CROÛTE PRIMITIVE
schistes siluriens. Mais ce qui se présente dans ces derniers à l'état d'exception,
parait avoir été plus habituel pendant la période primitive et d'ailleurs il est
bien des cas où l'on n'aperçoit aucune roche éruptiYe à l'influence de laquelle
le développement des mâcles puisse être attribué. La formation des phyllade* L
mâclifères semble donc alors devoir être considérée comme un fait normal, dé- ^
terminé par l'ensemble des conditions physiques de la période.
Les Phyllades gneissiques proviennent du développement de noyaux quartzeux ou feldspathiques entre les feuillets d'un phyllade. Cette variété, fréquente en Bavière et en Saxe, a souvent été confondue avec le gneiss proprement dit. Souvent aussi, du reste, on a pris pour du feldspath ce qui n'était qu'un silicate alumineux de la famille de l'andalousite.
CfpollMs. — * Les Cipolins sont des calcaires cristallins et schisteux, généralement micacés, talcifères ou chloriteux et où les phyllites sont disposées en bandes comme dans le gneiss. Souvent des paillettes cristallisées de graphite sont répandues dans la masse à la manière du mica.
Le passage des cipolins aux micaschistes peut s'effectuer par des calcschisles micacés, consistant en calcaire grenu, avec mica et quartz. Le calcaire forme généralement des lentilles et le mica est le plus souvent blanc et potassique. Sous le microscope, le calcaire grenu offre les stries qui caractérisent la calcite *
des marbres et qui proviennent d'une association de lamelles mâclées. Un cale- —
schiste de ce genre, de Prettau, en Tyrol, contient 48 % de silice et 24,67 % de —
chaux avec 13,55 % d'alumine (1).
-CSréMtftte, Eeloglte. — Le grenat forme, comme nous venons de le voir, un -^c" élément très répandu dans les gneiss et les micaschistes. Quelquefois il y donne ^= — naissance à de véritables roches, parmi lesquelles il convient de citer :
La Grenatite, formée par un agrégat cristallin de grenat et d'amphibole liorn-
blende. Le grenat est l'élément dominant et appartient, en général, à la variété ~C- — ~ calcaro-ferreuse.
La Kinziyitc, où le grenat manganésifére est associé au mica magnésien, à l'oli m-
goclase et à la fibrolithe.
UEulyzile, roche de grenat brun-rouge et de pyroxène augite, associés à mw m ^n élément dominant qui est la variété de péridot connue sous le nom de layalile- ^^*e.
VEclogite, mélange de grenat et d'omphazite (variété de pyroxène vert d'herbe) <" — ^»), pouvant contenir de la smaragdile, de l'hornblende, du disthène, avec mie rz^> ica blanc, quartz, olivine, zircon, apatite, sphène, oligoclase, etc. L'éclogite iï¥\M -Z^yvpenreuth contient 70,5 % d'omphazite, 25 % de grenat et 4,5 % de quar* * —-U. disthène et mica. Les variétés du Fichtelgebirge et de la Forêt-Noire sont ricl»^ ^he* en amphibole et il va, par exemple dans l'île de Syra, des éclogites qui c*-Z^>zz&xv
tiennent assez de disthène, associé au mica et au quartz, pour avoir mérité? ^^t w nom de roches à disthène.
(1) A. v. Hubert in von Lasaulx, Pétrographie, p. 302.
Miserai» de fer. — Nous avons signalé» à plusieurs reprises, la présence de la maynétite das les roches primitives. L'cdigiste y est quelquefois aussi abondant. Ces deux minerais s'associent fréquemment, en amas ou en couches puissantes, aux schistes chloriteux et amphiboliques. Tel est le cas du fer oxydulé do Daimemora, en Dalécarlie, qui forme une couche de 200 mètres de puissance dans un ensemble de chloritoschistes, de gneiss et de calcaires cristallins.
Bemarq«ea générales sur les roche» primitives. — L'énumération qui vient d'être faite donne lieu à quelques remarques intéressantes. M. Sterry Hunt (1) a fait observer que les roches du terrain primitif forment deux séries, Tune acide, l'autre basique, cette dernière caractérisée par des silicates de la famille amphibolique. On peut aller plus loin et poser en principe, avec M. Kalkowsky (2), que le terrain piimitif renferme, sous une apparence stratiforme ou au moins rubanée, les équivalents de toutes les roches granitoïdes anciennes d'origine interne. Ainsi le gneiss ordinaire correspond au granité commun, le gneiss à hornblende iiu granité amphibolique, le gneiss rouge au granité à mica blanc, la leptynite à la granulite, le pétrosilex à l'elvan et au porphyre quartzifère, les amphibolites «uutdiorites et aux syènites, les pyroxénitesauxdiabases, la leptynite diallagique «u gabbro, le quartzile au greisen, la vauguérite au kersanton, les micaschistes feldspatliiques à la minette. 11 y a donc une extrême analogie dans la composition intrinsèque des deux groupes, dont la différence pwtc surtout sur les confiions de gisement.
M. Kalkowsky a également fait la remarque que Toligiste est fréquent dans Mes /variétés gneissiques et micacées, tandis que c'est à l'état de magnétite que J'oxyde de fer se rencontre dans les amphiboloschistes. Ainsi les roches basiques *Ju terrain primitif ont dû, comme leurs analogues de la série éruptive, se développer dans un milieu réducteur, tandis que les influences oxydantes prédominaient dans la formation des types acides.
Ce double rapprochement nous parait avoir une grande importance et nous ^ voyons encore un puissant motif de considérer la série primitive comme tout £i fait en dehors des formations stratifiées et plus intimement liée aux produits de l'énergie intérieure qu'à ceux de la dynamique externe.