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SOURCES CHAUDES

» Ces sources thermales principales sont généralement accompagnées d'autres sources moins chaudes, et ces dernières ne sont souvent que des eaux superficielles qui, après être descendues dans les fissures d'un terrain plus ou moins disloqué, remontent pénétrées d'une chaleur qu'elles ont empruntée au sol réchauffé par le foyer même de la source thermale principale, ou simplement imprégnées de la chaleur, croissante avec la profondeur, que le sol possède partout : ces dernières ne sont en quelque sorte que des puits artésiens naturels. »

D'après cela, ayant décrit ces dernières, les sources accompagnantes d'Elie de Beaumont, à l'occasion des phénomènes géothermiques, nous nous proposons de parler actuellement des sources thermales principales et leur étude est ici bien placée puisque leur chaleur ne peut être attribuée qu'à l'influence d'un foyer volcanique voisin.

Nous choisirons comme exemple les sources thermales de Vichy, dont les plus chaudes viennent au jour avec des températures de 35 à 45 degrés, et qui s'alignent en groupes le long de fissures exactement parallèles, orientées 107°. Ces cassures, d'époque probablement ancienne, paraissent être celles qui, dès la fin de la période miocène, ont livré passage au basalte (1), non seulement aux envi- #-ons de Vichy, mais encore près de Roanne. Les sources actuelles ne seraient onc que l'écho d'une activité éruptive autrefois beaucoup plus intense.

L'acide carbonique existe dans ces eaux, dans la proportion de 4 à 5 grammes £ir litre. Les alcalis forment environ 2*,6 et on constate encore la présence des ides sulfurique, chlorhydrique, phosphorique et arsénique, avec de la silice, s terres alcalines, du fer et des traces d'acide borique. Les sources de Vichy t donné lieu à d'abondants dépôts de travertin concrétionné. Le plus remarable est celui qui forme le rocher des Célestins et qui est encore parcouru r de nombreuses sources chaudes ascendantes. Ce rocher, composé de feuilverticaux de calcite ou d'aragonite, constitue, selon M. Voisin, la crête d'un itable filon d'incrustation, dont les veines successives ont été déposées par eaux thermales elles-mêmes dans la position qu'elles occupent aujourd'hui. 35n beaucoup de points des environs, on observe, sur le bord de l'Allier, des ^agements d'acide carbonique. Les différences que présentent les sources au int de vue de la température, du débit et de la composition, proviennent du *^élange des eaux ascendantes avec les nappes d'infiltration de la surface.

Soarees calcaires. Travertins. — C'est encore dans cette classe que nous ingérons les sources issues de la région des Apennins. Ces sources doivent *U voisinage des phénomènes éruptifs une température et surtout une proportion d'acide carbonique qui leur permettent de dissoudre une notable quantité de carbonate de chaux dans la traversée des massifs calcaires de la chaîne. Lorsque /'acide carbonique s'échappe, ce qui arrive, en particulier, quand les eaux déjà refroidies tombent en cascades, le calcaire se dépose et donne naissance aux travertins si connus de l'Italie centrale, (i) Voisin, Ann. des minet, T série, XVI, p. 488.

Le travertin abonde sur le cours supérieur de l' An io jusqu'aux environs de Tivoli, où il forme des niasses dont la puissance n'est pas inférieure à 120 ou 150 mètres. En remarquant la grande quantité d'empreintes végétales que contient le travertin, quelques auteurs, notamment MM. Ponzi et Cohn(l), ont pensé que la formation de ce dépôt devait être facilitée par l'avidité des mousses et des algues pour l'acide carbonique. 11 est de fait que, même dans le travertin compact du canal qui amène à l'Anio les eaux des lagunes stagnantes de Tivoli, M. Colin a trouvé une proportion de près de 50% d'algues microscopiques. Néanmoins il y a lieu de remarquer que, de nos jours, il continue à s'opérer une transformation progressive qui fait passer le travertin caverneux, presque uniquement formé de mousses incrustées, à la variété écailleuse et concrétionnée et celle-ci enfin au travertin tout à fait compact, les pores de la roche se remplissant de plus en plus par de nouvelles cristallisations de carbonate de chaux. L'intervention de l'activité physiologique n'est donc ici nullement indispensable et il est à croire que les végétaux ont surtout servi de support par la surface qu'ils offraient à l'évaporation.

Le travertin se forme quelquefois sous les eaux de la mer : alors le mélange de l'élément calcaire avec le gravier donne naissance à une roche particulière, connue sous le nom de panchma.

Les eaux chaudes de San Filippo, près de Rome, ont pu, en 20 ans, d'après Lyell, remplacer un étang par une couche de travertin de 9 mètres d'épaisseur et, dans le voisinage, on voit des amas de la même roche ayant 100 mètres de puissance.

Dans la province de Constantine, les eaux d'IIamman-Mes-Khoutine, dont la température est de 95°, changent fréquemment d'issue à cause des masses de travertin calcaire qu'elles déposent.

A Panbouk-Kelessi, près de Smyrne, les tufs déposés par les eaux calcaires des anciens bains d'IIiéropolis forment une cascade de 100 mètres de hauteur sur 4 kilomètres de large avec un pont naturel semblable à une voûte d'albâtre. Ce phénomène reproduit en grand ce que l'on peut observer à la fontaine incrustante de Saint-Allyre, dans un faubourg de Clermont-Ferrand, où se dépose un tuf calcaire en relation avec les anciennes manifestations volcaniques de la contrée.

Sources chaude* diverses. — Il existe, dans le voisinage de la mer Morte, des sources chaudes, alignées sur la grande fracture de la vallée du Jourdain et qui toutes méritent d'être considérées comme des manifestations tardives et affaiblies d'une ancienne activité volcanique (2). Les principales sont les sources de Zara, qui sont très chaudes et sortent entre deux coulées de basalte ; celles de Callirhoê, situées près d'une coulée de lave, et où l'historien Josèphe signalait autrefois la présence du soufre et de l'alun ; enfin celles d'Emmaùs, qui sortent,

(1) Nettes Jahrbuch, i8G4, p. 580.

(2) Louis Larlet, Bulletin de la Soc. géol. de France, 29 série, t. XXIII, pp. 719 et suivantes.

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