DÉVONIEN ARDENNAIS
assises dévoniennes (fig. 248 et 249). Classée tout d'abord par Duraont, cette série a été, de la part de MM. Gosselet (i), et G. Dewalque (2), l'objet d'études détaillées, dont nous présenterons ici,' d'après le premier de ces auteurs, un court résumé.
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Fig. 248. — Coupe de la vallée de la Meuse entre Fépin et Vireux (d'après M. Gosselet). — 1, schistes de Kevin; 2, poudingue de Fépin, arkose et schistes de Mondrepuits; 3, schistes d'Oignies; 4, schistes de Saint-Hubert; 5, grésd'Anor; 6, grauwacke de Montigny; 7, grés de Vireux ; 8, schistes et poudingue de Burnot; 9, grauwacke d'Hierges; 10, calcaire de Couvin; f, faille.
L'étage fhénan comprend trois sous-étages : à la base, le gédinnien, ainsi nommé de la localité de Gédinne ; au milieu, le taunusien, qui a son équivalent dans la région du Taunus; au sommet, le coblencien, dont la grauwacke à spirifères de Coblentz offre le type.
Voici maintenant la composition du gédinnien de l'Ârdenne, qui, à Fépin, atteint environ 800 mètres d'épaisseur.
/ 5. Schistes et quartzites verdàtres de Saint-Hu- \
bert. f Schistes rouges et psammites
4. Schistes bigarrés, rouges et verts, d'Oignies et ( de Fooz.
de Charleville. ;
Sous-étage 1 3. Quartzophyllades oligistifères de Braux et schistes fossilifères de Mondrepuits, gédinnien. ^ grossiers et verdàtres, à Homalonotus Rœmeri% Tentaculites grandis, T. irre-
gularis, Spirifer Mcrcuri, Pterinœa ovaliê. 2. Arkose de Weismes et schistes à Spirifer Dumonti et Cystiphyllum profundum.
, 1. Poudingue de Fépin.
Le poudingue de Fépin, dont l'épaisseur ne dépasse pas 10 mètres, et qui marque le rivage de la mer dévonienne, au début de la période, dans la région ardennaise où quelques îlots cambriens étaient émergés, est formé de cailloux roulés de quartzites et de schistes cambriens, dans une pâte schisteuse assez riche en phyllites. Quelques-uns de ces blocs roulés pèsent jusqu'à 5000 kilogrammes. Le poudingue repose en stratification manifestement discordante sur les tranches relevées des phyllades cambriens, comme on peut bien l'observer aux lieux dits la Roche-à-Fépin et la Roche-aux-Corpias. Dans cette dernière localité, l'arkose qui surmonte le poudingue contient des restes mal conservés d'OrUioceras et de Cyathophyllum.
Dans la série gédinnienne des environs d'Ombret, M. de Lavallée-Poussin (3) a signalé des nodules calcaires dont la dimension varie depuis la grosseur d'une noisette jusqu'à celle du poing. Le calcaire est compact, subcristallin, sillonné
(1) Voir pour plus de détails Esquisse géol. du Nord de la France, 1880, pp. 45 et suivantes.
(2) Bull. Acad. roy. de Belgique, 2* série, XI et XII. — Prodrome d'une description géologique de la Belgique.
(3) Anu. de la Soc. scientifique de Bruxelles, 1877, p. l£é.
de veines spathiques et fréquemment bigarré de rouge, de vert et de bleu. Les nodules sont très habituellement pénétrés et subdivisés en tous sens par de la matière schisteuse; quelquefois ils ont été enlevés par dissolution et il reste un schiste celluleux à aspect scoriacé.
Le taunusien est constitué par le grèsd'Anor, tantôt rosé, passant à l'arkose et épais de 550 mètres, tantôt, comme sur le rivage septentrional du bassin, blanc et beaucoup plus mince. On y trouve Leptœna Murchisoni, L. laticosta, Spirifer paradoxus, Avicula lamellosa, Pleurodictyum problematicum. Sur le même niveau se placent (1) les grès de Bastogne, avec Pterinœa costata, P. lineata, Meganterù Archiaci, etc.
Le sous-étage coblencien, puissant d'environ 2400 mètres, comprend 4 assises, savoir :
4. Grauwacke d'Hierges (775"), brune ou noirâtre à Hierges, rouge^ amarante à Rouillon et offrant deux zones :
6. Zone supérieure à Spirifer cultrijugatus, Calccola sandalina et Rhynchotie/la Orbignyi (minerai oligiste de Couplevoie). Cette zone pourrait être réunie avec avantage à Yeifélien.
Sous-étage ' a. Zone inférieure à Spirifer arduenncnsis, Pterinœa lineata, P. ven tricot* t coblencien. \ et nombreuses enclines.
3. Schistes rouges de Vireuz et poudingue de Buroot. à galets de quartz et de
quartzites, avec grès à pavés (500").
2. Grès noir de Vireux (350,a) (ancien ahrien de Dumont). 1. Grauwacke de Montigny (775m)t à Spirifer paradoxusy Athyris undata, Strophomena deprtssa, Grammy sia llamiltonensis (ancien huntrùckien de Dumont).
Il parait que, dans l'assise à Pterinœa lineata, dite de Daleùlen, au dessus du poudingue de Burnot, on a rencontré Hercoceras mirum, fossile du silurien supérieur (étage G) de Bohême (2).
Les assises 3 et 4 formaient Yeifélien quartzoschisteux de Dumont.
Quelques fossiles, Spirifer subcuspidatus, Leptœna Murchisoni, Rhynchonella Daleidensis, Pleurodictyum problematicum, sont communs à toutes les assises du coblencien. >
11 est à remarquer que, sur le bord septentrional du bassin de Dinant, l'ensemble du gédinnien, du taunusien et du coblencien est constitué par une série de poudingues, d'arkoses et de schistes rouges, dans laquelle on n'avait vu pendant longtemps qu'une dépendance du poudingue de Burnot. C'est à M. Gosselet qu'on doit d'avoir établi que, dans cette région, le gédinnien est représenté par le poudingue d'Orabret, l'arkose de Dave et les schistes et psammites de Fooz, tandis que le grès du bois d'Anse correspond au taunusien et le grès à pavés de Wépion à la grauwacke de Montigny.
Étage elféllen. — L'étage eifélien (ancien eifêlien calcareux de Dumont) comprend deux sous-étages: celui des schistes à calcéoles à la base et le calcaire de Givet au sommet (3).
(1) G. Dewalque, Ànn. Soc. géol. de Belgique, VIII, p. CLXXII.
(2) G. Dewalque, Ann. Soc. géol. de Belgique, VIII, p. CLXXIV.
(3) M. Gosselet rattache les schistes à calcéoles, sous le nom d'eiféfirn, au dêvonien inférieur et compose l'étage moyen d'une seule assise, le givétien ou calcaire de Givet. Les affinités paléon-