ORIGINE DES ÉMANATIONS
gisements salifères pour fournir du chlorure de sodium? Beaucoup de volcans, comme ceux du Velay et du Vivarais, reposent sur le gneiss et le micaschiste et il en est, parmi les plus élevés du Kamtschatka, qui ont le terrain silurien pour base. On peut encore demander comment il se fait que le phénomène volcanique atteigne en général sa plus grande intensité dans les régions tropicales, qui sont précisément de celles où la Géologie nous enseigne qu'il y a le moins de chances de rencontrer les terrains abondamment pourvus de combustible minéral?
Qu'il y ait, en certains points du globe, des dégagements gazeux, parfois même des manifestations calorifiques intenses, dont la cause peut être attribuée à des phénomènes secondaires, tels que des décompositions organiques, des inflammations spontanées de sulfures ou de combustibles, nous ne le nions en aucun façon ; peut-être même beaucoup des volcans boueux à basse température doivent-ils être «considérés comme appartenant à cette catégorie ; mais ce qui nous parait inadxxiissible, c'est l'extension qu'on voudrait donner à des actions tout à fait excep- £ formelles et locales, alors que partout nous sommes environnés des preuves de la /l uidité originelle du globe et que le grand phénomène de la chaleur interne est pour attester combien les restes de l'énergie primitive sont encore voisins de us. Libre aux uniformitaires, c'est-à-dire à ceux qui n'admettent ici bas d'autres pa^xissances que celles de la dynamique externe, de se faire les champions d'une p^sreille doctrine. Pour nous il n'est guère de fait d'observation qui ne la co:ndamne.
A nos yeux, l'ensemble des phénomènes volcaniques, depuis les plus violents paroxysmes jusqu'aux simples mofettes, forme une série continue et admirablement ordonnée, de tous points concordante avec la succession des dégagements qui se manifestent dans le cours d'une même éruption. A travers quelques varialions locales, c'est toujours et partout cette même loi de décroissance qui, des émanations chaudes et chlorurées, conduit par les gaz sulfureux aux dégagements carboniques, avec prédominance des gaz combustibles aux points où Yoxydation n'a pas pu se faire sentir. Aussi, quelques analogies que les réactions de ce bel ensemble puissent parfois offrir avec des phénomènes superficiels et locaux, nous ne pensons pas qu'on puisse moins faire que de lui assigner une cause générale en rattachant sa production à la fois à l'existence du foyer interne
tfl et aux grands mouvements qui affectent l'écorce du globe.
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QUATRIÈME SECTION