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CROÛTE PRIMITIVE

comprend le Plateau-Central avec le Morvan, d'un côté et les Cévennes, de L'autre, comme dépendances. En outre, les gneiss se montrent encore dans les Pyrénées. les Alpes dauphinoises et la région des Maures, enfui dans la chaîne des Vosges, formant un district commun à la France et à l'Alsace.

Bretagne, Cotent in. — Le gneiss de Bretagne peut se diviser en deux étages (i): L'étage inférieur, le plus développé des deux et le plus constant dans sa composition, est formé de gneiss granitoïdes, glanduleux, rubanés, que de nombreuses éruptions granitiques ont sensiblement modifiés à leur contact. La figure 142, dont nous devons la communication à M. Ch. Barrois et qui représente un état de choses très habituel dans l'ouest de la Bretagne, montre à quel point est

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Fig. 112. — Coupe de la rivière de Doua menez (d'après M. Ch. Barrois).

intime la pénétration du gneiss et du granité dans cette région, d'ailleurs bouleversée.

L'étage supérieur, dont un bon type s'observe au sud de Roguédas, est forma» par un gneiss feuilleté à mica noir, alternant avec des couches de pyroxénites. de kersantites stratiformes (associations de plagioclase et de mica biotitc) et déroches composées d'un mélange intime de pyroxène, de grenat et d'idocrase.

Bien entendu, des micaschistes à biotite abondent parmi les gneiss. On pett même dire, d'après M. Barrois, que le micaschiste est, par excellence, la roc\rM -*=^cne du terrain primitif en Bretagne; mais il passe fréquemment au gneiss et quelqii fois au quartzite.

Les chloritoschistes sont très développés dans les falaises de la baie d'Audie où ils alternent avec les amphibolites et sont surmontés par des laïcités ou schistes luisants à séricite. C'est sans doute à ce dernier étage qu'appartienne" -

les talcites phylladiformes, souvent chloritiques et noduleux, de la rade de Ch^^*^^ ^0

bourg, qui passent au sléaschiste. Ces schistes sont surtout formés de grains quartz avec séricite rappelant le talc.

Dans le gneiss de la Paquelaie, près Montoir, M. Lory(2) a signalé un giseme de calcaire cristallin stratifié, traversé par des filons de pegmatite. Ce calcaL est semblable au cipolin blanchâtre ou gris bleuâtre que Rivière a indiqué a environs des Sables d'Olonne.

Plateau central. — On observe dans le Limousin (5) la succession suivante^ à la base, un gneiss œillé ou glanduleux, que surmonte un gneiss rubané grir

(1) Ch. Barrois, Ann. de la Soc. gfol. du ^ord, VI If , p. 04. (\>) Bull, de la Soc. g fol. do France, 't série, XVII, p. 20. (3; Renseignements tournis à l'auteur par M. Dou ville.

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contenant des couches de leptynite et traversé par un granité éruptif, avec pegmatites dans la zone de contact. Au-dessus viennent des gneiss passant aux micaschistes, souvent graphiteux, avec leptynites à grenat, amphibolites, cipolins et serpentines. Le tout se termine par des micaschistes et est surmonté de ta Ici tes et de schistes micacés, comme ceux qui passent, par dégradations insensibles, aux ardoises de Travassac et d'Alassac, près de Brive.

Dans le Cantal, il existe quelques traînées de gneiss granitoïdes et, dans les vallées profondes du massif volcanique central, on peut, d'après M. Fouqué, constater ist superposition, aux gneiss et micaschistes rubanés, d'un système gneissique avec amphibolites, pyroxénites et serpentines, que couronnent des micaschistes.

En divers points du Plateau central, le gneiss schisteux, passant au micaschiste, contient des gisements de calcaire saccharoïde micacé ou cipolin. Ces gisements, qui constituent une précieuse ressource pour un pays essentiellement dépourvu de calcaire, s'observent à Sussac près Eymoutiers (Haute-Vienne), à Gioux (Corrèze), à Savenne (Puy-de-Dôme) et à Chalvignac près Mauriac (Cantal).

A Sussac comme à Gioux, le calcaire est enclavé en amas, parallèles à la stratification, dans le gneiss, dont les couches sont verticales (4). À Savenne, les strates sont courbées en voûte et le calcaire partage exactement cette allure. J)ans ces trois localités, le mélange du mica donne au calcaire une disposition z-ubanée. C'est surtout près du gneiss que le mica est abondant; aussi n'emploiet~-on à la fabrication de la chaux que la partie centrale des amas calcaires.

A Chalvignac, le calcaire saccharoïde forme deux amandes régulièrement

intercalées dans le gneiss schisteux et séparées l'une de l'autre par plusieurs

mètres de gneiss ; d'autres lentilles plus petites s'observent en descendant des

Tours à chaux vers la Dordogne. Le passage du marbre au gneiss schisteux, par la

prédominance des veinules micacées, est insensible, et loin de pouvoir considérer

le calcaire comme une formation de filon, on ne saurait se refuser à y voir une

roche absolument contemporaine du gneiss encaissant. Un filon de pegmatite

tourinalinifère s'observe dans le massif qui sépare les deux principales lentilles

calcaires.

La même roche calcaire apparaît de nouveau, sur le cours de la Dordogne, à Archers et Roche-les-Peyroux.

La région du Plateau central ne parait pas renfermer de roches pétrosiliceuses,

analogues à l'ilâlleflinta. Cependant, à l'extrémité orientale de ce plateau, près

4e Lyon, on observe, dans le voisinage du gisement de pyrite de Chessy et Sain-

Jtel, des roches compactes, dites cornes rouges et cornes vertes, qui pourraient

appartenir à cette division, avec les schistes satinés blancs, micacés et stéatiteux,

li encaissent le filon pyriteux.

florin, Cévenne». — Dans le Morvan, H. Hichel-Lévy (2) a reconnu l'exis-

(i) Élie de Beauniont et Dufrénoy, Explic. de la Carte géologique de la France, I, p. 1 19.

(2) Compte rendu de i excursion de la Société géologique de France dans le Morvan, eu 1879.

DL LÂTPAOLM, TKUIL DL OtuLOWL. 40

Los laïcités ou schistes luisants des Cévennes forment, immédiatement au-dessus du terrain de gneiss et de micaschistes, un système doué d'une très grande uniformité, auquel M. G. Fabre (4) attribue une épaisseur d'au moins 4000 mètres. Du y trouve des noyaux de quartz. Vers l'ouest, près du Vigan, ces schistes paraissent se prolonger sous la forme d'une puissante série de talcites phylladiformes et de stéaschistes satinés, alternant avec des couches de calcaire saccharoïde. Plusieurs de ces talcites sont mâclifères ou graphiteux.

Pyrénées. — Dans le pays de Labourd (Basses-Pyrénées), on voit s'intercaler dans le gneiss et alterner en veines avec lui des' calcaires saccharoïdes, signalés pour la première fois par de Charpentier, qui les avait parfaitement reconnus comme faisant partie du terrain primitif. Ces marbres, qui contiennent un minéral micacé d'un vert émeraude, renferment du graphite et exhalent, quand on les casse, une odeur fétide. Tel est, eu particulier, le cas du cipolin de Louhoussoa prés d'Ilasparrcn, où l'amphibole blanche, la fluorine, l'oligiste et la pyrite s'associent au talc ou au mica et au graphite en paillettes hexagonales.

Une belle pegmatite graphique, avec kaolin, accompagne le gisement du cipolin de Louhoussoa.

Il est probable qu'il convient de rapporter à la même formation le marbre blanc de Saint -Béat, qui alterne avec des gneiss et contient de la pyrite, de la fluorine, du soufre natif et de la tourmaline d'un beau vert.

Quant aux schistes micacés, à structure gneissique, qui s'observent en de nom-

breux points du massif central, notamment à la montée du lacd'Oo, ils pourraient

former la partie supérieure du terrain primitif pyrénéen; mais cette attribution

loit demeurer douteuse et il est possible que ces schistes, pénétrés de filons de

ranite euritique, soient des phyllades cambriens métamorphiques.

Ofcani*, Maure». — Dans l'Oisaus, d'après H. Lory, le gneiss granitoïde de

s filages est surmonté à^St-Christophe par des gneiss et micaschistes grenus.

i supportent, à Pont-St-Guillerme, un système contenant des amphiboli tes et

. couches calcaires. L'ensemble est couronné par les chloritoschistes, servant

base aux talcschisles et aux phyllades.

ur les bords de la Méditerranée, près de Cannes, on observe, dans la région Maures, une formation de gneiss que surmontent des micaschistes avec grenat, otide et andalousisle. Le gneiss est parfois amphibolique et d'autres fois îiteux ; au sommet de la série, dans la presqu'île de Giens, se trouvent des les de calcaire cristallin contenant souvent du mica et un minéral lalcoïde. e région est lune de celles où l'on peut le mieux observer l'intime pénétrais gneiss et des micaschistes par une granulite rosée qui tantôt s'intercale lementaux feuillets de mica, tantôt les coupe sous des angles très variables, emble est couronné par un phyllade satiné, •e, YoMge». — Le terrain de gneiss de la Haute-Alsace se compose Ç2)

'. Soc. ye'ot. tir trnmr, 5* série, V. p. 402. h, Abhandlunyen iur geot. S/Hcialkarte von EUas*. — Neuve Jahrbucli, 1878, p. 851.

CROUTE PRIMTIVK.

d'un gneiss ancien, tantôt à grain grossier et noduleux, tantôt riche en mica et passant au micaschiste et d'un gneiss plus récent, ou gneiss à grenat, parfois graphiteux et accompagné de leptynite. A cet étage supérieur sont subordonnés des gneiss amphiboliques, des serpentines et des calcaires cristallins. Le calcaire du Saint-Philippe, décrit par Delesse (1) eu fait partie; il y est intercalé sous la forme de trois assises concordantes et des pyroxénites raccompagnent. Parmi les nombreux minéraux du calcaire du Saint-Philippe, on doit citer le mica phlogopite, la pyrosclérite, la magnétite, le spinelle et le graphite.

Le cipolin s'observe encore dans le gneiss des Vosges au Chippal, près de Fraize, et à Lavcline, aux environs deSt-Dié; le calcaire du Chippal est grenu ou sublamellaire et parcouru par des filets de serpentine. Le mica y affecte un éclat cuivreux. Le gneiss encaissant est chargé de chaux carbonatée au point de faire avec les acides une vive effervescence.

A Laveline, le calcaire, qui forme plusieurs amas, est gris et micacé, surtout dans le voisinage du gneiss. Le centre de la masse est traversé par des filons de quartz.

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