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SALSES

à une température de 62°, d'un point voisin d'un épanchement basaltique et dans lesquelles M. Terreil a trouvé de l'hydrogène sulfuré.

Nous poumons multiplier beaucoup ces exemples et décrire à cette occasion toute une série de sources thermales caractérisées par leur haute température et la qualité des substances dissoutes; mais ce que nous avons dit doit suffire pour établir l'existence d'une importante catégorie de sources qui, empruntant directement leur chaleur à des dégagements d'origine volcanique, méritaient réellement d'être classées dans ce chapitre de la Dynamique interne. Quant aux substances que ces sources renferment en dissolution et aux réactions qui s'y produisent, elles ne diffèrent pas spécifiquement de celles auquelles peuvent donner lieu les sources thermo-minérales ordinaires.

Liaison des sources chaudes avec les dislocations du sol. — Peut-être

trouvera- t-on que, si la liaison de beaucoup de sources chaudes avec les volcans vie peut pas être contestée, il y en a, comme celles de Hammam-Mes-Khoutine, par exemple, qui sont trop éloignées de tout district volcanique pour être rattachées au même ordre de manifestations. Mais, dans ce cas, on observera touf «ours que ces sources émergent dans des régions de fractures, à la faveur de fentes du sol, évidemment dues aux grands mouvements de l'écorce terrestre, ^insi M. G. K. Gilbert (1) a remarqué que, si l'on dresse une carte des sources 45 £?audes connues sur le territoire des Etats-Unis, on n'en trouve pas une seule «J-ans l'immense plaine du Mississipi, non plus que sur le littoral Atlantique, roules sont concentrées ou dans la chaîne des Apalaches, ou dans la région des >f on tagnes Rocheuses et des chaînes côtières du Pacifique. Encore, dans ce dernier district, faut-il faire une exception pour le plateau déprimé du Colorado, qui en contient très peu. De plus, la température des sources est beaucoup plus élevée dans» la région occidentale que dans celle des Apalaches. Ainsi, d'une part, le nombre des sources chaudes est d'autant plus grand que l'écorce terrestre est plus disloquée et, d'autre part, l'activité des sources est d'autant plus manifeste que les dislocations avec lesquelles elles sont en rapport sont de date moins ancienne. Il est donc impossible de méconnaître, dans l'apparition des sources vhaiM des, un effet intimement lié à la production des montagnes, laquelle, d'ailteuns. „ ne nous a pas semblé pouvoir être séparée du phénomène volcanique.

SALtEt ET MOFETTES

L*^ émanations dont il nous reste à parler sont caractérisées en général par leur ^>asse température ainsi que par la présence, dans la plupart d'entre elles, iVVi^^ocarbures gazeux. Elles se relient néanmoins, par de nombreux intermé- <\\aV^s» aux groupes précédemment décrits.

Q) Ucut. Wheeler's Report, Washington, 1875.

Salses. — Les Salses, dites aussi Salzes ou volcans de boue, sont de petites collines d'argile d'où s'échappe, d'une manière plus ou moins continue, une boue généralement un peu salée, amenée au jour par des gaz souterrains, dont les bulles, venant crever à la surface, justifient le nom de volcans d'air ou maccalube qu'on leur donne en Sicile, à Girgenti. On en a reconnu d'analogues près de Modène, en Crimée, sur les bords de la Caspienne, à Carthagène en Nouvelle- Grenade, à La Trinité, à Java, etc.

L'eau des salses est généralement froide, un peu salée (d'où le nom de Salinelles, quelquefois donné à ces sources), parfois aussi chargée de naphte ou de pétrole. Les gaz qui s'en dégagent sont surtout des carbures d'hydrogène ; on y trouve aussi de l'acide carbonique, quelquefois de l'azote ; le dégagement peut être accompagné de projections.

Les cônes des salses ont la plupart du temps moins de 1 mètre; quelquefois ils atteignent 5 ou 6 mètres et, par exception, il y en a de très grands, comme ceux de Taman. Quand il s'en trouve plusieurs ensemble, ils forment une surface ondulée, dont le relief est fortement influencé par les pluies et les sécheresses.

Salses do Caucase. — Les volcans de boue les plus remarquables sont ceux qui se trouvent aux deux extrémités du Caucase, d'une part, à Taman et Kertch, entre la mer d'Àzof et la mer Noire, d'autre part à Bakou, sur la Caspienne. Les salses de Bakou se distinguent par leur association avec une forte proportion de gaz combustibles. La péninsule d'Àpchéron, sur laquelle ces émissions se font jour, est d'origine volcanique ; des éruptions de lave et des projections de pierres y ont encore lieu de temps en temps. La hauteur des cônes de boue est considérable; ils ont de 156 à 598 mètres.

Le foyer principal des gaz combustibles est un peu au nord-est de Bakou, sur les bords d'un étang salin de 7 kilomètres de longueur. Les gaz sont employés au chauffage et à l'éclairage et la récolte du pétrole y atteignait, en 1878, 520 millions de kilogrammes (1). Des ruisseaux de naphte sourdent parfois enbouillonnant au milieu de la mer et il se fait souvent des explosions d'huile minérale brûlante, projetant en l'air des masses d'argile et de pierrailles. Ces explosions soulèvent le fond de la mer et c'est ainsi qu'on a vu naguère surgir plusieurs îlots dans les environs de Bakou.

A Taman, les monticules boueux offrent tous les phénomènes intermédiaires entre le suintement des boues et les explosions volcaniques. S'il est possible que l'huile minérale provienne des gisements tertiaires dans lesquels on la trouve intercalée, du moins sa venue au jour est en rapport intime avec les phénomènes internes.

Salses des Apennins. — Les salses sont nombreuses dans la région des Apennins, où plusieurs d'entre elles sont sujettes, de temps en temps, à des redoublements d'activité (2). La salse de Sassuno, dans le district de Castel-san-

(1) Lisse n ko in Reclus. l'Asie Hutte.

(2) Fouqué. Hevue det Deux-Mondes, i" avril 1871.

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