‹ Traite de geognosie, ou expose des connaissances actuelles sur la constitution physique et minerale du globe terrestre. Par J.F. D'Aubuisson de Voisins ... Tome premier 3 Tome 3Chapitre 9 sur 38 · III. Sjst'eme du nord de F Angleterre · texte numérisé non relu

III. Sjst'eme du nord de F Angleterre

Depuis la latitude de Derby jusqu’aux frontières de l’Ecosse , le sol de l’Angleterre se trouve partagé par un axe montagneux qui, pris dans son ensemble, court presque exactement du Sud an Piord en s’écartant seulement un peu vers le Nord-Nord-Ouest. Dans • cette chaîne, qui, étant formée entièrement par des couches de la série carbonifère, est aujourd’hui nommée la grande chaîne carbonifèi*e du nord de l’Angleterre, les forces soulevantes semblent, en prenant la chose dans son ensemble, avoir agi (non toutefois sans des déviations considérables) suivant des lignes dirigées à peu près du S. 5“ E. au N. 5“ O. Ces forces soulevantes ont produit de grandes failles dont l’une forme le bord occidental de la. chaîne dans le Peak du Derbyshire. Elle est prolongée par une ligne anticlinale dans les montagnes appelées Western Moors du Yorkshire; et à partir de là l’escarpement occidental de la chaîne est accompagné par d’énormes fractures, depuis lecentredu Craven jusqu’au pied du Stainmoor. Une autre fracture trèsconsidérable passant au pied de l’escarpement occidental duchainonduCross-fell, rencontré

SES MONTAGNES

SOUS un angle obtus, pi-ès du pied du Stainmoor, la grande faille du Craven. Cette der> nière faille explique immédiatement la posi* tion isolée des montagnes du district des Lacs.

M. le professeur Sedgwick px'ouve directement, dans le Mémoire qu’il a consacré à la structure de cette chaîne, que toutes lesfractures ci-dessus mentionnées ont été produites immédiatement avant la formation des conglomérats du nouveau grès rouge {rothe todte liegende), et il présente les plus fortes raisons pour penser qu’elles ont été occasionées par une action à lafois violenteet de courte durée; car on passe sans intermédiaire des masses inclinées et rompues aux conglomérats qui s'étendent sur elles horizontalement, et il n’y a aucune trace qui puisse indiquer un passage lent d’un ordre de choses à l’autre. Enfin, M. le professeur SedgAvick, recherchant quelle pourrait être l’origine des phénomènes décrits, indique les différentes roches cristallines qui se nrontrent en contact avec les roches de la série carbonifère (le toadstone du Derbyshire et le whinstone du Cumberland).

L’élévation de la chaîne du nord de l’Angleterre n’a probablement pas été un phénomène isolé; mais, si l’on jette un coup d’œil sur la carte géologique de l’Angleterre par M. Greenough,etsur celle jointe au Mémoire de MM. Buckland et Conybeare sur les environs de Bristol, on est naturellement conduit

3 I 2 SUR LES SOULÈVEMENTS

à remarquer, que les roches problématiques qui percent et qui disloquent les dépôts houil* 1ers de Shrewsbury et de Coal-brook-dale, et celles qui forment les Malvern-Hills, paraissent liées à une série de dislocations qui, courant presque du Nord au Sud, se prolonge à travers les couches de transition récentes, et les couches de la série carbonifère, jusqu’aux environs de Bristol.

La côte, dirigée presque du Nord au Sud, qui forme la limite occidentale du département de la Manche, et différentes lignes de fracture dirigées de même dans le sens du mériilien que présente le bocage de la Normandie, doivent aussi probablement leur origine première à des dislocations de la même caté- ' gorie que celles de la grande chaîne carbonifère du nord de l’Angleterre.

Peut-être aussi des traces du même phénomène pourraient-elles être reconnues dans le massif central de la France (chaîne de Pierresur-IIaute, chaîne de Tarare), dans les montagnes des Maures (département duVar)etdans les montagnes primitives de la Corse.

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