DBS DIVERSES SORTES DE CALCAIRES CORALLIENS
Calcaires compacts. — Les récifs coralliens permettent d'étudier sur place le mode de formation de plusieurs variétés intéressantes de roches calcaires. Ces variétés, essentiellement constituées par les coraux, avec ou sans le secours des coquilles de mollusques, se divisent en deux catégories distinctes (1) : les unes résultent du développement régulier de coraux in situ, dont les intervalles seuls ont été comblés par des matériaux détritiques ; les autres doivent leur origine à la destruction et à la trituration des espèces coralligènes par l'action des vagues.
Les calcaires de la première catégorie sont, comme nous l'avons vu, ceux qui se forment de préférence dans les récifs intérieurs, abrités contre l'action des vagues. Les individus constituants y sont encore reconnaissables, ayant gardé leur position normale et le sable calcaire qui en remplit les interstices s'qst changé, sous l'action des eaux d'infiltration, en un ciment d'une grande solidité. T,e genre de calcaire abonde à Tongatabu, où il n'est pas rare d'y trouver des individus de Porites en place, atteignant 8 mètres de diamètre et des spécimens iYAstrœa ou de Mœandrina mesurant 4n\50. Une roche semblable, principalement formée de Porites, et caverneuse dans beaucoup de ses parties, est employée aux constructions sur l'île d'Oahu.
Sur le bord externe des récifs, la roche est un véritable conglomérat de coraux au coral-rag, entièrement dû à l'action destructive de la vague, s'exerçant contre un rivage où il n'y a d'autres matériaux que des organismes calcaires. Les fragments sont anguleux ou arrondis ; leur agglomération en un calcaire compact se fait à la faveur de l'eau de mer chaude et chargée d'acide carbonique. Cet acide lui-même provient, soit de l'atmosphère, soit de la respiration des organismes, soit enfin de la décomposition de tous les restes, végétaux ou animaux, qui sont épars sur le récif. Le gaz, ainsi mis en liberté précisément à l'endroit où sa présence est nécessaire, se charge du carbonate de chaux, abondamment répandu dans les eaux superficielles et l'abandonne ensuite autour des fragments qui l'attirent. Ainsi se constitue un calcaire 1res compact, plus ou moins coquillier suivant l'abondance des mollusques, des oursins ou des spongiaires qui vivaient sur le bord du récif.
(I) Dana, op. cit., p. 3iN.