Grès et sable verdàtre d'Argenteuil à Myttlus Biochei
La couche n° \ , qui contient Cerithium concavum, C. tricarinatum, C. Cordien, Lucina saxorum, est un retour de la mer des sables de Beauchamp par-dessus le calcaire de Saint-Ouen. Alors commence la formation gypseuse, par la quatrième masse, l'horizon d'ailleurs le plus restreint et le moins constant, que surmonte, à Ârgenteuil ainsi qu'à Montmartre, la marne marine à Pholadomya ludensis.
Cette marne contient Macropneustes Prevosti, Cerithium tricarinatum, Corbula pixidicula, Cardium granulosum, Psammobia neglecta» Son épaisseur est de 4,n. Le gypse reprend ensuite, plusieurs fois interrompu par des retours de l'élément marin, ramenant, selon Deshayes(l), des fossiles où l'on constate l'association des formes marines de l'éocène avec celles du miocène inférieur.
La première masse du gypse, la plus constante, la plus étendue et, généralement aussi la plus épaisse de toutes (elle a 20m à Montmartre), est le principal gisement des mammifères décrits par Cuvier, Palœotherium magnum. P. médium, P. minus, Anoplotherium commune, Xiphodon gracile, etc. Elle est remarquable par sa division prismatique, qui lui a fait donner le nom de hauts piliers. La régularité des assises du gypse ne permet pas d'attribuer ce minéral à la transformation ultérieure d'un dépôt calcaire. 11 a dû y avoir précipitation immédiate du gypse par l'arrivée, dans une eau lacustre chargée de sels calcaires, d'émanations riches en gaz sulfureux.
(1) Bull, de la Soc. géol. de France, 2« série, XXIIÏ, p. 527.
points, comme au nord de Senlis, ce» glaises offrent quelques fossiles marins, notamment des cérithes, (C. plicatum var.) très analogues à ceux des sables de Fontainebleau. Pour ce motif, plusieurs géologues ont cru devoir détacher de réocène les glaises vertes et le calcaire lacustre qui les surmonte, pour en faire la base du miocène. Ce motif palèontologique ne nous paraît pas suffisant pour nous faire renoncer à l'ancienne classification de réocène. Le passage des faunes a été assez progressif, dans le bassin tertiaire parisien, pour qu'une connexion intime entre la faune miocène et celle des couches marines de réocène supérieur n'offre rien qui doive surprendre et, à ce point de vue, on peut tout aussi bien tirer argument de la liaison qui unit le calcaire de Brie aux marnes à Limnœa strigosa. En revanche, le grand fait du soulèvement pyrénéen, qui paraît avoir été postérieur au calcaire de la Brie et la relation stratigraphique des dépôts de cet âge avec ceux qui, dans le centre de la France, représentent le gypse, sont à nos yeux de puissantes raisons de maintenir la limite de réocène où l'avaient placée les anciens auteurs.
Calcaire die la Brie. — Aux glaises vertes, et intimement lié avec elles, succède le calcaire lacustre de la Brie, ou travertin moyen, dernier terme du système éocène. C'est un calcaire tantôt marneux, tantôt compact et imprégné de silex cacholong, parfois constitué à l'état de meulières et exploité en cette qualité à La Ferté-sous-Jouarre. La môme meulière, plus caverneuse et particulièrement propre aux constructions, occupe la plus grande partie du plateau de la Brie. Les fossiles y sont rares; les principaux sont Limnœa cornea, Planorbis cornu, Bylhinia Duchasteli, Chara. M. Douvillé a reconnu (1) la liaison de cette assise avec les calcaires rosés et les calcaires gris fétides qui, aux environs de Fontainebleau, passent, en prenant de plus en plus de cohésion, au calcaire de Château-Landon, cette pierre de taille si remarquable, avec laquelle l'Arc de triomphe de Paris et la crypte de la basilique de Montmartre ont été construits. Le calcaire de Château-Landon offre quelque analogie avec celui de Champigny ; mais ce dernier devient terreux et disparait au sud de Nemours, tandis que l'autre se trouve partout entre le Loing et la Seine et va ainsi se relier aux dépôts lacustres du Berri.
Dans la vallée de l'Yères, à Villecresne, on observe, subordonné au calcaire de Brie, un petit lit marneux marin à empreintes de Cerithium plicatum. Ainsi se prépare, dans le bassin de Paris, le retour de la mer avec la période miocène.
Ce même horizon, dans la vallée de laBièvre, près de Fresnes-les-Rungis, prend la forme d'un calcaire blanc miliolitique, avec ossements de tortues, Cer. plicatum et Cytherea incrassala. Un calcaire semblable existe à Neauphle-le-Vieux et à Juvisy. Quelques auteurs l'attribuent au miocène.
(1) Bull. Soc. géol. de France, 2- série, XXVIII, p. 52.