ROCHES BA810UES MODERNES. ROI
zolithe, car elles sont formées par un mélange d'olivine et d'un pyroxène rhombique arec dialiage et pi coti te. Cependant H. Rosenbusch les considère comme une concrétion propre aux basaltes el non comme un emprunt fait par ces roches à des Iherzolilhes préexistantes.
Les Péridotites modernes, c'est-à-dire les Lherzolithes, ont, comme les Péridoutes anciennes, leur cortège dp serpentines.
Famuir •> l'Eaatatite. ■7péritc«. — Les no ri tes ou roches anciennes à plagioclase et pyroxène rhombique ont leur pendant, parmi les roches modernes, dans les Bypéritei, telles que celle de Saint-Egidi, dans la Styrie méridionale. Cette roche renferme des cristaux de plagioclase, de sanidine et d'hypersthène el ne contient pas de péridot. Hais il y a des hy péri tes récentes à olivine. En tout cas, que ce minéral soit présent ou non, les éléments constituants des hypérites sont l'hyperstliène, le fer oxydulé et un feldspath qui peut être, soit le labrador, soit l'anorthite.
m»de opbiiiqae. Ophltea. — L'association du plagioclase, soit avec l'amphibole, soit avec un pyroxène diallagique, donne naissance, dans la région pyrénéenne, à un groupe do roches intéressantes par teur texture, qui représente une variété particulière du mode granitique. Ce mode est défini par la tendance du feldspath à former des cristaux allongés comme les microlithes, bien que de dimensions encore assez appréciables. MM. Fouqué et Lévy ont désigné cette texture sous le nom d'ophitique, parce que les roches qui la réalisent le mieux et dont nous allons nous occuper, font partie de celles pour lesquelles Palassou a créé le nom A'Ophitex.
I lette texture est d'ailleurs d'autant plus intéressante qu'à l'aide d'un recuit en deux temps, MM. Fouqué et Lévy on! réussi a la reproduire artificiellement par voie purement ignée. El
D'après M. Michel-Lévy(l), l'o- rigllû phite est caractérisée par la pré-
c Biai-riti (d'aprêi X. M[clwl-l.*ïy>. - . pjroriaei 3, dialiage ; 4, chlorile
5,quailii 6, cpidole; 7, oligodise. Gruisbsïmenl, 30dii
née constante du dialiage ou mèire».
d'un pyroiène passant au dialiage,
associé ù des cristaux allongés d'un plagioclase, qui peut être tantôt de l'oligoclnse (ophiles de Salies, de Baslennes, de Biarritz, de Saint-Béat, elc), tantôt du labradoi' (ophiles de Làprabende et de Lès). La figure 140, qui représente
(I) Bull, de la Suc. a/ol. de France, & sirie, VI, p. 156.
l'ophite de Biarritz (1), montre les petits cristaux d'oligoclase, formant avec l'augite et l'amphibole en grands cristaux, imprégnés de diallage, la pâte dune roche où se sont développées ultérieurement la chlorite et l'épidote. Quant aux petits grains de quartz qui se montrent en divers points, leur séparation parait avoir suivi de très près la consolidation du magma. Le fer titane est fréquent dans celte roche.
Les proportions relatives d'amphibole et de pyroxène varient beaucoup suivant les gisements d'ophites. En somme» ces roches représentent un type mixte correspondant à la fois, dans la série moderne, à la diorite, au diabase et au gabbro, mais dont la texture, la composition générale et les conditions de gisement sont assez constantes pour que le nom d'ophite nous semble devoir être conservé dans la science.
Toutefois, il y a lieu d'introduire ici une réserve importante. Plusieurs auteurs inclinent à penser que la majeure partie, sinon la totalité des ophiles pyrénéennes appartient, non à la série moderne, mais à la période triasique, c'està-dire à la fin des éruptions anciennes. Si cette manière de voir, à laquelle des observations très récentes semblent avoir amené aussi M. Michel-Lévy, venait à se confirmer, il conviendrait de diviser les ophites en deux groupes, le groupe ancien et le groupe moderne, ce dernier étant représenté par les dolérites ophitiquesque M. R. Bréon (2) a rapportées dislande,
La serpentine se rencontre dans quelques ophites à labrador, où elle apparaît comme épigénie dfe ToKvine!
B. TYPE TRACIIYTOÏDE Tetttnre microlltalqne. Famille de l'augite; Labradorites. — Le type
trachytoïde est représenté, dans la famille pyroxéniqun, par les roches auxquelles MM. Fouqué et Michel-Lévy ont donné le nom de Labradorites. Ce sont des mélanges microlithiques de labrador, de magnétite et d'augite, souvent avec pâte vitreuse interposée, entourant des cristaux anciens des mêmes éléments, auxquels s'adjoint parfois l'anorthite. L'apatite, l'ilménite, l'olivine, figurent parmi les éléments accessoires et le tridymite, ainsi que l'opale sont constamment au nombre des minéraux de formation secondaire.
Les labradorites sont représentées à Santorin, en Islande, où elles ont été désignées sous le nom de trapps, à l'Etna où elles constituent la plupart des laves et en Auvergne, où l'on y doit rapporter une partie des basaltes anciens. On peut considérer les labradorites comme un membre de la famille des basaltes (voir plus loin) différant des basaltes par l'absence du pcridol et des téphrites par celle de la leucite et de la néphéline.
Famille de lAagite et du Pérldot; Basaltes. — La combinaison du
plagioclase avec l'augite, l'olivine et la magnétite, jointe à une texture trachy-
(1) Fouqué et Michel-Lévy, op. cit., PI. XXV.
(2) Bull, de la Soc. géol. de France, 3- série, IX, p. 534.
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loi de et à la présence d'une certaine quantité de matière vitreuse, donne naissance à l'impartante famille des Basaltes.
A l'œil nu, ce sont des roches compactes, d'apparence homogène, à cassure mate, esqutlleuse et de couleur noire- Leur densité est voisine de 5 et l'analyse y révèle 43 % de silice, avec 5 % d'alcalis, 12 */• do chaut, 9 % de magnésie et lt» °/o d'oxydes de fer.
Les cristaux anciens sont : anorlhite, labrador, pyroxèuo, olivine, magné ti te et, accessoirement, ilménile, apatite, mélilite, picotlle, rireoii. Quelques auteurs admettent que lu basalte peut contenir de l'oligoclase ou de l'andésine; mais cette opinion n'est pas acceptée par MM. Fouqué et Michel-Lcvy. De tous les éléments anciens, l'olivine parait être celui dont la consolidation remonte le plus loin ; ce minéral a subi toutes les influences du refroidissement de la pâte ; si cette pâte est vitreuse, il se présente en cristaux ; si elle est cristalline, ce qui est de beaucoup le cas le plus fréquent, il est en grains à contours complètement arrondis.
La pâte du basalte est formée par des microlithes de labrador ou d'anortliite, d'augite et de magnétite. Suivant que le labrador ou l'anorthite dominent, tant en cristaux qu'en microlithes, MM.Fouqué et Lévj distinguent des basaites labradùriqvet et des basaltet anovthiques. la figure 141, empruntée aux mêmes auteurs (I), met en évidence la remarquable texture miciolithique du basalte des plateaux dans le Cantal.
Les gros individus d'olivine s'y montrent riches en Assures d'apparence perlitique et l'augite reste coloré en vert à la lumière naturelle tandis que, comme toujours, la magnétite demeure noire et opaque, même dans les plaques les plus minces. La pâle est formée de microlithes granuleux d'augite.
Le basalte est généralement renia r- Fïg. ta. — SmiIM labradoriqu» dn it l'huilier», prêt
, , . ...... Thifiic (CanUlf, d'»pr£s HH. Fouqué et Michïl-Wvï.
quable par la régulante de ses cou- j, «mite; a. gihiw. «ro*si»*[o««, îo diimfiira. lées et par la tendance qu'elles offrent
à se diviser en prismes, habituellement hexagonaux, dont les axes, tantôt droits, tantôt courbes, se montrent perpendiculaires aux surfaces de refroidissement. La séparation prismatique des basaltes est donc un simple phénomène de retrait.
Ttphrlte*, LenoiiopJhTre», LeaeoMpiurltca. — Les basaltes à plagioclase, tels qu'ils viennent d'être décrits, ne comprennent qu'une partie des roches autrefois rangées' dans la grande famille basaltique. Il en est d'autres dont le caractère essentiel consiste en ce que les minéraux qui représentent l'élément blanc ou feldspnthique, au lieu d'appartenir uniquement a la classe des véritables feldspath», peuvent aussi être empruntés ù celle des amphigàiitles on
(1) Minéralogie micrographiqut, PJ. XLL
leucitides, c'est-à-dire â la néphéline ou à la leucite. En même temps le péridot devient rare ou absent. De là résulte un nouveau groupe de basaltes, que M. Rosenbusch (1) a réunis sous la commune dénomination de Téphrites, mais que MM. Fouqué et Lévy ont répartis entre plusieurs espèces, suivant la prédominance relative des divers leucitides.
Les Téphrites, au sens restreint, sont des laves basiques dans lesquelles la néphéline est un élément essentiel de la pâte microlithique, où elle est associée à Paugite, à l'oligoclase et au labrador. Les cristaux anciens consistent principalement en labrador, augite et magnétite. L'olivine s'y trouve fréquemment, mais pas à l'état d'élément essentiel.
La présence de la leucite., à titre essentiel, dans des roches basiques à texture microlithique, pourvues d'un minéral feldspathique, donne naissance à deux catégories de roches, les Leucitophyres, où se trouve la sanidine, et les Leucotéphrites, qui ne contiennent, avec la leucite, que du plagioclase.
Dans le leucitophyre, une pâte amorphe abondante, avec microlithes d'augite et de magnétite, enveloppe des cristaux de sanidine, de leucite, d'augite et de fer oxydulé, parfois aussi d'haûyne et de néphéline. A ce type appartiennent beaucoup délaves de l'Eifel, avec 49% de silice, ainsi que les laves des monts Albains et celles de Capo-di-Bove.
Les Leucotéphrites, qui comprennent presque toutes les laves modernes du Vésuve, sont constituées par des cristaux de leucite» d'augite et de magnétite, souvent aussi de labrador, avec ou sans olivinc, dans une pâte microlithique formée des mêmes éléments associés à la néphéline. Leur teneur en silice est de 48 %• Elles renferment toujours de la matière amorphe et les cristaux de leucite y sont très riches en inclusions vitreuses.
Leucititc, Néphélinite. — Si la leucite n'est associée à aucun plagioclase, il en résulte une nouvelle espèce de roches ; ce sont les Leucitites ou basaltes à leucite, roches avec ou sans olivine, où des cristaux d'augite, de leucite et de magnétite sont disséminés dans une pâte de microlithes formés des mêmes espèces. La néphéline, l'haiïyne, l'apatite, le sphène, l'ilménite, la picotite figurent parmi les éléments accessoires des leucitites, dont la teneur en silice varie de 45 à 45 %•
Enfin si c'est la néphéline qui domine, on a le basalte à néphéline, dit aussi Néphélinite et pouvant, comme les leucitites, être pourvu ou dépourvu d'olivine; c'est un agrégat de microlithes d'augite, de néphéline et de magnétite, ne con tenant que des traces de matière vitreuse et entourant des cristaux d'augite, de magnétite, parfois aussi d'olivine; accessoirement, parmi les cristaux anciens, on rencontre la néphéline, la leucite, l'haûyne, l'apatite, le sphène, l'ilménite et le grenat-mélanite. — La néphélinite de Katzenbuckel, dans l'OdenvVald, renferme, d'après M. ltosenbusch, 42,7) % de silice et 3,50 % d'eau. Celle de Ilercheiiberg ne contient que 41 % de silice.
Les néphélinites sont quelquefois vésiculaires, comme les laves à haùyiie de
(1; Op. cit.. p. 480.
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UEifel et de Niedermendig, qui parfois, du reste, à cause de la fréquence de ce minéral, ont été décrites à part comme basaltes à haûyne ou Haùynophyres. Un basalte à haùyne de Melfi, en Italie, renferme 42,46% de silice.
Limburgite. — Un dernier membre de la grande famille basaltique est formé des roches qui ne contiennent plus aucun élément blanc de nature feldspathique. Tel est le cas de la roche désignée par M. Rosenbusch sous le nom de Limburgite, à cause de la localité du Kaiserstuhl où est situé son principal gisement. La Limburgite est un basalte sans feldspath, uniquement composé de cristaux d'augite, de péridot (variété hyalosidérite) et de magnétite, dans une pâte microlithique d'augite et de magnétite avec une assez forte proportion de matière vitreuse inattaquable aux acides. Cette roche contient 45% de silice. Elle est représentée en divers points du Kaiserstuhl ainsi qu'à Java et M. Fouquè y rapporte certains basaltes du Cantal, dont les vacuoles sont remplies de mésotype * fibreuse et de chabasie en rhomboèdres. La Limburgite est fréquemment amygdaloïde, avec cavités tapissées de zéolithes et de carbonates.
TmU, Waekei. — Les roches de la famille basaltique donnent naissance à des tufs dits pal agoni tiques y développés surtout en Sicile, où ils contiennent, avec des grains vitreux de sidéromélane, tous les éléments caractéristiques des basaltes, à l'exception de la magnétite (i). Ce sont des tufs vitreux très basiques, renfermant une très forte proportion d'eau. Ainsi les tufs palagoni tiques des environs du Puy (Rocher St-Michel, Rocher Corneille, Polignac), ne contiennent que 39,52 % de silice avec 16,91% d'eau. — On donne le nom de Wackes à des argiles provenant de la décomposition des basaltes, et formées surtout de silicates alumineux hydratés, les autres éléments de la roche ayant été entraînés à l'état de zéolithes ou de carbonates. Souvent les wackes ont gardé la texture celluleuse des laves basaltiques qui leur ont donné naissance: elles se présentent fréquemment en grains arrondis et offrent des couleurs d'un gris ou d'un vert sales.