‹ Traité de géographie physique; climat - hydrographie - relief du sol - biogéographieChapitre 76 sur 162 · B. BOUCLE DE LA MEUSE A FUMAY (ARDENNES · texte numérisé non relu

B. BOUCLE DE LA MEUSE A FUMAY (ARDENNES

Opposition classique du versant escarpé de la rive concave et du versant aplati Position de la ville à la racine de la boucle.

Cliché Mémin.

de la rive convexe.

Planche VIII.

Martonne. Géographie Physique.

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Planche IX.

E. de Martonne. Géographie Physique.

pas des exemples de rivières atlantiques décapitées par les torrents cévenols, qui descendent impétueusement à la Méditerranée. Dans l'Aigoual, près du village de Lespérou, on peut voir tous les ans s'élargir un ravinement amorcé par la dégradation de la draille (route des moutons transhumants). Ce ravinement descendant à l'Hérault a commencé il y a moins de vingt ans et a déjà enlevé au bassin de laDourbie plus d'un hectare (pi. IX). Un des cas les plus curieux de capture récente se présente dans les Andes

4o Kilom.

Fig. 186. — Réseau hydrographique témoin de la capture Aire-Rar.

Remarquer le nom de Bar, demeuré attaché au village actuellement situé sur le haut Agron. Le pointillé indique les rigoles de drainage sur le seuil de partage des eaux indécis. Les petits cercles indiquent les anciennes sources de la Bar détournées au xvme s.

méridionales. Le Chili et la République Argentine se disputaient une partie de cette région montagneuse, la frontière ayant été définie jadis, en l'absence de carte, comme suivant la crête principale, qu'on supposait être identique avec la ligne de partage des eaux. Les explorations faites pour trancher le différend ont montré combien cette supposition était inexacte. La proximité du niveau de base a donné un tel avantage aux rivières du versant Pacifique, qu'elles ont capturé le cours supérieur de presque toutes les rivières Argentines, les obligeant à un coude brusque et les attirant dans des gorges profondes par lesquelles elles atteignent les baies de la côte Chilienne. La capture du Rio Fenix est si récente que l'explorateur Morenoapu, en faisant creuser une tranchée par six hommes, le ramener dans son ancien lit [18].

On ne saurait trop recommander l'étude des captures récentes en vue de saisir le mécanisme encore mal connu de ce phénomène. Les procédés employés paraissent très divers. Dans les régions torrentielles, le ruissellement, les éboulements et tassements de terrain élargissent le bassin de réception (v. pi. II, B). Dans les régions de collines, il semble qu'on doive attribuer une grande importance à l'action des sources. A la suite des grandes pluies, on observe souvent des affaissements du sol près des sources en terrains calcaréo-marneux ou sableux, par suite de dissolution et entraînement mécanique. Ces affaissements peuvent gagner de proche en proche et amener un glissement lent de toute la couche superficielle de sol meuble. Il en résulte un élargissement de la tête du vallon. Lorsqu'une source tarit, cet élargissement est arrêté; or il suffit pour cela qu'un thalweg voisin se creuse assez profondément pour attirer à lui la nappe souterraine. Ainsi les rivières commencent par se voler leurs sources.

Le fait est constant dans les régions de roches perméables et les conséquences peuvent s'étendre à toute une partie du cours d'un fleuve. On connaît plus d'un exemple de capture se préparant ainsi par voie souterraine. En 1719,1e prélat Breuninger supposait une perte du Danube supérieur alimentant la source de l'Aach tributaire du Rhin; 150 ans plus tard, l'exactitude de cette hypothèse était pleinement confirmée par les expériences de Knop. Dans le Jura, on prévoit la disparition complète du Doubs supérieur, déjà souterrainement tributaire de la Loue, dont il alimente la puissante source, située à 10 kil. de son cours, 300 mètres plus bas. Le fait a été presque réalisé lors de la grande sécheresse de 1906.

Même dans les terrains imperméables, il est probable que les captures se préparent par un détournement de sources, mais ce détournement est plus difficile à constater, car il s'agit d'une série de saignées faites à la nappe phréatique, qui imprègne la couche superficielle de sol meuble.

Dans les plaines alluviales, les captures peuvent être amorcées par une bifurcation. L'exemple le plus connu est celui du Gassiquiare, dans l'Amérique du Sud, qui ù*nit les deux bassins de l'Orénoque et de l'Amazone. Lenfant a signalé récemment en Afrique un cas analogue : une dépression jalonnée de mares et de lacs va du Logone, affluent du Chari, à la Benoué, affluent du Niger. Après les pluies, les eaux du Logone s'y engagent et se déversent ainsi vers l'Atlantique.

Établissement du profil transversal des vallées. — Si l'érosion se bornait à approfondir linéairement les thalwegs, jusqu'à l'établissement du profil d'équilibre, toutes les vallées seraient des entailles profondes aux parois abruptes, des gorges. En réalité, le creusement du thalweg est accompagné par le façonnement des versants, et c'est seulement quand le premier processus s'accomplit plus rapidement que le second qu'on a une vallée étroite. On constate en général que, là où le profil d'équilibre est réalisé, les versants sont en pente relativement douce, et que les vallées des plus grandes rivières sont les plus larges. Si l'on établit une série de profils transversaux d'une même vallée, on les voit en général s'évaser de plus en plus vers l'aval. Il y a donc un rapport entre le volume des eaux et la section

de la vallée. Pourtant ce n'est évidemment pas le fleuve qui peut être rendu responsable du modelé des versants.

Ce modelé résulte d'actions complexes : décomposition des roches, avec éboulements ou glissements lents du sol, ruissellement et érosion torrentielle. Le travail du ruissellement est celui qui est le plus facile à saisir; il creuse des rigoles, qui s'ordonnent en formant des torrents, dont les thalwegs se creusent de plus en plus pour se rapprocher du profil d'équilibre.

Le versant recule ainsi le long du tracé de chaque torrent et toute la surface évolue vers une surface limite tangente aux thalwegs affluents, comme le montre le schéma (fig. 187).

Rien de plus facile que de vérifier l'exactitude de cette loi par l'observation détaillée des formes sur les flancs d'une vallée de

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