‹ Traite de geognosie, ou expose des connaissances actuelles sur la constitution physique et minerale du globe terrestre. Par J.F. D'Aubuisson de Voisins ... Tome premier 3 Tome 3Chapitre 30 sur 38 · ETC DES · texte numérisé non relu

ETC DES

uns aux autres, en cherchant si des exemples d’un contact immédiat ne nous fourniraient pas des preuves plus palpables d’une corrélation intime que celles qui résultent d’une dissémination simultanée dans une même contrée.

Les premiers faits que nous pûmes réunir, à cet égard, furent naturellement ceux qui se trouvent consignés dans la plupart des écrits sur les Hluns. Us y sont cités comme exemples de circonstances anomales, comme de simples exceptions à la règle générale, qui fait envisager les filons comme des fentes qui traversent les roches stratifiées en les croisant dans des directions differentes des lignes de stratification, sans que, du reste, on ait paru y attacher d’autre importance.

Ainsi, AV'^erner cite brièvement les filons de riatten en Bohème et celui de fer oxidé brun et rouge de Bolhemberg, près de SchwartzenbergenSaxe, comme étant situés entrelegneiss et le granité, et il observe de plus qu’une partie de celui-ci pénètre dans cette dernière roche, It parle encore des roches porpbyrlques altérées du Griuul, entre Freiberg et Dresde, qui sont adjacentes à des filons de galène; mais c’est dans le seul but de citer des exemples de la décomposition des roches siliceuses au voisinage des liions.

D’autres géologues observèrent qu’à Johann-Gcorgeuslailt les filons d’étain coupent

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ceux (le granité, tandis que les filons de fer se trouvent toujours à la jonction de cette dernière roche avec le gneiss.

^ On connaissait d'ailleurs l’exemple du filon de Lacroix-aux-Mines dans les Vosges, cjui "l^ourt parallèlement à la ligne de jonction du gneiss et d’un granité porpliyroïde, passant à la syénite et au porphyre; mais ce n’était pas sur cette circonstance essentielle que l’on attirait l’attention; c’était tout simplement sur sa grande puissance et sur l’étendue de i5oo mètres sur lesquelles il était connu.

" On savait encore que les principaux filons de Vialas et Villefort se trouv^|^lacés à la jonction du granité et du micaschiste, que d’ailleurs leur allure était très- irrégulière et le minéral très- disséminé. Duhamel indique aussi le filon de Jlu^lgoèt en Bretagne comme adossé au granité. Dolomieu décrit le gîte de Romanèche comme ne constituant ni une couche ni un filon, mais une sorte d’amas en forme de bande, qui repose immédiatement sur le granité, sur la surface irrégulière duquel il a dû se modeler en s’y étendant.

Enfin, M. Balllet a fait connaître dans lé Journal des Mines, n.^xix, le filon de fer de Laferrlère, près de Domfront en IN’ormandie, qui, d’après sa description, est couché sur le flanc d’une cornéenne et se trouve rècoji^ vert par une roche schisteuse. Ce (|n!il o^ie encore de remarquable, côést qu’il r en

1ht’ DES

da.init sa puissance d’environ 8 à lo pieds, trois zones contiguës, mais nettement distinguées par leur couleur, la plus voisine du mur étant rouge, celle du milieu brune, et celle qui ’ louche au toit, noire ; circonstances qu’il serait important a examiner de nouveau pour déterminer au juste quels sont les divers étals du fer dans chacune de ces bandes.

Plus récemment, en 1822, M. Élie de Beaumont nonsa donné une description des mines de Framont, dans laquelle il a été conduit à des remarques importantes, sur lesquelles nous reviendrons plus tard; mais le faitspécial delà conm^on des filons avec les roches non stratifiées d^a localité ne pouvait pas encore fixer son attention ; car alors la distinction de ces roches n’était pas encore faite en France; celle-ci n’ajaot été formuléepeltement qu’en 1828 par M. Vültz, dans son Aperçu de topographie minéralogique de l’xAlsace.

A peu près à l’époque à laquelle M. Élie de Beaumont faisait ses premières observations, nous eûmes occasion de notre côté • ‘d’observer aux environs de Colmar et dè^ SéleStat, entre le granité porphjroïde et les oulllhes jurassiques, un filon luélallifère qui II- s’étend depuis Ürschvviller jusque vers Rihtauvillé, sur la lisière orientale des Vosges; mais le mémoire dans lequel ce fait a été cbiisigj^, qui renfermait encore entre autres

ÿ?reçs^laits non çonuus sur l’exlslence d’un

groupe de molasse tertiaire et de nagelflue dans ces mêmes environs, n’a pas été publié.

M. Vollz a généralisé nos observations en démontrant dans son ouvrage cité précédemment, que ce filon était identique avec celui de Badenweiler, situé deraulre côté du Rhin, tant sous le rapport de sa position, que sous celui de sa composition. En effet, l’un etl’autre se trouvent à la limite du granité, et renferment de la chaux fluatée cubique, de la baryte sulfatée, de la chaux carbonatée, de la galène, etc., contenus dans un quartz néopètre caverneux.

M.Voltznousa encoi’e communiqué depuis à ce sujet de nouvelles observations du plus haut intérêt. II envisage ce filou comme étant un des bancs du muscbelkalk qui aurait été sillcifié. En effet, on y trouve une variété de silex qui renferme des entroques et des cncriniles üUifornüs, qui ont éprouvé la même action chimique : modification semblable ii celle que nous avons déjà mentionnée plusieurs fois, et nous ajoutei’ons, comme venant à l’appui des actions chimiques qui se manifestèrent de ce côté, l’association du filon avec les marnes irisées du keuper, qui le recou vi’ent immédiatement sur une certaine hauteur, ainsi qu’on peut le voir dans les dénudations qui se trouvent derrière Oberbergheim.

En 1825, M. de Bonnard fît faire un nou-

ÉTUDES

A'cau pas marquant à la question, en signalant dans une notice spéciale, une nouvelle formation métallifère, qu’il venait d’observer dans l’ouest de la France.

Elle se compose principalement de galène argentifère, de blende et de pyrites ferrugineuses, quelquefois de plomb carbonaté et de calamine, accompagnés de spath pesant ou de spath fluor, de quartz et de calcaire, et elle se présente, soit disséminée en amas et en veinules dans des couches calcaires ou siliceuses, immédiatement superposées au sol granitique dans toute cette contrée, soit en rognons épars dans un terrain argileux, qui parait aussi recouvrir à peu près immédiatement le terrain granitique, et elle pénètre enfin en filons dans le granité même. Ces faits sont très- développés à Confolens, près de Limoges, à Non tron, à Melle; mais il les considéra principalement sous le rapport de leur liaison avec le phénomène des arkoses; cependant on peut les envisager aussi comme un accident particulier des filons, auxquels ils se lient d’ailleurs par les rameaux qu’ils jettent verticalement dans le sol.

MM. Elie de beaumont et Dufrénoy observèrent ensuite en Angleterre, que l’intérieur des masses de granité et de killas renferme peu de minérais, mais qu’ils sont principalement distribués sur la limite de ces deux roches, et surtout dans les parties qui, par leur

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modificatioD , annoncent le voisinage de masses d’autre nature.

Les minerais s’y trouvent ainsi en veinules, en amas, en couches subordonnées peu étendues, en petits filons et même en véritables filous. Ces dépôts sont surtout remplis par des quartz, des tourmalines, du wolfram, de l’étain oxidé, des topazes, de la chaux phosphatée, du feldspath, du mica, delà chlorite, de l’actinote, du grenat, de l’axinite, de l’asheste et d’autres substances qui sont généralement rares dans les autres parties de ces terrains; mais qui se retrouvent pour la plupart dans les filons ordinaires du reste de la contrée.

Depuis, nos connaissances, sous ce rapport, ont été augmentées par une nouvelle description soignée des gîtes de manganèse de la Romanèche, que nous devons encore à M. de bonnard, et par un travail non moins remarquable de M. Dufrénoy sur le gisement des mines de fer de Rancié et des Pyrénées.

De plus, M. Elie de Beaumont, dans sa Description des montagnes de l’Oisans, cito encore la circonstance essentielle qui s’observe dans les environs de Champoléon. L’intervalle entre les roches secondaires et granitiques y est toujours métallifère, quelle que soit d'aiileursl’inclinaisondessurfacesde contact, et elles renferment en nids et en petits filons, de la galène, de la blende, des pyrites de fer et de cuivre, de la baryte sulfatée, de

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DSo

la chaux cai-houalée ferro-manganésifére,etc. a D’après la manière, dil-il, dont ces substances sont disposées, il paraît qu’elles se sont insinuées dans une solution de continuité qui aurait existé entre le granité et les roches stratiformes, et sont venues en souder ensemble les deux parois, ainsi que celles de toutes les fentes qui y aboutissaient.”

Enfin, nous avons déjà insisté dans les chapitres précédents sur les relations de contact qui existent entre les roches porphyriques, basaltiques, et les filons argentifères de Joachimslhal en Bohème, et le passage des vrais filons-fentes de Pontgibaud à des filons de contact dans l’intervalle entre Roure et Say, et au Jour-de l’an, près de Pranal.

Un pareil ensemble de faits nous fit donc persévérer dans nos recherches, et nous fûmes assez heureux pour découvrir que la question avait déjà été débattue anciennement par Délius, qui, dans une dissertation sur la nature des filons, était arrivé à établir comme une règle générale, que les filons se trouvaient entre les roches granitiques et calcaires; il s’appuyait principalement sur les dépôts qu’il avait observés en Hongrie et en Transylvanie, et de Born confirma ses observations.

Il estfortementà regretter que lesgéologues aient perdu de vue cette indication précieuse et importantje, eu ce qu’elle les conduisait immédiatement à reconnaître à quel point le.

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phénomènedeJa produc lion (les filons était dépendant de celui de l’injection des roclies non stratifiées; rapprochement auquel nousToilù tout récemment revenus après d’immenses détours et après avoir épuisé , pour ainsi dire, la somme de toutes les observations possibles.

On ne peut même se rendre compte de l’oubli dans lequel sont tombés les gîtes en qnes tion, qu’en considérant lesanomaliesqu’ils présentent ordinairement. Comme ils cadraient mal avec les lois générales que présentent les filons-fentes ordinaires, on trouva plus simple de n’en pas parler, plutôt que de jeter une prétendue confusion dansles idées de symétrie et de régularité que ceux-ci ne manquent pas de réveiller dans l’esprit d’après les descriptions ordinaires; mais comme ces considérations sont d’un bien mince intérêt pour la vraie philosophie de la science, qui ne doit pas prendre pour guide les prétendues règles de nos grands-maîtres, mais se baser sur l’appréciation exacte des faits, laquelle seule condultimmanquableraent, et tôt ou tard, à la connaissance de la vérité, et que d’un autre côté ellespeuvent induire les exploitants dans de fausses dépenses, s’ils calculent surrallure des gîtes , sans égard à leur structure et à leurs rapports de position, nous croyons rendre quelque service en entrant dans tous les détails de la question.

Reprenons donc les faits essentiels un à un.

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en commençant par les obserTalions les plus anciennes de Délius.

Suivant ce célèbre mineur, ces filons de contact se trouvent particulièrement dans les Bannats de Saska et de Moldava, et parmi les divers exemples qu’il cite à ce sujet, nous appuyerons principalement sur le suivant :

U ha montagne dont il s’agit, dit-i|, est trèsépaisse, large, haute, et d’une grande circonférence; elle a despetitsvallonspeu profonds; sa masse entière est d’une pierre calcaire pure; mais dans les petits vallons du sommet il y a une autre espèce de roc par-dessusle calcaire ; elle est en partie ardoisâtre et en partie sablonneuse. (On sait que sous ces dernières désignations les anciens entendaient parler des granités et des gneiss, qu’ils confondaient alors avec les grès, comme on peut encore le voir dans les écrits bien plus récents de Jars et Duhamel.)

„ Entre cette espèce de roc et le calcaire il existe des veines et des liions des deux côtés, qui suivent la même obliquité et la même pente que les vallons avec lesquels ils forment un angle obtus dans leur fond, où ils finissent entièrement. On se figure très-bien que leur profondeur n’est pas considérable et quelle ne passe pas trente à quarante toises. On ne peut pas dire que ces 'veines singulières soient des couches, puisqu’elles n’ont pas les propriétés que nous décrirons par la suite. C!c-

SfR LES DÉPÔTS MÉTALLIFÈRES. 585

pendant, comme elles ont une direction et «ne pente réglées, on ne peut se dispenser de les nommer 'ueiViei'. La fîgure Z , qui rcprésenle la coupe de cette montagne, les vallons et les veines, éclaircit ce fait: A désigne la grande masse de pierre calcaire; Bla seconde espèce de roc; C les veines qui se trouvent entre ces deux espèces de roc, qui suivent leur direction et qui se coupent en arrivant sur la pierre calcaire. On se tromperait beaucoup, si l’on voulait chercher ces veines dans les profon- "deurs par une galerie d’écoulement; car on passerait par-dessous dans Ja pierre calcaire.

„ Qui doutera, ajoute-t-il , que celte grande masse de pierre calcaire ne soit pas une bosse de l’ancien continent, sur lequel s’est déposé dans le temps du bouleversement de notre globe, une autre espèce de terre, qui, en se desséchant par la suite, s’est rétrécie, et (il des crevasses qui formèrent ces veines?"

Quel que soit le mérite de cette dernière hypothèse, que nousne voulons pas discuter, il n’en est pas moins vrai que l’essentiel du fait a été apprécié par lui avec une perspicacité vraiment remarquable, et l’on y volt déjà une première donnée que toutes les observations subséquentes ne feront que développer et fortifier.

Le dépôt de manganèse de Romanècbe (fig. Àf) , qui a été décrit avec tant d’exactitude parM. de Bonnard, va nousfournlr un second

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exemple d’une cireonslance semblaLIe. Suivant cet excellent observateur, il est appuyé en tnajeure partie sur un granité, mais non pas immédiatement Le mur réel du gîte est une roche porphyroïde, dont la structure semble être tantôt demi -cristalline, tantôt arénacée, renfermant des grains de quartz en cristaux et même des noyaux de granité, disséminés dans une pâte rose, ordinairement formée d’une sorte d’argilolitej mais le grain de cette pâte devenant souvent plus fin et plus serré, elle parait alors passer au feldspath et ressemble quelquefois à certains silicates de manganèse.

Le toit du gîte est une argile fort peu marneuse, ordinairement d’un ; crt blanchâtre très-clair, quelquefois rougeâtre, mêlée à des débris de la roche du mur, et dans laquelle le manganèse constitue encore de petites veinules ou des rognons irrégulièrement disséminés. Celle aigile a une épaisseur considérable, et l’on ne connaît pas ses limites du côté de la vallée. Au-delà se trouvent en général les marnes et calcaires à gryphées, qui relèvent leur tranche escarjîée vers l’ouest, en regard des masses granitiques. Ainsi donc, ce gîte est réellement compris entre les formations stratiGées et celles cristallines.

Mais indépendamment de cette première masse , connue sur une étendue d’environ 400 mètres, avec mie puissance de 12 à 20 mètres.

il en existe une seconde, située latéralement, se poursuivant plus au loin vers le sud, et dont la disposition est toute différente; car elle forme un filonbien caractérisé dea mètres d’épaisseur, encaissé presque verticalement dims la roche granitique elle-même. Vers son approche, celle-ci possède bien ses caractères particuliers; mais elle est un peu désagrégée, et immédiatement au contact elle s’altère peu à peu , en perdant ses caractères de roche cristalline et en prenant ceux de la roche qui forme le mur de la première masse, queAvI. de Bonnard considère comme une véritable arkose. La direction de ces deux gîtes ne diffère que de peu de degrés. La masse granitique ou granitoïde interposée entre eux, est traversée par une multitude de filets de manganèse, et à leur croisement il se présente un grand renflement. Un peu au-delà on a recherché inutilement jusqu’ici les masses dans la même direction. Quelques indices font penser qu’elles se perdent en se ramifiant dans le granité.

Le minérai des deux gîtes est du Teste identique; il se compose essentiellement de manganèse peroxidé barytique, ordinairement métalloïde, à structure concrétionnée, présentant souvent dans les cavités de nombreux mamelons tuberculeux, en forme de chouxfleurs et à surface veloutée, ou bien reoou- VQi’te d’une infinité de petites houppes soyeu-

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ses, disposées comme les barbes d’une plume. Les gangues sont la chaux fluatée violette, et le quartz, dont le mélange avec le minéraiest quelquefois assez intime pour qu’on ne puisse pas douter de la contempoi'anéité de leur formation; enfin, on y trouve de nombreux fragments granitoïdes ou de l’arkose du mur, plus ou moins chargés d’infilti'ations métalliques, et dont le feldspath a passé à l’état de kaolin. L’abondance de ces fragments est telle que le tout constitue fréquemment une véritable brèche à pâte de minéral de manganèse; circonstance que l’on voit se reproduire dans presque tous les filons.

. , D’après l’ensemble de ces observations, M. de Bonnard conclut que l’une de ces masses constitue. un véritable filon courant dans le granité, et que l’autre, bien plus puissante, forme un véritable amas; quelles sont toutes deux contemporaines aux arkoses ; roches que l’on peut considérer elles-mêjnes comme un résultat de modification toute chimique, amenée par des causes semblables à celles qui ont déposé au jçur les masses de minéral; enfin, il observe combien les faits peuvent paraître favorables à l’opinion qui attribuerait la, formation totale à un épanchement sortant par la fente que le filon remplit aujourd’hui;^ mode ..de, formation qui a par conséquent une origine analogue à celle de la masse même du,terra.iit,,granitique voisin.

Poursuivant le cours des analogies, M. de Bonnard rapporte au même mode de formation le gîte de Saint-Micaud, situé à quelques lieues de la Romanèclie, et qui, d’après M. Cordier , occupe une position identique , ainsi que celui du département de la Dordogne, près de Tliiviers. M. Diifrénoy a vérifié depuis toute l’exactitude de cette induction, et il a même réuni à ce mode de formation plusieurs gîtes de minérais de fer du département de la Dordogne; tels que ceux d’Excideuil et les gîtes de plomb d’ Alloue, de Melle et de Confolens, dont nous avons déjà cité la supeVposition au granité. Les gangues de ceux-ci présentent encore quelquefois, comme le filon quartzeux des environs de Colmar, les coquillages fossiles; tels que les térébratules , les fragments de peignes, de limes, d’avicules et d’oursins, qui trahissent la modification que le calcaire jurassique a éprouvée par les infiltrations siliceuses et métalliques; tandis que d’un autre côté de nombreux rameaux qui s’en détachent pour plonger dans la profondeur du granité en forme de véritables filons, sur lesquels on a, établi des exploitations, nous conduisent directement à la source primitive de tous ces phéimmènes chimiques.

Ces géologues ont aussi toujours été portés éunir les gîtes de Cbessy (fig. L) au même oi’t^e défaits. En effet, d’après une descrip-

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tion récente que nous devons à M. Raby, les travaux de cette mine ont été pratiqués à la jonction des terrains secondaires de grès et de calcaire, et du terrain ancien, en partie dans les premiers et en partie dans le second.

L’ensemble du dépôt se compose principe- ' lement auprès des mines d’un schiste micacé et talqueux, accompagné de pbyllade et d’une apbanite verdâtre, dure, tenace et à cassure inégale. Cette apbanite parait ordinairement intercalée entre les coucbcs du terrain; mais auprès des mines de Chessy elle forme une masse considérable, dans laquelle il n’y a pas de stratification distincte; elle supporte le terrain secondaire; le plan de jonction est presque vertical, et toutes les couches du grès ■superposé viennent s’y appuyer par leurs extrémités; preuve d’une puissante dislocation. Cette inclinaison, qui était primitivement de près de 45°, diminue peu à peu eu allant du mur au toit.

Entre l’apbanite et le grès il règne sur une épaisseur moyenne d’environ a o mètres, une rocbe d’un blanc grisâtre, feuilletée, mais si irrégulièrement qu’on a droit de doutequ’elle ait jamais été stratifiée. Sa pâte parat assez semblable à celle de l’apbanite; elle>e modifie de plus en plus à mesure qu’onse rapproche du grès, où elle ressemble à de l’argile, tandis que de l’autre côté elleprésente quelques passages à l’aphanite; el^ est.

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du reste, chargée de lamelles micacées, et tous ses caractères semblent dénoter qu’elle a éprouvé une altération progressive de l’extérieur à l’intérieur.

Après cette roche se trouve encore une veine presque verticale, de l’épaisseur de a à 4 mètres, composée d’argile rougeâtre, mêlée de fragments anguleux de quartz et d’aphanite, qui parait se terminer en coin dans la profondeur. M. Raby la considère comme postérieure à ce dernier terrain et à celui secondaire, et, suivant lui, elle n’a fait que remplir une fente ouverte par suite d’un affaissement.

EnGn, pi'cs des affleurements du grès et surtout des premières couches calcaires, il existe des dépôts irréguliers, peu étendus et noduleux, d’une argile rougeâtre, mêlée de gros cailloux roulés.

Le minéral s’est trouvé dans chacune de ces roches; mais les espèces en sont distribuées de la manière suivante :

Le cuivre pyriteux et le fer sulfuré intact ne se sont trouvés que dans l’aphanite. Ils y sont disposés en une masse cunéiforme, qui s’est terminée en pointe à une profondeur de 300 mètres, sur une puissance de iS mètres au plus, et une longueur de lao mètres.

Le mélange du minéral avec l’aphanite, possédant les caractères ordinaires, a lieu, soit en veinules, soit en forme de mouches; ce

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qui prouve la contemporanéité de formation.

La mine noire, qui n’est qu’une pyrite sulfureuse altérée à la surface, s’est trouvée dans la roche schisteuse grisâtre, sous forme de rognons, situés principalement près de la surface. Ces rognons ont au plus 3 mètres d’épaisseur, 5 de largeur et 12 de longueur. La mine est aussi unie très-intimement au banc qui la renferme, et paraît avoir subi de son côté une altération graduelle, correspondante à celle de la roche encaissante. L’altération paraît aussi plus intense vers la superficie, où les agents atmosphériques ont davantage fait sentir leur influence.

Le cuivre oxidulé est renfermé dans la couche d’argile rougeâtre; il y est disséminé en petits cristaux et en lamelles brillantes, interposées entre les fissures, qui croisent la masse en tous sens.

Enfin, la mine blene ne se trouve que dans les couches de grès et les bancs d’argile qui alternent avec elles, sur une épaisseur d’environ 20 mètres, et une longueur de i5o.

Il est impossible de ne pas voir dans cette gradation une modification successive des minérais, introduits d’abord en divers points du terrain, par la même cause que l’aphanite; ils étaient dans le principe à l’état pyriteux; ils passèrent graduellement à l’état d’irisationsuperficielle; puisse convertirent en oxidule,et, •enfin, en carbonate deperoxide, à mesure que

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les agents chimiques avaient plus de prise sur eux par suite de la perméabilité du terrain. Ces actions produisirent naturellement en même temps des transports moléculaires, qui amenèrent la cristallisation de ces boules arrondies de carbonate de cuivre, ainsi que les belles cristallisa lions que recèle leur intérieur, peut-être encore, comme le suppose M. Raby , que l’action du calcaire a contribué à provoquer la formation des carbonates dans les grès voisins par des échanges de bases, etc.

Dans les Pyrénées orientales on trouve de nombreux dépôts de minérais de fer spathiques, remarquables par leur indépendance absolue des terrains qui les renferment. M. Dufrénoy , qui les a étudiés avec le plus grand soin, ne leur a trouvé de relation qu’avec les roches granitoïdes.

C’est ainsi que les mines des environs (TOlette, de Py, de Fillols, de Saint-Étienne de Pomers, de Vallestavia et de Batère, forment autour des escarpements abruptes qui constituent la crête granitique du Canigou, une espèce de ceinture elliptique, d’environ 8000 toises de diamètre. Ordinairement ils sont intercalés ici dans un calcaire qui est toujours saccharoïde, et ils se présentent sous forme de fîlons, d’amas et de veines parallèles à la stratification du calcaire. Souvent le calcaire est ferrugineux, à tel point que le minérai * paraît se fondre en partie dans cette roche:

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Ces gîtes se prolongent aussi quelquefois dans le granité, mais peu profondément.

Sur le revers sud de la montagne deBatère, dépendante du Canigou, le granité est recouvert généralement par une couche mince de calcaire saccharoïde Blanc , alternant avec le schiste micacé. Ces deux roches s’intercalent même quelquefois entre les embranchements granitiques et renferment des masses de minérais qui constituent différentes mines, parmi lesquelles celles de la Droguère et de Rocas- Negros ont présenté des circonstances remarquables.

Dans la première (fîg. N) le minéral constitue deux amas aplatis, cpmpris entre du schiste et du calcaire, dont le plus inférieur, bien réglé sur une assez grande étendue, avait été long-temps regardé comme formant une couche dans le schiste et le calcaire; mais il se termine brusquement d’un côté’, et de 'l’autre il s’amincit de manière à n’êti'e plus exploitable.

La mine de Rocas-Negros (fig. O), actuellement abandonnée, présente une vaste exeavation, qui indique que le minéral y formait un amas ramifié dans le granité, dont il est séparé par une salhande schisteuse, imprégnée d’oxide de fer disposé en veinules plus ou moins puissantes; il part en outre de l’amas « métallifère un grand nombre de filons de feu oligiste, qui se prolongent dans le granité. La

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gangue se compose de fragments de schiste, de granité et de quartz hyalin, empâtés par le minerai à l’époque de sa formation. ^

Sur le revers opposé de la montagne le minorai forme aussi de grands amas, disposés dans le sens de la stratilication; il est à l’état * spathique et d’hématite. Ces amas sont intercalés en partie dans le calcaire saccharoïde çt*en partie dans le schiste micacé.

 la mine de Balaigt, au contraire, le minéral est placé à la séparation du granité et du calcaii’e.

Aux environs de Saint- Martin, près de Saint-Paul de Fénouillet, le calcaire crayeux éprouve un redressement brusque auprès des masses granitiques, et les mines de fer sont encore précisément au contact même-du calcaire et d’une pointe de granité. Le calcaire y devient de plus en plus cristallin et saccharoïde, et perd, par suite de cette transformation, les traces de fossiles qu’il contenait en abondance un peu auparavant j il devient même dolomitique aux points où il recouvre immédiatement une roche feldspathique, et se charge de nombreuses veinules de fer carbonate et de quelques taches de fer oligiste. Au-delà de la roche feldspathique, la dolomie ferrifère reparaît et s’arrête à une masse granitique, pareillement chargée deferj à celleci succède un nouveau banc de dolomie, riche en fer oligiste, écailleux, disséminé en

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rognons, et, enfin, on arrive au granité central, qui est à petits grains et à mica noir.

Ce gisement intéressant fournit un exemple positif du peu d’ancienneté du granité des Pyrénées, et démontre clairement qu’il s’est 'introduit au milieu des couches du calcaire.

'A Rancié, le minéral est concentre dans le lias; celui-ci devient aussi d’avitant plus cristallin qu’il se rapproche davantage du gl'a»

' nlte , et même près de cette roche il se charge de couséranite, de pyrite, de trémolithe et de grenat.

Lesparties métallifères s’y trouventparticulièrement dans le voisinage des granités, au milie.u de la série des couches qui constituent l’ensemble de cette formation; et elles sont disposées en une série de renflements ou d’amas, placés les uns au-dessus des autres et liés ensemble par des filets de minéral, qui ont constamment guidé les mineurs dans leurs recherches; ils sont terminés nettement pai’ des murs de calcaire.

La disposition parallèle aux couches que ces amas présentent, trompe au premier coup d’œil, et les fait considérer comme stratifiés; mais ils interceptent plusieurs couches du terrain, qui ne s’infléchissent pas à leur rencontre, en sorte qu’il devient évident que le minéral en remplace sur une certaine longueur un nombre plus ou moins considérable.

, Ce remplacement n’est au reste pas total,

sua LES DÉPÔTS MÉTALUFÈRES, SqS

en sorte que le calcaire, qui est resté intact, forme de nombreux rameaux alongés dans le sens des couches. Leur régularité est quelquefois remarquable, èt ils séparent plus ou moins complètement les masses minérales. Chaque amas est donc formé par la réunion d’une multitude de veines, qui courent à peu près parallèlement, se rejoignent et se séparent sans cesse.

La séparation du calcaire et du minérai de fer est quelquefois assez nette et même lisse, comme si la roche avait été usée par un frottement réitéré; mais plus généralement il y a un passage insensible comme de cémentation.

L’étendue de la masse métallifère est limitée dans le sens de la longueur ou de la direction des couches, après une course commune d’environ mille mètres. Quant à sa hauteur, elle est connue depuis le sommet de la montagne jusqu’à la base; mais tout semble prouver qu’elle ne descend pas audelà.

Il résulte de l’ensemble de ces détails que le gîte ne forme pas une couche, mais bien des masses irrégulières, analogues à celles dont nous avons déjà donné tant d’exemples, et qui présentent une analogie remarquable avec les gîtes de fer pisolitbique des environs dé Belfort, décrits précédemment.

Le minérai est principalement du fer hy-

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draté hématite, entremêlé de quelques ro* gnons de fer spathique et de fer oligiste micacé; enCn, on y a trouvé du manganèse, du cuivre pyrileux et carbonalé. Ces minéraisse montrent, au reste, en association constante dans ces montagnes, et M. Marrot observe à ce sujet que toutes les fols que des couches schisteuses sont interrompues par du granité , elles renferment des filons contenant de la galène argentifère, de la pyrite magnétique, du cuivre pyriteux. Le minerai de cuivre de Canavellles, près de Prades, se trouve aussi précisément à la séparation du calcaire et du granité.

Tous ces rapprochements conduisent M.

Dufrénoy à l’importante conclusion que ces minérais ont 'été formés à l’époque où le granité des Pyrénées s’est fait jour après le dépôt des terrains crétacés, et qu’ils sont la conséquence du soulèvement de cette chaîne.

A Framont, les gîtes de fer oxidé rouge présentent aussi la plus grande irrégularité dans leur ensemble. D’après les détails que M. Voltz nous a bien voulu donner à leur égard, ils se trouvent placés le long de grandes masses de porphyre, qui sont venues briser les schistes ou leg phyllades de transition; ils les ont en même temps endurcis par leur contact, en les faisant passer à l’état d’eurite scbistoïde. Les couches des calcaires subordonnés ont naturellement éprouvé des modifications dans

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un sens correspondant; ils sont compactes au loin du porphyre; mais auprès de celui-ci ilssont devenus grenus ou même dolomitiques et géodiques. En quelques points ils se sont pénétrés de fer oligisle schisteux et d’octaèdres de fer oxidé rouge dimorphe dû fer oligiste; en un autre point leur corrosion a été telle qu’il s’est formé une grande caverne, qui a été remplie de fer hydraté; enfin, dans certains gîtes on a trouvé de gros fragments calcaires, dont les angles émoussés et arrondis démontrent l’action d’un acide d’une manière d’autant plus évidente que les parties schisteuses incloses sont en relief sur la surface lisse des blocs.

Cette action énergique que les fluides qui chariaient le minéral ont exercée sur le calcaire, ne laissent pas de doute qu’ils occa- > sionèrent^n élargissement des premiers orifices, (||^nt la conséquence fut de faire acquérir aux gîtes une certaine puissance partout où ils se trouvaient dans cette dernière roche.

Dans les environs on trouve plusieurs au très gîtes de dolomie; mais ils renferment toujours des parties de fer oligiste, quand même ils ne sont pas en contact avec les masses de minérai de fer; ils montrent toujours des preuves évidentes de leur conversion de calcaire ordinaire en dolomie, par l’effet des causes qui ont produit les mines de fer deFramont; c’est

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ainsi qu’à Sclairmeck, dans une grande carrière de calcaire compacte, en strates verticaux, la stratification se perd presque subitement vers le haut; mais on y voit sur une épaisseur de 3 à 4 pouces le passage évident du minéi*ai à la dolomie, en ce qu’il se forme, au milieu du calcaire compacte, des lamelles dolomitiques, qui deviennent déplus en plus abondantes. D’abord elles sont isolées; puis se touchent, et enfin elles forment toute la masse.

Du reste, les gîtes de mine de fer de ces lieux sont de quatre espèces différentes.

1. ° Matières géodiques formées par le fer oligiste, avec une gangue dominante de terre verte, passant à la coccolithe. Cette gangue est entremêlée de quartz, de divers spaths cal-

..^.caires, purs et magnésiens, de spaths brunissant, de spath perlé, de baryte sulfatée et de quelques }Tiarties de pyrite, de cuivre |^lfuré, et de cuivre gris.

2. ” Matières fondues ^ telles que pyroxènes, grenats, épidotes, spath calcaire, actinote, chlorite et fer oxidulé en petite quantité.

3. ° Hydroxide de fer massif, compacte ou hématite, avec des gangues terreuses et hydratées, dites brand, qui sont des effets de décomposition et de remaniement postérieurs, et dans lesquels on trouve divers hydrosilicates d’alumine, et parfois de l’allophane cuivreuse. Ces gîtes renferment aussi des grenats

altérés et autres substances spongieuses, primitivement cristallines.

4.°Alluvion renfermant en quelques points des lamelles de fer micacé ou des octaèdres et paillettes schisteuses de fer oxldé. Cette alluviou est d’une composition extrêmement inégale; tantôt c’est une argile sableuse, en dépôts irréguliers; d’autres fois c’est une argile brune, bigarrée de raies blanches et bleues , comme les savons colorés. On y trouve des fragments et même des blocs de grès vosglen ou des cailloux quartzeux de ce grès.

A la localité dite mme notre, qui se rapporte à l’un des gîtes de cette espèce, les schistes, en contact avec le dépôt, sont tendres et sans solidité. Les porphyres sont souvent stéatiteux et devenus friables; les calcaires, au contraire, sont caverneux, grenus ou dolomlliques et pénétrés de minéral de fer; celui-ci n’est que le détritus ferrugineux de ces calcaires cimentés de fer, et il ne se trouve qu’auprès de ces calcaires et non pas dans l’intérieur du gîte alluvial. Du moins, lorsque l’intérieur renferme du minéral, ce qui est fort rare, ce ne sont plus des octaèdres et fragments schlstoïdes de fer oligiste, mais des paillettes micacées de cette substance.

Les masses des gîtes n."* 5 et 4 passent les unes aux autres et constituent parfois des dépôts, qui remplissent d’anciennes cheminées plutoniques ou espèces de cratères, par les-

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quels sortaient des vapeurs ferreuses et magnésiennes, qui ont cimenté les roches ambiantes lorsqu’elles n’étaient pas encore remplies d’alluvion.

Les mines de Bamvald, de laMinlielte, de Belmont, de Grand-Fontaine, deMetzier, de l’Evêché çt du Bois-de- Vich , rentreraient principalement dans la première classe.

La Mine jaune dans laquelle se trouve le dépôt d’hydrate, forme un gîte spécial dansle voisinage de la mine de Metzierj mais elle se retrouve plus ou moins abondamment dans quelques-unes des précédentes

« En résumé, dit M. Élie de Beaumont dans son mémoire , les mines de fer oxide rouge et d’hématite brune de Framont sont ouvertes dans de^ masses très - puissantes de ces minéraux, dont chacune, prise dans son ensemble, a la forme d’une très-grosse plaque, placée obliquement dans le terrain et, considérée dans lesdétails, paraît informe et semble n’être soumise dans sa structure à aucune règle. Ce désordre apparent paraît être une conséquence de la nature du terrain. Il ne doit pas empêcher d’avoir égard aux caractères plus ou moins décisifs que présentent d'ailleurs ces masses minérales; elles ne sont pas placées parallèlement les unes aux autres, et aucune d’elles ne paraît l’être aux faibles indices de slratiOcation que présente le terrain. Ce ne sont donc ni des couches

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ni des veines J ce ne sont pas non plus des amas contemporains. Les blocs de roches qu’on y trouve etlessalbaudes qui lesaccompagnent, ne permettent pas d’en prendre, cette idée. Il ne paraît pas non plus que ce soient des systèmes de petits filons, des stockwerks, comme on pourrait le croire d’après la quautité de roches qu’on trouve interposées dans le minéral; il y a des parties trop étendues sans roche; enfin, ils sont liés trop intimement avec les dépôts de chaux carbonatée nacrée, pour qu’on ne leur suppose pas une origine analogue à la leur, etc.”

Si nous rapprochons aux corrélations que nous venons de mentionner, celles non moins remarquables que M. Dufrénoy a observées dans les Pyrénées, entre les ophites, lesgypses et le sel gemme; celles que M. Tournai a observées entre les basaltes péridoleux et les dépôts gypseux de Sainte-Eugénie, dans le département de l’Aude, et qui toutes deux sont encore accompagnées de petites quantités de fer oligiste, de quartz cristallisé, etc., nous ne ferons plus de dllliculté pour admettre que tous les phénomènes de dolomlsallon, de silification, de sulfatisation postérieure; que l’introduction du sel gemme entre les strates soulevés des terrains; que les remplissages des fentes et ouvertures, quelle que soit d’ailleurs leur forme, par des métaux divers, ne soient le résultat de grandes

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actions plutoniques. Leur début a été de briser l’écorce du globe à l’aide d’injections de matières fondues , suivies ou accompagnées de dégagements de gaz et de vapeurs, et leur action s’est terminée par cette abondante éruption des sources minérales que nous retrouvons encore de toutes parts dans les régions profondément disloquées. Tous ces • phénomènes chimiques sont du même ordre; c’est en les combinant que nous devons chercher la solution des problèmes nombreux que nous olfrent les filons, qui tantôt présentent des traces évidentes de l’action du feu et tantôt de celle de l’eau, et c’est faute d’avoir eu égard à ces circonstances diverses, dont la cause primitive est cependant identique, que les géologues, malheureusement trop absolus dans leur manière de voir respective, se sont divisés si long- temps sur des questions bien simples à résoudre, s’ils eussent su fairejes parts du feu et de l’eau, et se tenir d’ailleurs dans la réserve pour le petit nombre de problèmes douteux encore pour le moment, que les progrès des sciences chimiques éclairciront bientôt.

Il importe ici de prévenir une erreur qui pourrait résulter du mot même de filon de contact, que nous avons employé pour désigner les gîtes les plus Immédiatement en relation avec les roches non stratifiées. Quelqu’un qui ne se serait pas bien pénétré

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des observations qui ont accompagné nos descriptions, pourrait supposer des actions de simple contact, de ces actions de pile galvanique qui, elTectivement , jouent un rôle fréquent dans la nature. D’un autre côté, on pourrait aussi chercher à établir des rapprochements analogues entre ces formations de filons et les modifications de roches, telles que le changement de la craie en calcaire saccharoïde près de ses points de contact avec le&masses de basalte qui la travei'sent, comme cela a lieu par exemple dans le comté d’Antrim en Irlande. Ces phénomènes et quelques autres non moins célèbres, se présentent toujours à l’esprit lorsque l’on entend parler pour la première fois des actions du genre de celles qui nous occupent. Nous devonsdonc déclarer que nous les regardons au contraire comme identiques aux circonstances qui ont accompagné la dolomisation en général dans les idées de M. de Buch, et sur lesquelles M. Elie de Beaumont a déjà été dans le cas de donner une explication qui trouve si exactement sou application ici, que nous ne pouvons mieux faire que de la rapporter.

,< Les personnes, dit- il, qui ont cherché à connaître sur ces objets l’opinion de M. L. de Buch , savent qu’il regarde les dolomies comme produites par des gaz qui se sont dégagés du sein de la terre au moment de la sortie des mélaphyres, en pi'ofitant de toutes les frac-

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turcs que le sol venait d’éprouver; fractures qui pouvaient leur donner issue, aussi bien et souvent même mieux à quelque distance des masses de mélaphyi’e sorties au jour, que près de ces masses. S’il pouvait rester quelque doute sur la pensée de M. L. de Buch, à cet égard,ilsunirait,pour les dissiper, d’examiner la contrée de Lugano, en se rappelant qu’il l’a présentée depuis long- temps comme un des points les plus classiques pour l’étude de ce genre de phénomènes. Il est rare qu’on les voie en contact immédiat avec les mélaphyres. Les calcaires se changent généralement en dolomies, en approchant de leur terminaison du côté des masses non stratifiées, dont les colonnes irrégulières de mélaphyre forment en quelque sorte les axes.

„ Les dolomies touchent rarementà ces colonnes centrales qui , au moment de leur élévation, ont rejeté de côté les roches primitives; elles se lient donc aux mélaphyres par suite du rôle essentiel que jouent ces derniers dans la constitution des massifs de roches non stratifiées; mais non dans le plus grand nombre de cas par un contact immédiat et visible. Au contraire, on peut dire que les dolomies se trouvent toujours ici dans le voisinage de la fracture qui a dû se former entre les roches jirimitives soulevées et les roches primitives de même nature l'eslées à leur ancienne place. ” ■

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Lescirconstances sont absolument les mêmes pour les fiions métallifères: les uns, en petit nombre, sont en contact immédiat avec les roches plutoniques; les autres se sont distribuées dans leur voisinage; ils sont généralement très-irréguliers, comme nous avons vu, tandis que les plus réguliers par leur allure sont en général ceux qui se trouvent plus particulièrement dans des parties du terrain qui n’ont pas été fortement disloquées, fracturées et morcelées par une influence trop directe : c’est ainsi que tous les filons se rattachent les uns aux autres dans la nature.

Les exemples que nous avons donnés des filons de contact jettent encore dans l’esprit des idées de troubles et d’anomalies qui n’ont pas toujours lieu. Il importe donc que nous donnions un exemple qui fasse voir clairement qu’ils peuvent aussi posséder tous les carac- ‘ tères que nous avons décrits quand nous avons parlé des fiions ordinaires, et qu’ils présentent quelquefoisles mêmes phénomènes de remplissage par périodes successives, dont chacune a fourni ses produits propres.

Le célèbre filon de Huelgoè't, dans la Bretagne, est dans ce cas, d’après des documents qui nous ont été fournis j)ar M. François, ingénieur des mines, et les échantillons tant du terrain encaissant que du filon que nous avons été à même d’examiner.

Il coupe perpendiculairement dans la di-

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rection du nord au sud magnétique les dÜTérentes couches du terrain de transition qui s’appuient contre ùn îlot , granitique, situé entre Huelgoè't, LaFeuillée elles montagnes d’Arrée.

Ces couches de transition, qui se composent successivementdeschiste maclifère, de schiste à laumonite très-friable, de schiste avec rognons de fer hydraté, de grès coquilliers à spirifères , se rapportant aux terrains de transition supérieurs des environs de Brest, et enfin de schistes et grauwackes alternant ensemble, sont encore coupées par divers autres filons de roches, parmi lesquels on distingue :

1. ° Une roche euritique, qui se décompose à l’air et donne une bonne pouzzolane.

2. " Une sorte de 'poudingue, composé des grès de la montagne d’Arrée, de fragments de grauwacke et d^eurite, réunis par une pâte pétro-siliceuse.

3. ° Une roche amygdaloïde vei’dâtre, que le filon métallifère coupe dans le voisinage d’un rejet de 28 mètres, dont la cause est encore douteuse. Il est stérile en ce point etrempli d’une roche blanchâtre, qui paraît être euritique.

Ainsi donc le filon métallifère est, comme on voit, en association avec plusieurs masses étrangères, injectées dans le soi; mais il l’est surtout avec le granité, sur lequel il est ap-

puyé en arc de cercle, en sorte qu’une de ses épontes est cette dernière roche, et l’autre le schiste. Il a été reconnu sur une étendue d’environ 700 niètres. Sa puissancè très-variable n’est quelquefois que de quelques décimètres, et dans d’autres points elle atteint jusqu’à q5 mètres. Vers le nord il s’appauvrit et se divise en trois branches, qui s’amincissent et finissent par se perdre dans les schistes noirs. Vers le sud il s’est aussi appauvri à l’approche du schiste argileux noir, friable, et s’y est même arrêté.

En examinant les matières dont il se compose, on y reconnaît un premier remblai, composé de fragments de schiste argileux, gris-noir très-foncé, tendre ou passant à un schiste qui ressemble au schiste à laumonite, lequel a été d’ailleurs lui-même très-fortement .jiremanié; il est quelquefoisinfiltré intimement et endurci par un quartz blanc sale , non esquilleux, qui paraît être contemporain aux masses précédentes; car il y est intercalé en petits nœuds, en petites veinules, tantôt enveloppantes, tantôt envel oppées , et il endurci t même quelquefois le schiste noir en pénétrant dans toute sa masse; circonstances qui rendent impossible une distinction précise d’époque entre ces deux matières.

Après ce premier remblai, le fil on a éprouvé une première dilatation, qui s’est fait sentir au toit comme au mur, maisjilus sensiblement

encore de ce dernier côté , où la veine qui a occupé le vide est très-puissante. Cette ou- ' verture a donc constitué les salbandes du filon. Le remplissage correspondant a été effectué par un quartz néopètre, esquilleux, grenu, à cassure très-anguleuse et inégale; il se prolonge dans les parties stériles du filon et sert de guide au mineur.

Immédiatement après sont survenus les sulfures divers qui se composent surtout de galène rarement massive, toujours entourée de Llende, dans laquelle elle se perd souvent en parties indiscernables à la loupe. Cette blende est compacte ou cristalliue, et sa surface extérieure est recouverte de cristaux octaédriques. Comme contemporain de ces sulfures, on voit encore un quartz blanc laiteux, un peu gras et peu esquilleux. La masse de ces sulfures paraît avoir subi un retrait, ou bien . l’ensemble du filon une faible dilatation .suivie d’une petite formation de quartz néopètre, d’un blanc sale et assez esquilleux, qui coupe en tous sens la pâle des sulfures, sans se prolonger dans les autres rocbes.

La quatrième et dernière action d’une certaine intensité que le filou ait éprouvée, estiudiquéeparune brècbecomposée de fragments du quartz néopètre et des sulfures précédents. Ces fragments ont conservé quelquesuns de leurs angles, mais ils sont émoussés comme les galets qu’on trouve sur le bord des

^ rivières : on rencontre parmi eux «les schistes, des quartz du filon et des débris granitiques; ils sont agglutinés tantôt par des pyrites de fer, qui d’ailleurs paraissent ici contemporaines de toutes les époques, comme à Pontgibaud; tantôt par un ciment siliceux blanc laiteux, qui est souvent cristallisé en beaux cristaux bipyramidés et qui doit être assez récent, puisqu’il repose sur des surfaces de galène, portant des traces évidentes d’érosion, produites par les dissolutions salines qui traversent le filon encore de nos jours. Enfin on trouve dans ces brèches de nombreux cristaux de plomb phosphaté et carbonaté ; elles sont très-perméables aux eaux, et c’est par une de ces colonnes quelles ont atteint les travaux inférieurs et nécessité l’emploi d’un serrement.

Ces brèches sont disposées au toit et au mur du filon, mais surtout au toit •

Ces diverses révolutions se rattachent évidemment aux mouvements du sol observés en Bretagne; ils auront agi suivant des lignes* plus ou moins obliques sur la direction du filon et ne se sont pas non plus fait sentir sur toute son étendue, mais seulement en divers points, d’ou résulte sa configuration eu chapelet, composé alternativement de parties riches et stériles, de brèches, etc., mais disposées de telle manière que la princi- , pale richesse du filon est vers son milieu.

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’ Dans sa situation actuelle, le filon mani>

leste encore, comme tous les autres, de nombreuses actions chimiques, dont le résultat est la modification des espèces anciennes et leur transformation en nouveaux produits; il en sera question quand nous traiterons des chan- • ' gements et des altérations qu’éprouvent les -, : filons en général.

. Tels sont en résumé les faits essentiels que nous avons pu recueillir sur l’espèce de filons que nous nous sommes proposé d’examiner dans cette section. On voit, en somme, que ^ l’irrégularitéestleurcaractèredomlnant; mais ^ ce premier coup d’œil doit nous encourager à persévérer dans leur élude. Les lois qui les • régissent ne nous sont encore inconnues que parce que nous débutons dans une carrière nouvelle. Beaucoup de travaux restent sans doute à faire à ce sujet; mais aussi cette perspective n’a jamais rebuté les géologues; il suffit que le chemin leur soit ouvert.

SECTION III

Des Jilons- couches.

, ’■ Le nom de filons - couches a été donné par

M. Desmarest à des masses minérales qui i ont un certain rapport avec la stratification 4 des roches. Cette dénomination expressive,

par rapport à celle des filons -fontes , mérite d’être adoptée , d’autant plus qu’elle dépeint parfaitement la manière d’être de ces masses, qu’on ne peut d’ailleurs confondre avec les véritables couches métallifères bien suivies, que l’on renconti’e dans les formations primitives et secondaires; car elles ne suivent pas, comme celles-ci, constamment l’allure de l’ensemble des assises encaissantes; c’est ainsi que dans le vallon de la Mulda, à une lieue de Freiberg, à l’embouchure du canal par où s’écoulent les eaux de la mine iMAlt-lsaac, le filon appelé Ilalzbruckner-Spath, après avoir coupé les couches de gneiss, devient parallèle à la stratification de cette roche, puis la coupe de nouveau en s’approfondissant.

Cet exemple nous démontre bien que leur origine est identique à celle des filons, et que la fente a simplement trouvé à se dilater avec plus de facilité entre deux couches sur une partie de son étendue seulement. En général, on peut concevoir que ces sortes de filons se produiront toutes les fois qu’un axe de dislocation sera parallèle à la stratification du terrain encaissant, sur une certaine étendue, ou au moins ne fera avec elle qu’un fort petit angle.

C’est à ces sortes de gi tes qu’il faut rapporter l’amas transversal de M. de Bonnard ou le Stehender stock de Werner (page 5g6), en le considérant toutefois, non comme une masso

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renflée et parallèle à la stratification, mais comme une séparation entre deux couches, effectuée après coup et augmentée par leur érosion, en sorte que celles-ci sont plus ou moins détruites, mais ne se courbent pas à l’entour de la masse métallique, en continuant leur allure.

Le Cornouailles, si riche eu exemples de dépôts de toute forme, présente encore de nombreux exemples de celui-ci; ils y sont connus sous le nom de Jloors, et quand ils renferment de l’étain, sous celui de tin-JloorSj quoique les Anglais donnent aussi ce nom à de véritables stockwerks.

Il en existe un grand nombre dans la bande étroite dekillas, qui, s’appuyant sur le granité et.plongeant vers la mer, fbrine le rivage depuis le cap Cornwall jusqu’à Saint-Yves.

Dans la mine de Grill’ s - Bunny , près de Saint-Just, on voit un tin-floor, formé de la réunion de petites veines qui alternent avec un schiste ampbibolique ocreux, sur une hauteur de 20 mètres. Ces veines plongent de 3o" vers le nord , et elles ont été exploitées sur 8o mètres de leur pente et à peu près autant suivant leur direction.

Dans la mine de Bottalack il existe encore un de ces tin-floors de pied d’épaisseur à la profondeur de 72 mètres au-dessous du niveau de la mer ; il est situé entre le filou principal et une ramification de ce filon , sans

SUR LES DÉPÔTS MÉTALLIEÈRES. 6l3

cependant se lier avec eux en aucune manière.

M. Brochantde Villiers, dans sa description des mines du Derbyshine et de Cumberland, décrit encore sous le nom de Jlat-veins ou de strata-veins , des gîtes que nous considérons comme analogues à ceux dont il est question ici. Ils paraissent n’être que le résultat des épanchements de la matière des filons plombifères voisins, entre les plans des couches du calcaire métallifère, et ils contiennent les mêmes minéraux. Ces masses ne sont ordinairement productives que jusqu’à une certaine distance du filon, à moins qu’elles ne soient de nouveau enrichies par la rencontre d’un filon croiseur.

L’exemple le plus remarquable de ces sortes . de filons est, sans contredit, celui de la Véta- Madre de Guanaxuato dans la !Nouvelle-Espagne. D’après les observations deM. deHumboldt, il est inclus dans un schiste argileux, qui repose sur les granités de Zacatecas et, du Penon-Blanco. Ce schiste passe à de grandes profondeurs à un schiste talqueux et à la chlorite schisteuse. On y rencontre encore des couches ou plutôt des filons intercalés de syénite, de schiste amphibolique et de serpentine.

Cet ensemble est encore accompagné par un porphyre, formant des masses pierreuses gigantesques, élevées de trois à quatre cents

Cl 4 • ÉTUDES

mètres au-dessus du sol environnant et qui se présentent de loin comme des ruines de murs et des bastions. Ce porphyre a généralement une teinte verdâtre. Sa pâte est ordinairement un feldspath compacte et présente du feldspath vitreux, mais peu d’amphibole, de quartz et de mica.

Le filon de la Véta-Madre parcourt tout cet ensemble sur une longueur de plus de 12,000 mètres; cependant la portion la plus productive s’est trouvéé concentrée sur un espace de 2600 mètres, contenu entre les puits de l’Esperança et de Santa Anita; c’est dans cette partie que sont comprises les mines de Valenciana , Tepeyac, Cata, San Lorenzo , Animas, Mellado, Fraustros, Rayas et Santa gAnita, qui à dilférentes époques ont joui d’une *^ande célébrité.

Sa puissance varie comme celle de tous les filons de l’Europe. Lorsqu’il n’est pas ramifié , H , n’a communément que 12 à ^5 mètres de largeur. Quelquefois il est étranglé, même jusqu’au point de n’avoir plus qu’un demimètre de puissance. Le plus souvent il est partagé en trois masses, qui sont séparées ou par des bancs de roche, ou par des parties de la gangue presque dépourvues de métaux. Dans la mine de Valenciana il a été trouvé sans ramification, avec une puissance de sept mètres de largeur depuis la surface jusqu’à 170 .mètres de profondeur. A ce point il ée divise

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en trois branches, et sa puissance, en comptant du mur au toit de la masse entière, est de 5o et quelquefois même Go mètres.

De ces trois branches il n’y en a généralement qu’une qui soit riche en métaux j nouvel exemple de cette corrélation de richesse des filons, du mur et du toit, dont nous avons déjà parlé (pages 480 et 480- Quelquefois, lorsque les trois branches se rejoignent et se traînent comme à Valenclana, près du puits de San Antonio, à 3oo mètres de profondeur, le filon offre d’immenses richesses sur une puissance de plus de vingt-cinq mètres. Dans la Pertinencia de San Leocadia on observe quatre branches, et une fente dont l’inclinaison est de 65®, se sépare de la branche inférieure pour couper les feuillets de la roche du mur. f.

Ces phénomènes et le grand nombre de druses garnis de ci'istaux d’améthyste, que l’on trouve dans les mines de Rayas, et qui affectent les directions les plus différentes, suffiraient pour prouver que la Véda-Madre est un filon et non une couche.

A Valenciana, les minérais riches ont été les plus abondants entre 100 et 34o mètres de profondeur au-dessous de l’embouchure de la galerie. A Rayas, cette abondance s’est montrée dès la surface du sol; mais aussi la galerie de Valenciana, d’après les mesures de M. de Humboldt, est percée dans un plan qui

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est de i56 mètres plus élevé que l’embouchure de Ja galerie d’écoulement de Rajas; ce qui peut faire croire que le dépôt des grandes richesses de Guanaxuato se trouve dans cette partie du filon entre 2i5o et 1890 mètres do hauteur absolue au-dessus du niveau de l’Océan.

Les substances minérales qui constituent la masse du filon de Guanaxuato, sont le quartz commun, l’amétbjste, le carbonate de chaux, le spath perlé , le hornstein écailleux, l’argent sulfuré et natif, ramuleux, l’argent noir prismatique, l’argent rouge, de l’or natif, de la galène argentifère, de la blende brune, du fer spathique et des pyrites ferrugineuses et cuivreuses.

On y trouve encore, mais plus rarement, du feldspath cristallisé, de la calcédoine, de petites masses de chaux fluatée, du quartz filamenteux, dù fahlerz et du plomb carbonaté bacillaire.

■•Pour donner une idée de la richesse métallique incluse dans ce filon, il suffira de rappeler que la mine de Valenciana, pendant un espace de quarante ans, n’a jamais cessé de donner à ses propriétaires moins de deux à trois millions de francs de profit annuel, et la somme d’argent extraite s’élevait à plus de quatorze millions. Cependant cet énorme produit est dû bien plutôt à la grande facilité de l’exploitation et à l’abondance des mi-

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SüR LES DÉPÔTS MÉTALLIFÈRES. 617

nérais qu’à’ leur richesse intrinsèque, qui ne dépasse pas celle des masses du même ordre de l’Europe.

Le percement et le rauraillement des trois anciens puits de tirage ont coûté près de six millions.

La consommation de la poudre seule a été de 400,000 francs par an ; celle de l’acier pour les pointerolles et les fleurets, s’est montée à i5o,ooo francs, et, enfin, trois mille individus sont employés aux divers travaux.

Après ces exemples il serait sans doute superflu de nous arrêter plus longuement sur ces sortes de gîtes métallifères. Cependant, comme nous envisageons le phénomène des liions sous un coup d’œil général, nous ne pouvons pas nous dispenser d’observer que les roches cristallines non stratiGées offrent trèssouvent le même mode d’intercalation entre lesstrates d’un terrain sédimentaire. Cet épanchement a été la cause d’une foule d’erreurs en géologie et a fait considérer naturellement les masses minérales injectées comme n’étant que le résultat d’une alternance de dépôts, dont la nature était d’ailleurs tout-à-fait incompatible. C’est ainsi que pendant long-temps on a cru que les masses trappéennes (whinsill et toadstone), qui alternent à plusieurs reprises avec les couches horizontales du calcaire carbonifère et du terrain houiller du Cumberland et du Derbyshire, faisaient partie

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(les formations calcaires et houillères, jusqu’à ce que M. le professeur Sedgwick eût émis formellement l’opinion qu’elles n’avaient été injectées que postérieurement entre les couches des terrains encaissants.

Nous avons été à même d’observer de pareils faits à la grande cascade du Mont-Dore. Les assises du conglomérat trachytiquey sont traversées horizontalement par trois bancs de trachyte gris, subvitreux, à division prismatique verticale et dont l’âge est infîniment plus récent, puisque partout ailleurs il surgit au travers de toutes les masses de trachyte porphyroïde superposées aux conglomérats.

Cependant l’illusion est telle (ju’il est difficile de s’en defendre au premier aspect. Ce n’est qu’en étudiant soigneusement leur relation et en suivant les nombreux rameaux qui partent d’une des masses pour rejoindre les autres, qu’il est possible de revenir de l’erreur dans laquelle aurait jeté une observation superficielle.

Ayant, du reste, appuyé dans plusieurs circonstances .sur la disposition analogue que présentent quelquefois les j>orpbyres quartzifères, les syénites, les serpentines, et en général toutes les roches non stratifiées, il devient inutile d’entrer dans de plus amples détails sur ce sujet.

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