SOLFATARES
meyko (1). Elles ne sont pas cratériformes et s'ouvrent à la base ou sur les flancs de volcans, aujourd'hui inactifs, dont le cratère principal est souvent occupé par un glacier. On peut les diviser en deux types :
4° Solfatares à crevasses allongées, caractérisées par un dégagement de vapeurs violent, mais éphémère, avec formation de conglomérats trachytiques.
A ce type appartient la solfatare de Cerro-Azul, qui a pris naissance subitement le 26 novembre 1847. C'était, au dire des montagnards, « une grande mine de soufre qui avait pris feu et brisé la montagne ». Sur une fente longue de 8 à 9 kilomètres sont accumulés de gros blocs trachytiques aux arêtes vives, résultant dé la rupture du sol et dont quelques-uns ont un volume de deux cents mètres cubes. Les matières fondues, les lapilli et les ponces font entièrement défaut. En 1847, les gaz émis étaient la vapeur d'eau, l'acide sulfureux et l'acide chlorhydrique et, de temps en temps, il se produisait des explosions avec projection do matières solides. En 1857, les fumerolles existaient encore; mais il n'y avait plus aie projections ni de bruits. Enfin en 1873, M. Domeyko s'est assuré que, depuis quatre ou cinq ans, la solfatare ne donnait plus aucun sigie d'activité. On peut *lonc considérer sa formation comme une tentative avortée du réveil d'un volcan; c^'est une éruption par fissure latérale, qui n'a pu arriver, faute d'une énergie suffisante, jusqu'à l'émission de la lave.
2° Solfatares permanentes, donnant lieu à un dégagement continu, mais lent, de Viiides élastiques, avec sublimation du soufre et kaolinisafion des roches. De ce îombre est la solfatare de Chillan, sur le flanc du volcan éteint du Nevado ; une noltitude de fissures et de trous, de 0m,25 à 0m,30 de diamètre, tapissés d'aiguilles de soufre, y dégagent, lentement et sans projections violentes, de la sapeur d'eau exhalant une forte odeur d'acide sulfureux.
La solfatare de Tinguiririca, sur le cône volcanique du même nom, éteint depuis un temps immémorial, ressemble en tout à la précédente. Les gaz et les sapeurs y ont une température de 88° au sortir des orifices d'émission et 90° à ^**»40 de profondeur. Le dégagement en est constant et ne dépend ni de l'heure 111 de l'état barométrique. Autour des bouches le sol est mou, décomposé, kao-
****isé et pénétré de soufre.
Solfatare* diverses. — Depuis sa terrible éruption de 1772, le Pepandajang ^ Java est devenu une immense solfatare en constante activité. Le murmure des T°Icans de boue, l'explosion ces fontaines gazeuses, le sifflement des fumerolles,
réduisent un fracas semblable à celui d'une usine en marche, d'où le nom de
**pandajang ou « Forge » que porte cet ancien volcan.
C'est aussi à l'état de solfatare que nous apparaît aujourd'hui, au Caucase, le
T°lcan éteint de Demavend, dont le cratère,* à la cime haute de 4000 mètres,
*•* «nvahi par les neiges, taidis que tout autour le soufre tapisse de petits cônes
«léraiix d'où s'échappent d«s fumerolles. -A'Asi, sur toute la surface du globe, les solfatares se présentent comme la
W Annales de$ Minet, 7* séri», IX, p. 145.
suite immédiate d'une activité volcanique sur son déclin. Il en est de même pour les volcans sous-marins.
Par exemple, l'ancien volcan central des îles Lipari, dont il ne reste plus aujourd'hui que des ruines sous forme d'îlots, n'a gardé d'autres traces d'activité qu'une fumerolle marine située entre Lisca nera et Lisca bianca. Cette fumerolle, qui s'ouvre dans les roches poreuses du fond de la mer à 8 mètres de la surface, exhale de grandes quantités d'acide carbonique et d'hydrogène sulfuré, dont les bulles, en venant crever à la surface des eaux bleues de la Méditerranée, leur donnent l'apparence d'une constante ébullition.
C'est encore à la classe des solfatares que doivent être rapportées certaines apparitions momentanées de sources sulfureuses, comme celle qui s'est produite en 1856 dans la plaine de Lagopuzzo, située à 28 kilomètres au nord de Rome et dont M. Ponzi(i) a donné la description. Le 28 octobre, le sol se fendait avec des détonations semblables au bruit du tonnerre et d'abondantes projections de poussière et de boue. Le lendemain il s'était formé un gouffre plein d'eau, à parois verticales, d'où s'échappaient avec bouillonnement des gaz exhalant une forte odeur d'hydrogène sulfuré. Le troisième jour l'activité des émanations était sensiblement amoindrie. Le 21 novembre, quand M. Ponzi visita les lieux, tout dégagement gazeux avait cessé ; le gouffre mesurait 100 mètres de diamètre et les parois verticales, ouvertes dans un dépôt d'eau douce, dominaient de 5 métrés la surface de l'eau. Les blocs rejetés par l'explosion, et dont quelques uns avaient 2 mètres cubes, s'étendaient jusqu'à 30 mètres des bords et le gouffre avait 30 mètres de profondeur, la température de l'eau étant de 7 degrés plus élevée que celle de l'air ambiant. Le nom de Lagopuzzo, qui signifie lac fétide, indique d'ailleurs que des exhalaisons sulfureuses se sont plus d'une fois fait jour en cet endroit, où leur liaison avec les phénomènes volcaniques du Latium ne saurait être mise en doute.
OET8ER8 Phénomènes de projection des Geysers. — Aux solfatares se rattachent
intimement les Geysers ou sources bouillantes intermittentes, dont la plupart sont de véritables dégagements de gaz sulfureux, noyés dans une énorme quantité d'eau liquide ou en vapeur. Ces dégagements forment un ensemble de manifestalions, voisines des volcans ou survivant à l'activité volcanique proprement dite, dans les contrées èù cette dernière a cessé de se produire.
C'est en lslandeque le type des émanations geysériennes a été d'abord connu et c'est de cette contrée qu'il a reçu son nom générique. Aussi est-ce laque nous l'étudierons d'abord, bien que l'ampleur des phénomènes soit bien moindre
(1) Ponzi in G. ?ora Rath, Fragmente aus Italien; Zettschrift der deutschen geol. GeselUehaft, 180G, p. 507.