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BIOGEOGRAPHIE
demment une place à part, à cause de la prédominance exclusive des associations ouvertes; mais, au point de vue floristique, elles appartiennent à des domaines différents.
Conditions générales de la zone des climats chauds. — La zone des climats chauds forme évidemment une unité au point de vue systématique aussi bien qu'au point de vue physiologique. Certaines familles, certains groupes même en sont exclus.
Les mousses ne jouent qu'un faible rôle, mais les fougères ont une richesse de développement qui rappelle les conditions des périodes géolo-
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Fig. 356. — Extension des Palmiers, d'après Drude.
Exemple de localisation d'une famille dans une zone climatique caractérisée par une série d'associations végétales connexes : 1, limite N. et S. de l'aire d'extension des palmiers; 2, groupe américain ; 3, groupe africain ; 4, groupe oriental. Dans chacun des groupes '2, 3, 4, le grisé serré indique l'aire où les palmiers sont le plus nombreux et sont un élément important des associations forestières.
giques anciennes. Pas de Conifères, peu de Gymnospermes, mais une variété de Monocotylédones arborescentes inconnue à la zone tempérée. Les Palmiers sont la famille la plus caractéristique (fig. 356); la variété de leurs formes est aussi grande que celle de leurs espèces : à côté des types hygrophiles normaux, qui sont les plus connus, avec leur stipe élevée et leurs immenses feuilles, il y a des palmiers-lianes, des palmiers-épiphytes, des palmiers buissonnants et épineux.
Les bambous (Bambusa, Dendrocalamus) sont une des formes caractéristiques des pays chauds. La famille des Musacées (bananiers) est représentée dans presque toutes les régions florales. Les Pandanus offrent un des types arborescents les plus curieux, absolument spécial à la zone chaude. Les Orchidées, surtout épiphytes, ne sont nulle part plus largement représentées.
Parmi les Dicotylédones, un certain nombre de familles peu ou pas connues dans la zone tempérée ont une grande importance, mais, à rencontre des Monocotylédones, elles prennent souvent la forme herbacée ou buissonnante (Urticacées, Pipéracées, Solanées). Les Légumineuses ont un grand
développement et donnent quelques-unes des formes arborescentes les plus caractéristiques.
Mais le trait fondamental de la flore des pays chauds est l'importance des fougères et des Monocotylédones, restes d'un monde floral archaïque, qui couvrait jadis toute la terre et que le refroidissement a peu à peu refoulé vers l'Equateur.
Au point de vue biologique, toute cette végétation est exclusivement mégatherme; elle disparaît dès que la moyenne annuelle s'abaisse audessous de 20°. La variation de la chaleur est trop faible pour qu'aucune fonction soit jamais arrêtée par l'abaissement de la température. Certaines fonctions, comme la germination et la croissance qui la suit, s'accomplissent avec une rapidité stupéfiante. Les épiphytes et certains bambous poussent pour ainsi dire à vue d'œil.
L'intensité de la lumière, en rapport avec la grande hauteur du soleil au-dessus de l'horizon, favorise la formation des fleurs aux couleurs éclatantes et permet le développement d'une végétation de sous-bois d'une vigueur extraordinaire. Un certain nombre de plantes de culture tropicales sont des plantes d'ombre et ont besoin d'être abritées. Même chez les espèces les plus vigoureuses, les effets d'une lumière excessive sont sensibles : l'orientation des feuilles, les mouvements des folioles sont autant d'essais de protection, malgré lesquels on observe parfois une décoloration par épuisement de la chlorophylle. Le grand développement des plantes d'ombre et l'infériorité relative des plantes de lumière, voilà un des caractères biologiques généraux les plus curieux delà végétation des pays chauds.
Malgré la stabilité de la température, le développement delà végétation ne se poursuit pas toujours uniformément toute l'année. La transpiration intense due à la chaleur devient un grave péril, dès que les réserves d'eau sont épuisées par une période de sécheresse de quelques mois. Aussi est-ce le régime des pluies qui règle les phénomènes périodiques de la végétation dans la zone chaude. Là où il y a une période sèche, il y a, comme dans nos régions en hiver, arrêt du développement végétatif, chute des feuilles des arbres, disparition à peu près complète des parties aériennes des plantes herbacées. La prédominance des formations arborescentes ou herbacées dépend en grande partie de l'étendue de la période sèche et de la nature du sol, retenant plus ou moins l'eau. Les associations ouvertes se montrent partout où la somme annuelle des précipitations est inférieure à 1 m.; elles sont généralement caractérisées par des adaptations xérophiles. Le véritable désert se rencontre là où le sol reçoit moins de 250 mm. C'est à la variété des conditions de l'humidité que
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les pays chauds doivent la variété de leurs types biologiques et de leurs associations végétales.
Parmi les associations fermées et simples, nous étudierons la forêt équatoriale, \& forêt tropicale-, parmi les associations mixtes et ouvertes, la savane, le parc, la forêt galerie, etc.
Associations forestières. — La forêt équatoriale est le type de ce qu'on appelle communément la forêt vierge. Elle couvre d'un manteau impénétrable les régions à climat équatorial du type amazonien partout où la somme annuelle de pluie dépasse 1 500 mm. et où il n'y a pas de période sèche. La végétation n'y manifeste aucun repos apparent. Il ne faut pas croire cependant que toutes les fonctions s'accomplissent sans interruption. L'apparition de nouvelles feuilles d'un vert plus clair signale çà et là une reprise d'activité. La floraison et la fructification sont généralement interrompues, parfois pendant plusieurs années, mais il y n'a aucun synchronisme dans ces périodes de repos et l'ensemble a constamment l'air d'être en pleine activité vitale; la forêt est toujours verte.
Au point de vue morphologique, la forêt équatoriale frappe surtout par sa richesse et sa complexité. Vue de haut et de loin, elle étonne le voyageur habitué à la monotonie de nos forêts tempérées, par les teintes variées de ses frondaisons et leur inégalité. La taille moyenne des arbres atteint 30 à 40 m. ; un certain nombre s'élèvent bien au-dessus. Toutes les formes végétales sont représentées. A côté des arbres de haute taille et sous leur couvert, s'élèvent des arbres de seconde taille, des plantes herbacées arborescentes (fougères, bananiers); des lianes à tige ligneuse ou succulente, des épiphytes herbacées sont partout répandues. Les ramifications des branches des arbres sont beaucoup moins marquées que dans les régions froides ou sèches; beaucoup d'arbres ont un tronc uni, lisse ou même vert, à cause du faible développement de l'écorce. Des hampes florales en sortent parfois. La superposition de quatre ou cinq étages de végétation, le développement extraordinaire du sousbois et l'enchevêtrement des lianes et des épiphytes, avec leurs racines aériennes donnent une impression de confusion et d'exubérance inoubliable (v. pi. XLI).
La forêt équatoriale est le type le plus complet de l'association fermée. La forêt tropicale n'a pas la même apparence de vie continue ni la même richesse de formes. La chute des feuilles s'y produit pendant la période sèche et est générale à la fin; l'aspect se rapproche alors de celui de nos forêts pendant l'hiver, sauf au bord des cours
Planche XL.
E de Martonne. Géographie Physique.
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Planche XLI.
K. de Martonne. Géographie Physique.
Savanes tropicales
A. — SAVANE A PALMIERS INONDÉE PENDANT LA SAISON DES PLUIES (MADAGASCAR). lhjph<viie coriacea est une forme de palmier xérojjhile typique.
Cliché Dusse yV egciaiionsbuder, Fischer, éditeur, léna).