‹ Traité de géographie physique; climat - hydrographie - relief du sol - biogéographieChapitre 86 sur 162 · IS DU CANDKI.ON (VAR · texte numérisé non relu

IS DU CANDKI.ON (VAR

Pian, mi XVII.

E, de Mmmonm. Céi^Kipliic Physique.

INFLUENCES TECTONIQUES SUR LE RELIEF

rapides. C'est ainsi que la région orientale des États-Unis en façade sur l'Atlantique est traversée par une grande ligne de dislocations

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Fig. 223. — Lacs de l'Orégon produits par des failles contraires, d'après Russell. Figure extraite de Suess, La Face de la Terre, trad. Emm. de Margerie.

Nord-Sud, séparant le Piedmont, plateau de terrains anciens jadis boisé et encore relativement peu habité, de la plaine côtière, formée de tertiaire récent, région agricole et maritime très peuplée.

Fig. 224. — Formation des facettes indicatrices d'une faille.

L'importance de cette ligne, appelée fall-line, est augmentée par le fait que toutes les rivières la traversent par des rapides, points d'arrêt de la navigation, mais aussi points d'élection pour les villes industrielles qui y trouvent la force motrice [Me Gee, 11].

Influence des fossés. Syrie, Afrique orientale. — Les failles en gradins et les fossés tectoniques ont une influence particulièrement frappante sur le relief du sol. On en connait depuis longtemps

E. de Martonne, Géographie physique.

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Fosse tectonique Volcan récent

Fig. 225. — Les fossés de l'Afrique orientale, d'après Suess et les explorations récentes.

AN, Lac Albert; AE, Lac Albert-Edouard ; K, Lac Kivou; RK, Lac Rikoua; E, Lac Eiasi; H, Lac Ilohenlohe; M, Lac Maniara; GN, Lac Guasso Nyiro; KJ, Mont Kilimandjaro; KN, Mont Kenia ; N, Lac Naïwascha; EG, Mont Elgon; ST, Lac Stéphanie; AB, Lac Abaï; AJ, Lac Afdjada.

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des exemples en Europe. Élie de Beaumont avait montré, dès 1841, que la plaine d'Alsace est un fossé encadré entre les massifs de la Foret Noire et des Vosges, jouant le rôle de ce que Suess a appelé depuis horst. La mer Morte et la dépression du Jourdain ont été reconnues pour un fossé tectonique, jadis entièrement occupé par une mer intérieure, dont la mer Morte n'est qu'un reste. Ce fossé se continue vers le N. en Syrie et vers le S. jusqu'au Sinaï [Blanckenhorn, 12].

L'Afrique orientale est, d'après la géniale conception exposée en 1891 par Suess [13] et vérifiée par toutes les explorations postérieures, le champ de fractures le plus étonnant qu'on connaisse à la surface du globe. Une série de fossés, au fond desquels s'alignent des lacs, les uns salins ou à demi desséchés (Eiasi, Maniara, Natron), les autres encore bien conservés (Tanganyika, Albert Nyanza, etc.), courent du Nord au Sud depuis l'Abyssinie jusqu'au Zambèze (fig. 225).

On voit que les fossés tectoniques deviennent généralement un lieu de rassemblement des eaux. Souvent ils sont le centre de bassins fermés sans écoulement vers la mer. La plupart des points de la surface continentale qui se trouvent au-dessous du niveau moyen des Océans correspondent à des fossés (mer Morte, — 384 m.; Oasis de Siouah, — 31 et — 75 m. ; Dry lake du Colorado, — 75 m., etc.). Mais cette condition est évidemment passagère, si le cycle d'érosion suit une évolution normale. On n'en connaît d'exemple persistant que dans des régions très sèches, désertiques ou subdésertiques. Partout ailleurs les lacs finissent par être comblés ou vidés et généralement les fossés subsistent à l'état de plaines (plaine d'Alsace, plaines de Limagne et du Forez dans le Massif central etc.).

Transition des failles aux plis; voussoirs, flexures. — Les plissements et les failles ne sont pas toujours dans la nature aussi distincts que nous l'avons supposé. Dans les régions faillées, on observe fréquemment des ondulations à large courbure des couches, comme s'il s'était produit un bombement ou un gauchissement dans chacun des compartiments légèrement déformés. On emploie souvent l'expression de voussoir pour désigner ces compartiments.

Le plan de faille n'est pas toujours parfaitement net, particulièrement sur le bord des voussoirs. Fréquemment, on y observe un rebroussement des couches (fig. 226 B et pi. XVII, A). Parfois même le plan de faille disparaît et il y a simplement étirement des couches le long d'un plan plus ou moins incliné, raccordant deux compartiments de couches non disloquées. Un pareil accident s'ap-

pelle flexure ou pli monoclinal (fig. 226 A). Le régime des voussoirs avec flexures ou plis-failles paraît dominer dans l'architecture de l'Ouest des États-Unis (plateaux du Colorado). Sur la bordure orientale des Montagnes Rocheuses, on voit les couches, à peu près

Fig. 226. — Flexure (A) et pli-faille (B).

horizontales dans toute l'étendue du bassin du Mississipi, se relever brusquement en une flexure grandiose. L'érosion, dégageant les bancs les plus solides, crée des barres rocheuses caractéristiques (ho g backs).

D'après Michel-Lévv [15] les mouvements récents des massifs anciens de la zone hercynienne en partie recouverte de couches sédimentaires obéissent à un rythme analogue. Le Massif central en particulier a formé à l'époque tertiaire une série de plis à grand rayon de courbure et a été décomposé en voussoirs avec flexures et plis-failles.

Plissements : définitions, observation. — Les différentes parties des plis ont leur nomenclature, comme celles des failles.

On appelle pente ou prolongement l'inclinaison des couches primitivement horizontales (angle ACH fig. 227). Les ondulations des couches forment alternativement des dépressions, que l'on appelle synclinaux (ACNO) et des

soulèvements, qu'on appelle anticlinaux (MACB). La partie la plus basse du synclinal s'appelle charnière synciinale; (CD) la partie la plus élevée de l'anticlinal (AB), charnière anticlinale. Les deux charnières se raccordent par les flancs du pli (ABCD, flanc droit du pli anticlinal, est aussi le flanc gauche du pli synclinal). Vaxe ou plan axial d'un pli est la bissectrice de l'angle formé par ses deux flancs (AF axe anticlinal, CG axe synclinal). V are te anticlinale est la ligne qui joint les points les plus élevés de la charnière anticlinale (AB), Yarête synciinale suit les points les plus bas du synclinal (CD). La figure montre que les arêtes synclinales et anticlinales ne se tiennent pas constamment à la même hauteur.

L'observation des différentes parties d'un pli n'est pas toujours nécessaire pour le reconstituer. On peut en effet les déduire d'une ou deux observations, dont la plus importante est celle de la pente des couches. On fera

- Définitions des différentes parties d'un pli.

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bien de s'y exercer; cette observation est facile à faire, sans que l'on soit spécialement géologue, et peut rendre de grands services pour reconnaître les lignes directrices du relief.

La pente des couches se mesure avec une boussole munie d'un perpendicule. On placera la ligne de foi sur la surface d'un banc très net : tourner l'instrument et lire l'angle le plus grand marqué par le perpendicule,

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Fig. 228. — Observation des plissements.

A gauche, itinéraires (en pointillé) avec les plongements observés et le tracé des arêtes synclinales et anticlinales qui en résulte. — A droite, coupes correspondant aux deux itinéraires X X' et Y Y'.

marquer à ce moment la trace de la ligne de foi et en déterminer l'orientation. On se rappellera que les diaclases peuvent souvent créer une fausse apparence de stratification et on aura soin de ne mesurer la pente que là où l'on distinguera nettement un banc rocheux différent des roches encaissantes par sa compacité plus grande ou son caractère lithologique (par exemple banc gréseux ou calcaire intercalé dans des schistes).

La pente des couches se marque sur une carte par une flèche accompagnée de l'évaluation de la pente en degrés. Lorsque, dans un itinéraire, on observe successivement des pentes opposées, on est fondé à conclure

Fig. 229. — Charnière de pli visible dans les Montagnes Rocheuses canadiennes. Figure extraite de Suess, La Face de la Terre, trad. Emm. de Margerie.

qu'on traverse une région plissée. Si l'on constate de part et d'autre d'une ligne un changement constant de pente des couches, on y reconnaîtra la trace d'une arête synclinale ou anticlinale (fig. 228).

Il est relativement rare qu'on puisse observer dans la nature une charnière anticlinale ou synclinale parfaitement nette. Cependant la chose est parfois possible (fig. 229). On ne manquera pas de le noter par un croquis, car le fait est de la haute importance.

Différentes espèces de plis. — Il est impossible de comprendre l'influence des plis sur le relief sans connaître les formes très diverses qu'ils peuvent prendre et leur mode de groupement.

L'inclinaison plus ou moins grande des flancs donne des plis

lâches ou serrés, distinction d'une importance capitale, car l'évolution du relief est tout à fait différente dans les deux cas.

Dans les régions de plis serrés, la pente des deux flancs est rarement la même; au lieu de plis droits, on a des plis renversés ou couchés. Une série de plis couchés dans le même sens donne ce qu'on appelle une structure isoclinale, où l'observation de la pente des couches seule ne peut déceler l'existence du plissement, et où

Fig. 230. — Différentes espèces de plis.

AB, plis lâches; CG, plis serrés (C, droit; D, dissymétrique, E, couché); FG-, structure isoclinale;

H, structure en éventail.

l'érosion trouve d'ailleurs les mêmes conditions que dans une région de couches uniformément inclinées.

Les plis très serrés peuvent être déversés en sens contraire, produisant la structure en éventail caractéristique des grandes chaînes, et révélée notamment dans les Alpes.

Faisceaux de plis. — Il est rare de rencontrer un pli isolé au milieu d'une région non plissée. Dans ce cas l'influence de cette dislocation sur la topographie est des plus frappantes : il suffit de citer le Lomont dans le Jura septentrional, le Saint-Loup dans la zone calcaire du bas Languedoc. Mais généralement les plis se groupent en faisceaux, dont l'ensemble forme une sorte de grand anticlinal composé. Il est important d'avoir une idée nette de la disposition des faisceaux de plis, car cette disposition se traduit souvent dans le relief de façon surprenante.

Le parallélisme des axes est le cas qu'on est naturellement tenté de considérer comme le plus commun. Il est cependant fréquent de voir les plis s'écarter ou se rapprocher en faisceaux plus ou moins serrés. Suess [18] a créé une série d'expressions imagées pour désigner les dispositions variées qui en résultent. Il y a Schaarung , en français jonction ou resserrement, quand les plis se rapprochent et s'accolent; virgation, quand ils s'écartent en divergeant. Un faisceau de plis resserrés aux deux extrémités est qualifié de faisceau amygdaloïde. Contrairement aux conceptions des premiers tectoni-

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