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DÉVONIEN ARDENNAIS

Les schistes à calcéoles sont caractérisés surtout par l'apparition de l'élément calcaire, d'abord sous forme de nodules, puis sous forme de lentilles, parfois très épaisses et très étendues, de manière à constituer de grandes assises régulières; tel est le cas à Trélon, à Nimes et surtout à Couvin. L'épaisseur du sousétage varie entre 50 et 1000 mètres; dans ce dernier chiffre, le calcaire de Couvin entre pour 550 mètres. Cette roche, dont la couleur est le bleu foncé, a souvent la dureté et la compacité du marbre; elle ne se distingue pas pétrographiquement du calcaire de Givet, avec lequel elle a été plus d'une fois confondue.

Les fossiles du sous-étage sont Phacops latifrons, Bronteus flabellifer, Gyroceras eifeliense, Spirifer speciosus, S. ostiolatus, Cyrtina heteroclyta, Pentamerus galeatus, Orthis striatula, Productus subaculeatus, Calceola sandalina, Cystiphyllum lamellosum, etc.

Sur certains points, le faciès calcaire fait défaut et le sous-étage à calcéoles n'est représenté que par des schistes rouges qu'on ne saurait distinguer de ceux du poudingue de Burnot (1).

Le sous-étage givétien ou du calcaire de Givet est constitué, dans le bassin de Dinant, par une assise de calcaire marbre bleu foncé ou noir, dont la puissance atteint 400 mètres et que caractérisent Spirifer mediotextus, Stringocephalus Burtinit Uncites gryphus, Megalodon cucullatus, Murchisonia bilineata, Cyathophyllum quadrigeminum, Heliolites porosa, etc. Les marbres dits Glageon-fleuri et Sainte-Anne de Trélon, ainsi que le marbre noir à nombreuses Murchisonies de Boussois, appartiennent à ce sous-étage, sur lequel est assise la citadelle de Charlemont, à Givet. Le marbre Sainte-Anne de Givet abonde en polypiers, le marbre Charlemagne en gastropodes.

M. Dupont (2) a tout récemment cherché à établir que les marbres dévoniens avaient une origine corallienne. Le marbre Sainte-Anne serait formé par un mélange serré de Stroraatopores allongés (Diapora), joints à des Favosites, Alvéolites, Cyathophyllum. Les récifs se présentent en bandes ou en îlots ovales,

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Fig. 349. — Coupe au 80,000* du dévonien entre Viraux et Givet (d'après M. Gosselet). — 1, schistes rouges de Burnot; 2. grauwacke d'Hicrges (A, niveau du Spirifer arduènncnth; B, niveau ûuS.cultrijugatus); 3, schistes à calcéoles (C, D, bandes de calcaire); 4, calcaire de Givet; f, faille.

généralement revêtus de calcaire bleu à crinoïdes et offrant au centre un noyau

corallien. Ils sont entourés de schistes grossiers avec calcaire npduleux fossilifère.

La figure 249 montre la succession régulière des étages rhénan et eifélien entre

tologiques de l'assise à calcéoles avec l'étage rhénan ne sont pas, à nos yeux, assez étroites pour justifier l'extrême disproportion qu'il y aurait entre le rhénan ainsi agrandi et un étage moyen réduit au calcaire de Givet.

(1) Firket, Bull. Soc. géol. de Belgique, II, CXXIV. — (2) Bull. Ac. de bel g. % 3e série, IL

i Charlemont, divise en deux h

Vireux el Gîvet, ainsi que l'accident qui, masse du calcaire.

Tout autre est la composition du sous-étage givétien dans le bassin de Naniur. Pendant la formation des assises précédentes, aucun dépôt n'avait eu lieu dans cette région, séparée de la première par la crête du Condros, comme l'indique la figure 250 (1), qui fait connaître l'état actuel des deux bassins, dont l'un est

limité par une grande faille avec renversement. L'invasion de la mer givélieniie donna lieu d'abord au dépôt d'un poudingue rouge, dit poudingue de Pairy-Boag, longtemps confondu avec le poudingue de Bu mol auquel il ressemble. À ce poudingue est subordonné un grès à Lepidodendron Gaspianum. Le tout n'a pas plus de '20 mètres. Ensuite vient, à Alvaux, un calcaire bleu foncé, de 10 mètres, à stringocèphales et murchisonies.

Étage hmenalea. — L'étage famennieti (1) ou dévonien supérieur se divise en deux sous-étages : le framîen à la base et les schistes de F antenne avec les psammites du Condros au sommet.

aujp*W»liourt

Hg. 231. - Coupe au 10,000" du dévonien supérieur a Civet (d'après M. Gosselel). — I, c: î, itme-i Spirif.Orbel<anHë; 3. i. t Btetplaculilf Xfptani; i. i. a Camnrephoria formata; 5, calcaire bleu ; 6, schistci n nodules avec Spir. pachgrhgHchut el calcaire rouge 1) ; ï. schistes i l'.nrdium jwtmalum; S, schïitei a RhgHchoKtlIa Omaliwi.

On distingue dans le frasniendeux assises : l'assise inférieure, dite des schistes et calcaire de Frasne, est remarquable par la disposition capricieuse et lenticu-

(1) Insérée par H. Barrois dans les Proceedingi ofthe 6eo!ogitt'$ Auaciatîon, VI, n* 1.

(2) Le nom de famainien a été choisi par M. Gosselet pour désigner le sous-étage des schistes de Famenne. Sous lui donnons ici, avec H. Dewalque, un sens plus large alin de ne pas créer de dénomination nouvelle, celle de candrutien. appliquée par Dumont aiti mêmes couches, ayant été employée depuis par M. Itenevicr pour désigner le calcaire carbonifère, ancien condruiicn cal' careux de bumenl.

frasnien.

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laire du palcaire dans un ensemble de schistes, où ce calcaire parvient, comme à Frasne, à former exceptionnellement des massifs de 500 à 600 mètres. Tantôt le calcaire est bleu, tantôt il est bigarré de rouge et de vert (rouge de Flandre, marbres de Rance et de Fromelennes). Au nord de Givet, près du fort Condé (fig. 251), on peut relever la coupe suivante :

i Schistes de Matagne à Cardium palmatum. 50" de schistes à nodules argilo-calcaires et masses de calcaire rouge, avec Atrypa reticularis et Spirifer Verneuili.

«., • 10m de calcaire bleu foncé.

4V*cnian l ^™ ^e scn*stes a Camarophoria formosa. 10* de schistes à Receptaculites Neptuni. 6m de calcaire argileux à Spirifer Orbelianus, S. aperturatus, S. Verneuili,

Atrypa reticularis, Orthis strialula, Aviculopecten Neptuni. Calcaire de Givet.

Les Bronteus flabellifer, Cryphœns arachnoïdes, Goniatites intumescens, Spirifer euryglossus, Rhynchonella cuboïdes, Pentamerus brevirostris, Cyathophyllum hexagonum, appartiennent à l'ensemble du calcaire frasnien.

Ce calcaire est d'ailleurs plus constant et plus épais, dans l'Entre-Sambre-et- Meuse comme aux abords du Condros, que le calcaire de Givet, avec lequel il a été souvent confondu sous le nom de calcaire eifélien (1). Du reste, selon H. Dupont, les calcaires frasniens constituent, comme ceux de l'eifélien, de vrais récifs dont les uns sont formés de Stromatopora et les autres, les calcaires rouges, d'Alvéolites suborbicularis avec Acervularia et Stromatactis.

Quant aux schistes de Matagne, ils sont noirs, durs, homogènes, pyriteux, finement feuilletés et contiennent Cardium palmatum (Cardiola retrostriata), Bactrites subconicus, Cypridina (Entomis) serratostriata, Goniatites retrorsus.

A l'est de Givet, auprès de Barvaux, ces schistes deviennent peu à peu d'un rouge violacé et renferment une variété à très longues ailes de Spirifer Verneuili.

Le sous-étage de la Famenne présente deux faciès qu'on a longtemps regardés comme caractérisant des assises distinctes et dont l'équivalence a été démontrée par M. Gosselet ; le faciès schisteux des schistes de Famenne et le faciès arènacé des psammites du Condros.

1° Fades schisteux. On peut distinguer, de haut en bas :

4. Calcaire d'Etrœungt à Spirifer distans, avec mélange de fossiles dévoniens Sous-étatre i [Spir. Verneuili, Atrypa reticularis) et de fossiles carbonifères (Spir, distant,

d ' S. mosquensis).

- Famenne i ^' Schistes ^e Sains à Rhync. letiensis.

' f 2. Schistes de Marienbourg à Hh. Dumonti. . 1. Schistes de Senzeilles à Rh. Omaliusi.

Toutes ces assises contiennent le Spirifer Verneuili (S. disjunctus), qui abonde également dans le frasnien et est ainsi l'espèce caractéristique du dévonien supérieur.

(1) Gosselet, Ann. de la Soc. géol. du Nord, III, p. 56.

2° Faciès arénacé. On y peut distinguer six assises (1) .

Sous-étage

de la Famenne.

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