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OUVERT

Caractères morphologiques des océans. — On distingue généralement cinq grands océans : Atlantique, Pacifique, Indien, Arctique et Antarctique. Nous connaissons trop imparfaitement encore les océans polaires, pour savoir si réellement ils méritent une place

à part. Nansen [10] a toutefois montré assez nettement que l'océan Arctique n'est qu'une sorte de golfe de l'Atlantique septentrional, dont les caractères physiques se rapprochent de ceux d'une mer bordière. L'Atlantique, le Pacifique et l'océan Indien forment trois bassins bien individualisés, communiquant largement ensemble au Sud et terminés en cul-de-sac vers le Nord. Cette curieuse disposition a une grande influence, comme nous le verrons, sur la distribution des températures.

L' Atlantique a la forme d'un long fuseau s'épanouissant au Sud, s'étranglant au Nord. Un seuil transversal, où les profondeurs sont inférieures à 1000 m., le sépare de l'océan Arctique. Cette sorte de pont reliant l'Europe à l'Amérique est connu sous le nom de seuil Wyville Thomson. Vers le Sud, rien de pareil, l'Atlantique s'ouvre largement sur le bassin polaire. Nous verrons que cette disposition a une grande importance pour le régime thermique. Le trait le plus curieux du relief sous-marin de l'océan Atlantique est la longue croupe qui s'étend du Nord au Sud depuis l'Islande jusqu'au Cap, séparant deux cuvettes allongées où les profondeurs atteignent 6000 m. Des îles la jalonnent (Açores, St-Paul, Ascension, Tristan da Cunha). Elle est tordue entre les tropiques, parallèlement aux contours des deux rives de l'Océan, et d'après les sondages récents paraît échancrée à la hauteur de l'équateur par une avancée de la cuvette occidentale aboutissant à une fosse de plus de 7 000 m. Cette disposition du relief, que nous ne pouvons encore expliquer, a une influence très nette sur les mouvements d'ensemble de la masse océanique. Borgen a montré (v. chap. n) que la propagation régulière des marées d'un hémisphère à l'autre est gênée par la crête transversale qui tend à joindre l'Amérique du Sud à l'Afrique. En résumé, la cuvette Atlantique, de forme allongée et tordue, isolée au Nord, largement ouverte au Sud, est décomposée en quatre compartiments : deux dans chaque hémisphère.

Le Pacifique est d'un type tout différent. De forme elliptique, plus largement ouvert au Sud, il est complètement fermé au Nord. Il n'y a pas trace de seuil médian comme dans l'Atlantique, mais une multitude extraordinaire d'îles très petites, en général portées sur des socles isolés. Cette circonstance, sans influer sur la circulation des eaux, détermine cependant les caractères particuliers des dépots (grand développement des vases coralliennes ou volcaniques). Nulle part la loi de dissymétrie du relief terrestre n'est plus marquée que dans le bassin Pacifique. Les grandes profondeurs y sont rejetées sur les bords, souvent au pied même dé hautes chaînes (fosse

du Chili longeant les Andes, fosses des Kouriles et des îles Aloutiennes). La fosse des Tonga et celle des Carolines renferment les plus grandes profondeurs mesurées jusqu'à ce jour (9 427 et 9636 m.). Si l'on tient compte de la courbure réelle de la surface terrestre (v. lre partie, p. 30), on doit considérer dans l'ensemble le fond du Pacifique comme une surface convexe, sauf dans les sillons marginaux qui l'entourent. L'orientation des guirlandes insulaires et des hauts fonds qui les supportent a depuis longtemps attiré l'attention et suggère l'idée d'un compartiment de l'écorce terrestre en voie de plissement ou de soulèvement. Pour autant que nous connaissons cet océan, il semble que la complexité des formes du relief sousmarin aille en croissant de l'Est à l'Ouest. Les guirlandes d'îles, avec les hauts-fonds les portant, finissent par se grouper en une traînée formant pont entre l'Asie et l'Australie et isolant le chapelet de mers bordières le plus continu qui existe à la surface du globe.

L'océan Indien est un Pacifique plus petit, encore plus radicalement fermé au Nord et plus largement ouvert au Sud. Les îles y sont assez nombreuses, même si l'on met à part Madagascar, qui est un véritable petit continent. L'orientation des hauts fonds qui les portent est régulièrement Xord-Sud, et trahit des mouvements semblant de même nature que ceux des grandes fractures méridiennes de l'Afrique orientale. Mais ce qui est particulièrement important, c'est la position géographique de cet océan, le seul qui s'étende à peu près exclusivement dans la région chaude, et la ceinture de grandes masses continentales qui l'entoure de trois côtés. Cette disposition a pour conséquence des troubles graves dans le régime régulier de la circulation océanique. Les échanges thermiques entre la terre et la mer amènent la production des vents de mousson, qui renversent d'une saison à l'autre le sens des courants marins. C'est le seul exemple de cette ampleur d'une influence directe des continents sur la vie de l'élément liquide.

Température de la surface des océans. — Nous connaissons assez exactement, dans ses grandes lignes, la distribution des températures à la surface des océans, pour apprécier l'importance géographique de son étude. L'influence exercée par les océans sur le climat nous est déjà connue. On se l'explique, en comparant les températures moyennes de l'air et des eaux marines aux différentes latitudes :

Latitude. 0° 10° 20° 30° 40° 50° 60°

Air ... . 25°, 9 25°,8 Mer .... 26° ,3 25°, 5

7ÙJ

Au voisinage de l'équateur, la mer est plus chaude de 0°4, ce qui explique les moyennes très élevées du climat océanien. Dès 10° de latitude, elle commence à être légèrement moins surchauffée, et c'est au voisinage du tropique qu'elle est le plus en retard sur les terres. Mais, à partir de 40°, elle échappe au rapide refroidissement, qui se marque en allant vers les pôles et reste une source de chaleur dont nous avons pu apprécier l'importance.

La comparaison des courbes isothermes de la mer avec celles de l'air, au mois le plus chaud et au mois le plus froid, est particulièrement instructive (fîg. 104 et 105, cf. fig. 47 et 48). En hiver la mer est partout notablement plus chaude que l'air. Mais c'est surtout dans l'Atlantique septentrional que son avantage est le plus marqué (courbe de 0° des eaux se superposant à la courbe 10° de l'air). En été, la mer est plus chaude dans l'océan Indien seulement et notablement plus froide dans l'Atlantique Nord. D'une manière générale, on constate une concordance frappante entre le tracé des isothermes de l'air et des eaux. Elles décrivent des sinuosités parallèles, manifestant les mêmes anomalies.

Voici quelles sont, d'après Krummel [2], les températures moyennes des trois grands Océans à différentes latitudes :

Atlantique

Pacifique

Océan Indien . . .

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