LE SYSTÈME INFRACRÉTACÉ EN ALLEMAGNE
La faune de cette assise comprend des tortues, des sauriens, des poissons, LepidotusMantelli, Sphœrodus semiglobus, avec Unio subsinuatus, U. planus, Cyrena tennis. La flore est riche et uniquement composée de gymnospermes et de cryptogames vasculaires, ayant un faciès jurassique, c'est-à-dire appartenant à cet ensemble qui commence avec le rhétien pour finir avec le système infracrétacé. lies espèces les plus fréquentes sont Sphenopteris Mantelli, Matonidium Goepperti, Hausmannia dichotoma, Anomozamites Schaumburgensis, Sphenolepis Sternbergi, S. Kurriana, Spirangium Jugleri.
Une conifère, Abietites Linki, parait avoir pris une part importante à la formation de la houille wealdienne. Près des bains de Rehburg, le grès a fourni des traces de pas de dinosauriens, analogues aux Ornithoidichnites du grès de Hastings en Angleterre (1).
L'argile wealdienne consiste en couches minces d'une argile grise ou noire, rarement sableuse, contenant des plaquettes, très régulièrement intercalées, d'un calcaire entièrement formé de cyrènes et de mélanies, surtout de Melania strombiformis. La puissance de cette argile varie de 15 à A0m au Dejster et atteint 77m à Neustadt. La faune comprend Vnio Wealdensisf,Cypri8 Wealdensis, Cyrena ovalis, Paludina fluviorum.
Le caractère jurassique de la flore wealdienne et la liaison intime qui unit le grès et l'argile avec les couches purbeckiennes sous-jacentes, ont engagé quelques auteurs à considérer le wealdien comme une dépendance du système oolithique (2). Mais cette liaison avec les assises jurassiques n'a rien qui doive surprendre, de la part d'une formation d'eau douce ou terrestre, succédant à la série saumàtre de Purbeck et, pour bien juger de l'âge du wealdien, il convient tout d'abord d'étudier les couches marines du système infracrétacé, qui ont été nommées en Allemagne Hils ou Hilsbildungen, du nom du bassin particulier dans lequel on les observe.
Conglomérat et argile du Hlis. — La plus ancienne des assises du Hils est le Hilsconglomerat, développé à Achim et à Vahlberg et auquel se relie intimement une partie du minerai de fer oolithique (HiUeisenstein) de Salzgitter (5). Or on y trouve Amm. radiatus, A. asperrimus, A. A&tierianus, A. bidichotomus, Toxasler complanatus, c'est-à-dire des espèces néocomiennes du sous-étage hauterivien, sans aucune des formes du valenginien de Bernas ni de l'horizon des bélemnites plates.
Le conglomérat du Hils peut être remplacé par des calcaires ou des grès, Comme c'est le cas dans la forêt de Teutoburg.
Au-dessus du conglomérat vient l'argile du Hils (Hilslhon), renfermant Amm. radiatus, A* noricits, A. Leopoldinus, A. amblygoniw, Crioceras capricornum, C. fissicostatum. Quant aux minerais de la mine Marie, près de Salzgitter, ils
(1) Struckmann, Neues Jahrb., 1880, I, p. 125.
(2) Id., op. cit.
(3) Neumayr et Uhlig, Ueber Ammonitiden au$ den HiUbildangen Norddeutschlands, in Palœontographica, 1881.
renferment Amm. nisus, A. Martini, A. Deshayesi, A. Milletianus, Crioceras (Ancyloceras) gigas, C. Emerici, c'est-à-dire des espèces aptiennes. Enfin, dans le voisinage, à I'EUigser Brinks, on recueille, dans les argiles du Hils, Bel. subquadratus, Ostrea macroptera, 0. Couloni, Amm. noricus^ Ter. prœlonga. Ajoutons que c'est l'argile du Hils seule qui 'repose sur le wealdien avec lequel le conglomérat n'est jamais en contact direct, car on l'observe reposant sur les assises kimmeridgiennes.
Donc, d'une part, il n'y a dans le Hanovre, entre le Purbeck et le Hils, aucun représentant du valenginien et, d'autre part, il y a des raisons de penser qu'une partie des couches marines de Hils s'est déposée en même temps que les assises wealdiennes supérieures. Ce qui le confirme, c'est la découverte, faite à Deiligsen, de Belemn. subquadratus en compagnie d'une coquille d'eau douce wealdienne, JJnio Menkei (1). Par suite, en dépit du caractère de sa flore, le wealdien d'Allemagne, de même que celui de l'Angleterre, doit être considéré comme un faciès d'eau douce de l'étage néocomien.
Le néocomien du Brunswick forme, d'après H. de Strombeck, deux zones, l'une à Amm. bidichçtomus, l'autre, supérieure, à Toxaster complanatus.
Notons enfin la présence, dans l'île d'Helgoland, d'une argile dite Toeck, tout à fait analogue à celle de Speeton et contenant Crioceras Emerici et C. Puxosianum (2).
Aptien, Alblen. — Nous avons vu que l'aptien était représenté parmi les minerais de Salzgitter. D'après H. de Strombeck, cet étage comprend, dans l'Allemagne du Nord :
5. Marnes à Bel. Ewaldi, Amm. Nisus, Toxoceras Royeri (horizon de Gargas).