‹ Traité de géologieChapitre 197 sur 533 · Grès à Bilobiles (Cruziana Prevosli · texte numérisé non relu

Grès à Bilobiles (Cruziana Prevosli

i. Schistes inférieurs, visibles sur au moins 200".

Cette série motive quelques observations. D'abord le grès à bilobites est très réduit comme épaisseur; en revanche il est encadré dans une série de schistes, ceux du bas, grossiers, verdâtres, parfois d'un rouge vif au contact du grès et ceux du haut, avec lits de minerais de fer et couches de grès, contenant de très rares bilobites. Le grès armoricain reprend, en approchant de la Bretagne, un faciès plus normal et, à Combrée, les bilobites y abondent.

Les schistes ardoisiers, si activement exploités à Trélazé, contiennent, à l'étal déformé, de nombreux trilobites de grande taille, Lichas Heberti, Asaphus Guettardiy Megalaspis Desmaresti, Illœnus giganteus, avec Cahjmene Tristani. Ces schistes paraissent inférieurs h l'assise n° 7. remarquable par ses nodules argilosiliceux où se rencontrent, très bien conservés, Calymene Tristani, C. Aragoiy Dalmanites social is, Asaphus nobilis, Placoparia Tourneminei, Orthis Ribeiroi, etc.

L'assise des phthanites à graptolithes a été signalée en Anjou par M. Farge (3). Elle s'étend de Mozé à Vem et se compose de quartzites, tantôt blancs, tantôt

(1) De Tromelin, Assoc. française, session de Nantes, 1875, p. 610.

(2) Bull, de la Soc. géol. de France, 3* série, VI. 531.

(3) Mémoire sur Ut* progrès de la géologie dans le Maine-et-Loire, 1873.

noirs, ampéliteux et passant au silex noir ou phthanite. On y remarque Monograptus Becki, Diplograptus folium, D. pristis, Rastrites peregrinus. C'est évidemment l'horizon des premiers schistes ampéliteux de Domfront, devenus ici tout à fait siliceux. On voit d'ailleurs, en dehors des limites de l'Anjou, à Abbaretz (Loire- Inférieure) , les phthanites ampéliteux alterner avec de véritables ampélites schisteuses, exploitées pour la teinture (i).

Les phthanites à graptolithes, occupant une situation analogue à celle de Tassise de Llandovery, en Angleterre, peuvent être classés au sommet de l'étage armoricain. Quant au calcaire de la Meignanne, calcaire blanc grisâtre, exploité pour les fours à chaux d'Angers et supérieur aux phthanites, ses fossiles, orthocères et Cardiola interrupta, ne laissent pas de doute sur son attribution à la faune troisième, au niveau du calcaire de Feuguerolles.

La Sarthe offre, aux alentours de Ghemiré-en-Charnie, de Côte-du-Creux et de Neuvillette, la succession normale du grès à bilobites avec lingules et débris dlllœnus et d'Asaphus, surmonté par les schistes à Calymene Tristani, que couronne, à Chemiré, l'assise de Feuguerolles avec Ceratiocaris, Pterygotus, Orthoceras bohemicum, Cardiola interrupta, Monograptus priodon. Ces fossiles sont contenus dans des nodules argilo-siliceux blancs et rougeâtres. A Neuvillette, il y a des schistes ampéliteux qui pourraient représenter un niveau un peu inférieur, celui de Monog. colonus.

Languedoc, Pyrénées, Boulonnais. — Les environs de Nefliez, près de Pézenas, dans l'Hérault, offrent, suivant l'expression de Murchison, une petite oasis silurienne où affleurent d'épaisses masses de schistes verts. Les nodules de ces schistes contiennent de grands trilobites, Âsaphus magnifions, A. Fourneti, Ogygia desideratissima. Ce serait la base de la faune seconde. Près de Cabrières, à Falgairas, cet étage est recouvert, d'abord par des psammites, puis par des couches à Orthocères, contenant Cardiola interrupta et Monograptus priodon (2).

En divers points du massif pyrénéen, autour de Ludion, notamment aux Pales de Burat, à Marignac, à Lez près Saint-Béat et à l'hospice du port de Yenasque (3), on observe des schistes ampéliteux, des calcschistes et des calcaires noirs, qui contiennent les fossiles de la faune troisième et spécialement ceux de la bande et de Bohême. On y recueille Orthoceras bohemicum, 0. pyrenaïcum, 0. Fontani, 0. sevwum, Cyrtoceras, Cardiola interrupta x C. gibbosa, Silurocardium Barrandei, Prœcardium, Paracardium, Lunulicardium, Scyphocrinites elegansf Lobolithus et des graptolithes, parmi lesquels Monog. priodon est bien reconnaissait».

Près de Cathervieille, dans le val de l'Arboust, affleurent des schistes gris qui contiennent, avec des orthocères très minces du type d' Orthoceras gracile, des

(1) De Tromelin et Lebesconte, Assoc. française, session de Nantes, p. 609.

(2) De Rouville, Bull, de la Soc. géol. de France, 2« série, XXV.

(3) Leymerie, Description géol. de la Haute-Garonne. — Renseignements fournis à l'auteur par M. Darrande sur des fossiles de lez, recueillis par M. Thiérot.

trilobites extrêmement voisins des Phacops fecundus et Dalmaniies Hausmanm de l'étage G de Bohême (1). De cette manière, les Pyrénées posséderaient un horizon du silurien qui ne paraît représenté nulle part ailleurs, en France, a ce n'est à Erbray.

II est à remarquer que les schistes ampéliteux à orthocères et à crinoides contiennent, dans la vallée de la Pique, des mâcles parfois très développées, dont la cassure se détache en blanc sur la roche noire.

Signalons enfin, dans le nord de la France, la présence du système silurien en profondeur au-dessous des dépôts crétacés. Cette constatation résulte d'un puits creusé à Cafflers, dans le Bas-Boulonnais et d'où il a été extrait des schistes d'un gris sombre avec Monograptus colonus.

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