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HOCHES CORALLIENNES

L'aetion des vagues ne se borne pas à briser les coraux en fragments d'une dimension appréciable ; elles les réduit aussi en sable fin et en vase et la consolidation de ces éléments, qui s'opère souvent à l'extérieur, mais surtout dans l'intérieur des lagunes, où les lames les accumulent en franchissant la plate-forme du récif, donne naissance à un calcaire compact, d'une cassure extrêmement fine rt esquîlleuse, complètement dépourvu de restes organiques. Cette nature de roche est facile à étudier sur la portion aujourd'hui émergée du récif de Matea. Dans un archipel comme celui des iles Fidji, où les canaux intérieurs sont très larges, les circonstances sont favorables à la production de ce genre de calcaires compacts; dans les parties des lagunes ou des canaux qui avoisinent les côtes des Iles, le mélange de la boue calcaire avec la vase provenant de la dégradation des rivages donne des calcaires argileux plus ou moins impurs.

A l'extérieur des récifs, l'eau de la mer est chargée de particules calcaires au point d'en devenir quelquefois laiteuse : tandis que les sables les plus grossiers «ont rejetés sur la plage, les matériaux fins peuvent être emportés à une assez grande distance au large. M. Hunt a remarqué, dans ses observations sur les coma de la Floride, que Veau blanche annonce généralement la proximité d'un récif corallien. Après les tempêtes, l'eau se clarifie et les particules blanches tombent au fond où elles forment des calcaires compacts à grain impalpable tomme ceux dont il vient d'être question. KltMfo et craie. — 11 est remarquable que le calcaire compact de Matea rcnferme jusqu'à 38,07 % de carbonate de magnésie (i), c'est-à-dire que h qualification de dolomie lui serait presque applicable. Pourtant aucune source minérale n'a pu y introduire la magnésie après coup. 11 est probable que le récif •TBergé de Matea est le fond d une ancienne lagune et que les sels magnésiens ^enus dans l'eau de cette lagune, alors qu'elle s'évaporait, ont suffi pour introduire l'élément dolomitique dans le massif sous-jacent par voie d'infiltation, accomplie au fur et à mesure de son émersion.

Uvase corallienne, en raison de sa ténuité, semblerait devoir se prêter à la formation d'une espèce de craie; cependant partout, dans les lagunes comme à '«teneur des récifs, elle parait s'agglomérer en un calcaire compact. Le seul point où l'on ait observé de la craie est le récif élevé d'Oahu, près d'Honolulu ; ^c roche, tendre et traçante, y forme une couche peu étendue, de 2 ou 5 mèto* d'épaisseur. Elle donne à l'analyse 92,8 % de carbonate de chaux et, ^ outre, un peu d'alumine, d'oxyde de fer et de silice ; elle repose sur un a°cien tuf volcanique empâtant des fragments de coraux et on n'y observe ni foraminifères ni quoi que ce soit d'organisé (2). **Me« calcaires. Calcaires oollthlqnes. — Le sable calcaire, que la marée

^Jtfte sur les plages des récifs extérieurs, ne tarde pas à être cimenté par les *^Ux d'infiltration ; tantôt les grains sont faiblement agglutinés et l'on peut reeon-

(J)tona, op. cit., p. 557. '•) tona, op. cit., p. 558.

naître l'enduit calcaire qui en opère la réunion par poinls, tantôt le sable est devenu un calcaire solide, mais sans qu'on cesse de distinguer les petits grains de sable et en cela, les calcaires résultant de la consolidation des dépôts de plages diffèrent toujours de ceux qui se forment dans le corps des récifs.

De plus, ces dépôts de plages étant amenés par le flot montant, ils se stratifient habituellement en plaquettes qui forment, avec l'horizon, un angle de 6 à 8 degrés ; ces couches ont une épaisseur qui varie depuis quelques centimètres jusqu'à 3 décimètres.

Quelquefois les sables sont mélangés de cailloux empruntés à l'île que borde le récif. De cette manière se forme, à Oahu, un conglomérat de cailloux basaltiques à ciment calcaire. 11 arrive aussi que le carbonate de chaux, pénétrant dans les cavités des roches volcaniques de la côte, s'y dépose en les rendant amygdaloïdes.

Souvent, dans la consolidation des sables calcaires de plages, il se produit une structure oolithique, due aux alternatives de sécheresse et d'humidité qu'entraînent, soit le jeu de la marée, soit la succession des calmes et des tempêtes. Une première incrustation dépose, autour de chaque grain de sable, une couche mince de calcaire; chaque nouvelle immersion, suivie d'émersion, donne lieu à la production d'une autre couche et de là résulte une roche oolithique, dont chaque grain, composé d'écaillés concentriques, ressemble extérieurement à un petit œuf de poisson. Des œufs de tortue se rencontrent dans les oolithes qui bordent les récifs de la barrière australienne, attestant, selon M. Jukes, que la consolidation de ces dépôts a eu lieu à l'air libre.

Cette agglomération des sables calcaires se fait d'ailleurs avec une grand rapidité. D'après M. Darwin, dans les mois d'octobre et de novembre, quand 1er* . sable de la plage calcaire de l'île d'Ascension commence à se déplacer vers h^ J sud-ouest, sous l'action du vent, les rochers situés à l'extrémité de la plage s'in--^ crustent d'une couche épaisse de calcaire blanc très dur. La base de la plage s«s»^ consolide de la même façon et donne une véritable pierre de construction, donm~~quelques parties sont assez compactes pour résonner, sous le marteau, connu» ^ du silex.

Des oolithes se forment aussi par l'agglutination du sable des dunes cora«J * liennes. Il en résulte, à Oahu, des plaques minces et sonores, de très faibl &■ épaisseur, en couches assez fortement inclinées.

Jusqu'à présent les formations oolithiques n'ont été rencontrées que sur le--"^ plages dos récifs coralliens : jamais on n'en a trouvé ni à la base ni dans 1* ^ corps d'un récif.

Récif» émergés. Étendue limitée des réelfs actuels. — La structure de ^^

formations coralliennes est facile à étudier sur quelques anciens récifs du Paci *l tique, aujourd'hui soulevés de 50 mètres et plus au-dessus du niveau de la mer^^ Telles sont l'île Metia, dans l'archipel de Paumotou, celle d'Atiu, dans les iles^-1 llervey et l'île d'Ilenderson. Tels sont aussi, dans l'Atlantique, les anciens récifi?

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