B. TYPES XÉROPHILES ARBORESCENTS DES SAVANES AFRICAINES (UGOGO
Au centre, un baobab (Adansonia digitata) entouré d'acacias-parasols (Acacia spirocarpa). Au premier plan, brousse épineuse, avec Sanseveria (un pied isolé à droite).
Planche XLII.
E. de Martonne. Géographie Physii/ne.
Planche XLI1I.
E. de Martonne. Géographie Physiqi
d'eau et dans les endroits humides. Mais la grande différence est dans le fait que la floraison a lieu pour la plupart des espèces justement à ce moment. Seules les plantes méditerranéennes dans la zone tempérée ont la même habitude. La taille des arbres est généralement inférieure à celle des géants de la forêt équatoriale. La variété est moins grande aussi bien au point de vue biologique qu'au point de vue systématique. Le sous-bois est moins abondant, et les lianes sont exclusivement ligneuses. Les épiphytes sont nettement xérophiles, souvent succulentes, ou à l'état de lianes parfois épineuses (Rotang). Suivant la durée de la période sèche, les caractères de la forêt tropicale sont très différents. C'est dans les régions de climat subéquatorial ou soudanien, et de climat de mousson bengalien, que l'aspect et le groupement systématique se rapprochent le plus de la forêt équatoriale. Mais dans la zone du climat tropical ou sénégalien et des climats de mousson plus secs, les conditions d'existence deviennent plus précaires pour la végétation arborescente. La perte des feuilles pendant la saison sèche est absolument générale, le repos végétatif très sensible. La taille des arbres se réduit encore et dépasse rarement 20 m. , le sousbois tend à disparaître avec les lianes et les épiphytes, un tapis herbeux s'étend sur le sol. Même dans ces conditions, les arbres ne subsistent qu'au prix d'adaptations xérophiles, l'écorce s'épaissit, le tronc, les branches deviennent énormes (type du baobab), — ou bien, au contraire, le squelette ligneux devient grêle et très ramifié avec des épines (type des Mimosées, pi. XLII, B). Même les palmiers prennent des formes xérophiles (pi. XLII, A). Des formes succulentes apparaissent (euphorbe-candélabre, pi. XLV, C). Enfin, la forêt s'éclaircit et passe aune association ouverte. Dans l'état où nous venons delà décrire, elle ne couvre jamais de grands espaces, et apparaît seulement disséminée çà et là dans la région des savanes, suivant les cours d'eau (campos du Brésil).
Associations herbacées. — Les associations herbacées pures ne jouent pas un très grand rôle dans la zone des climats chauds. La savane tropicale n'est pas simplement, comme ont pu le faire croire les descriptions de certains voyageurs, une mer de hautes herbes. Des touffes de graminées, plus ou moins hautes suivant les conditions locales, jaillissent à une certaine distance, laissant entre elles le sol nu; on y voit généralement se mêler des arbustes ou arbres plus ou moins rabougris, présentant tous les types d'adaptations xérophiles : développement des parties ligneuses, réduction des feuilles, épines, ou au contraire tiges succulentes.
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La savane est une association mixte et ouverte. Les herbes y sont plus abondantes et plus hautes dans les dépressions humides, plus clairsemées et plus courtes sur les plateaux. Après un rapide développement à la saison des pluies, elles se dessèchent complètement et les chaumes calcinés prennent feu parfois d'eux-mêmes, quand l'incendie n'est pas allumé dans un but de chasse ou de défrichement temporaire. Tous les voyageurs parlent de ces grands embrasements comme d'un phénomène régulier dans les savanes africaines ou américaines.
Rien de plus varié dans le détail que l'aspect des pays de savanes, malgré l'uniformité générale qui leur a fait donner partout un nom spécial : campos et catingas du Brésil, llanos du Venezuela, brousse africaine, jungle hindoue. C'est au sol que sont dues surtout les variétés locales. Le long des cours d'eau, les arbres se groupent en formant une véritable forêt; vu de haut, le pays apparaît alors comme traversé de galeries forestières (pi. XLIII). Sur les plateaux, la moindre ondulation, le moindre changement de nature du sol, donne l'avantage soit aux arbres, soit aux arbustes épineux, soit aux herbes. Des bouquets d'arbres apparaissent ainsi aux points les plus favorisés et, lorsque les herbes sortent du sol avec les premières pluies, l'aspect du pays se rapproche tellement de celui de nos campagnes, qu'il est noté par tous les voyageurs africains. On le compare généralement à un parc (Parklandschaft) .
La latérite joue un grand rôle dans toute la zone tropicale pour différencier les aspects de la savane : lorsqu'elle forme une croûte épaisse, comme c'est le cas dans le Soudan oriental et les plateaux du Brésil, les caractères xérophiles s'accentuent et les associations deviennent plus ouvertes. Le calcaire paraît avoir une influence semblable; il appelle les forêts épineuses.
La tourbe est inconnue dans la zone chaude, mais les marais n'en ont pas moins une végétation spéciale. Dans les pays de mousson asiatique, les plaines inondées à la saison pluvieuse sont couvertes de fourrés impénétrables de bambous. Dans l'Amérique du Sud, ce sont des palmiers spéciaux qui jouent le même rôle. A Madagascar, on voit aussi les plaines inondées semées de palmiers qui sortent de l'eau (pi. XLII, A).
D'une manière générale, un sol profond, mais sec, amène la prédominance des fourrés épineux avec plantes grasses [catingas du Brésil) ; un sol peu profond donne au contraire un manteau à peu près continu d'herbes {campos du Brésil, alang de l'Inde) ; dans les parties humides, les chaumes peuvent atteindre à la fin de l'été jusqu'à 5 mètres.
Forêts littorales des Pays chauds
Cliché G. de Gironcourt.