislocations
Grèce.
l6o TERRAIN VOLCANIQUE.
postérieures. Ainsi, à Egine, ils ont relevé les argiles bleues de la partie inférieure de la formation subapennine, avant le dépôt sablonneux coquillier qui a succédé; tandis qu’à , Métbana et Poros ce dépôt sableux et les cal-
caires supérieurs ont été relevés et disloqués.
Amérique. Les tracliyles qui forment une bande peu continue, mais souvent très-développée, sur la crête de la chaîne des Andes, pai-aissent constituer la formation la plus complète qui soit connue. Nous avons dit, en parlant des grands volcans américains, que celte bande tracliytlque avait été probablement modifiée dans sa forme par l’action lavique, et cette circonstance, jointe au peu de détails géognostiques que nous possédons, empêche que * * nous puissions assimiler, sous le rapport des
modes d’éruption, les trachytes américains à ceux de la France centrale. Comme il est peu de ces dômes soulevés à travers les trachytes, de ces cloches percées à leur sommet et qui sont aujourd’hui les points de déchargement de l’action expansive, qui aient fourni des P laves, les trachytes sont presque partout à
découvert, et il n’y a, dit M. de Humboldt, ‘ que les conglomérats trachyliques et quelques
formations problématiques argileuses, qui les cachent à l’examen des géologues.
^ Chaque dôme trachytique présente des ro-
ches dilférentes, suivant que l’un des éléments prédomine dans le tissu cristallin. Le mica
Digitizesi.; Lj
TERRAIN VOLCANIQUE. l6l
.noir est assez caractéristique des trachyles du Cotopaxi, parce qu’il est rare dans les autres masses. L’amphibole domine dans les tracliytes, souvent noirs, du Pichincha et d’Antisana, et dans ceux de l’ancien volcan de Jana-Urcu: c’est le pyroxène dans la région inférieure et moyenne du Cbimborazo. Lefeldspatblitboïde et laiteux abonde dans les trachy tes blancs du Cerro de San ta- Polonia, et l’on trouve du feldspath litboïde et vitreux dans les trachyles du Cbimborazo, dans certaines variétés noires et vitreuses de Jana-Urcu.
Du reste, l’ensemble minéralogique de la formation est le même que dans les contrées précédemment décrites : ce sont les mêmes roches, lesmêmes substances disséminées. L’on n’y a trouvé jusqu’ici aucun exemple de Iracbyte péridotique, et le quartz n’est que toutà-fait accidentel.
Néanmoins le quartz est plus abondant que dans la France. En effet, dit M. de Humboldt, les trachyles des Cordillères, considérés sous un point de vue général, apparaissent sans <loute dépourvus de quartz en cristaux et en noyaux; mais il existe à cette loi des exceptions frappantes. Ainsi, la masse du Cbimborazo, formée par un trachy te semi- vitreux, vert-brunâtre, dépourvu d’ampbiliole, abondant en pyroxène, très- compacte, tabulaire ou divisé en colonnes prismatiques, minces et irrégulières, cette masse renferme, comme