FORMATIONS SÉDIMENTAIRES
trous de pholades et autres organismes lithophages. Lorsqu'il s'agit d'une assise argileuse, son émersion peut être attestée par les impressions que laissent à sa surface, soit la marche des reptiles, soit même la chute de la pluie, pourvu que, postérieurement, un sédiment sableux, plus tard aggloméré en grés, soit venu recouvrir et conserver ces empreintes.
Enfin il y a des cas où la preuve d'une lacune est fournie par l'existence, au milieu d'une suite de sédiments marins, d'une couche renfermant des débris incontestables d'organismes terrestres, en particulier des souches d'arbres encore en place. Quand cette circonstance se rencontre, il est évident que le sol a été émergé au moins pendant tout le temps nécessaire à l'établissement d'une végétation puissante.
Discordances paléontologlqnes. — Les discordances de stratification et les signes chimiques ou organiques d'émersion font souvent défaut et, d'ailleurs, ils n'offrent qu'un moyen de détermination fort incomplet. Heureusement, quand les assises sont fossilifères, la comparaison des faunes ou des flores fournit des éléments beaucoup plus précis. À de très rares exceptions près, une couche stratifiée ne contient, en fait de restes fossiles, que ceux des animaux qui vivaient dans l'océan où cette couche se déposait, si c'est un sédiment marin, ceux des animaux ou des plantes de la rive voisine, s'il s'agit d'un dépôt lacustre. Les fossiles empruntés à des formations antérieures et incorporés dans un dépôt plus récent sont chose assez rare et, quand le fait se produit, on en est averti d'ordinaire par l'état de conservation des individus.
Cela posé, les espèces des êtres vivants n'ont cessé de se renouveler à la surface du globe et, en raison de l'harmonie qui a toujours uni le monde organique aux circonstances du milieu ambiant, chaque ensemble animal ou végétal, au moins pour une région déterminée, peut être considéré comme caractéristique de la période correspondante. Dès lors, si deux dépôts consécutifs, même concordants en apparence, contiennent des faunes ou des flores très dissemblables; si, d'autre part, on peut établir que cette dissemblance ne tient pas aux conditions propres des dépôts, par exemple à la substitution d'une eau profonde à une plage superficielle, la différence des organismes comparables donnera la mesure de l'importance de la lacune.
Caractère local des discordances de stratification. — Cette induction est
fondée sur la continuité présumée dans la variation de l'ensemble des circonstances extérieures, quel que soit d'ailleurs le mode suivant lequel s'est effectué le renouvellement correspondant des organismes. Une telle continuité, qui n'exclut pas des ruptures d'équilibre locales et, par suite, des changements brusques en certains points déterminés, est la conséquence naturelle de l'idée que nous nous faisons de la succession des phénomènes sur le globe terrestre, depuis la période de la nébuleuse primitive jusqu'à celle où nous sommes. Elle s'accorde d'ailleurs trop bien avec l'ensemble des faits constatés pour que nous hésitions à l'admettre. Plus les observations géologiques se multiplient et plus on reconnaît que les
discordances ont un caractère essentiellement local. Soient (fig. 156) deux terrains affleurant suivant le profil BAC, de telle sorte que les couches horizontales de l'un, ÀC, viennent buter contre A
les couches fortement redressées ><$\ÏV—
de l'autre BA. Il arrivera généra- ^^^X^f^Sy, c
lement que, dans la profondeur, -xf& WftQ^?3&!fc' ■ '■ > '••'• •'.• '•'••'••' •':!•'••• . " t-' '•'■• ••' ~ l'inclinaison des assises de BA * ^5v0v\*\s S~S~S1ZZZII~-