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LE SYSTÈME 8ILURIEM DANS L'EUROPE CENTRALE

Bohème. — Le système silurien de la Bohème (1), lorsqu'on en retranche, pour les rattacher au cambrien, les couches qui contiennent la faune primordiale, se compose de deux étages : l'un, qui correspond à l'armoricain, est l'étage D di» M. Barrande, renfermant la faune seconde; l'autre, celui que nous avons appelé bohémien, est constitué par les étages E, F, G, II, dont les zones fossilifères forment par leur ensemble h faune troisième. La figure 210 fait connaître, d'après l'auteur

tâDrabow

Ginelz

Fig. 210. Coupe résumée du bassin silurien de la Bohême (d'après Barrande). — A, B, schistes et grauwackes aïoïques ; C, schistes à faune primordiale ; D, grés et schistes de la faune seconde; E, F, G, H, étages successifs de la faune troisième; Co, colonies; Ca, terrain carbonifère ; Cr, terrain crétacé.

du Système silurien de la Bohême, la disposition générale des couches en forme de cuvette. Si ce bassin n'occupe qu'une surface insignifiante, (car le grand axe de l'ellipse qu'il couvre est de 148 kilomètres et le petit axe de 50 kilomètres environ), du moins la série des couches est puissante et la richesse de la faune remarquable; car dès 1877 M. Barrande y comptait déjà plus de 3000 espèces. • Faune seconde. Etage D. — Cet étage comprend cinq bandes distinctes, qui sont, de haut en bas :

d$ Schistes gris jaunâtres et quartzites à Calymene declinata, Âmpyx Portlocki. Dalmaniles

Phillipsi.'lllœnus Wahlenbergi, Bellerophon grandis, Strophomena nuntia (localités : Kse-

nigshof, Leiskov, Gross Kuchel).

dA Schistes très micacés à Calymene incerta. Asaphus nobilis, Wœnus Salteri, Acidaspis Buchi,

Conularia bohemica (loc. Zatiorzan, Ueben, etc). d* Schistes noirs feuilletés fossilifères et quartzites à Trinucleus orna tus, Dionidc formosa,

Beyrichia bohemica (loc. Vinice, Trubin). dt Grès quart zeux jaunes du Mont Drabow, de Vesela et de Praskoles, avec Dalmaniles socialis,

Trinucleus Goldfussi, Calymene pulchra, Orthis reduz, Conularia ru g os a, C. anomal a. di Schistes argileux noirs, fissiles, micacés, avec nodules siliceux fossilifères, à Calymene Aragoi,

Trinucleus Réussi, Placoparia Zippei, Redonia Deshayesi, Orthis socialis, Bellerophon

bilobatus (loc. Vosek, Santa Benigna).

Aucune de ces espèces n'était-connue dans la faune primordiale de Bohême. La bande dL est assez complexe. M. Barrande y distingue, à la base, une zone dp, à l'état de grès ou de conglomérat, contenant Lingula Feislmanteli. Ensuite

(1) Voir les travaux si développés de H. Barrande sur le bassin de la Bohême.

vient la zone dfi, avec Lingula, Discina, Orthis desiderata, Amphwn. c'est-à-dire des fossiles du cambrien supérieur d'Angleterre (1). Enfin, dans la zone dtj9 M.Krejci a mentionné la présence de Didymograptus Suessi, qui semblerait établir une certaine connexion entre cet horizon et la base de la faune seconde de Ja Grande-Bretagne. D'après cela, il ne serait pas impossible qu'une portion de dt dût être rangée avec la partie supérieure du système cambrien.

Vers le sommet de l'étage Det surtout dans la bande d5 apparaissent, des deux côtés du bassin, des couches schisteuses qui semblent régulièrement intercalées dans les grès et où se montre une faune que caractérisent surtout les graptolithes. Près de 83 pour 100 des espèces fossiles de ces couches appartiennent à la faune troisième (2). H. Barrande considère ces intercalations comme des colonies , c'està-dire comme le résultat d'une migration momentanée des espèces de la faune troisième, déjà développée hors de la Bohême et destinée à s'y implanter définitivement plus tard. Les espèces caractéristiques des colonies sont Monograptus colonus, M. priodon, M. Rcemeri, CardMa interrupta^ Arethusina Konincki, Sphœrexochus mirus. Plusieurs géologues ont tenté d'expliquer le fait des colonies par des dislocations qui auraient amené quelques parties de l'étage E au milieu des assises de D en concordance apparente (5). Leurs conclusions ont été nettement repoussées par H. Barrande (4), qui a insisté non seulement sur la régularité de l'intercalation, au milieu des quartzites, des schistes à graptolithes coloniaux, mais sur la forme généralement lenticulaire de ces gisements. A l'objection fondée sur ce que les graptolithes n'auraient apparu, dans la bande silurienne septentrionale, qu'avec la faune troisième (5), de telle sorte qu'il serait impossible de chercher au nord le centre primitif de leur développement, M. Barrande a répondu que les graptolithes des colonies de Bohême sont ceux de la série de Moffat en Ecosse et spécialement ceux des schistes de Birkhill, lesquels occupent le sommet Ae l'étage armoricain et paraissent justement correspondre à la bande ds. L'apparition normale des graptolithes aurait donc eu lieu en Ecosse et en Scandinavie plus tôt qu'en Bohême, et les colonies de cette dernière contrée auraient pu être peuplées par migration d'espèces originaires du bassin septentrional. Il est remarquable que l'apparition des colonies graptolithiques dans cf5 soit accompagnée de coulées de diabase, également caractéristiques de la base de l'étage E.

Faune troisième. Étage E. — L'étage E, dont la puissance varie entre 100 et 300 mètres, se compose de deux bandes: la bande inférieure el9 puissante de 60 mètres et formée de schistes à graptolithes, avec coulées de diabase intercalées; et la bande supérieure et, consistant en un calcaire fétide et cristallin, qui commence à apparaître sous la forme de sphéroïdes au milieu des schistes sousjacents.

[V, Marr, Quarterly Journal ofthe geol. Soc. of London% 1880, p. 591. (2) Barrande, Défense des colonies, IV, p. 129. (3 Voir notamment Marr, loc. cit.

(4) défense des colonies, IV, 1870, V, 1881.

(5) Linnarsson, Geol. Magazine, 1878, p. 277.

Dans les schistes de et, développés à Kuchelbad et à Butowitz, abondent les Monograptus priodon, M. Rœmeri, M. turriculatus, M. colonus, Retiolites Geinitxi, Diplograptus palmeus, tandis que les sphéroïdes contiennent des céphalopodes des genres Cyrtoceras, Trochoceras et Orthoceras.

C'est surtout dans la bande et, à Lochkow et Kosorz, que la faune est particulièrement riche. Les trilobites y sont représentés par Arethusina Konincki, Proetus venus tus, Phacops fecundus, Calyrnene Baylei, ainsi que par les genres Lichas, Cyphaspis, Acidaspis, lllœnus, Cromm, Cheirurus, Sphœrexochus. Une foule de brachiopodes, des genres Strophomena (S. rhomboidalis), Leptœna, Atrypa (A. navicula), Pentamerus (P. Knightî), Rhynchonella, Spirifer, Orthis, y sont associés à un nombre non moins grand de céphalopodes ; parmi ces derniers apparaissent les nautiles avec Nautilus Sternbergi. Les Trochoceras, Cyrtoceras, Gomphoceras, Phragmocerasy sont communs; mais la prédominance appartient aux Orthocères, depuis les grandes espèces comme Orthoceras socium jusqu'à celles de dimensions moyennes comme 0. Bohemicum. Quant aux lamellibranches, ils sont représentés par les genres Lucina, Mytilus, Antipleura, Avicula et surtout Cardiola, notamment C. interrupta. Enfin les Favosites, Halysites, Lobolithus, Omphyma témoignent du développement qu'avaient alors acquis les rayonnes.

En résumé, la faune de l'étage E est la plus riche de toute la Bohême et celle qui présente le maximum de développement en genres et en espèces. Il suffira de dire que les espèces de céphalopodes y sont au nombre de 400 et celles de trilobites au nombre de 183.

L'Étage F, dont la puissance est de 100IU, débute, à Lochkow et à Dvoretz, par un calcaire noir fétide ft, à Bronteus umbellifer, Spirifer Nerei, Tentaculites intermediusy auquel succède un calcaire blanc ft, parfois siliceux, soit en masse, soit sous forme de rognons de chert. C'est le calcaire de Konieprus et de Mnienian, qui contient 88 espèces de trilobites, parmi lesquelles Harpes venulosus, Phacops fecundus, Bronteus palifer, etc. Les céphalopodes sont peu nombreux, mais s'enrichissent d'un nouveau genre, celui des Goniaiites. Cette époque est celle de l'apogée des brachiopodes (Atrypa reticularis, A coma ta > Rhynchonclla Eucharis, Pentamerus galeatus, Spirifer sec ans, Leptœna VerneuM, Orthis palliata, etc.).

L'Étage G se divise en trois assises :

A la base, un calcaire noduleux^, dont les nodules contiennent de remarquables trilobites, Dalmanites Hausmanni, D. auriculata, Phacops fecundus, var« degener, P. cephaloteSy Bronteus Brongniarti, Cheirurus Sternbergi, associés à Orthoceras Midas et Favosites Bohemica. (Hlubocep, Ghotecz, etc.)

Au milieu, un schiste argileux gv avec sphéroïdes calcaires, à Goniatites fecundus et Tentaculites ornatus.

Au sommet, un calcaire argileux y5 à nodules marneux, où abondent tes goniatites, Goniatites plebeius, G. Bohemicus, etc., avec Phragmoceras cornes, Hercoceras mirum et Cardiomorpha fortis.

' ' | Un poisson, Ctenacanthus Bohcmicus, qui avait commencé à se montra

l'étage F, devient caractéristique de l'étage G. V Étage Hy à Hostin et Hlubocep, est formé d'un schiste argileux A, à fuo | : surmonté par des schistes et quartzites hif que couronnent des schistes argile

La faune en est peu riche et comprend, dans A5 seulement, les genres Prochu

cops* Orthoceras. On remarque dans cet étage une petite couche de houille. [ Ttmrlag* et Harti. Bavière. — La composition du système silurien da

Thuringe est exprimée par le tableau suivant :

(Schistes à Tmtacuttte* et couches i S'mite*y miec Pkeeop*, Harpe*. Bewri Calcaire noduleui. contenant des restes de CtenacentAus, arec TentmcuUèn

\ F DO&emien. * s^j^ suceurs à Grmptolithet [Monog. co/ohum, RetioiUes).

J j \ Calcaire à Cnrtiiofm interrupim a\ec Ortkoeèm.

\ a i Schiste siliceux et alunifère arec Monograptu* et RastriUs.

1 t*g*. ) Schistes à minerais de for et Quartiites (600- ) contenant CeJymmr, A*mpkm

annonçais f ^Mtet fihcmm rtdirirm. Ototo. Echimoêpkœrite*.

■ii

La partie supérieure de cet ensemble se relie assez intimement au sj! dévonien : on y remarque notamment un poIypier,P/«Kro<f û» fyar m Lojurfofai,

! curseur du P. problrmaticum dévonien.

Les deux horizons de graptolithes. séparés l'un de l'autre parla zone a Car i*trrrmpta% se poursuivent 1 1 ) en Saxe et dans le Fichtelgebirge. L'étape bohémien existe seul au Hartz, où Ton observe la série qui suit :

: I. $»**>*<* et lerge. aw plantes f «ssiles indéterminables.

I I ^ ^elisfo* $;UiYux primcipmus. sans faciles.

1 ,, t. >dbù:« de Witxi. schistes ir^iîeav avec quartxites et calcaires, â Dm 1mm mite*, G**û ijji Spiri*f et ù'trptfiHike*-

. j ! ùrttnNi. if Je T*s*e. i\ec restes de Tè^'iui lyah;wdîaaes.

Tout cet ensemble parait se placer sur le même niveau que les étapes F. H de h rVhéir.e. rumine en Tins rince, on y observe des poisson* du cenreO r .:«:&&*. iï un P.V;*ro::V:yî.Mi. Les îrilobitfs appartiennent aux cenres 00 Prc*txs. Lyi*.:$ii$. P>. v.:*. .4<r ".£:*;«*. B^nleut. Sur £6 espèces fossiles. V kmcr.î sont d* v-r.iv^rh-f -:\ IS > :::: ..•■■•nnues dxn> !e silurien supérieur, sped r.>rr.ï relui de 1a Boh«v«?.

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