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OSCILLATION

LATITUDE

La température décroît constamment de l'équateur vers le pôle, mais c'est entre 30° et 50° que la décroissance est le plus rapide. L'augmentation de l'oscillation thermique avec la latitude est frappante. On remarquera que l'hémisphère Nord a partout l'avantage pour la moyenne annuelle, surtout dans les hasses et les hautes latitudes. La saison d'été y est aussi partout plus chaude que dans l'hémisphère Sud. Même pour la saison froide, l'hémisphère Nord a encore l'avantage jusqu'à 30° de latitude, car dans les basses latitudes la variation thermique est faible ; mais à partir du 30e parallèle, l'hémisphère océanique est le moins froid. L'oscillation thermique augmente beaucoup plus vite avec la latitude dans l'hémisphère Nord. Dans l'hémisphère Sud, elle atteint son maximum par 30° de latitude et diminue ensuite; c'est que les terres y disparaissent presque complètement.

Les moyennes de température calculées suivant la latitude ont encore l'avantage de permettre une évaluation précise de toutes les anomalies locales de température. Vanomalie est mesurée par la différence de la température de chaque station avec la température moyenne du parallèle sur lequel elle est située. Elle est positive ou négative suivant que la station est trop chaude ou trop froide. En joignant les points qui présentent les mêmes anomalies on obtient des courbes dites isanomales. Les cartes d'isanomales sont intéressantes à rapprocher des cartes de pression atmosphérique. Elles

montrent d'une manière évidente le rapport des anomalies de pression avec celles de la température (voir le chapitre suivant).

On a tenté de trouver une formule exprimant exactement le rapport de la température avec la latitude et l'étendue des continents, telle que, connaissant ces deux éléments, on puisse calculer la température moyenne d'an parallèle. D'après Forbes [8], la température diminuerait de l'équateur au pôle sur une terre purement océanique, à peu près suivant le cosinus de la latitude, sur une terre purement continentale suivant le carré de ce cosinus. La formule complète est

tcp = — 10°,8 -f 32,9 cos 4/5 cp + 21.2 cos 2cp.

Elle donne des résultats conformes à la réalité pour l'hémisphère Nord jusqu'à 75°, pour l'hémisphère Sud jusque 40°.

Zenker a calculé, en partant de l'étude de la chaleur solaire, la température moyenne des parallèles sur un hémisphère entièrement maritime. En partant de ces données, et en faisant intervenir l'étendue des continents, on obtient des résultats coïncidant de façon assez exacte avec les moyennes réelles.

Le calcul et l'observation s'accordent pour montrer que l'influence des terres et des mers n'est pas la même dans les hautes et les basses latitudes. Spitaler a calculé que, de 0° à 45° de latitude, un hémisphère entièrement maritime n'atteindrait que 18°2. Par contre, de 45 à 90°, l'hémisphère continental donnerait — 6°2 contre — 2°7 pour l'hémisphère maritime. La plus haute température moyenne serait donc réalisée sur un hémisphère où domineraient les terres de 0° à 45°, et les mers à partir de 45°. On comprend par suite que la moyenne des températures pour l'hémisphère Sud soit légèrement supérieure à celle de l'hémisphère Nord (15°9 contre 15°2). Plus froid de 5° pendant la saison chaude, il est plus chaud de 3°7 pendantla saison froide La température moyenne de tout le globe est donc plus basse en janvier qu'en juillet, nouveau signe de l'importance des facteurs géographiques et de l'influence prépondérante de l'hémisphère Nord. La quantité de chaleur apportée par le Soleil à la Terre est sensiblement la même pendant toute l'année; la moyenne des températures observées à la surface du sol n'en est pas moins plus basse pendant la saison où l'hémisphère Nord est en hiver. Tel est le bilan de la situation thermique de l'atmosphère à la surface du globe, résumé par le petit tableau suivant :

Année. Juillet. Janvier. Amplitude.

Hémisphère Nord 15°,2 22°,5 8° 14°,5

— Sud 15°,9 12°,4 17°,5 5fl,l

Toute la Terre 15°,1 17'J,4 12°,7 4°,7

LA TEMPÉRATURE 137

1. — Humboldt. Des lignes isothermes de la distribution de la chaleur sur le globe (Mém. Soc. d'Arcueil, 1817) (première carte d'isothermes, montrant le contraste entre les côtes Est et Ouest; reproduction dans Helmholtz. Neuclruck von Schriften und Karten ùber Météorologie und Erdmagnetismus, Berlin, 1897).

2. — Buchan (A.). Report on atmospheric circulation. Voyage of H. M. S. Challenger. Physics and Chemistry, t. II, 263 p., cartes 1-26, 1889.

3. — Hann (J.). Atlas der Météorologie. Gotha, 1887 (Berghaus' Physikalischer Atlas, Abt. III).

4. — Spitaler (R). Ueber Temperatur-Anomalien auf der Erdoberflàche. P. A/., 1887, p. 364, pi. 20, et 1889, p. 281, pi. 17-18.

5. — Van Bebber (J.). Die Verteilung der Warmeextremen iiber die Erdoberflache. P. il/., XXXIX, 1893.

6. — Batchelder (S. F.). A new séries of isanomalous température charts based on Buchans Isothermal charts. Amer. Met. J., 1894.

7. — Kôppen. Die Warmezonen der Erde nach Dauer der heissen, kalten und gemàssigten Zeit und nach Wirkung der Wàrme auf die organische Welt betrachtet. Met. Z., .1884, p. 215.

8. — Forbes (J. D.). Inquiries about terrestrial température. Trans. Edinburgh R. Soc, t. XXII.

Outre ces travaux généraux, il a paru utile de signaler les principales études régionales de la température, basées sur des séries régulières. Le nombre en est beaucoup plus restreint qu'on ne le croit généralement.

9. — Angot (A.). Études sur le climat de la France, Température, lre partie. Ann. Bur. centr. Met., 1900, Paris, 1902, p. B 33-118; 2e partie (1902), Paris, 1905, p. 41-130; 3e partie (1904), Paris, 1907 (étude critique modèle des températures; résumé avec cartes mensuelles : A. d. G., XIV, 1905, p. 296-309, pi. 7).

10. — Perlewitz (P.). Versuch einer Darstellung der Isothermen des Deutschen Reichs. Forsch. z. D. Landes u. Volksk., XIV, 1903, p. 81-150, 3 cartes (pousse trop loin le désir d'éliminer les anomalies locales).

11. — Trabert. Isothermen von Oesterreich. Denksch. Ak. d. Wiss. Wien, 1901, LXXIII, p. 346-463, 6 pi.) (pourrait être accusé au contraire de n'avoir pas assez éliminé les influences orographiques ; correction d'altitude uniforme de 0°,5 par 100 m.).

12. — Hann(J.). Temperaturverhâltnisse der Oesterreischischen Alpenlànder, 1851-1880. Sitzber. Ak. d. Wiss. Wien, 1884 et 1885 (a très bien étudié ces influences).

13. — Buchan. Carte des îles Britanniques. J. Scot^ Met. Soc., t. XIII-XIV (reprod. dans Bartholomew, Physical Atlas, III, pi. 6, cartes mensuelles).

14. — Hann. Atlas der Météorologie (donne la meilleure représentation des isothermes des États-Unis),

15. — Bartholomew. Physical Atlas, III, pi. 9 et 10. Isothermes de l'Inde, de l'Australie et du Sud Africain, par Buchan.

16. — Wild. Temperaturverhâltnisse des Russischen Reichs, Supplément Bd. zuv Repertorium fur Met., 1881 (Cartes reproduites dans Rykatschef, Atlas climatologique de l'Empire russe, Pétersbourg, 1900; ces cartes sont encore la base de notre connaissance de l'Asie centrale et septentrionale).

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