I. Sjst 'eme du TV estmoréland et du Hundsruck
Celui de ces rapprochements qui remonte à l’époque géologique la plus ancienne, est dû aux recherches dont M. le professeur Sedgwick a communiqué les résultats, en i83i , à la Société géologique de Londres. Ce savant géologue, qui s’était occupé depuis près de dix ans de l’exploration des montagnes du district des lacs du Westmoreland, a fait voir que la moyenne direction des difféi’ents systèmes de roches schisteuses y court du IN.-E. un peu E., au S.-O. un peu O. Celte manière de se diriger fait que, l’un après l’autre, ils viennent se perdre sous la zone carbonifère qui couvreles tranches de leurs couches^ d’où
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il résulte qu’ils sont nécessairement en stratification discordante avec cette zone. L’auteur confirme cette induction en donnant des coupes détaillées; et de tout l’ensemble des faits observés, il conclut que les couches des montagnes centrales du district des lacs ont été placées dans leur situation actuelle, avant ou pendant la période du dépôt du vieux grès rouge, par un mouvement qui n’a pas été lent et prolongé, mais soudain.
D'autres circonstances me font regarder à moi-même, comme bien probable, que ce soulèvement a même eu lieu avant le dépôt de la partie la plus récente des couches que les Anglais nomment terrains de transition, c’est-à-dire avant le dépôt des calcaires à trilobites de Dudley et de Tortworth.
M. le professeur Sedgwick a aussi montré que, si on tire des lignes suivant les directions principales des chaînes suivantes, savoir : la chaîne méridionale de l’Ecosse, depuis Saint- Abbs-Head jusqu’au Mull de Galloway, la chaîne de grauwacke de l’île de Man , les crêtes schisteuses de l’île d’Anglesea, les principales chaînes de grauwacke du pays de Galles et la chaîne de Cornouailles; ces lignes seront presque parallèles l’une à l’autre et à la direction mentionnée ci-dessus, comme dominant dans le district des lacs du Westmoreland.
L’élévation de toutes ces chaînes, qui influent si fortement sur le caractère physique
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du sol de la Grande-Bretagne, a été rapportée par M. le professeur Sedgwick à une même époque, et leur parallélisme n’a pas été regardé par lui comme accidentel , mais comme offrant une confirmation de ce principe général déjà déduit de l’examen d'un certain nombre de montagnes, que les chaînes élevées à la même époque présentent un parallélisme général dans la direction des couches qui les composent, et par suite dans la direction des crêtes que ces couches coustitueat.
La surface de l’Europe continentale présente plusieurs contrées montueuses, où la direction dominante des couches les plus anciennes et les plus tourmentées court aussi, comme M. de Humboldt l’a l’emarqué depuis long-temps, dans une direction peu éloignée du N.-E. ou de l’E.-]\.-E. {hora 5 — ^ de la boussole des mineurs). Telle est par exemple la direction des couches de schiste et de grauwacke des montagnes de l’Eiffel, du Hundsruck et du pays de Nassau, au pied desquelles se sont probablement déposés les terrains carbonifères de la Belgique et de Sarrebruck. Telle est aussi celle des couches schisteuses du Hartz; telle est encore celle des couches de schiste, de grauwacke et de calcaire de transition des parties septentrionales et centrales des Vosges, sur la tranche desquelles s’étendent plusieurs petits bassins houillers; telle est même à peu près celle des couches
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de transition, calcaires et schisteuses, d’une date probablement fort ancienne, qui constituent en grande partie le groupe de la montagne JVoire , entre Castres et Carcassonne, et qui se retrouvent dans les Pyrénées, où, malgré des bouleversements plus récents, elles présentent encore, et souvent d’une manière très -marquée, l’empreinte de cette direction primitive.
Enfin, cette direction hora 5 — 4 aussi la. direction dominante et pour ainsi dire fondamentale des feuillets plus ou moins prononcés des gneiss, micaschistes, schistes argileux et des roches quartzeuses et calcaires de beaucoup de montagnes appelées souvent primitives, telles que celles de la Corse, des Maures (entre Toulon et Antibes), du centre de la France, d’une partie de la Bretagne, de l’Erzgebirge, des Grampians, de la Scandinavie et de la Finlande.
Le parallélisme de cette direction, et de celle observée par M. le professeur Sedgwick,en Angleterre, joint à la circonstance que cette loi d’une forte inclinaison dans une direction à peu près constante, à laquelle obéissent presque universellement les couches et les feuillets des terrains les plus anciens de l’Europe, ne comprend pas les formations d’une origine postérieure, conduit naturellement à supposer que l’inclinaison de toutes les couches de sédiment qui sont comprises
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dans le domaine de cetle loi, est dne à une même catastrophe qui, jusqu’ici, est la plus ancienne de celles dont les traces ont pu être clairement reconnues. Il ne faut cependant pas désespérer de voir des recherches ultérieures mettre les lignes de démarcation, que l’observation indique déjà entre les différentes assises des anciens terrains de transition, eu rapport avec des soulèvements plus anciens et encore plus effacés que celui dont nous venons de parler. *
Les noms qui rappellent un type naturel bien déterminé, tels que ceux de calcaire du Jura, d’argile de Loqdres, de calcaire grossier parisien, ont, en géologie, des avantages tellementmarqués, qu’il était à désirer qu’on pîit en employer du même gônre pour les divers systèmes d’inégalités d’âges différents qui'àillonnent la surface de la terre. Il n’était'pras sans embarras de choisir, pour indiquer une réunion de rides qui traversent une grande partie de l’Europe, qui probablement s’y sont produites au milieu d’accidents préexistants, et qui, depuis, ont été soumises à un grand nombre de dislocations, un nom simple et'fjicile à retenir, qui se rattachât à des accidéntS' naturels du soi et qui ne fùt pas exposé, a cause de sa brièveté même,- à donner lieu à des équivoques et à des <|isputes de mots. II m’a semblé qu’on p ou rsàlil^âd opter pour le système dont nous parlons le nom de système
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du Westmoreland et du Hundsruck, en convenant de prendre la partie pour le tout, et en rattachant tout l’ensemble à deux districts montagneux, où les accidents très-anciens qui nous occupent sont encore au nombre des traits les plus proéminents. On pourrait tout aussi bien l’appeler système du Bigorre, du Canigou, du Pilas, de l’Erzgebirge, du Harz, puisque les coucbesschisteusesanciennesdont ces montagnes sont en grande partie composées ^paraissent avoir contracté elles-mêmes, à l’époque ancienne qui nous occupe, leurs inflexions primordiales. Mais comme ces mêmes montagnes paraissent dev>irunegrande partie de leur relief actuel à des mouvements beaucoup plus récents, j’ai craint qu’en les faisant figurer dans la désignation d’un système d’accid)ents bien antérieur à la configuration définitive qu’elles nous présentent, on n’introduisît trop de chances de confusion.
II. Systèmes des Ballons (Vosges) et des collines du Bocage (Calvados).
Les observations mentionnées dans l’article précédent prouvent déjà que le système du Westmoreland et du Hundsruck a été soulevé avant le dépôt de la série carbonifère; mais il paraît qu’il avait été même soulevé avant le dépôt de la partie la plus récente des cou-
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ches que les Anglais appellent de transition. En eü'et, parmi ces couches il en est une classe très-répandue en Europe, qui a échappé au ridement des schistes anciens dansla direction hora 3 — 4» paraîtrait au contraire
avoir été déposée sur les tranches de ces couches plus anciennes déjà redressées.
Telles sontles couches calcaires marneuses et arénacées avec orthocératites, trilohites, polypiers, etc., qui se trouvent en Podolie, aux environs de Saint-Pétershourg, en Suède et en Norwège, où elles ne sont généralement que peu dérangées de leur horizontalité primitive, et celles des montagnes de Sandormirz et des collines au JN.-O. de Magdehourg.
Telles sont encore les couches de transition, si riches en fossiles, de Dudley (Stallordsliire) et de Tortworlh (Gloucestershire), qui paraissent avoir été déposées au pied des montagnes déjà soulevées du pays de Galles, et qui ne sont elles-mêmes all'ectées que par des dislocations d’un ordre plus récent. Telles paraissent être aussi une partie des couches calcaires schisteuses et arénacées du midi de l’Irlande, objet des recherches de M. Weaver, et particulièrement celles qui renferment les ^ couches d’anihracite sur lesquelles sont ouvertes toutes les mines de combustible fossile de la province de Munster, excepté celles du comté de Clare, situées dans le véritable terrain houiller.
3o4 SCR LES SOULÈVEMENTS
Le terrain de transition des collines du Bocage (Calvados) et de l’intérieur de la Bretagne, a lui-même une grande ressemblance -4 * avec celui décrit par M. Weaver dans le sud de l’Irlande. Il se compose, de même, de couches multipliées de schiste, degrauwacke, de grès quartzeux passant à des roches de quartz, d’ampélite graphique et alumineux, et de calcaire; il contient des fossiles de la même classe et présente sur les bords de la Loire près d’Angers, ainsi qu’aux environs de Sablé et de Laval, des exploitations de combustibles.
Enfin, je suis encore porté à rapporter à la même époque de dépôt le terrain de schiste argileux et de grauwacke, contenant des couches d’anthracite avec des empreintes végétales peu différentes de celles du terrain houiller dont se compose en grande partie l’angle sudest des Vosges, et qui paraît s’être adossé aux massesgranitiques des environs de Gerardmer, de Remiremont et duTillot, qui elles-mêmes s’étaient probablement soulevées lors de la formation des anciennes rides Nord-Est Sud- Ouest.
Indépendamment des rapports géognostiques et paléontologiques qui se manifestent entre les diverses parties du vaste dépôt de transition dont je viens de parler, elles ont encore cela de commun, qu’elles échappent à la dislocation qui a produit l’anciens^stème
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dirigé entre le N.-E. et l’E.-N.-E. Lorsque ces couches ne sont pas horizontales, leurs dislocations suivent généralement d’autres directions, dontlaplus marquée, qui probablement a été pi’oduite immédiatement après leur dépôt, court suivant des lignes dont l’angle avec le méridien vai’ie suivant la longitude de go“ à mais qui sont toujours très-près d’être
exactement parallèles à un grand cercle qui passerait par le Ballon d’Alsace (dans le midi des Vosges), en faisant avec le méridien de cette cime un angle de 74°, ou en se dirigeant de l’O. 16° N. à l’E. 16“ S.
La dii-ection indiquée par le prolongement de ce grand cercle se retrouve à très-peu près dans les couches de transition du midi de l’Irlande, contrée montueuse et inégale, composée de crêtes courant généralement de l’Est à l’Ouest, et atteignant leur plus grande élévation dans les montagnes de Kerry, ou le Giirrane-tual, l’un des reeks de Magillycuddy, près de Killarney, s’élève à 1067 mètres audessus de la mer. Les couches de transition y aifectent, d’après M.Weaver, une direction générale de l’Est à l’Ouest, et plongent au Nord et au Sud enprésenlantunestratification verticale dans l’axe des crêtes : elles diminuent d’inclinaison de chaque côté de ces crêtes, se plient dans l’intervalle de manière à devenir horizontales, et forment ainsi une succession de bassins alongés. Elles atteignent des hau-
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leurs de moins en moins grandes, à mesttra qu’on s’avance vers le Nord, et finissent par s’enfoncersouslesdépôtscontrastantsdttvieux grès rouge et du calcaire carbonifère des com> tés de l'intérieur; discordance qui est rendue très-frappante par la position presque hori^ zontale du vrai calcaire carbonifère des mê* mes districtSk
Dans le Devonsbire et le Sommersetshire, la formation de grauwacke et de schiste contenant quelquefois de petits lits de matière charbonneuse , présente encore une direction peu éloignée du parallélisme avec le même grand cercle de comparaison (E. lo^S. — (X lo" N,)y et leur redressement, qui est certaine^ ment plus ancien que celui du conglomérat rouge d’Exeter (rotAe todte liegendé), attendu que ce dernier s’étend horizontalement sur lenrs tranches, ainsi qu’cm peut s’en assurer dans beaucoup de localités, parait être égale»ment antérieur au dépôt du vieux grès rouge qui ne les a pas recouvertes
Les couches de transition les pins récente» de la Bretagne et du Bocage delà Normandie^ celles dans lesquelles se trouvent les antbrascites des bords de la Loire et de Sablé,, le» calcaires à grapbtohtes de Feuguerolles et le» grès quartzeux de Mai, près Caen, courent aussi à peu près parallèlement au grand cercle de comparaison que nous avons indiqué cidessus, etc’ett'Sur leurs tranches ou sur celles
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tle couches plusanciennes, l'epliées avec elles, que paraissents’être déposés les petits terrains houillers de Littry (Calvados) et du Plessis (Manche), celui de Saint- Pierre-la- Cour (Mayenne)? ceux de la Vendée, et probablement aussi celui de Quimper.
Les masses de syénite et de porphyre qui dans le sud-est des Vosges forment les cimes jumelles du Ballon d’Âlsace et du Ballon de Comté, s’alongent, de l’Est 16“ Sud, à l’Ouest i6“IVord, et ont redressé, dans cette direction, les couches du terrain à anthracites. Le terrain houiiler de Ronchamps s’est déposé au pied de ces montagnes sur les tranches des couches redressées.
La structure de toute la partie méridional du massif central des Vosges, depuis PloÉPr bières jusqu’à la vallée de Massevaux, est en rapport avec celle du Ballon d’Alsace, et se rattache à la direction O. iG"N. — E., iG" S. Il en est de même de la partie méridionale du noyau ancien de la Forêt-Noire.
Le Ballon d’Alsace s’élève à 789 mètres audessus de la ville de Giromagny, bâtie ellemême au niveau du terrain houiiler , et le Ballon de Gebweller, situé plus au Nord-Est, s’élève à g55 mètres au-dessus du même point. Parmi les inégalités de la surface du globe, dont on peut assurer que l’origine remonte à une date aussi reculée, on ne poui’rait encore en citer de plus considérables.
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5o8 SUR LES soulèvements
La Lozère nous présente, beaucoup plus an Sud.'Unc autre massegranitoïde alongée à peu près dans le même sens; et comme la direction de cette masse semble avoir déterminé celle du bassin intérieur des départements de la Lozere et del’Aveyron, danslequelse sont déposés horizontalement le terrain bouiller, le grès bigarré etle calcaire du Jura, on peutsupposer que l’élévation de celte masse est contemporaine de celle de la syénite du Ballon d’Âlsace.
Le Harz se termine au N.-N.-E. par un escarpement comparable à celui qui termine les Vosges et la Forêt-Noire au S.-S.-0. Cet escarpement, qui coupe obliquement la direction des couches schisteuses, est parallèle à la plus grande longueur de ce groupe de C^ntagnes isolé, et à la ligne sur laquelle les granités du Brocken et de la Rosslrappe se sont élevés, en perçant les schistes et les grauwackes déjà redressés antérieurement dans une autre direction; il est en même temps parallèle, à peu de chose près, au grand cercle de comparaison dont nous avons déjà parlé. Ce soulèvement, évidemment postérieur au premier redressement des schistes et des grauwackes, dans la direction hora 3 — 4» P**®
été le dernier que le Harz ait éprouvé; mais il a influé plus qu’aucun autre sur la forme générale de son relief, et il a évidemment précédé le dépôt des terrains houillers qui ~ sont situés à son pied.
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DES UONTAGJSES.
Les grauwackes, qui forment des collines au N.-O. de Magdelxourg, et dans lesquelles on trouve, comme en Irlande, en Bretagne et dans le sud des Vosges, un grand nombre d’impressions d’ëquisétacées e t d’autresplan tes peu différentes de celles du terrain houiller, ne partagent pas la direction, hora 3 — 4> ‘l®* autres grauwackes de l’Allemagne. Elles appartiennent probablement à la partie la plus récente des dépôts dits de transition, et la direction de leurs couches est presque parallèle à celle de l’escarpement N.-N.-E. du Harz, dont le soulèvement a sans doute eu quelque influence sur le ridement qu’ellesont éprouvé.
Enfin les montagnes de Sandomirz, dans le S.-O. de la Pologne, nous présentent encore des couches de transition, d’une date probablement récente, redressées dans une direction presque exactement parallèle à celle du grand cercle de comparaison que nous avons mené par le Ballon d’Alsace.
Ce système de rides avait concouru avec le précédent, et peut-être avec d’autres encore qui n’ont pas été étudiés jusqu’ici , à donner un relief ondulé et une structure disloquée au sol ancien ( Ur- und Uebergangs- Gcbirge), dans les inégalités duquel se sont, plus tard, déposées les premières couches de cet ensemble de dépôts que Werner avait nommé Fketz-Gebirge, et que les géologues français et anglais ont nommé dépôts secondaires-, dépôts dont
SUR LES SOÜLiR’EMENTS
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Ja série carbonifière {oîd redsàndstone, mountain limes tone, coal measures) forme l’assise inférieure.